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4E Edition prix International CGLU-Ville de Mexico –Culture 21 : Ségou (Mali) gagnante, mention spéciale pour Yopougon (Côte d’Ivoire)

 

 

Les résultats de la quatrième édition du prix international CGLU-Ville de Mexico –Culture 21 ont été rendu publics le 29 mai 2020 lors du Bureau Exécutif de CGLU.  Deux viles africaines figurent parmi les lauréates, Ségou du Mali et Yopougon de Côte d’Ivoire.

Dans la catégorie ville 81 candidatures de villes et de collectivités territoriales du monde entier ont été reçues entre le 15 novembre 2019 et le 18 mars 2020.

Le Jury a analysé toutes les candidatures présentées dans chacune des deux catégories et a décidé d’octroyer le Prix aux candidatures de (par ordre alphabétique) « Réseau de pratiques artistiques et culturelles de la Ville de Medellín », présentée par la ville de Medellín (Colombie), et « Ségou : Ville Créative », présentée par Ségou (Mali). Chacun des deux lauréats recevra 25 000 euros.

Le projet « Ségou : Ville Créative » a débuté en 2015 en tant qu’initiative de la Fondation du Festival du Niger. En collaboration avec la Municipalité de Ségou, l’initiative a permis de fournir à la ville une solide politique culturelle centrée sur le développement durable. L’implication et l’engagement de tous les agents culturels, de la collectivité territoriale et de la société civile dans le processus de mise en œuvre de cette initiative déterminée a contribué à en déplier les objectifs, en améliorant l’accès à la culture pour toutes les personnes, et en revalorisant la valeur des identités cultuelles de Ségou – à travers la musique, le design et la mode, les arts visuels, le patrimoine et la gastronomie – et de la création artistique et culturelle, plaçant les arts et la culture au centre du développement local. « Ségou : Ville Créative a également contribué à professionnaliser le secteur culturel, en améliorant les conditions de travail des agents culturels et créatifs, et en créant des synergies entre les organisations culturelles, les agents impliqués et la citoyenneté. De plus, « Ségou : Ville Créative » constitue un cadre approprié de collaboration avec d’autres villes africaines, et promeut la mise en œuvre de projets fondés sur la co création, la coproduction, l’échange d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques. Plus de détails sur le projet de Ségou ici .

Le Jury International a décidé d’attribuer le Prix à ces 2 villes, décerné 7 mentions spéciales et a reconnus 2 personnalités.

Parmi les mentions spéciales, la ville de Yopougon est retenue pour son projet « Yopougon vers une ville éducative et créative dans la cohésion sociale ». Cette initiative solide et complète démontre la volonté de la collectivité territoriale de positionner la culture comme pilier des politiques locales de durabilité. L’initiative comprend une composante inclusive et participative évidente, avec notamment des axes spécifiques sur l’intégration de la jeunesse dans le secteur culturel et créatif, qui se sont traduits par l’amélioration du bienêtre des citoyen.ne.s. Plus de détails ici .

Tous les détails sur la 4éme édition du prix International CGLU –Ville de Mexico –Culture 21 ici . 

Impact du COVID-19 sur les ressources financières et les dépenses d’investissement des collectivités territoriales en Afrique

 

 

L’Afrique compte environ 16 000 collectivités territoriales. Ces collectivités ont été créées à la suite de l’adoption et de la mise en œuvre de lois de décentralisation qui répondent aux particularités propres aux pays : à leur histoire ancienne ou contemporaine, au jeu des acteurs nationaux et aux disparités spatiales et socio-économiques internes, entre autres. Ces collectivités sont de différents types : commune rurale ou urbaine au niveau de base, département ou équivalent au niveau intermédiaire, collectivité située immédiatement au-dessous du niveau de l’État central (état fédéré, région, comté, province, etc.). Tous ces types de collectivités ont en commun de jouir de la personnalité juridique en tant que personne publique distincte de celle de l’État central, et de l’autonomie financière. Elles sont généralement administrées par des assemblées élues, sont dirigées par un exécutif élu ou nommé, et disposent d’une administration propre.

Ces collectivités se sont regroupées en associations nationales qui sont l’institution représentative de la voix des élus locaux et/ou régionaux. Il en existe actuellement 48 dans l’ensemble du continent. Ces associations ont pour rôles de contribuer au renforcement de la décentralisation, de représenter et défendre les intérêts des collectivités membres auprès des pouvoirs publics et des partenaires nationaux et internationaux et de promouvoir la bonne gouvernance. Les collectivités territoriales peuvent aussi se regrouper selon le type et la taille (rurale ou urbaine ; bourgs ruraux, villes intermédiaires/secondaires, grandes villes, etc.) selon la zone géographique d’appartenance, ou suivant la fonction dominante (villes portuaires, villes touristiques, etc.). Dans certains pays, des associations existent par niveaux de collectivités (municipalités et régions par exemple), par types de collectivités (urbaines et rurales par exemple) ou même par sphères géographiques (associations régionales de collectivités).

Lire la suite  ici dans le numéro de mai de la newsletter du LEDNA. 

Consultez le rapport Gold V pour la région Afrique

 

 

 

L’Observatoire mondial sur la décentralisation et la démocratie locale #GOLDV lance les chapitres régionaux. Les efforts africains pour atteindre les objectifs des Agendas mondiaux de développement sont un travail en progrès. L’Afrique devrait pouvoir réaliser seulement  3 Objectifs de Développement Durable (ODD).  A savoir :  l’ODD 5 , 13  et 15.

Consultez  les contributions de  l’Afrique locale portées par CGLU Afrique : La localisation des agendas mondiaux – Comment l’action locale transforme les villes et les territoires
Région africaine. Ici 

Pour rappel ce rapport est le fruit d’un immense processus collaboratif, qui rassemble l’expertise de chercheurs de différentes régions, les contributions des sections régionales de CGLU, des commissions de travail et des partenaires, ainsi que les contributions directes des collectivités territoriales et de leurs associations nationales et réseaux. Ce rapport est le produit d’un effort collectif de CGLU et de ses membres, et marque une nouvelle étape de collaboration et d’engagement pour l’ensemble de nos membres.

Il met en évidence les progrès réalisés par les collectivités territoriales en vue de la réalisation des agendas mondiaux de développement, tout en analysant l’évolution des cadres institutionnels des gouvernements nationaux, villes et collectivités territoriales dans chaque région du monde.

Le leadership des femmes sera fondamental à l’heure de repenser le futur dans l’ère post-COVID-19

Barcelone, Espagne et Nairobi, Kenya, 08 mai 2020 

La crise du COVID-19 affecte les femmes et les hommes de manière différente. La douzième expérience d’apprentissage en direct a offert l’opportunité aux femmes dirigeantes locales et régionales du monde entier de partager leurs stratégies, préoccupations et expériences clefs, rappelant ainsi le rôle essentiel qu’elles occupent en première ligne de la crise.

La session a permis de souligner plusieurs questions clefs identifiées par des femmes dirigeantes du monde entier. L’augmentation de la violence basée sur le genre en situation de confinement, le rôle des femmes dans le leadership mondial, le besoin d’un nouveau système de gouvernance qui place les femmes comme des actrices essentielles dans la phase de reconstruction, et l’état du monde après le COVID-19, ont figuré parmi les questions essentielles explorées par les participantes.

Les femmes dirigeantes de CGLU se sont accordées sur un appel à l’action intitulé Le leadership des Femmes dans l’ère post COVID-19 dont les principales composantes – Appelant à un futur durable et basé sur l’égalité des genres – ont été présentées au cours de la session.

La session s’est ouverte sur l’introduction d’Åsa Regnér, Directrice Exécutive Adjointe d’ONU Femmes, qui a souligné la situation actuelle des femmes dans le monde. Regnér a en particulier évoqué le fait que même si « les femmes sont recherchées, elles continuent d’être moins payées que les hommes ». Elle a expliqué que la situation était particulièrement mauvaise dans le secteur des soins et de la santé, notamment dans le domaine des soins aux personnes âgées, dans lequel bien souvent de nombreuses femmes ne sont pas du tout rémunérées.

