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ALGA a représenté CGLU Afrique à la Conférence annuelle de l’Association Internationale des Ecoles et Instituts d’Administration (AIEIA)

L’Association internationale des écoles et instituts pour l’administration (AIEIA) a organisé sa conférence annuelle en République du Pérou du 23 au 26 juillet 2018 sur le thème «Mondialisation, territoires et intégration». CGLU Afrique était représentée par le Dr Najat Zarrouk, Directrice de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA).

CGLU Afrique a été admis en tant que membre corporatif de l’Institut International des Sciences Administratives (IISA), tandis qu’ALGA a été admise en tant que membre corporatif de l’AIEIA depuis février 2017 par les Conseils de ces 2 Organisations, basées en Belgique (Bruxelles). La Conférence organisée en partenariat avec les autorités péruviennes a réuni 250 participants représentant 48 pays. Les principales activités auxquelles la Directrice d’ALGA a participé sont les suivantes :

– La Directrice d’ALGA a présidé le Groupe de travail II de l’AIEIA sur « l’éthique et la culture du secteur public » , le lundi 23 juillet 2018 ;

– Présentation d’un document sur « L’autonomie financière des collectivités territoriales au Maroc : entre acquis et  défis de l’autonomie locale et de la subsidiarité», le 25 juillet 2018 ;

– Présentation lors du Groupe de travail IV sur “Gouvernance infranationale et développement” et sur “Autonomiser et équiper les gouvernements locaux pour traiter les ODD : Feuille de route et progrès dans la localisation des Agendas globaux en Afrique »,  le jeudi 26 juillet 2018 ;

– Participation à l’Assemblée générale de l’AIEIA le jeudi 26 juillet 2018 ;

– Organisation d’une réunion avec les opérateurs identifiés pour participer au Sommet Africités 8 (20-24 novembre 2018, Marrakech, Maroc) à savoir l’UNDESA, l’IISA, l’AISIA et le BIPA/MENAPAR. Elle a présenté le thème du Sommet, la note conceptuelle, la méthodologie et les conditions requises pour participer.

– Diffusion d’une importante documentation sur CGLU Afrique, sur le sommet Africités 2018, et sur ALGA.

 Lisez le rapport complet de la  directrice d’ALGA  ici ( disponible en Anglais).

Note conceptuelle-Africités 8: “La transition vers des villes et des territoires durables : le rôle des collectivités territoriales d’Afrique”

 

 

 

 

 

 

Disponible en PDF ici. 

 

1.La huitième édition du Sommet Africités qui se tient à Marrakech du 20 au 24 novembre 2018 a pour thème central : La transition vers des villes et des territoires durables : le rôle des collectivités territoriales d’Afrique.

2.La présente note conceptuelle définit l’orientation générale et la cohérence des activités du Sommet. Elle sert de référence pour la préparation des sessions du Sommet, et énonce les hypothèses de travail à partir desquels il convient de définir les interrogations et les perspectives du thème général, celui de la transition vers des villes et des territoires durables. Elle permet de préparer les propositions et les recommandations qui seront discutées et adoptées par les ministres, les maires et leaders des gouvernements locaux et régionaux ; et considérées par les partenaires de coopération des pays africains.

3. Les Sommets Africités sont l’espace d’élaboration de propositions et de formation des élus locaux africains. Cet espace est ouvert à tous les acteurs qui souhaitent, en alliance avec les collectivités locales africaines, construire des politiques alternatives. Depuis 1998, les Sommets Africités permettent aux participants de comprendre et d’agir sur les questions de mondialisation et d’urbanisation qui pèsent sur l’évolution de l’Afrique et des Africains, à l’échelle des collectivités locales, des Etats et des institutions africaines. On trouvera dans le tableau joint les thèmes des sept Africités précédents.

4. Le Sommet Africités 8 interrogera le futur des villes et des territoires d’Afrique, ainsi que celui des gouvernements locaux et régionaux qui ont la responsabilité de les administrer et de les gérer. Il partira du contexte et de la situation de l’Afrique pour mettre en évidence les dimensions de la transition à partir des mutations en cours. Il mettra l’accent sur le rôle et la stratégie des gouvernements locaux et régionaux d’Afrique dans la transition.

Situation

5. Le futur des villes et des territoires africains s’inscrit dans l’évolution du continent et contribue à son avenir. Parmi les nombreuses questions qui vont marquer le futur de l’Afrique, deux tendances sont à mettre en évidence : la mondialisation et l’urbanisation.  Supports de l’économie mondialisée, les villes et les territoires sont aussi transformés par elle. L’évolution de la mondialisation bouleverse le système géopolitique et remet en cause la nature des Etats. Elle modifie les rapports entre les différents niveaux de gouvernance (le niveau local, le niveau national, celui des grandes régions et le niveau mondial) ; entre les espaces de vie des populations (notamment les espaces ruraux et les espaces urbains) ; entre la prise en compte de la spécificité des contextes locaux, la construction de l’unité nationale à l’intérieur des frontières des Etats, et le caractère universel des défis et enjeux interpellant l’humanité dans son ensemble.

6. La situation de crise expérimentée partout, quel que soit le niveau de développement des différents pays a fait prendre conscience qu’on était très probablement entré dans une période de rupture dans l’évolution des sociétés et du monde par rapport au passé récent. La prise de conscience de cette rupture met en avant la nécessité d’un changement de paradigmes dans la manière de penser l’évolution et de préparer l’avenir du monde. Cette approche, dont les éléments avaient été perçus et abordés dans plusieurs études critiques s’est imposée plus largement comme une nécessité. Au cours des années récentes, le débat international a pris en compte cette évolution à travers l’adoption des agendas continentaux et mondiaux de portée universelle, notamment, l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, l’Agenda 2030 des Nations Unies, l’Accord de Paris sur les changements Climatiques, le Nouvel Agenda Urbain Mondial.

7. L’Agenda 2063 a été au cœur du Sommet Africités 7, à Johannesburg en 2015. Le thème retenu était : « Construire le futur de l’Afrique avec ses populations : La contribution des autorités territoriales à la prospective 2063 de l’Afrique ». Africités 7 a été un exemple de l’engagement dans un projet essentiel, celui de l’avenir du continent et de la construction de l’unité de l’Afrique. Le Sommet s’est inscrit dans la perspective à long terme du continent, porté par l’Agenda 2063 de l’Union Africaine qui propose d’articuler la transformation en profondeur des sociétés africaines et de l’Afrique avec les nécessités de l’urgence d’améliorer les conditions de vie des Africains et la préservation de la paix au sein du continent.

8. L’Agenda 2063 offre un cadre solide pour réparer les injustices du passé et faire du 21ème siècle, le siècle de l’Afrique. Cinquante ans après que les trente-trois (33) premiers États africains indépendants se soient réunis pour prendre la décision historique de créer l’Organisation de l’Unité Africaine, l’Agenda 2063 propose de regarder et construire l’Afrique pour les cinquante prochaines années. Il s’inscrit dans la perspective d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ». Il met l’accent sur la mobilisation des populations et sur l’appropriation des programmes de développement du continent par ses citoyens. Il pose le principe de l’autonomie de décision au sein du continent, ce qui implique celui du financement du développement de l’Afrique. Il insiste sur l’importance de disposer des institutions capables, inclusives et responsables à tous les niveaux et dans toutes les sphères. Il met en exergue le rôle essentiel des Communautés Economiques Régionales en tant que pierre angulaire de l’intégration et de l’unité du continent.

9. L’Agenda 2063 met en avant sept aspirations : 1. Une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ; 2. Un continent intégré, uni sur le plan politique et ancré dans les idéaux du Panafricanisme et la vision de la Renaissance africaine ; 3. Une Afrique où bonne gouvernance, démocratie, respect des droits de l’homme, justice et état de droit sont à l’ordre du jour ; 4. Une Afrique vivant dans la paix et dans la sécurité ; 5. Une Afrique dotée d’une forte identité, d’un patrimoine commun, et de valeurs et d’une éthique partagées ; 6. Une Afrique dont le développement est axé sur les populations, qui s’appuie sur le potentiel de ses populations, notamment celles des femmes et des jeunes, et qui se soucie du bien-être des enfants ; 7. Une Afrique unie et influente sur la scène mondiale.