Maimunah Mohd Sharif, Directrice Exécutive d’ONU-Habitat, a exhorté toutes les sphères de gouvernement et parties prenantes du débat à placer les femmes et les filles au centre des efforts du processus de relance. Elle a argumenté que les femmes et les filles sont davantage exposées à la pandémie, notamment parce qu’elles sont les plus touchées par la perte d’emploi. Elle a appelé les dirigeants locaux et régionaux à prendre des mesures pour enrayer cette situation.

« Les femmes doivent être au centre de la prise de décision globale, et doivent avoir une place à la table des discussion. Nous devons prêter une attention particulière aux personnes âgées, ainsi qu’aux femmes et aux filles qui souffrent de handicap, et peuvent être facilement oubliées dans le processus de récupération. »

Thembisile Nkadimeng, Maire de Polokwane et Co-Présidente de CGLU, a fait valoir l’importance pour les femmes de s’auto-organiser dans le but de mieux reconstruire l’après-crise. Elle a appelé les gouvernements nationaux à agir contre les inégalités basées sur le genre, et à améliorer le bien-être grâce à la santé universelle et à la protection sociale. Elle a également appelé au développement de cadres fondés sur l’égalité dans la planification urbaine et la législation, dans le but de garantir la pleine inclusion des femmes et des filles dans le tissu social des villes et des régions.

« Comme cela a été identifié dans le Décalogue de CGLU pour l’ère post COVID-19, nous savons bien que les sacrifices que nous demandons des générations présentes et futures devront mener à des sociétés plus justes et plus égalitaires, au sein desquelles nous prendront soin l’un de l’autre. »

La discussion de haut niveau qui a suivi s’est ouverte sur l’intervention d’Ada Colau, Maire de Barcelone et Envoyée Spéciale de CGLU aux Nations Unies, qui a souligné la manière dont la crise a rendu d’autant plus importante la nécessité de disposer de systèmes de santé publique décents. Elle a expliqué que, dans l’après COVID-19, il sera nécessaire de développer une nouvelle économie qui place les personnes au centre, qui ne spécule pas sur les besoins de base, qui embrasse les fondamentaux des mouvements féministes, pacifiques et environnementaux, et qui autonomise les gouvernements locaux et régionaux pour leur permettre d’offrir des solutions adéquates aux communautés.

Emilia Saiz, Secrétaire Générale de CGLU, a modéré la discussion en ajoutant que dans le futur, il sera fondamental d’autonomiser les femmes et les filles, et en argumentant qu’il sera nécessaire dans l’après-crise pour cela de créer de nouveaux types de partenariat entre les sphères de gouvernement et la société civile, en particulier avec les groupes de femmes. Emilia Saiz a également commenté l’appel à action des femmes élues locales, qui vise à garantir que l’égalité des genres soit au cœur des plans de relance. De surcroît, elle a déclaré qu’il est « essentiel de s’engager sur les agendas mondiaux dans le processus de récupération ; nous ne pouvons pas permettre que les priorités changent et considérer les ODD et le Nouveau Programme pour les Villes comme des accessoires ».

Claudia López, Maire de Bogotá, a mis en exergue que la phase de reconstruction devra répondre à des questions profondes qui se posaient déjà avant l’apparition de l’épidémie. Les valeurs de la solidarité et de l’empathie sont essentielles pour répondre à la pandémie et à celles qui suivront, a-t-elle fait valoir. Pilar Días, Maire d’Esplugues de Llobregat, a également souligné la valeur du travail de la santé et des soins, et des personnes – dont la grande majorité sont des femmes – qui travaillent dans ces domaines. Selon elle, le fait de placer le soin au cœur des politiques est intégral pour une récupération centrée sur les personnes.

La violence basée sur le genre est une thématique qui est ressortie plusieurs fois lors de cette conversation. Souad Abderrahim, Maire de Tunis a souligné la manière dont sa ville travaille en temps réel à la protection et au soutien des femmes qui survivent à la violence, y compris pendant la pandémie. La Maire Adjointe de Quito, Gissela Chalá, a également appelé au développement de stratégies politiques visant à éradiquer la violence basée sur le genre, y compris les violences psychologiques et patrimoniales faites contre les femmes. La récupération, selon elle, ne se fera que si nous nous réinventons depuis une perspective fondées sur le Droit à la Ville.

Carola Gunnarsson, Maire de Sala et Vice-Présidente de CGLU pour l’Europe, a également déclaré que la violence faite contre les femmes et les filles pourrait générer une véritable crise dans les mois à venir, et a invité à considérer l’égalité des genres comme une question de droit humains. Elle a également rappelé que la manière dont la crise affectera en particulier les familles migrantes et réfugiées.

Rohey Malick Lowe, Maire de Banjul, a souligné que l’incorporation d’une planification des villes pensée depuis la perspective de genre, implique de construire pour toutes les femmes, comme l’avait rappelé la déclaration de la Directrice Exécutive d’ONU-Habitat. Elle a déclaré qu’étant donné qu’elles sont les plus affectées par la crise, ce qui leur apporte une perspective plus critique, les femmes devraient être au centre de la prise de décision dans l’après COVID-19. Fatimetou Abdel Malick, Présidente de la Région de Nouakchott, a fait écho à cette déclaration en invitant à avoir une représentation paritaire des femmes dans les processus de prise de décision à tous les niveaux, afin de garantir leur protection et des réponses adéquates à leurs besoins.

Madeleine Almelo-Gazman, Mairw d’Iriga, Trésorière de CGLU, a présenté la crise comme une opportunité de promouvoir l’égalité des genres dans les villes, à la maison et sur les lieux de travail. Elle a ajouté que la seule manière d’outrepasser la pandémie serait de travailler ensemble, et de devenir de meilleurs citoyens en développant un monde durable.

Elvira Dolotkazina, Maire Adjointe de Nizhnekamsk a abordé la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent soutenir les besoins des femmes pendant la pandémie, et a présenté plusieurs plans spécifiques mis en œuvre à Nizhnekamsk pendant l’épidémie visant à garantir des politiques d’emploi et de prestation de services non discriminatoires.

Maria Fernanda Espinosa, Présidente de la 73ème Assemblée Générale des Nations Unies a appelé à l’établissement d’une action mondiale coordonnée fondée sur la solidarité et la coopération. Elle  affirmé que la coresponsabilité partagée entre les différentes sphères de gouvernement, un multilatéralisme inclusif qui tiennent compte des gouvernements locaux et une perspective basée sur l’Agenda 2030 nous permettront de développer un nouveau contrat social qui aborde toutes les inégalités.

Gabriela Cuevas, Présidente de l’Union Inter-Parlementaire (IPU), a fait valoir que cela est une clef pour garantir que les accords mondiaux se convertissent en solutions locales. Elle a déclaré que l’impact du leadership des femmes avait été fondamental dans la pandémie, notamment en termes de transparence, de communication directe sur la nécessité de développer des dialogues inter-gouvernementaux, et de capacité de sensibilité dans la considération des différentes communautés.

Paola Pabón, Préfète de la Région de Pichincha s’est centrée sur le besoin de penser les questions de souveraineté et de sécurité alimentaire dans l’après COVID-19, appelant à l’activation de l’éventail d’activités économiques populaires et solidaires existant, et notamment des systèmes de micro-financements pour les femmes, les petits producteurs et l’agriculture. Fatma Şahin, Maire de Gaziantep, a également insisté sur le fait que la sécurité alimentaire serait une question cruciale dans le futur, tout comme la nécessité de garantir des systèmes de soins et de santé pour toutes les populations.

Hajjia Mariam, Présidente du REFELA Ghana, a invité toutes les sphères de gouvernement à prêter davantage attention aux communautés vulnérables, dont notamment les enfants de la rue, avec l’objectif de ne laisser véritable personne pour compte.

Avant de conclure cette session, le groupe s’est adonné à un exercice de Mentimeter visant à explorer ce que devrait viser une coalition d’action de Génération Égalité. Le nuage de mots résultant de l’enquête a mis en exergue trois concepts clefs : la justice, la liberté, et les droits humains.

La conclusion de la session a été assurée par Octavi de la Varga, Secrétaire Général de Metropolis, et Ana Falú, Membre du Conseil d’Experts UBUNTU de CGLU. Le Secrétaire Général de Metropolis a fait valoir qu’il est nécessaire que les dirigeants et élus locaux hommes écoutent davantage les perspectives et les approches des femmes et soutiennent cette transformation. Ana Falú a invité les instances de décision politique à créer de nouvelles relations avec les populations et les institutions. Elle a rappelé que le leadership des femmes au sein des états nationaux et provinciaux, tout comme au sein des gouvernements locaux, est une composante essentielle dans cette perspective, et a suggéré l’établissement d’une feuille de route qui permettrait de penser l’ère post COVID-19 en termes de ce que cela implique et représente pour les femmes, pour ainsi réfléchir à l’articulation de la voie à suivre.

Lors de la clôture, Shipra Narang Suri, Cheffe de la Section pour les Pratiques Urbaines d’ONU-Habitat, a réitéré l’engagement d’ONU-Habitat dans le soutien et la promotion de l’égalité des genres au sein des gouvernements locaux.

Les villes ont été invitées à partager leurs expériences sur la plateforme www.citiesforglobalhealth.org, sur laquelle plus de 400 cas sont déjà disponibles. Les exercices d’apprentissage en direct se poursuivront dans le cours du mois de mai, avec des expériences portant sur l’accessibilité et la provision de services publics.

 

LIRE LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE ICI

 

À propos des séries d’expériences d’apprentissage en direct :

La série d’apprentissage en direct organisée par CGLU, Metropolis et ONU-Habitat a rassemblé plus de 1 000 participant·e·s en six sessions au cours desquelles des intervenant·e·s issu·e·s des collectivités territoriales, du système des Nations unies et des partenaires de la société civile ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions pour soutenir leurs communautés face à la pandémie en leur offrant des services de base essentiels.La série a débuté fin mars et des villes du monde entier ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions en réponse à la pandémie. Ils ont également partagé leurs points de vue sur la manière dont les villes peuvent être transformées au-delà de l’épidémie.

À propos de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) :

CGLU est l’organisation mondiale des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations qui représente et défend leurs intérêts sur la scène mondiale. Représentant 70 % de la population mondiale, les membres de CGLU sont  présents dans toutes les régions du monde : Afrique, Asie-Pacifique, Europe, Eurasie, Moyen-Orient-Asie de l’Ouest, Amérique latine et Amérique du Nord – organisés en sept sections continentales, une section métropolitaine et un forum régional. Le réseau comprend plus de 240 000 villes, régions et métropoles et plus de 175 associations de collectivités locales et régionales présentes dans 140 pays. CGLU place au cœur de ses priorités stratégiques la démocratie locale, le changement climatique et la protection de l’environnement, la réalisation des objectifs de développement durable, les finances locales, le développement urbain et la diplomatie des villes pour la consolidation de la paix.  Visitez le site www.uclg.org et suivez @uclg_org pour en savoir plus.

À propos d’ONU-Habitat :

ONU-Habitat est l’agence des Nations unies spécialisée sur nos villes et nos communautés. ONU-Habitat travaille dans plus de 90 pays et soutient les habitants des villes et des établissements humains pour un meilleur avenir urbain. En collaboration avec les gouvernements et les partenaires locaux, ses projets à fort impact combinent une expertise mondiale et des connaissances locales pour fournir des solutions ciblées et opportunes. L’Agenda 2030 pour le développement durable comprend un objectif spécifique sur les villes, l’ODD 11 – rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables.  Visitez www.unhabitat.org et suivez @unhabitat pour plus d’informations.

Pour plus d’informations, contactez :
Alejandra Salas
Secrétariat mondial de CGLU, Barcelone
communication@uclg.org

Susannah Price
Cheffe de la communication, ONU-Habitat
susannah.price@un.org
Tél. 254 722 719867

Relever les défis posés par l’informalité pendant l’épidémie de COVID-19 et au-delà

Barcelone, Espagne et Nairobi, Kenya, 4 mai 2020 

Les populations vulnérables et considérées invisibles, en particulier celles qui vivent dans les quartiers précaires et travaillent dans l’économie informelle, sont parmi les plus fragiles touchées par la pandémie. La session d’apprentissage en direct sur l’informalité et le COVID-19 a traité de la façon de répondre au mieux à cet immense défi, depuis l’échelon local, en s’appuyant sur les communautés.

Cette session d’apprentissage en direct a eu lieu le 29 avril ; elle a été organisée en collaboration avec Cities Alliance et différents partenaires dont la Banque mondiale, Habitat pour l’Humanité, des représentants du secteur privé, du monde universitaire et de la Coalition internationale pour l’Habitat.

Des maires, des maires-adjoints et des conseillers municipaux d’un large éventail de villes du monde, ainsi que des représentants de pouvoirs publics nationaux, ont partagé leurs expériences et leurs connaissances sur l’impact très fort du COVID-19 sur le secteur informel dans leurs villes, et sur la manière dont ils s’efforcent d’y remédier : Patricio Morera, vice-ministre du Logement et des Etablissements humains du Costa Rica, Yvonne Aki-Sawyer, maire de Freetown, Noraini Roslan, maire de Subang Jaya, Rohey Malick Lowe, maire de Banjul  et Jesús Darío González, secrétaire général de la mairie de Cali.

La session a également vu la participation de partenaires de la société civile et de représentantes du secteur informel : Jane Weru, directrice exécutive de l’Akiba Mashinani Trust, Haija Mariam Iddrissu, présidente de REFELA Ghana et Caroline Skinner, directrice de la recherche urbaine de WIEGO ; ainsi que des représentants de la Global Taskforce des gouvernements locaux et régionaux.
Maimunah Mohd Sharif, secrétaire générale adjointe des Nations unies et directrice exécutive d’ONU-Habitat, a ouvert la session en déclarant que “2020 a marqué le lancement de la décennie d’action pour l’Agenda 2030 et nous ne pourrons pas aller au-delà de cette épidémie et vers une nouvelle normalité si les personnes en situation d’informalité restent en danger”.

Elle a apporté des conseils spécifiques aux gouvernements locaux des pays en développement pour planifier et gérer la nouvelle normalité, en ce qui concerne le logement, les services de base, l’organisation des marchés et la mobilité, et d’autres questions majeures pour les communautés vivant dans les quartiers précaires.

Billy Cobbett, directeur de Cities Alliance, s’est félicité de l’accent mis sur l’informalité. “Il est important de mettre les habitants informels sur la carte, et dans les budgets. C’est ainsi que les changements se produisent”, a-t-il déclaré. Il a fait valoir que les réponses à court terme doivent être guidées par une approche à long terme sur les questions d’accès au foncier et aussi sur la nécessité pour les gouvernements nationaux, régionaux et locaux d’accompagner le développement des compétences locales.

Octavi de la Varga, secrétaire général de Metropolis, a présenté l’approche des métropoles s’agissant de la relation entre l’informalité et le COVID-19, et a appelé à la nécessité de repenser le modèle de développement et de mettre en place de nouvelles approches de la gouvernance, en réunissant autour de la table les organisations de base qui travaillent à fournir des services, et en s’efforçant d’améliorer le dialogue entre celles-ci et les pouvoirs publics nationaux.

La première table ronde a été animée par Anaclaudia Marinheiro Centeno Rossbach, conseillère régionale de Cities Alliance pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et a débuté par l’intervention de Patricio Morera, vice-ministre du ministère du Logement et des Etablissements humains du Costa Rica, qui a présenté le dispositif mis en place pour traiter les aspects économiques du COVID-19 dans les établissements informels de son pays, basé sur la fin des expulsions, la priorité donnée aux plans d’action nationaux et locaux, et l’amélioration de la fourniture de services de base dans les quartiers précaires.

Yvonne Aki-Sawyer, maire de Freetown, a déclaré que la sensibilisation des communautés est essentielle pour répondre à la crise, en impliquant des groupes communautaires spécifiques et les populations les plus vulnérables dans la préparation avant que le pire de la pandémie ne frappe, et comment l’amélioration des bidonvilles et l’intégration de la dimension de genre seront deux sujets essentiels dans la reconstruction pour s’assurer qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte.