10. L’Agenda 2063 est réalisé à travers des plans d’action décennaux dont la mise en œuvre se fait   à travers les cinq domaines d’intervention prioritaires adoptés par la Banque Africaine de Développement (« High 5 »), à savoir :

– Eclairer l’Afrique et lui apporter de l’Energie

– Nourrir l’Afrique

– Industrialiser l’Afrique

– Intégrer l’Afrique

– Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique

11. Le Sommet Africités 7, à Johannesburg, a aussi salué l’adoption de l’Agenda 2030 par les Nations Unies, en septembre 2015. Cet Agenda définit 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de portée universelle, déclinés en 169 cibles regroupés autour de cinq grandes priorités (5P), à savoir : les Peuples, la Planète, la Prospérité, la Paix et le Partenariat. À travers l’Agenda 2030 la communauté internationale a pris trois grands engagements : lutter contre les inégalités, l’exclusion et les injustices ; faire face au défi climatique ; mettre fin à l’extrême pauvreté. Elle s’est donnée un slogan : « ne laisser personne en arrière ». Dans la plupart des États membres des Nations Unies, plus de 60 pour cent des ODD relèvent des compétences que les lois de décentralisation reconnaissent aux collectivités territoriales ; d’où l’invite de la communauté internationale aux États, de promouvoir la localisation des ODD, et une forte implication des collectivités territoriales en vue de leur réalisation effective. Pour les collectivités territoriales le slogan « ne laisser personne derrière » doit s’interpréter comme « ne laisser aucun territoire de côté ».

12. La Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques réunie à Paris en décembre 2015 (CoP21) a abouti à l’adoption de l’Accord de Paris qui définit les actions à entreprendre au niveau international pour, d’une part, limiter les émissions des gaz à effet de serre afin de maintenir le niveau du réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius au maximum à l’horizon 2100, seuil au delà duquel, selon les experts du groupe interétatique sur le climat (GIEC), les dérèglements du climat deviendraient imprévisibles ; et d’autre part, mettre en œuvre des actions d’adaptation aux conséquences des changements climatiques sur les populations et sur les territoires où elles vivent. En vue de réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris, chaque Etat partie à la convention est tenu de soumettre au secrétariat de la convention, des contributions définies au niveau national (CDN). Les experts du GIEC estiment que la réalisation cumulée des actions contenues dans l’ensemble des CDN présentés par les différents Etats partie aboutit à une hausse de la température de la planète de 3 degrés Celsius, supérieure aux 2 degrés fixés comme plafond au-delà duquel la situation deviendrait incontrôlable.

13. C’est pour cette raison que les leaders des gouvernements locaux et régionaux ont décidé de renforcer l’action des gouvernements nationaux en s’engageant à entreprendre des actions au niveau des territoires pour limiter la hausse du réchauffement de la planète à un maximum de 1,5 degrés Celsius à l’horizon 2100. A cet égard, lors de la CoP21 à Paris en 2015, les leaders des villes et territoires d’Afrique se sont engagés aux côtés de leurs homologues des autres régions du monde, bien que l’Afrique ait contribué très peu aux niveaux actuels des émissions de gaz à effet de serre. Ils ont réitéré cet engagement lors de la CoP22 à Marrakech en 2016. La plupart d’entre eux ont adhéré à la Convention des Maires pour le Climat et l’Energie, et se définissent des plans climat au niveau de leurs territoires. Lors de la réunion organisée en septembre 2017 à Rabat, Maroc, par le PNUD, le Partenariat NDC et le secrétariat de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, les participants ont convenu que sans l’implication des collectivités territoriales, les CDN des différents Etats africains avaient peu de chances d’être réalisés. D’où la recommandation faite aux Etats de travailler à la territorialisation des CDN et à une forte implication des collectivités territoriales à leur mise en œuvre. Cette territorialisation est particulièrement pertinente quand on considère que c’est d’abord au niveau des territoires que s’applique le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes d’ici 2030.

14. Le nouvel Agenda Urbain se veut une stratégie de mise en œuvre de l’Agenda 2030 dans un monde où l’habitat est devenu majoritairement urbain depuis le milieu de la première décennie des années 2000. Le débat international sur la ville a évolué. A Habitat 1, à Vancouver, Canada, en 1976, il a porté principalement sur les rapports entre industrialisation et urbanisation et sur la relation entre salariat et logement. Deux questions nouvelles avaient alors émergé : l’environnement et la participation. A Habitat 2, à Istanbul, Turquie, en 1996, le droit au logement et l’accès aux services publics avaient été mis en avant. Deux questions ont été mises en débat : la sécurité foncière et la production sociale de l’habitat. Deux nouveaux acteurs ont fait irruption dans l’arène internationale : les collectivités territoriales, qui ont tenu leur première Assemblée Mondiale des Villes et des Autorités Locales dans le cadre d’une rencontre des Nations Unies ; et les entreprises, qui, à travers la création du Business Compact avec les Nations Unies sous la houlette des multinationales, marquaient leur entrée en force dans le débat international.

15. Le Nouveau Programme pour les Villes adopté à Habitat 3, en 2016 à Quito, Equateur, s’inscrit dans une refonte des priorités de l’ONU autour des ODD et de l’Accord de Paris. Il insiste sur la nécessité d’avoir un regard plus positif sur le rôle des villes dans la promotion du développement durable, à condition : (i) d’adopter des politiques urbaines nationales qui définissent un système urbain prenant en compte tous les niveaux de villes, y compris les petites villes et les villes intermédiaires, et pas uniquement les grandes villes et les métropoles ; (ii) de renouer avec la pratique de la planification urbaine à laquelle il convient d’associer l’ensemble des citadins, y compris les plus pauvres ; (iii) de relier planification urbaine, besoins en infrastructures et services et financement des investissements  urbains, dont une part significative doit être recherchée dans la captation par les gouvernements locaux et régionaux d’une partie des plus-values foncières générées par les économies d’urbanisation et les économies d’agglomération ; (iv) de mettre en avant le partenariat avec l’ensemble des acteurs en vue de les associer à la co-production de la ville et du territoire.

16. Le Nouvel Agenda Urbain Mondial se donne en particulier pour objectif de réaliser l’ODD n°11 pour des villes et établissements humains sains, sûrs, inclusifs et durables. Les trois premières des dix cibles de l’objectif proposent, d’ici à 2030 : 1) d’assurer l’accès de tous à un logement et des services de base adéquats et sûrs, à un coût abordable, et assainir les quartiers de taudis ; 2) d’assurer l’accès de tous à des systèmes de transport sûrs, accessibles et viables, à un coût abordable…; 3) de renforcer l’urbanisation durable pour tous et les capacités de planification et de gestion participatives, intégrées et durables des établissements humains dans tous les pays.

17. Les objectifs de développement durable redonnent de l’importance à l’approche par les droits fondamentaux par rapport aux approches essentiellement économiques. Elles redonnent aussi une cohérence aux différents niveaux de l’action publique. La cohérence entre les différents agendas continentaux et mondiaux est vérifiée. Le PNUD estime que 83 pour cent des objectifs de l’Agenda 2063 recoupent ceux de l’Agenda 2030. Le rapprochement des objectifs de ces deux Agendas avec les dispositions de l’Accord de Paris met en lumière une nouvelle approche de la transformation des sociétés qui remet en cause les anciennes conceptions du développement.