Le maire de Subang Jaya, Noraini Roslan, a fait valoir que les communautés informelles doivent être accompagnées et formées plutôt que d’être jugées, et a appelé à la légalisation du secteur informel qui fait partie intégrante de l’économie de nos villes. Jane Weru, directrice exécutive de l’Akiba Mashinani Trust, a fait valoir que, si l’implication des communautés informelles dans la réponse au COVID-19 est une nécessité, il est essentiel d’investir au préalable dans la planification, et de les inclure dans les budgets.

Steve Weir, d’Habitat pour l’Humanité, a rappelé que le processus de réflexion collective engagé au Congrès mondial de CGLU à Durban avait appelé à un changement de discours sur l’informalité. Il a souligné que l’objectif était de développer un discours plus englobant, impliquant toutes les parties prenantes, avec des partenariats public-privé faisant partie intégrante de la co-création nécessaire pour transformer les sociétés.

La deuxième table ronde a été introduite par Emilia Saiz, secrétaire générale de CGLU, qui a repris la notion de co-création et d’implication communautaire avancée par les participants à la table ronde précédente, et a souligné que “la pandémie a exacerbé certains des problèmes que nous avions. Nous devons clairement nous attaquer aux expulsions, nous devons nous assurer que les mesures temporaires que nous prenons deviennent permanentes, et nous devons faire comprendre qu’aucune sphère de gouvernement ne peut y parvenir seule“.

Emilia Saiz a présenté le Décalogue pour l’ère post-COVID 19 , développé par CGLU, qui prévoit des mesures pour une nouvelle gouvernance pour l’après-crise  dans le cadre de l’Agenda 2030, et a appelé les participants à partager leur vision sur les 10 points développés dans le document.

Jesús Darío González, secrétaire générale de la mairie de Cali, a présenté l’initiative “le vaccin est entre vos mains”, qui a permis de développer la coresponsabilité avec les communautés informelles, en leur offrant la possibilité de réagir de manière proactive à l’épidémie.

Rohey Malick Lowe, maire de Banjul, a également évoqué la nécessité d’inclure les femmes et les jeunes vivant dans les quartiers informels dans les stratégies de planification, car leur risque d’infection est souvent plus élevé, et a remercié le REFELA, le réseau des femmes élues locales d’Afrique, pour son rôle dans la sensibilisation des femmes en Afrique et à Banjul. Haija Mariam Iddrissu, présidente de REFELA Ghana, a également mis l’accent sur l’écart entre les sexes dans les communautés informelles, et sur la manière dont REFELA vise à fournir des informations aux femmes des communautés informelles afin de les sensibiliser aux problèmes liés au virus et à la manière de mettre en œuvre des mesures préventives.

L’implication des communautés dans la phase de reconstruction a été un thème fortement mis en avant par Caroline Skinner, directrice de la recherche urbaine de WIEGO, qui a évoqué la nécessité de suivre les solutions que les travailleurs et travailleuses informels ont développées pendant la pandémie, en particulier en ce qui concerne l’éloignement physique et la gestion de l’eau et des déchets, et a appelé les gouvernements locaux à apporter leur soutien aux communautés locales.

Barbara Lipietz, professeure associée à l’Unité de planification du développement-Bartlett de l’University College London, a souligné combien il est essentiel de mettre en lumière les alternatives et les réponses positives, afin de garantir une réponse à la crise qui couvre également nos vulnérabilités structurelles et nous conduise non pas vers la normalité, mais vers une “meilleure” normalité.

Gérard Wolf, Président de la Taskforce Villes du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) a présenté le point de vue du secteur privé, en soulignant l’exemple de la France, qui a développé une coalition pour les services de base avec toutes les parties prenantes, gouvernements nationaux, locaux et régionaux, secteur privé et ONG.

Sameh Wahba, directeur général du Département de l’urbanisme, de la gestion des risques de catastrophes, de la résilience et du foncier de la Banque mondiale, a présenté les initiatives de la Banque en matière de partenariat avec les communautés et les organisations informelles telles que Slum/Shack Dwellers International, et a fait valoir que le travail qui est effectué actuellement est un moyen de se préparer à la nouvelle normalité.

Les remarques finales ont été apportées par Adriana Allen, présidente de la Coalition internationale pour l’Habitat, qui a présenté les leçons apprises et a appelé à ce que le secteur informel soit reconnu comme faisant partie intégrante des villes. Elle a fait valoir que la redistribution des ressources ferait partie intégrante de la transformation des sociétés dans l’après-crise, et a déclaré que la prise en compte des données produites dans les environnements informels serait essentielle pour permettre cette redistribution.

Filiep Decorte, chef du Service des programmes de développement à ONU-Habitat, a insisté sur la nécessité de considérer toutes les communautés comme des parties égales de la ville, et a appelé à une coalition, avec le nouvel agenda urbain et les SDG comme cadre, pour s’assurer que les programmes de reconstruction ont un réel impact.

La session a été clôturée par les représentants de la Global Taskforce des gouvernements locaux et régionaux. Greg Munro, secrétaire général du Forum des gouvernements locaux du Commonwealth, a appelé à la reconnaissance de la co-dépendance des secteurs formel et informel ; et Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU Afrique, a plaidé pour que l’on vise directement les populations les plus vulnérables afin qu’elles aient accès aux ressources, et que l’on change la manière dont les partenariats sont menés afin qu’ils bénéficient à ceux qui en ont le plus besoin.

La série d’apprentissage en direct organisée par CGLU, Metropolis et ONU-Habitat a rassemblé plus de 1 200 participants au cours déjà de sept sessions, au cours desquelles des représentants des gouvernements locaux et régionaux, du système des Nations unies et des partenaires de la société civile ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions pour soutenir les populations face à la pandémie en fournissant des services de base essentiels.

LIRE LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE ICI

À propos des séries d’expériences d’apprentissage en direct :
La série d’apprentissage en direct organisée par CGLU, Metropolis et ONU-Habitat a rassemblé plus de 1 000 participant·e·s en six sessions au cours desquelles des intervenant·e·s issu·e·s des collectivités territoriales, du système des Nations unies et des partenaires de la société civile ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions pour soutenir leurs communautés face à la pandémie en leur offrant des services de base essentiels. Les exercices d’apprentissage en direct se poursuivront tout au long du mois et auront lieu les mercredis et les jeudis pendant la crise. Le développement économique local et l’informalité feront partie des prochains sujets abordés, alors que les villes du monde entier cherchent à surmonter les difficultés grâce à une nouvelle génération de solutions.

À propos de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) :

CGLU est l’organisation mondiale des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations qui représente et défend leurs intérêts sur la scène mondiale. Représentant 70 % de la population mondiale, les membres de CGLU sont  présents dans toutes les régions du monde : Afrique, Asie-Pacifique, Europe, Eurasie, Moyen-Orient-Asie de l’Ouest, Amérique latine et Amérique du Nord – organisés en sept sections continentales, une section métropolitaine et un forum régional. Le réseau comprend plus de 240 000 villes, régions et métropoles et plus de 175 associations de collectivités locales et régionales présentes dans 140 pays. CGLU place au cœur de ses priorités stratégiques la démocratie locale, le changement climatique et la protection de l’environnement, la réalisation des objectifs de développement durable, les finances locales, le développement urbain et la diplomatie des villes pour la consolidation de la paix.  Visitez le site www.uclg.org et suivez @uclg_org pour en savoir plus.

À propos d’ONU-Habitat :

ONU-Habitat est l’agence des Nations unies spécialisée sur nos villes et nos communautés. ONU-Habitat travaille dans plus de 90 pays et soutient les habitants des villes et des établissements humains pour un meilleur avenir urbain. En collaboration avec les gouvernements et les partenaires locaux, ses projets à fort impact combinent une expertise mondiale et des connaissances locales pour fournir des solutions ciblées et opportunes. L’Agenda 2030 pour le développement durable comprend un objectif spécifique sur les villes, l’ODD 11 – rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables.  Visitez www.unhabitat.org et suivez @unhabitat pour plus d’informations.

Pour plus d’informations, contactez :
Alejandra Salas
Secrétariat mondial de CGLU, Barcelone
communication@uclg.org

Susannah Price
Cheffe de la communication, ONU-Habitat
susannah.price@un.org
Tél. 254 722 719867

Communiqué : Villes africaines sans enfants de la rue, le temps de l’action

 

 

 

 

«Les femmes et les enfants sont les personnes qui souffrent le plus. Le risque d’infection par le COVID-19 sont 50% plus élevé pour cette partie de la population », déclare Mme Rohey Malick Lowe, Maire de Banjul, Présidente de REFELA Gambie, à propos des conséquences du COVID-19 dans les bidonvilles.