18. On peut aussi vérifier que l’Agenda 2030, s’il est une indéniable avancée, ne tranche pas le débat sur le sens de l’action publique. L’agenda urbain est non contraignant et laisse entier le débat ouvert entre deux conceptions de la transformation sociale urbaine : pour le résumer, entre ville compétitive et ville solidaire. Les contradictions restent fortes entre ceux qui proposent de s’en remettre au libre jeu des forces du marché pour assurer une gestion efficace du développement urbain, et ceux qui prônent un recours prépondérant à l’action et à la régulation publiques pour mieux respecter les droits fondamentaux, l’intérêt général et le bien commun dans la gestion urbaine. Ce débat n’est pas tranché, notamment en Afrique, où les institutions nationales et panafricaines ne s’en sont pas encore complètement saisies. Le Sommet Africités 2018 offre l’occasion de s’en saisir au niveau des collectivités territoriales d’Afrique et d’explorer les hybridations nécessaires pour avoir les avantages des deux approches et minimiser leurs inconvénients éventuels.

19. Depuis vingt ans, le mouvement des autorités territoriales a gagné en visibilité et reconnaissance en Afrique. Lors du Sommet Africités 1998, à Abidjan, Côte d’Ivoire, les relations entre les élus locaux et les représentants des Etats africains étaient tendus sur la question de la décentralisation. Depuis, et en partie grâce à la plateforme panafricaine de dialogue que les Sommets Africités ont mis en place, la décentralisation et le développement des territoires sont reconnus pratiquement partout comme une figure obligée de la modernisation des Etats et de l’amélioration de la gouvernance des affaires publiques. Pour autant, l’attribution des ressources n’a pas suivi l’attribution des responsabilités. La définition de nouveaux rapports entre les autorités territoriales, les autorités nationales et les autorités supranationales à l’échelle de l’Union Africaine sera à l’ordre du jour du Sommet Africités 2018. Pour la première fois la rencontre des ministres sera directement prise en charge par le Comité Technique Spécialisé n°8 de l’Union Africaine, qui regroupe les conférences des ministres en charge de la fonction publique, du développement urbain, des collectivités territoriales et de la décentralisation.

20. En retenant, pour le Sommet Africités 2018, le thème de la transition vers des villes et des territoires durables, les collectivités territoriales d’Afrique s’inscrivent dans une proposition de rupture. Il leur revient de construire un narratif pour l’Afrique correspondant à cette bifurcation. La démarche de l’Agenda 2030 présuppose en effet une cohérence dans l’action des différents niveaux de gouvernance, du niveau local, aux niveaux national, régional, continental et mondial. L’action publique nationale et locale doit désormais intégrer les objectifs définis dans les principaux agendas de portée universelle adoptés par les Nations Unies, mais à partir d’une vision territoriale. La vision territoriale prend en compte la proximité avec les citoyens, et facilite leur mobilisation et leur participation à la gestion des affaires locales, le respect des intérêts et des demandes des populations dans la définition et la mise en œuvre des actions au niveau du territoire, la mesure des résultats à partir des indicateurs définis à la suite de délibérations conduites sur le sens des actions à entreprendre. Lors du Sommet Africités 2018 les collectivités territoriales d’Afrique discuteront avec l’ensemble des acteurs intéressés de la stratégie de localisation et de territorialisation des objectifs du développement durable et des cibles correspondantes.

Transition

21. L’hypothèse de la transition explicite l’idée d’un changement profond, d’une évolution structurelle. Nous sommes dans une période de rupture dans tous les domaines de l’évolution des villes, des territoires et des sociétés. Une rupture qui se définit en termes civilisationnels et qui bouleverse toutes les dimensions de cette évolution. Elle explicite aussi les formes de l’évolution. Elle introduit une relation entre la rupture à venir, déjà en cours, et la continuité de l’évolution des sociétés, du monde et de la planète. Il s’agit de relier rupture et continuité, et de distinguer entre continuités et discontinuités. Ce qui est valable pour les sociétés l’est aussi pour les villes. Ainsi, les nouveaux rapports sociaux se dégagent lentement des anciens. Dans la transition, une nouvelle rationalité s’impose et toutes les formes anciennes, sociales et urbaines, s’adaptent à la nouvelle rationalité dominante, de manière spécifique, suivant les contextes et les situations.

22. La situation actuelle est marquée par les contradictions du système-monde. Le Sommet Africités 2018 partira de ces contradictions ; il en examinera les conséquences pour l’Afrique et ses villes et territoires. Il mettra ensuite l’accent sur le rôle que les collectivités pourront jouer pour amorcer le dépassement de ces contradictions en partant des politiques territoriales. La transition modifie les paradigmes et la manière de penser la transformation. Elle est fondamentalement un processus qui intègre toutes les dimensions en même temps. D’où la difficulté de la présenter de manière discursive.

23. En traitant des différentes dimensions de la transition il faudra toujours se rappeler les interactions qu’elles entretiennent. Ces différentes dimensions serviront néanmoins de point de départ pour identifier les mutations et pour relier les transformations avec les conceptions, les politiques et les stratégies. Seront ainsi analysées : la transition démographique, la transition écologique, la transition démocratique et politique, la transition économique et sociale, la transition géopolitique, la transition culturelle et communicationnelle. Pour chacune de ces dimensions, on définira ce qui la caractérise, notamment dans le contexte africain et ses spécificités, et le rôle que devront jouer les collectivités territoriales d’Afrique.

24. La transition démographique est une dimension majeure. Elle se caractérise par cinq grandes transformations : l’augmentation de la part de l’Afrique dans la population mondiale, l’urbanisation rapide du continent, l’évolution déterminante de la place des femmes dans le champ politique et social, les changements générationnels et les mutations de la jeunesse africaine, et les migrations.

25. L’Afrique comptait 100 millions d’habitants au 19ème siècle, 275 millions en 1960, 640 millions en 1990 ; elle devrait compter 1,2 milliards d’habitants en 2015 (16 pour cent de la population mondiale). Entre 2017 et 2050, 26 pays africains verront leur population doubler. Le département des affaires économiques et sociales de l’ONU estime que la population de l’Afrique devrait atteindre 4,5 milliards d’habitants à l’horizon 2100 (40 pour cent de la population mondiale). A cet horizon la population de l’Afrique aura dépassé celle de l’Asie, et l’Afrique sera alors le principal foyer de peuplement de l’humanité. En d’autres termes, les choix que le continent africain fera en matière de trajectoires de croissance et de développement auront un grand impact sur le caractère durable et soutenable de la croissance et du développement en Afrique et dans l’ensemble du monde.

26. L’irruption des femmes sur la scène politique du continent de l’Afrique est l’un des faits marquants de l’évolution du débat national et panafricain sur le développement et l’intégration du continent. L’implication des femmes est désormais déterminante pour la mise en œuvre des politiques et stratégies publiques aux niveaux territorial, national, régional, continental et mondial. Les femmes représentent 51% de la population africaine. Le rapport « Women Matter Africa » publié par McKinsey Global Institute estime que 12 trillions de dollars pourraient être ajoutés au PIB de l’Afrique si le continent tirait mieux avantage de la force de travail et de créativité que représentent les femmes africaines. En écho à cette préoccupation l’Union Africaine a déclaré « 2015, Année de l’autonomisation des femmes », en reconnaissance de leur contribution au développement de l’Afrique. Cette reconnaissance est le résultat d’années de luttes, de mobilisation, et de revendications portées par les associations des femmes, y compris au sein du mouvement des collectivités territoriales.

27. Lors du Sommet Africités tenu à Marrakech en décembre 2009 les élus du continent accédaient à la demande de leurs consœurs de mettre en place un Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA), ce qui a été réalisé à Tanger, Maroc, en mars 2011. Le REFELA s’impose désormais comme la voix légitime des femmes élues territoriales au sein du continent africain, et développe des chapitres nationaux pour relayer l’action du réseau continental au niveau de chaque pays. Le REFELA procèdera au renouvellement de ses instances lors du prochain Sommet Africités à Marrakech. Il fera notamment le point sur son plan d’action triennal qui prévoit le lancement et la mise en œuvre de trois campagnes : une campagne des villes africaines sans enfants de la rue ; une campagne des villes zéro-tolérantes aux violences faites aux femmes ; et une campagne des villes africaines favorables à l’émancipation économique des femmes.