En effet, le virus COVID-19 est en train d’exacerber la situation de ceux qui n’ont pas de foyer. C’est le cas des enfants des rues, qui ne peuvent pas être confinés, car ils n’ont pas où habiter, et en Afrique il y en a plus de 30 millions. Ces enfants vivent dans la rue, dans des conditions d’extrême pauvreté, sans accès aux services de base ni à l’éducation, en quête de nourriture avec de sérieux problèmes de santé. Comment peuvent-ils se laver les mains alors qu’ils n’ont pas d’eau ? Comment peuvent-ils respecter la distanciation sociale alors qu’ils vivent entassés dans des lieux insalubres ? Comment peuvent-ils bénéficier de la désinfection de leur environnement de vie ?

A Nairobi, Johannesburg, Lagos, Bamako, Dakar, au Caire, à Kinshasa, et bien d’autres villes, l’on compte des milliers et des milliers de ces enfants ; en réalité, il n’est pas facile de les compter et les statistiques, lorsqu’elles existent, indiquent toujours des nombres très en deçà de la réalité.

Le phénomène des enfants de rue a de nombreuses causes : la pauvreté, le déplacement des populations à cause de l’urbanisation, les conflits armés, les crises sociopolitiques, les catastrophes naturelles et, les famines. Dans un monde de plus en plus urbanisé et connecté, marqué par de grandes inégalités et de terribles conflits, la question des enfants de rue touche un nombre croissant de villes en Afrique et dans le reste du monde.

CGLU Afrique et son réseau des Femmes Elues Locales d’ Afrique, REFELA, ont lancé, en novembre 2018, à Marrakech, lors du Sommet Africités 8, la Campagne des Villes Africaines sans enfants des rues, avec la présence et le soutien de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem du Maroc.

Plus de 60 villes africaines ont souscrites pour l’heure à cette campagne dont l’objectif est de construire une réponse commune à ce phénomène qui détruit la cohésion sociale au sein de nos communautés qui, apparaît comme une véritable bombe à retardement, et remet en question la résolution de la communauté internationale exprimée dans l’Agenda 2030 consistant à ne laisser personne en marge.

La campagne des Villes Africaines sans Enfants des Rues a eu un grand écho. L’UNICEF a exprimé son intérêt, comme ce fut le cas pour de nombreuses autres organisations et institutions, mais maintenant la Campagne doit devenir une réalité et apporter une véritable réponse à la situation de ces enfants qui, souffrent plus que jamais.

C’est pourquoi CGLU Afrique et le REFELA appellent la communauté internationale à intervenir et à apporter une véritable assistance. «Nous devons honorer le Pacte social de notre société. La communauté internationale ne peut plus rester sans rien faire et aider ces enfants », affirme le Secrétaire Général de CGLU Afrique, Jean Pierre Elong Mbassi. « Nous devons aider les villes à financer des projets, construire des centres d’accueil, des écoles, ainsi que des centres de santé et de soutien psychologique pour ces enfants. Nous devons transformer les paroles en actions ».

Consultez le Deuxième appel à manifestation d’intérêt relatif à la Campagne des villes africaines sans enfants de la rue. (+)

COVID-19 : Les élus locaux africains en première ligne face à la pandémie

 

 

 

A l’instar du corps médical, les élus locaux se trouvent en première ligne dans lutte contre la propagation du Coronavirus.  Dans le cadre de la décentralisation, il revient aux collectivités territoriales de veiller à ce que les services de bases  des villes fonctionnent et soient efficaces. Sur le continent Africain, les élus locaux multiplient les actions de sensibilisation auprès des populations, dans certains cas ils prennent des mesures pour enrayer la propagation et ils travaillent de concert avec les gouvernements centraux. Le 21 avril 2020, les statistiques publiés par l’Union Africaine  faisaient état de 55 pays touchés avec plus de 23.000 cas  pour plus de 1000 décès (Consultez en temps réel ici ). Les  réponses des villes, collectivités territoriales et les associations nationales de collectivités territoriales dans la lutte contre cette pandémie mondiale varient selon leur contexte.

Afrique centrale

Au Gabon, la mairie de Libreville  s’est jointe au gouvernement pour la mise en œuvre des mesures prises dans la lutte contre la propagation du virus. Le pays qui fait partie des moins touchés avec moins de 100 cas contaminés, espère contenir la propagation de la maladie dans la capitale, Libreville. C’est ainsi que le confinement totale de Libreville a été décrété par le gouvernement le vendredi 10 avril 2020. Le maire de la capitale M. Léandre Nzué et ses collaborateurs ont pour leur part procédé à la désinfection de certains quartiers de Libreville,  organisé la sensibilisatation des populations et la distribution des kits de protection aux mairies d’arrondissements de la commune de Libreville .

Au Cameroun, les élus locaux fraîchement élus à l’issu des municipales de février 2020, sont à pied d’œuvre. Les maires de Douala, capitale économique et ville la plus peuplé du pays , ont décidé de l’adhésion de la ville à : la campagne de dépistage menée par le ministre de la Santé publique, en appelant les populations à réserver un accueil favorable aux agents en charge ; l’installation d’une centrale de cubitainers dans les lieux à forte fréquentation de la ville ; la fabrication des masques de protection en tissu, lavables et réutilisables qui seront distribués gratuitement dans les marchés et auprès des moto taxis ; la limitation, à l’initiative des Maires d’arrondissements, des affluences  à l’intérieur et à l’extérieur des édifices des mairies, lors des cérémonies de mariage ; l’interdiction de la vente des denrées alimentaires à même le sol ; le lancement imminent d’une large campagne de collecte de fonds en vue de faciliter la mise en œuvre de ce plan stratégique et d’apporter un appui financier conséquent aux communes.

La commune de Dschang dans l’ouest du pays a vu l’exécutif municipal de Dschang implanter des dispositifs de lavage et de désinfection des mains, le creusage d’un forage à  l’hôpital de district et le don d’une ambulance. Le maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou  explique de c’est en tout huit forages qui seront construits pour les populations. « Les autres forages seront par la suite réalisés à la mairie, au centre administratif, aux marchés A, B et Tsinfem et à Tsinkop » (Plus de détails en vidéo).

Au Congo, la mairie de Pointe noire va contribuer à hauteur de 50.000 millions de FCFA à la cellule de crise mise en place par le gouvernement.  Par ailleurs, le conseil municipal du 1er avril présidé par  Jean François Kando, maire de pointe noire, a décidé que « les marchés domaniaux seront ouverts de manière régulée mercredi et dimanche  de 7 heures à 15 heures seulement pour les pavillons alimentaires : poissons, viandes, légumes, patates, condiments et autres denrées alimentaires. Les marchés de fortune vont être fermés, les ventes sur les trottoirs sont interdites. Les structures de services essentiels (banques, stations service, hôpitaux et autres) restent ouverts. Les cérémonies de mariage sont reportées jusqu’à nouvel ordre. Les veillées mortuaires sont interdites. Les promenades et les activités sportives sur la plage sont interdites».

Le maire de Bangui (République Centrafricaine), M. Émile Gros Raymond Nakombo a également annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre des cérémonies de célébration mariages à la Mairie.

Afrique de l’Ouest

Au Sénégal, la contribution des les collectivités territoriales se chiffre à 1 milliard 677 million de FCFA.  Chaque commune a injecté 5 million de FCFA sans compter les contributions matérielles. Le point de la situation a été fait par le président de l’Association des maires du Sénégal (AMS), M. Aliou Sall et le président de l’association des présidents des départements du Sénégal (APDS), M. Adama Diouf. La ville de Dakar fait partie des premières collectivités à monter au créneau avec un don de 100 millions de FCFA au fond national de lutte contre le coronavirus « Force Covid-19 ». L’édile de la capitale sénégalaise, Mme  Soham El Wardini  et son conseil municipal  ont également équipé les hôpitaux référencés pour plus de 80 millions de FCFA, désinfecté plus de 80 bâtiments publics dont les 56 lycées et collèges de Dakar, réhabilité un centre de santé à hauteur de 20 millions FCFA pour le mettre à la disposition de l’Etat, mis l’ensemble des centres socioculturels à la disposition de l’Etat notamment pour accueillir les enfants de la rue.