28. La jeunesse est ce qui caractérise le mieux la dynamique démographique de l’Afrique. La population africaine est la plus jeune au monde. En 2050, un tiers de la jeunesse mondiale vivra en Afrique, contre un cinquième en 2015. D’ici à 2050 la tranche de population des 15-24 ans passera de 230 millions de personnes en 2015 à 450 millions en 2050, ce qui représente quasiment un doublement. Cette tranche représente 60 pour cent des chômeurs du continent contre 34 pour cent en moyenne dans le reste du monde. D’ici 2050 les experts estiment que l’Afrique comptera 1 milliard de jeunes de moins de 18 ans (pratiquement 1 jeune sur 2 dans le monde). Chaque année 10 à 12 millions de jeunes entrent dans le marché du travail.

29. Une part de plus en plus importante de ces jeunes s’installent comme autoentrepreneurs. 72 pour cent des jeunes africains vivent avec moins de 2 dollars par jour, niveau défini comme le seuil de pauvreté par la communauté internationale.  La « Décennie de la Jeunesse » proclamée par l’Union Africaine en 2009, arrive à échéance en 2018 sans que des progrès significatifs n’aient été observés sur le front de l’emploi des jeunes. Le Sommet Union Africaine-Union Européenne a pris la jeunesse comme thème central mais aucune proposition réellement applicable n’en est sortie. Il n’est pas étonnant que certains jeunes perdent espoir quant à leur devenir sur le continent et recherchent hors du continent des conditions de vie meilleures, parfois au péril de leur vie.

30 Cette situation alarmante à bien des égards ne doit pas effacer le fait que grâce aux jeunes, l’Afrique est en train d’effectuer des progrès rapides dans le domaine des nouvelles technologies et de l’Internet des Objets (IdO). Grâce à l’investissement des jeunes Africains, l’Afrique est en passe de devenir une terre d’innovation dans le domaine des applications des technologies mobiles. La plateforme de paiement mobile M-Pesa développée par de jeunes Africains a été précurseur dans l’adoption du mobile money de par le monde. Le montant des transactions journalières sous forme de transferts ou de paiements via M-Pesa représente, au Kenya, 23,3 millions de dollars, soit plus du double des transactions financières journalières opérées par les banques commerciales du Kenya. Le Think Tank Mobile Money estime que 82 pour cent des consommateurs utilisent la banque mobile en Afrique, contre une moyenne de 66 pour cent dans le monde.

31. Au delà des utilisations financières et bancaires, grâce notamment à l’investissement des jeunes Africains, l’Internet des Objets (IdO) se développe rapidement dans trois domaines, essentiellement pour conjurer le défi de la distance, pallier le manque de personnel qualifié, ou l’insuffisance des informations à l’origine de la distorsion des marchés : le domaine de l’agriculture et de l’économie agricole ; le domaine de la santé ; le domaine de l’éducation. L’adoption par les villes et territoires d’une trajectoire de transition vers un développement plus durable offrent des perspectives de développement de nouvelles applications qui peuvent représenter sur le continent africain un gisement important de nouveaux emplois pour les jeunes.

32. L’urbanisation rapide du continent est un fait marquant de la transition démographique. De majoritairement rurale il y a 60 ans (au moment des indépendances nationales) la population de l’Afrique va devenir majoritairement urbaine d’ici 30 ans. En 2009, la population urbaine, 40% de la population totale, comptait 400 millions d’habitants. En 2050, elle devrait atteindre 1,2 milliard d’habitants, l’équivalent de la totalité de la population actuelle du continent, 60% de la population de l’Afrique en 2050. L’armature urbaine de l’Afrique a rapidement évolué. En 1960, l’Afrique comptait deux villes de plus d’un million d’habitants, le Caire et Johannesburg. En 2015, elle compte 80 villes de plus de 1 million d’habitants dont une vingtaine ont 2 millions d’habitants et plus. 5 villes dépassent 8 millions d’habitants, une par sous-région : Le Caire, Lagos, la Région urbaine du Gauteng (Johannesburg –Tshwane – Ekhuruleni), Kinshasa et Nairobi. L’urbanisation ne se résume pas aux grandes villes ; 70% de la population urbaine du continent réside dans les villes intermédiaires (de 100.000 à 1 million d’habitants) et les petites villes (de 10.000 à 100.000 habitants).

33. Une tendance forte observée dans la plupart ces villes d’Afrique est la précarisation de l’habitat qui accentue les exclusions et les ségrégations urbaines. On estime qu’au moins 60% des citadins en Afrique vivent dans des logements et des quartiers informels. Dans les vingt prochaines années, il faudra accueillir, en Afrique, 300 millions de nouveaux urbains. Dans les vingt ou trente prochaines années, il faudra construire dans les villes africaines autant d’infrastructures qu’il en a été construit jusqu’à maintenant. Or jusqu’à présent le développement urbain se fait majoritairement par adjonction de quartiers auto-construits sans réelle planification. La majorité des citadins est exclue des filières légales d’accès au sol et au logement, et vit une situation foncière précaire, dans des quartiers sous-équipés, le plus souvent désignés comme « irréguliers » ou « informels ». L’objectif de développement durable numéro onze recommandant que d’ici 2030 les villes et établissements humains deviennent « saines, sûres, inclusives et durables » semble être hors d’atteinte, à moins d’une reconsidération drastique de la manière dont les quartiers informels vont être intégrés dans la planification des villes africaines.

34. La question des migrations apparaît comme la question stratégique majeure dans l’évolution du peuplement de la planète. Les catastrophes naturelles, les conflits armés, les troubles sociaux et les crises économiques et politiques, entraînent de plus en plus de déplacements des populations des milieux ruraux vers les milieux urbains, des régions pauvres vers les régions riches, de l’intérieur du continent vers les zones côtières, nourrissant un flux ininterrompu de migrations au sein des pays, entre pays d’Afrique, ou à destination d’autres régions du monde.  Ces déplacements de populations (subies ou voulues) soulèvent deux grandes questions : Quel rapport entre les migrations, le développement et la répartition des richesses entre les pays ? Comment respecter et garantir les droits fondamentaux des migrants, des travailleurs migrants et de leurs familles ?

35. Les collectivités territoriales sont en première ligne dans la gestion des migrations puisque les populations migrantes quittent généralement une collectivité territoriale pour s’établir de manière  transitoire ou permanente dans une autre collectivité territoriale au sein du même pays, dans un autre pays d’Afrique ou hors d’Afrique. La Charte sur les Migrants que les maires et leaders des gouvernements locaux et régionaux d’Afrique ont adopté lors du Sommet Africités 7 tenu à Johannesburg en décembre 2015, sera reconsidérée et complétée au cours du Sommet Africités 2018 à Marrakech. Il sera de plus proposé la mise en place d’un réseau africain des collectivités territoriales volontaires pour s’investir sur la question de la migration. Le Sommet Africités de Marrakech définira par ailleurs la position des collectivités territoriales d’Afrique dans les débats qui auront lieu autour de l’adoption d’un Pacte Mondial sur la Migration qui devrait intervenir lors de la Conférence des Nations Unies sur la Migration prévue en décembre 2018 à Marrakech.

36. La transition écologique s’est imposée à la suite de la prise de conscience du fait que, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, l’organisation du système de production et de consommation dominant est entrée en conflit avec l’écosystème planétaire. Cette prise de conscience est née de la relation désormais scientifiquement établie entre modèle de croissance et caractère insoutenable des emprunts et des rejets sur l’environnement naturel nécessairement fini ; réchauffement de la planète et dérèglements climatiques ; récurrence et amplitude des catastrophes naturelles se traduisant en pertes en vies humaines et destructions des biens et des investissements.