Le District Autonome d’Abidjan  (Côte d’Ivoire) a débloqué  719 millions de FCFA pour la mise en œuvre de son plan d’action pour la lutte contre le Covid19. « Nous aurons besoin de travailler très finement pour la distribution des kits alimentaires aux populations les plus démunis. Il y aura une distribution de don dans les 118 villages, dans les 13 communes,  à la préfecture d’Abidjan, aux confessions religieuses et aux ONG», indique M. Robert Beugré Mambé, Gouverneur du district  d’Abidjan.  Un geste salué par le président de l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), M. Claude Paulin Danho. « C’est une riposte multisectorielle et nous nous devons d’être solidaire. Les maires ont commencé à jouer leur partition et aujourd’hui le gouverneur du district vient apporter une couche supplémentaire,  vient réveiller en nous la responsabilité pour que le civisme soit respecté par l’ensemble de nos concitoyens », a-t-il dit. Le maire de la commune de Grand Bassam, M. Jean Louis Moulot  s’attelle également à sensibiliser les populations (Vidéo).

Au Ghana, l’Association nationale des collectivités territoriales du Ghana (NALAG) a appelé toutes les assemblées métropolitaines, municipales et de district (MMDA) à intensifier leurs activités dans la lutte contre la pandémie.  M. Mohammed Adjei Sowah, le maire de la capitale Accra a multiplié les messages de sensibilisation aux populations et  lancé le 15 avril 2020  la campagne «Wear Your Mask » pour promouvoir le port du masque. ” Accra est l’épicentre de la pandémie dans ce pays et nous devons faire tout notre possible pour freiner la propagation du virus, d’où la nécessité de normaliser le port du masque nasal chaque fois que nous devons quitter la maison.  C’est simple, un masque en tissu qui couvre le nez et la bouche peut réduire les gouttelettes d’air et renforcer la protection contre le virus“, a-t-il déclaré. La mairie d’Accra a également distribué des équipements de lavage des mains sur les marchés et autres lieux publics de la métropole afin de garantir des pratiques d’hygiène élevées parmi les commerçants et les clients dans le cadre des mesures visant à freiner la propagation du virus. C’est en tout  près de  10 000 masques de protection fabriqués localement  qui seront  distribués  aux populations d’Accra.

La Mairie de Ougadougou (Burkina Faso) s’est également déployé sur le terrain avec des sensibilisations dans les marchés (vidéo).  Le maire M. Armand Roland Pierre BEOUINDE a organisé et participé à des séances de distributions des denrées alimentaire.

A Banjul  (Gambie), Mme Rohey Malick Lowe a multiplié les messages de sensibilisation en interpellant particulièrement les femmes en sa qualité de maire de la capitale et de présidente du Réseau des Femmes Elues Locales (REFELA) de Gambie.  (Vidéo)

Afrique Australe                                                              

En Afrique du Sud,  Mme Thembi Nkadimeng, présidente de l’Association des gouvernements locaux d’Afrique du Sud (SALGA)  a rencontré le président  de la République SE M. Cyril Ramaphosa dans le cadre du conseil de coordination présidentiel pour discuter du rôle des collectivités territoriales pendant la pandémie de coronavirus Covid-19. Son Excellence M. Ramaphosa a exhorté les ministres et les maires du pays à être en état d’alerte et à se préparer à accélérer la fourniture de services. Par ailleurs, il estime que la pandémie a appris au gouvernement à ne pas travailler en vase clos.  SALGA a diffusé plusieurs messages de sensibilisation pour  le respect des gestes barrières et du confinement décrété par le président de la république. (Vidéo de la présidente de SALGA).

Au Botswana, l’Association des Autorités Locales du Botswana (BALA) est également en première ligne dans l’assistance aux populations en cette période de crise.  Elle a invité ses membres a assister les populations et s’assurer de la mise en œuvre des mesures de prévention. Les conseillères municipales  de Lobatse ont fait don de 55 cuisinières et de 50 litres de paraffine pour les  ménages dans le besoin pendant la période du confinement. Le but est d’éviter que les femmes sortent pour aller chercher du bois de chauffage afin de faire la cuisine.

En Zambie,  le maire de KITWE et président de l’association des collectivités territoriales de Zambie (ZILGA), M. Christopher Kang’ombe s’est notamment rendu au marché de Kawama pour expliquer l’importance de respecter  la distanciation sociale dans la lutte contre le virus COVID-19.

Afrique de l’Est

Au Kenya le conseil des gouverneurs, les 47 gouvernements des comtés ont identifié des installations supplémentaires pour servir de quarantaine dans les comtés. Il s’agit principalement d’internats d’écoles secondaires. La plupart des gouvernements de comté ont acheté des produits chimiques pour le traitement de l’eau pour les compagnies des eaux et ont également assumé la responsabilité de fournir de l’eau potable aux communautés dans le besoin. Les gouvernements des comtés, en collaboration avec KEBS, ont demandé à leurs PME de se lancer dans la production de masques. Les conducteurs de Boda boda ont reçu des masques par l’intermédiaire des gouvernements des comtés afin d’assurer leur propre sécurité et celle de leurs passagers. Les comtés sont en train de reloger la population touchée dans les bidonvilles en mettant en place des subventions alimentaires à distribuer.

Du côté de l’association des gouvernements locaux d’Ouganda (ULGA) le gouvernement via le ministère des collectivités territoriales a débloqué le 17 avril 2020, les fonds destiné à la lutte contre le  COVID au niveau local. ULGA a demandé à ses membres «de faire preuve d’une grande efficacité dans l’utilisation de ces précieuses ressources et d’en rendre compte».

Au Rwanda la Ville de Kigali a informé le grand public que « tous les concerts et autres rassemblements publics qui rassemblent de nombreuses personnes, par exemple les concerts de divertissement, les expositions, les festivals, les journées portes ouvertes, les manifestations de marche, entre autres, sont reportés du 8 mars jusqu’à nouvel ordre. Toutes les autorisations d’événements délivrées par la Ville de Kigali avant cet avis sont abrogées».

Afrique du Nord

L’Association Marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC)  a  demandé à ses membres de consacrer une partie de leur budget, à la disposition du fonds pour la gestion de la lutte contre le Covid 19.

En Mauritanie, le Réseau des femmes élues locales (REFELA) de Mauritanie a initié une campagne de sensibilisation dans les différentes langues locales . La Mauritanie fait partie des pays les moins touchés, le dernier patient atteint du Covi19 a été déclaré guéri le 18 avril 2020.

En Tunisie, en plus de la sensibilisation et l’assistance des populations en vivres, la municipalité de Tunis s’est engagée  le 10 avril 2020 «à enterrer toutes les victimes du covid-19 si l’inhumation ne peut pas être effectuée dans les régions où habitaient les défunts». Vidéo de sensibilisation avec Mme  Souad Abderrahim, Maire de Tunis.

En Egypte, le gouverneur du Caire, Khaled Abdel-Aal, a invité les commerçants à arrêter les grands rassemblements publics et d’organiser le commerce des achats afin d’éviter les foules dans les quartiers El-Mousky et Attaba du centre-ville du Caire, qui accueillent deux des plus grands marchés de rue du Caire.

En Algérie, une allocation de solidarité d’un montant de dix mille (10.000) dinars par famille a été octroyée aux nécessiteux et à ceux affectés par les mesures de prévention et de lutte contre l’épidémie du Coronavirus, à l’occasion du mois de Ramadan. Les comités de villages seront chargés d’effectuer cette opération en collaboration avec les Assemblée populaire communale (APC).

 

 

 

Les échanges, l’apprentissage par les pairs et la solidarité entre municipalités et régions du monde entier sont essentiels dans la lutte contre le COVID-19

 

 

Les villes et les régions du monde entier sont en première ligne dans la lutte contre la crise du COVID-19. Le partage d’expériences entre elles est essentiel et, à ce titre, l’UE devrait les inclure dans sa réponse globale à la pandémie. Tel est le message partagé par plus de 70 participants d’Europe et d’Afrique qui se sont joints au webinaire “COVID-19″ : EU global response & local government international action” organisé le vendredi 17 avril par PLATFORMA.