37. Cette prise de conscience a comme effet une remise en cause de plus en plus affirmée des certitudes sur la croissance, le productivisme, l’extractivisme et le modèle de développement dominant. Elle ouvre un débat autour de deux options : soit prolonger les modèles productivistes actuels en les corrigeant par l’adoption des industries vertes et la production de technologies environnementales ; ou passer à des modèles et à des formes de croissance et de développement totalement différents, où la logique du bien vivre et du respect de l’environnement prend le pas sur celle de la croissance et de la compétition échevelées. Ce débat ne fait que commencer. Il porte autant sur la nécessaire industrialisation que sur la nature et les formes de l’industrialisation. Il aura des conséquences considérables aussi bien sur les politiques publiques que sur les comportements des populations par rapport aux modèles de production et de consommation. Les choix qui seront faits dans ce domaine auront un impact important sur l’organisation et le fonctionnement des villes et territoires, y compris en Afrique. C’est la raison pour laquelle le débat sur la transition écologique aura une place de choix lors du Sommet Africités 2018 à Marrakech.

38. Jusqu’à présent, l’économie des pays africains est largement dépendante des matières premières et des industries extractives, dont l’une des principales conséquences est de dresser des obstacles contre la diversification et la montée en gamme des productions économiques du continent. Comment l’Afrique peut-elle se sortir de cette logique infernale ?  L’hypothèse énoncée dans le cadre des discussions du Sommet Africités 2018 est que le continent n’a pas d’autre option que d’emprunter la trajectoire de la transition écologique.  Cette trajectoire s’impose parce que, dernière venue dans le processus d’industrialisation, l’Afrique doit tirer les leçons des expériences de croissance et de développement écologiquement non soutenables mises en œuvre par les pays développés ou émergents.

39. La transition écologique requiert une remise en cause des priorités des économies locales et leur redéfinition à l’aune des principes de la sobriété, de l’efficacité énergétique, et de l’économie circulaire. Les choix que les villes et les territoires d’Afrique feront en matière d’accès à l’énergie, d’aménagement du territoire, d’organisation des systèmes de production, de transport et d’échanges, et par rapport à leur caractère plus ou moins inclusif, seront d’une importance capitale pour le devenir de l’Afrique et du monde, car il faut le rappeler, à l’horizon 2100, l’Afrique abritera pratiquement la moitié de la population mondiale.

40. La transition démocratique et politique est fondamentale. La transition démocratique est la dimension la plus prégnante de l’évolution de l’environnement politique. Promouvoir l’unité politique dans le cadre de la construction de l’Etat-Nation, tout en respectant la diversité des contextes locaux, rend particulièrement difficiles les formes de régulation et de représentation ; ainsi que la liaison entre renouvellement des institutions et renouvellement des élites. Des demandes s’expriment chaque jour de manière toujours plus pressante en faveur de la mise en place d’un système politique qui garantisse, dans des situations déterminées et spécifiques, les libertés individuelles et collectives ainsi que le respect des droits fondamentaux ; un système politique qui laisse par conséquent ouvert le choix des formes de représentation respectueuses de la diversité des sociétés, établit des modalités de la démocratie participative pour corriger les abus de la démocratie représentative,  promeut l’implication des citoyens dans la gestion des affaires publiques, et instaure des mécanismes de suivi et de contrôle de l’action des  dirigeants par les populations ; un système politique qui condamne la corruption sous toutes ses formes et rétablit l’éthique et l’effort individuel et collectif comme modalité d’accès à la respectabilité sociale.

41. Au niveau des collectivités territoriales d’Afrique, l’enjeu est considérable. Les élus locaux ne sont pas à l’abri de la méfiance qui se généralise par rapport au politique, et qui prend la forme du rejet de la corruption sur le mode de « tous pourris ». L’espoir de voir les élus des gouvernements locaux et régionaux renouveler les élites politiques africaines n’a pas encore été réalisé. De nouvelles pratiques et des politiques alternatives permettraient de dépasser ces situations. L’exemple du budget participatif, adopté par de très nombreuses collectivités africaines, est une innovation prometteuse dans ce sens.

42. La transition économique et sociale est une dimension clé. Elle doit se concevoir en prenant en compte : la rationalité dominante, qui est celle de la financiarisation et de la régulation par les marchés financiers ; la montée en puissance d’un nouveau secteur productif, construit sur l’économie du numérique et des biotechnologies, qui va bouleverser les formes de production et de distribution des biens et services, voire les formes de propriété et d’accès à l’usage des biens et services ; l’endettement des Etats, qui tend à diminuer les marges de manœuvre de la puissance publique.

43. La base productive des villes est en mutation. Les entreprises sont en recomposition par la filialisation et la sous-traitance. Les entreprises nationales sont privatisées, particulièrement dans les services publics. Les entreprises locales forment le tissu économique de base, même si de nouvelles formes progressent, comme les « start-ups » et l’« ubérisation ». Le commerce et l’artisanat sont marqués par la continuité entre les petites entreprises et le secteur informel. Du point de vue social, l’élément déterminant est celui de l’explosion des inégalités sociales dans chaque société et dans le monde. La question des inégalités sociales surdétermine celles de la pauvreté, de la précarisation, des discriminations. Elle fonde la ségrégation urbaine, sociale et ethnique.

44. Pour l’Afrique, on est passé en quelques années d’un fort afro-pessimisme à un optimisme parfois exagéré. La réalité est plus contradictoire. La baisse des prix des matières premières a mis plusieurs économies en difficulté et a rappelé que les économies africaines sont plutôt rentières et peu diversifiées. La jeunesse africaine, considérée comme une des grandes chances de l’Afrique, trouve peu d’emplois et alimente les flux migratoires. L’agriculture moderne est surtout exportatrice des produits agricoles pour les industries et les marchés des pays développés ou émergents, et l’agriculture paysanne, qui devrait assurer l’essentiel de la souveraineté alimentaire, a du mal à se moderniser.

45. Les entrepreneurs africains font preuve de dynamisme et l’émergence de plusieurs grandes entreprises africaines en est le témoignage. Mais la continuité du tissu économique africain n’est pas assurée avec d’un côté le contrôle de grands secteurs par les multinationales et de l’autre la persistance d’un secteur informel dont la productivité et les possibilités d’offres d’emplois décents sont limitées. Il s’agit là d’un des défis majeurs que la transition économique et sociale pose aux collectivités territoriales d’Afrique dans le cadre de la transition vers les villes et les territoires durables.

46. Les collectivités territoriales d’Afrique sont en effet appelées à devenir les acteurs essentiels de la transition économique et sociale. L’économie locale peut jouer un rôle déterminant pour créer et consolider la continuité du tissu économique. A la condition d’assurer la formation et l’accompagnement des acteurs économiques locaux sur les plans financiers, bancaires et institutionnels. A la condition que les collectivités territoriales mettent en place les services de base nécessaires pour assurer la compétitivité des activités économiques (eau, assainissement, énergie, santé, éducation, culture). A condition aussi que soit mis en place un environnement institutionnel favorable à cet effet, et que l’Etat mène et finance des politiques sociales nationales mises en œuvre avec la participation des collectivités territoriales. A condition enfin que les collectivités territoriales ne s’interdisent pas la possibilité d’utiliser les monnaies locales comme moyen de soutenir le développement et la croissance des économies locales. L’alliance entre les collectivités territoriales d’Afrique et les grandes entreprises africaines est une des pistes à explorer également pour enraciner le développement au sein des territoires africains. 