Ce webinaire a réuni des représentants des institutions internationales et européennes (Nations unies, Commission européenne, Parlement, diplomates des représentations des États membres auprès de l’UE), des élus locaux et régionaux et des représentants des associations nationales de villes et de régions.

Aida Liha Matejicek, de la Coopération internationale et développement de la Commission européenne, a donné un aperçu de la réponse globale de l’UE au COVID-19 adoptée la semaine dernière. Elle a insisté sur l’esprit de coordination “#TeamEurope” entre les donateurs financiers.

La fonctionnaire de l’UE a clairement indiqué que les personnes les plus vulnérables et les systèmes de santé fragiles étaient au centre de la réponse de l’UE, qui est “aussi complète que possible”, avec le principe de “ne laisser personne en marge”. Cette réponse vise à “garantir le respect des droits de l’homme et de la démocratie, en mettant l’accent sur les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes filles, et sur la violence domestique dont elles peuvent être victimes“.

Mme. Matejicek a reconnu que les gouvernements locaux et régionaux ont été les premiers à être confrontés à la crise. “L’apprentissage entre pairs dans ce sens est extrêmement précieux et important“, a-t-elle déclaré. “Une réponse communautaire et une approche collective sont les plus importantes pour répondre aux besoins de ceux qui sont le plus durement touchés“.

“Se réinventer”

Le maire de Strasbourg et président de Cités Unies France, Roland Ries, a été le premier à partager son expérience d’un point de vue municipal. “Le COVID-19 et la catastrophe qu’il a provoquée, changent tout et nous montrent à quel point le système international est fragile, à quel point nos institutions sont fragiles et à quel point l’humanité est fragile“, a-t-il déclaré.

Il s’est félicité de l’esprit “Team Europe” adopté par les institutions européennes et a souligné la nécessité d’une solidarité à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe. “C’est un moment où nous avons aussi l’occasion de nous réinventer, de mieux nous aligner sur les 17 ODD adoptés par les Nations unies en 2015, de capitaliser et de renforcer nos amitiés et nos partenariats à travers le monde“, a-t-il déclaré.

Cités Unies France travaillera en étroite collaboration avec les collectivités locales et régionales et leurs associations représentatives en Afrique (au Sahel en particulier) et en Haïti.

Un cadre de coopération mondiale

Mme Pilar Díaz, maire d’Esplugues de Llobregat en Espagne, a souligné la longue expérience de la province de Barcelone en matière de coopération au développement de ville à ville et de région à région. “C’est un moment crucial pour mettre en évidence la valeur ajoutée de la coopération décentralisée“, a-t-elle déclaré. “Nous devons penser à un cadre de coopération global, car le virus ne sera pas contenu s’il n’est pas contenu de la même manière dans toutes les régions du monde“.

Mme Díaz s’est également inquiétée de l’augmentation des inégalités sociales et économiques. Elle a salué les mesures d’urgence de plus de 900 milliards d’euros en faveur de l’Amérique latine mais a souligné : “nous ne savons toujours pas quelle sera l’importance de la coopération au développement, et en particulier des allocations aux collectivités locales et régionales, dans le prochain budget à long terme de l’UE“.

Hans Janssen, le maire d’Oisterwijk aux Pays-Bas et représentant de VNG International, a souligné que les gouvernements locaux et leurs associations représentatives ont l’habitude d’agir dans des situations de crise. “Nous devrions utiliser l’expérience déjà acquise pour nous entraider, et nous appuyer sur les outils déjà développés : planification de scénarios, évaluations des risques, plans de relance” a-t-il déclaré. VNG, travaille au Liban, en Irak et en Ouganda pour faire face aux conséquences des crises de réfugiés et a également été active en Haïti, après que lepays ait été frappé par un terrible tremblement de terre. Il a appelé l’UE à apporter un soutien concret, à être “plus flexible dans les programmes existants afin de permettre aux gouvernements locaux et régionaux de mieux s’adapter à la situation” et à “devenir plus pragmatique et plus réactif“.

Janssen a également souligné le rôle essentiel des associations nationales de collectivités locales et régionales dans les pays partenaires, qui constituent “un point de liaison essentiel pour les municipalités qui souhaitent entrer en contact avec le gouvernement national”.

Les gardiens de la solidarité internationale

Jean Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU Afrique), a déclaré que jusqu’à présent, l’Afrique était “parmi les régions qui ont été le moins touchées par le COVID-19, contrairement à ce que la communauté internationale et l’Organisation mondiale de la santé attendaient“.

Il a également précisé que seules les villes et les régions étaient en mesure de prendre des mesures pour réagir à la propagation du COVID-19 en Afrique : “Les gouvernements locaux sont les gardiens de la solidarité internationale. ils sont le meilleur endroit pour défendre le multilatéralisme et la coopération internationale, même lorsque les gouvernements nationaux sont à la traîne“.

Mbassi a souligné que le confinement est “une catastrophe pour le secteur informel“, en particulier en Afrique subsaharienne où les gouvernements nationaux ne peuvent apporter qu’un soutien très limité. Seule la solidarité des populations et des gouvernements locaux permet de résoudre le problème.

Il s’est également dit profondément préoccupé par les conséquences financières directes de la crise sur les citoyens. Il a demandé à l’UE de canaliser les fonds vers les municipalités et les régions dès que possible. “La coopération décentralisée est essentielle pour aider à partager les expériences et les pratiques afin de résoudre non seulement la crise immédiate mais aussi les conséquences de l’épidémie, ce qui nécessitera de nombreux efforts tant au niveau social, institutionnel qu’économique“, a ajouté M. Mbassi.

“Les gouvernements locaux sont très réactifs”

Kelmend Zajazi, directeur exécutif de NALAS, a souligné que l’échange d’expériences entre les gouvernements locaux et régionaux est essentiel. Il s’entretient chaque semaine avec des villes et des régions d’Europe du Sud-Est pour prévenir la propagation du COVID-19, mais aussi pour trouver des solutions aux besoins quotidiens des citoyens : offrir un accès aux services publics en ligne, à la culture ou à l’éducation par exemple.

“Les gouvernements locaux sont très réactifs, beaucoup plus rapides que les gouvernements nationaux. Par exemple, beaucoup de villes ont déjà décidé de réduire les financements inutiles pour débloquer des fonds pour des questions plus urgentes“, a déclaré M. Zajazi.

Il a également souligné l’énorme préoccupation économique en Europe du sud-est sur “le prix à payer pour la période de reprise” alors qu’il pourrait y avoir des conséquences dramatiques sur les citoyens et les processus de décentralisation.

Le secrétaire général du CCRE, Frédéric Vallier, a souligné que “cette crise ne doit pas anéantir les progrès déjà réalisés sur l’état de la décentralisation dans les pays partenaires et en Europe“. Il a conclu : “Nous devons renforcer nos liens et nos capacités ensemble à travers le monde et renforcer ensemble le rôle des élus locaux et régionaux“.

La coopération décentralisée d’abord

La députée européenne Mónica Silvana González, membre de la commission du développement du Parlement européen (DEVE), a conclu le webinaire en déclarant qu’elle veillerait à ce que les collectivités locales et régionales jouent un rôle central dans le prochain budget à long terme de l’UE (CFP) et dans le nouvel instrument financier pour le développement (NDICI). Elle a expliqué que l’épidémie du COVID-19 pouvait être considérée comme “une opportunité” d’inclure dans la négociation du CFP des éléments qui n’auraient pas été possibles auparavant.

Elle a annoncé que, lors de la prochaine réunion de la commission DEVE, le mardi 21 avril, elle demandera directement à la commissaire européenne chargée des partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, comment elle entend maintenir un rôle central pour les collectivités locales et la coopération décentralisée dans l’initiative “Team Europe”. Elle a enfin souligné que l’Amérique latine ne devait pas être oubliée dans la réponse de l’UE, y compris les pays qui ne sont plus éligibles à l’aide publique au développement (APD).