47. La transition géopolitique accompagne l’émergence d’un monde multipolaire dans lequel la place de l’Afrique a évolué et évolue encore. Dans le temps long, on peut identifier deux phases dans l’histoire géopolitique récente du continent. La première phase qui correspond à la décolonisation a débouché sur l’indépendance de la plupart des Etats africains, ce qui a entraîné un bouleversement des équilibres géopolitiques au niveau mondial avec l’entrée en lice de plus de 50 Etats africains dans le concert des Nations. L’espace géopolitique est alors structuré autour de l’appartenance des Etats post coloniaux à l’un ou l’autre des deux blocs géopolitiques dominants, le bloc des Etats capitalistes, et le bloc des Etats socialistes (ou communistes). Suite à l’effondrement de l’Union soviétique et du bloc des Etats communistes, une deuxième phase de l’histoire géopolitique du continent s’ouvre, qui a vu l’entrée en scène de nouveaux acteurs comme la Chine et les pays émergents d’Asie, ce qui change les termes de l’équation de la domination entre Etats, des rapports entre les Etats et les nations, du contenu des identités et des appartenances, et la définition même de la scène internationale.

48. Les citoyens revendiquent l’appartenance à des identités multiples, au niveau de leur communauté de base, de leur collectivité territoriale, de leur Etat national, de la région géographique ou du continent d’appartenance des différents Etats, mais aussi d’autres ensembles organisés sur une base linguistique, culturelle ou d’autres affiliations. On assiste à une recomposition de la puissance publique par le bas, à travers la mise en place de collectivités territoriales, et par le haut, à travers la mise en place d’ensembles régionaux de niveau supra-étatique. Cette recomposition est d’autant plus pertinente que l’Etat apparaît trop éloigné pour résoudre les problèmes de proximité, et trop petit pour traiter des défis globaux.

49. L’entrée en lice des collectivités territoriales ouvre un nouveau champ dans l’espace géopolitique, celui de la coopération internationale des collectivités territoriales encore appelée coopération décentralisée. La coopération internationale des collectivités territoriales démultiplie le champ des relations internationales en y incorporant le niveau local de gouvernance, en l’inscrivant dans une perspective de renforcement institutionnel à long terme, et en promouvant les relations entre peuples par-delà les relations entre Etats. Ce nouveau champ voit le rôle des associations nationales, continentales et mondiales des collectivités se renforcer dans les débats internationaux, au point que ces associations en viennent à réclamer une place à la table des négociations internationales qui sont, jusqu’ici, le privilège des seuls Etats nationaux.

50. La contribution des associations des collectivités territoriales dans la définition des agendas globaux adoptés au cours des années 2015 et 2016 a été remarquable et appréciée. L’implication du Groupe de Travail des gouvernements locaux et régionaux (Global Task Force of Local and Regional Governments) au sein du Forum Politique de Haut Niveau établi auprès du Secrétaire Général des Nations Unies (High Level Political Forum) est une avancée pour faire entendre la voix des collectivités territoriales au plus haut niveau sur la scène internationale. La capacité d’influence des collectivités territoriales est de plus en plus considérée comme une composante essentielle des politiques d’influence des Etats (soft power). L’implication des collectivités territoriales dans la définition des agendas mondiaux et les négociations internationales est au cœur du débat actuel sur la réorganisation de la gouvernance mondiale.

51. La mise en place des grandes régions en tant que sujets de droit est l’autre pendant de la recomposition de l’espace géopolitique. C’est l’une des voies empruntées par les Etats nationaux pour faire diminuer l’impact des contraintes exercées par la dynamique de la mondialisation sur chacun desdits Etats pris individuellement. Les grandes régions apparaissent également comme une des réponses les mieux appropriées aux défis climatiques et écologiques. Elles permettent de développer des synergies entre pays voisins, et de maximiser les avantages que l’intégration et la solidarité régionales offrent à chaque Etat membre. Leur émergence repose sur le principe de la souveraineté partagée. La tendance au renforcement des grandes régions a été favorisée en partie par la montée en régime du multilatéralisme comme fondement des relations internationales.

52. La remise en cause du multilatéralisme observée au cours des années récentes produit des effets contrastés au sein des différents ensembles régionaux. Au niveau du continent africain la création de l’Union Africaine marque un tournant dans l’inscription de l’Afrique, de ses Etats et de ses villes et territoires dans l’espace géopolitique mondial. L’Union Africaine est devenue l’interlocutrice légitime pour tout dialogue politique et toute coopération avec l’Afrique. Elle l’est d’autant que tous les acteurs pertinents de la vie publique africaine sont représentés au sein de son architecture de gouvernance : gouvernements nationaux, gouvernements locaux et régionaux, parlements, organisations de la société civile, représentants du secteur privé. L’Union Africaine s’affirme chaque jour davantage comme un des acteurs majeurs de la scène géopolitique mondiale. C’est pourquoi elle estime que le renouvellement de l’Accord post-Cotonou, censé organiser les relations entre l’Afrique et l’Europe au cours des 20 prochaines, doit être négocié de continent à continent, entre l’Union Africaine et l’Union Européenne.

53. La survenue et la persistance des conflits socio-politiques et des guerres est un autre élément important dans l’appréciation de la situation géopolitique.  Entre 1 à 2 milliards de personnes dans le monde vivent dans des régions en guerre classique ou en guerre civile. Ces guerres marquent profondément le développement et l’aménagement des villes et territoires. On ne planifie pas de la même manière une ville selon que la région à laquelle elle appartient est en guerre ou en paix. Dans des pays et régions en situation de crise ou de guerre, les villes expérimentent une augmentation des insécurités : insécurités sociales, de l’emploi et du logement ; insécurité écologique ; insécurité civique liée aux conflits et aux rapports à la violence. L’insécurité devient un facteur essentiel de la gestion urbaine et amène souvent les populations et les dirigeants des villes concernées à adopter une idéologie sécuritaire, selon laquelle on ne peut lutter contre l’insécurité que par la répression. On assiste à la montée en puissance de nouvelles idéologies qui laissent place explicitement à des racismes, des xénophobies et au tout sécuritaire qui interpellent les insuffisances de la démocratie.

54. L’Afrique aura une place de plus en plus importante dans le monde multipolaire qui émerge. Le continent a plusieurs atouts et pourrait connaître une évolution semblable à celle de l’Asie aujourd’hui. On l’a vu, une partie déterminante de la jeunesse mondiale est en Afrique, ce qui procure au continent un dividende démographique certain. Les réserves de matières premières et les réserves environnementales africaines sont indispensables à la croissance et au développement du monde, ce qui donne au continent un avantage compétitif. Le dynamisme économique des pays africains montre à nouveau des signes de grande vitalité après les années sombres de l’ajustement structurel. Les migrants africains, la diaspora africaine, et les afro-descendants sont actifs partout dans le monde. Une des conditions de la réussite africaine dépendra aussi de la capacité qu’auront les leaders des gouvernements nationaux, locaux et régionaux d’Afrique à conclure des alliances positives avec les associations de la diaspora, des afro-descendants, et des migrants. Les collectivités africaines peuvent aussi jouer un rôle majeur dans la prévention et le règlement des conflits qui se déroulent sur leurs territoires.

55. Le fait géopolitique marquant de la période récente est l’émergence d’un réseau mondial des grandes métropoles qui impulse, dirige et gère la dynamique de l’économie mondialisée.  L’émergence de ce réseau mondial des grandes métropoles est une tendance lourde qui restructure les territoires partout dans le monde, y compris en Afrique. Ce réseau concentre les sièges sociaux des principales entreprises multinationales, les universités et centres de recherche scientifique, les services financiers et juridiques ainsi que les équipements culturels de réputation internationale. Les agglomérations qui composent ce réseau jouent souvent le rôle de nœud de communication et télécommunications, et de pôle d’animation pour leur région. L’appartenance ou la connexion à ce réseau mondial des grandes métropoles détermine la mesure selon laquelle les villes et territoires concernés participent à l’orientation des flux de l’économie mondialisée, et peuvent en bénéficier pour leur région.

56. Pour l’Afrique, trois agglomérations font déjà partie de ce réseau mondial des métropoles : Le Caire en Egypte ; Johannesburg, en Afrique du Sud ; et Lagos au Nigeria. Ces métropoles connectent l’Afrique à l’espace de l’économie mondialisée. Une trentaine de villes millionnaires (environ 6 par région) forment le deuxième niveau de l’armature urbaine du continent, et sont appelés à jouer un rôle déterminant dans La dynamique du développement et de l’intégration de l’Afrique. Mais à la condition expresse qu’elles-mêmes deviennent les animateurs du réseau des villes intermédiaires et des petites villes qui constitue toujours la réalité urbaine majoritaire au sein du continent africain. Le réseau des villes intermédiaires et des petites villes est en effet à la base du développement des marchés locaux et régionaux autour desquelles s’organisent les relations multiformes entre milieux ruraux et milieux urbains.

57. La transition culturelle et communicationnelle est déterminante. Elle implique l’adoption de nouvelles références culturelles, scientifiques ou philosophiques. Elle correspond souvent à une remise en cause des certitudes à partir desquelles l’interprétation du monde et l’harmonie des sociétés sont fondées. Elle se traduit par l’évolution du système d’idées et des pensées philosophiques, sociales, morales, religieuses qui influence, à travers ses représentations, les comportements individuels et collectifs.

58. Les villes vont être bouleversées par l’évolution scientifique et technologique. De nouveaux paquets technologiques vont marquer les villes du futur. Citons par exemple la robotique, les satellites de communication, les lasers et la fibre optique, les microprocesseurs et les mémoires, les biotechnologies, les nouveaux matériaux et les céramiques à haute résistance, les énergies renouvelables, etc. Ces nouveaux paquets technologiques vont avoir des effets sur les choix de solutions techniques, qui de majoritairement centralisées précédemment pourraient devenir de plus en plus décentralisées. La gouvernance et la gestion des villes vont être très influencées par ces évolutions. Elles vont probablement produire des effets au-delà de la sphère technologique. Il n’y a pas de révolution scientifique et technique sans révolution culturelle.

59. Les références culturelles tendent à s’homogénéiser à travers le monde. La diffusion des cultures des pays développés, notamment la culture américaine, s’étend et s’intensifie auprès des jeunes du monde entier. Cette extension s’appuie principalement sur l’Internet et les réseaux sociaux, et sur les firmes multinationales qui dominent ce secteur, et qui sont toutes américaines (Google, Amazone, Facebook, Apple – GAFA). Même les pratiques culinaires normalement enracinées dans les terroirs sont modifiées sous l’influence de la diffusion du « fast food » américain symbolisé par l’implantation dans pratiquement tous les pays du monde, des firmes comme Coca Cola, McDonald et KFC.

60.  En Afrique, l’adoption du modèle de la culture mondialisée est surtout le fait de la jeunesse des couches aisées et des classes moyennes des populations urbaines. Les jeunes des quartiers pauvres des villes africaines pour lesquels ce modèle demeure un rêve inaccessible, réinventent pour leur part une nouvelle culture populaire urbaine faite d’emprunts sur les cultures traditionnelles revisités à l’aune de la violence de la vie quotidienne et des efforts à faire pour y faire face. La vitalité de cette culture populaire urbaine manifeste la capacité d’innovation et de créativité de cette jeunesse des quartiers pauvres.

61. Cette culture populaire urbaine contribue fortement à l’identité culturelle des villes d’Afrique qui se forge progressivement à travers les créations musicales, artistiques et cinématographiques dont la diffusion s’appuie elle aussi sur la maîtrise des nouvelles technologies. Le retour en force des musiques africaines, de la peinture et des arts plastiques et graphiques, ainsi que du cinéma africain, en particulier nigérian (Nollywood) est la preuve qu’une transition culturelle et communicationnelle est en marche dans les villes et territoires d’Afrique. Comment faire en sorte que cette transition accompagne l’émergence d’une nouvelle approche de la gouvernance des territoires qui fasse une meilleure place aux initiatives des jeunes et débouche sur une meilleure appropriation et identification des citadins à leur ville ? Comment faire pour que cette transition culturelle et communicationnelle favorise l’engagement des jeunes citadins d’Afrique dans la trajectoire menant à la transition vers les villes et les territoires durables en Afrique ? C’est à la réponse à cette question que les participants au Sommet Africités 2018 seront également appelés à contribuer.

 

Stratégie

62. Nous sommes là au cœur de l’interrogation sur la stratégie à suivre pour que l’engagement des collectivités africaines dans la transition vers des villes et des territoires durables soit effective. Les collectivités territoriales sont un échelon indispensable dans la mise en œuvre d’une telle stratégie pour la transition. A leur échelle, elles doivent articuler les réponses à l’urgence et l’inscription de ces réponses dans une perspective de transformation structurelle. Le défi est donc pour elles d’adopter une démarche stratégique, qui articule urgence et alternative. La réponse à l’urgence constitue le quotidien des collectivités territoriales. Elle détermine les priorités en matière de gestion et de planification des ressources humaines, des ressources financières, des ressources naturelles et écologiques, de la planification et de la programmation, de la gestion foncière, des services publics, de la participation des habitants. Pour déboucher sur une trajectoire de développement durable, elle doit intégrer l’exploration des alternatives et des pratiques innovantes.

63. Les politiques territoriales alternatives devraient être explorées autour des cinq grandes missions que les gouvernements locaux et régionaux doivent accomplir : 1) Nourrir la ville (ou le territoire) ; 2) construire la ville ; 3) apporter des services de base à la ville ; 4) entretenir et assurer la maintenance pour le bon fonctionnement de la ville ; 5) administrer et gérer la ville. Elles doivent apporter des réponses aux axes d’action suivants considérés comme stratégiques : les politiques foncières et des politiques des transports fondées sur la remise en cause de la ségrégation spatiale ; les politiques de développement des services publics fondées sur l’accès pour tous à ces services et au respect des droits fondamentaux ; les politiques de développement local fondées sur la production locale et les entreprises locales, le marché local et l’emploi local ; les politiques de défense de l’environnement local fondées sur le respect des écosystèmes locaux et les droits des générations futures ; les politiques de production de logement à vocation sociale fondées sur le droit au logement et à la ville ; les politiques de fiscalité locale, particulièrement foncière, fondées sur l’articulation entre production de richesses et redistribution ; les politiques de participation citoyenne fondées sur l’articulation entre démocratie représentative et participative et sur la citoyenneté de résidence ; les politiques de coopération fondées sur la solidarité entre communautés au sein d’une  même ville, entre les villes et les territoires au sein d’un même pays, et entre villes et régions à l’échelon international autour de l’action internationale des collectivités territoriales et des actions de solidarité internationale entre les Etats et les ensembles régionaux supra-étatiques.

64. Pour avoir quelque chance de succès, toute stratégie de transition doit adopter une approche multi-acteurs et de gouvernance multi-niveaux, suivant le principe de la subsidiarité active. Il est essentiel que les leaders des villes et des territoires d’Afrique comprennent que c’est à travers le partenariat entre tous les acteurs et la synergie d’action des différents niveaux de gouvernance que l’action locale a des chances d’avoir un impact durable. L’approche territoriale du développement promeut cette perspective, qui considère que tout développement est local, et qu’il n’y a d’expérience vécue de développement que lorsqu’il est observé dans le quotidien des populations, là où elles vivent. La stratégie à définir pour l’adoption d’une trajectoire vers les villes et les territoires durables ne doit en conséquence jamais perdre de vue cette exigence d’apporter des réponses concrètes pour diminuer la pénibilité de la vie des citoyens, quels que soient les moyens dont on dispose tout en préparant les conditions de la mise en place d’une dynamique de transformation structurelle et de développement durable à long terme  Et le meilleur moyen de définir une telle stratégie est encore d’y associer les populations concernées, et de mettre en place les mécanismes et modalités appropriées pour ce faire.