Covid-19: Message de Mme Soham El Wardini, Maire de Dakar (Sénégal) & Vice-Présidente CGLU Afrique pour la région Afrique de l’Ouest

 

 

Chers collègues et amis- Maires de la région de l’Afrique de l’Ouest !

Nous sommes actuellement confrontés à un défi mondial, la lutte contre la pandémie COVID 19, qui est devenue une préoccupation majeure. Nous devons plus que jamais rassembler nos forces et renforcer nos solidarités particulièrement au sein de notre région.L’Afrique doit être unie et combative face à ce virus et à toutes les projections pessimistes quant à son évolution sur notre continent.

Je tiens à saluer les efforts déployés jusqu’à présent par chacun et chacune d’entre vous pour équiper et doter les services de santé de matériels de soins et de protection, sensibiliser les habitants de vos différentes municipalités et communautés quant aux risques de propagation de l’épidémie tout en les soutenant dans la couverture de leurs besoins de première nécessité, et mener des opérations de désinfection des espaces publics et des lieux recevant du public. Pour tous ces efforts, je tiens à vous encourager en ces temps difficiles où les budgets des collectivités territoriales sont fortement sollicités.

Je suis consciente que beaucoup de nos administrés sont impactés parles effets de ce virus. Je suis également sensible au risque d’un accroissement de violences domestiques. Les femmes ainsi que les enfants de la rue doivent être une préoccupation forte en cette période de crise.. L’ennemi commun est le virus.

Les coutumes et traditions africaines, notre mode de vie et la forte part de l’économie informelle font que chaque contamination est un danger pour toute la communauté. Nous devons donc être prudents et déterminés à appliquer les directives des gouvernements nationaux ainsi que le protocole de l’Organisation Mondiale de la Santé pour prévenir la propagation du virus. Ce faisant, nous sauverons des vies.

Pour que nous puissions coordonner efficacement notre action, il est nécessaire d’adopter une approche de leadership multi-niveaux – du niveau local au niveau mondial – où les villes joueront un rôle essentiel dans la lutte pour assurer une réponse collective. En tant que Maires nous avons la responsabilité de « faire société » au quotidien, faire face à la pandémie en consolidant nos modes de solidarité et en préparant l’après-crise.

Je suis attentive, chers collègues et amis, à vos préoccupations, vos difficultés, vos propositions et vos bonnes pratiques pour consolider notre engagement régional.

Ensemble, nous sommes plus forts.

SE LAVER LES MAINS AVEC DU SAVON –

RESTER À LA MAISON – DISTANCIATION PHYSIQUE–SOLIDARITÉ SOCIALE – RESTER EN SÉCURITÉ !

Madame Soham EL WARDINI, Maire de la ville de Dakar, Sénégal, et Vice-Présidente de la région Afrique de l’Ouest de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique).

Découvrez le message en vidéo ci-dessous 

L’impact économique de COVID-19 sur les villes africaines risque d’être sévère en raison de la forte baisse de la productivité, des emplois et des revenus, selon la CEA

 

Addis-Abeba, le 14 avril 2020 – Dans le cadre de son analyse visant à éclairer les mesures stratégiques face au COVID-19, la Commission économique pour l’Afrique, appelle à une prise en compte adéquate de la vulnérabilité des économies des villes alors que les gouvernements africains consolident leurs efforts et définissent des mesures de relance pour atténuer les impacts économiques régionaux.

« En tant que moteurs et facteurs de la croissance économique, les villes sont confrontées à des risques considérables à la lumière du COVID-19, ce qui a des répercussions sur la résilience du continent à la pandémie », déclare Thokozile Ruzvidzo, Directrice de la division du genre, de la pauvreté et de la politique sociale de la CEA.

Les villes africaines comptent 600 millions d’habitants et représentent plus de 50% du PIB de la région. Ce taux est encore plus élevé, plus de 70% pour des pays comme le Botswana, l’Ouganda, la Tunisie et le Kenya. Un tiers des PID nationaux (31%) provient en moyenne de la plus grande ville dans les pays africains. À ce titre, la contribution économique des villes de la région est bien supérieure à leur poids dans la population.

Les effets de COVID-19 sur l’emploi sont susceptibles d’être graves dans les zones urbaines. Les secteurs urbains de l’économie (fabrication et services) qui représentent actuellement 64% du PIB en Afrique seront durement touchés par les effets liés au COVID-19, entraînant des pertes substantielles d’emplois productifs. En particulier, les quelque 250 millions d’Africains dans l’emploi urbain informel (hors Afrique du Nord) seront menacés. Les entreprises et les commerces des villes africaines sont très vulnérables aux effets du COVID-19, en particulier les PME qui représentent 80% des emplois en Afrique. Ces risques sont aggravés par une hausse probable du coût de la vie, comme le montrent, par exemple, certains rapports initiaux d’augmentation allant jusqu’à 100% du prix de certains produits alimentaires dans certaines villes africaines.

En outre, la consommation et les dépenses urbaines (de produits alimentaires, produits manufacturés, services publics, transport, énergie et services) sont susceptibles de connaître une forte baisse à la lumière des confinements des restrictions réduites liés aux COVID.

« Les villes africaines stimulent la consommation avec leur classe moyenne en croissance, les dépenses de consommation par habitant dans les grandes villes étant en moyenne 80% plus élevées au niveau de la ville qu’au niveau national. La baisse de la consommation urbaine liée au COVID-19 aura donc un impact sur les chaînes de valeur nationales, y compris les zones rurales », note Mme Ruzvidzo.

En outre, les dépenses par habitant des collectivités locales africaines étant les plus faibles du monde, à 26 dollars, de nombreuses collectivités locales sont mal dotées en ressources et moins en mesure de faire face à l’assaut de COVID-19. La baisse probable des sources de revenus pour les autorités locales en raison des effets réducteurs du COVID-19 sur leur capacité déjà limitée à répondre à cette crise est également alarmante. Les transferts intergouvernementaux / nationaux, qui représentent 70 à 80% du financement des collectivités locales, devront être réduits en raison de l’intervention nationale immédiate et des besoins de relance. Des revenus autonomes qui sont déjà faibles à seulement 10% des finances des autorités locales avec des confinements et des restrictions au niveau de la ville entraînent ainsi une baisse de l’activité économique.

Pourtant, les autorités locales sont des intervenants de première ligne face à ces chocs et crises. Compte tenu de la proximité de leurs circonscriptions, les autorités locales sont bien placées pour mener et agissent déjà face à certaines des conséquences immédiates, ce qui leur permet de mieux comprendre les besoins et les mesures nécessaires et d’instaurer une plus grande transparence et le sens de la responsabilité.

Compte tenu de ces circonstances, la CEA propose un soutien spécifique aux gouvernements municipaux pour atténuer et répondre aux effets économiques de COVID-19, en plus de la priorité immédiate accordée à la santé et à l’aide humanitaire. La désagrégation de l’analyse et de l’identification des priorités et des réponses aux échelles sous-nationale et urbaine est une première étape.

Des mesures proactives sont également nécessaires pour la reprise économique urbaine, notamment par le biais de mesures visant à renforcer les finances et les capacités des autorités locales en tant que premiers intervenants, à des renflouements à court terme et à des exemptions pour les PME afin de limiter la productivité et les pertes d’emploi, la protection sociale pour ceux qui occupent un emploi urbain informel tout en anticipant le potentiel des programmes de travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre pour la création d’emplois à moyen terme. À cet égard, Mme Ruzvidzo souligne que « les gouvernements locaux doivent être soutenus car ils sont mieux à même de répondre aux besoins locaux, y compris en coordination avec les structures communautaires ».

À plus long terme, la vulnérabilité aiguë des économies des villes exige des efforts pour revitaliser et améliorer la productivité des villes africaines grâce à des investissements adéquats visant à combler les déficits et les obstacles importants auxquels elles sont confrontées. Avec plus de la moitié de la population africaine susceptible de vivre dans les villes en seulement 15 ans, les risques d’une urbanisation mal planifiée et mal gérée sont considérablement élevés, rendant des millions de personnes vulnérables aux effets des chocs futurs.

 

La Section des communications
Commission économique pour l’Afrique
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Addis-Abeba (Éthiopie)
Tél. +251 11 551 5826
Adresse électronique : eca-info@un.org