Conclusion

65. La transition vers des villes et des territoires durables en Afrique n’est pas une option pour le devenir du continent et du monde. Elle est incontournable pour que l’Afrique prenne toute sa part dans l’adoption de nouveaux modèles de production et de consommation, et de modèles de développement plus attentifs aux limites des écosystèmes au niveau des villes et des territoires, des espaces nationaux ou régionaux, ou de la planète entière. Elle exige de plus la promotion de nouveaux rapports sociaux fondés sur l’égale dignité des êtres humains, le respect des droits humains fondamentaux, le refus des inégalités et des discriminations. Elle met en avant les valeurs de solidarité et de partage en rupture avec la compétition de toutes et tous contre toutes et tous qui semble être la valeur privilégiée dans le modèle de développement dominant à l’heure actuelle.

66. C’est au niveau des villes et des territoires d’Afrique, moins enchâssées que leurs homologues des autres régions dans les structures de l’économie mondialisée, qu’on peut caresser l’espoir de voir la dynamique de la transition s’amorcer effectivement et atteindre rapidement une échelle significative pour pouvoir inspirer d’autres choix de modèles de développement au niveau de l’Afrique et dans les autres régions du monde. C’est pour faire prendre conscience des nouvelles responsabilités qui leur incombent dans la bifurcation salutaire vers un monde plus responsable et plus juste, et explorer les voies et moyens d’assumer pleinement leurs responsabilités que les leaders des gouvernements locaux et régionaux d’Afrique invitent l’ensemble des acteurs intéressés à venir réfléchir avec eux lors du Sommet Africités du 20 au 24 novembre 2018 à Marrakech, Maroc, sur les stratégies à définir et les trajectoires à emprunter pour engager dès maintenant la transition vers des villes et des territoires durables en Afrique.

Rabat, 16 juillet 2018

 

 

Le REFELA présenté à la rencontre régionale de Souss Massa au Maroc

La direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) du Maroc a organisé le 26 juillet 2018 à Agadir dans la région de Souss Massa (Maroc), une rencontre régionale sur le thème : « Soutenir le leadership féminin pour une bonne gouvernance territoriale sensible au genre ».

La rencontre a été organisée en partenariat avec l’ONU Femmes, l’Association Marocaines des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC), CGLU-Afrique et chapitre Maroc du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA).

Plusieurs interventions ont porté sur les avancées en égalité de genre et le budget sensible au genre. La Conseillère spéciale du REFELA de  CGLU-Afrique, Mme Malika Ghefrane a informé plus de 120 femmes élues sur le Réseau, son organisation, sa vision et son plan d’action, ainsi que et sur le Sommet Africités 8 (20-24 Novembre 2018, Marrakech, Maroc). « L’un des objectifs de ce sommet est de donner plus de visibilité aux femmes Africaines et faire entendre leur voix pour une transition de l’Afrique vers plus d’égalité et de justice », a-t-elle précisé.

Pour rappel le thème du prochain sommet Africités est «La transition vers des villes et des territoires durables : le rôle des collectivités locales et régionales d’Afrique».

La note conceptuelle du sommet est disponible ici.

Thème de la journée africaine de la décentralisation 2018 : « Lutter contre la corruption au niveau local, une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires »

Célébrée chaque 10 août, le thème général de la Journée Africaine de la décentralisation et du Développement Local (JADDL) 2018 est : ” Lutter contre la corruption au niveau local, une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires.”

Le département des affaires politiques de la commission de l’Union Africaine a communiqué le thème le 13 juillet 2018, à travers une note verbale qui précise les sous-thèmes qui en découlent.  Il s’agit de :

“Sous-thème 1: Corruption et conflits d’intérêts dans la gestion des affaires locales: un frein à la fourniture des services sociaux de base aux populations locales, à la justice et la paix sociales;”

Sous-thème 2: Bonne Gouvernance locale et promotion du rôle de la société civile et des médias: gage pour la lutte contre la corruption dans les territoires.

Comme chaque année, CGLU Afrique invite les collectivités territoriales du continent à marquer de leur emprunte cette célébration. Une sensibilisation dans ce sens a été faite lors des réunions stratégiques régionales de CGLU Afrique qui ont débuté en avril 2018.

Consultez la note verbale de l’Union Africaine.

Appel à Manifestation d’Intérêt – Programme Panafricain de Revue par les Pairs de CGLU Afrique

Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), en partenariat avec l’Association des Gouvernements Locaux d’Angleterre et du Pays de Galles (LGA), a élaboré et mis en œuvre un projet pilote panafricain d’évaluation par les pairs en 2012. Le projet « Revue par les Pairs » a cherché à introduire le concept de revue par les pairs en tant qu’outil d’apprentissage pour venir en appui au renforcement des capacités des gouvernements locaux en Afrique. Le projet pilote a ciblé les gouvernements locaux ainsi que les associations nationales. Cinq entités ont été sélectionnées, une dans chaque région d’Afrique, pour participer à la phase pilote de revue par les pairs. Au cours de la phase pilote, les membres des équipes de pairs ont été sélectionnés parmi les gouvernements locaux africains et anglais et ont effectué ensemble des revues par les pairs. Chaque organisation a reçu un rapport détaillé qui a énoncé les grandes lignes des conclusions des équipes de revue par les pairs et des recommandations pour l’amélioration de l’organisation.

Raison d’être et avantages du programme

La revue par les pairs (PR) est un processus dans lequel un gouvernement local évalue un autre gouvernement local par rapport à une norme convenue de comportement et /ou performance. Les pairs sont des partenaires égaux et, par conséquent, font office « d’amis critiques ». Il s’agit d’un examen et d’une évaluation systématique de la performance d’un gouvernement local par un autre gouvernement local, dans le but ultime d’aider le gouvernement local examiné à améliorer ses politiques, à adopter les meilleures pratiques et à respecter les normes et les principes établis. L’examen est mené à titre non contradictoire, et repose en grande partie sur la confiance mutuelle entre les gouvernements locaux participant à l’examen, ainsi que leur confiance commune dans le processus. La revue par les pairs (RP) n’est pas une inspection : il s’agit plutôt d’un processus de soutien entrepris par des amis critiques visant à aider un Conseiller à identifier ses points forts, ainsi que ce qu’il doit améliorer.

Date Limite de soumission : 31 août 2018 / Date de debut du programme Janvier 2019 Lire la suite ici

Appel à candidature pour participer à la session de formation internationale sur le « Budget Participatif » ( 03 – 14 Septembre 2018 à Abidjan )

L’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique organise en partenariat avec Enda ECOPOP et l’Observatoire International de la Démocratie Participative en Afrique OIDP Afrique, une session de formation sur le Budget Participatif du 03 au 14 Septembre 2018 à Abidjan. il s’agira de la troisième session internationale de formation des facilitateurs après la session de Yaoundé en Juillet.

Consultez la maquette pédagogique de la formation pour postuler.

La fiche d’inscription est disponible ici.

La date limite de dépôt de candidature est fixée au plus tard le 20 août 2018

Signature d’un MoU entre le Gouvernement du Maroc, ONU Habitat, CGLU et CGLU Afrique

Le premier forum mondial des villes intermédiaires tenu du 5 au 7 juillet 2018 à Chefchaouen (Maroc)  a été marqué par la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) entre le Gouvernement du Maroc, ONU Habitat, l’organisation mondiale des gouvernements locaux, CGLU et l’organisation faitière des gouvernement locaux d’Afrique, CGLU Afrique.

Cet accord de partenariat porte sur le lancement d’une stratégie nationale spécifique relative aux villes intermédiaires. Stratégie qui érigera ces dernières, en catalyseur de développement et de croissance et tracera une feuille de route pour un agenda de développement durable.

Le Mou a été signé pour :

  • Le Gouvernement du Maroc  par M. Abdelahad Fassi Fihri ,  ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville et M. Khalid Safir, Wali, Directeur Général des Collectivités Locales (DGCL) au ministère de l’Intérieur
  • ONU Habitat par Mme Zena Ali Ahmed, Directrice du Bureau régional des pays Arabes à ONU Habitat,
  • CGLU par Mme Emilia Saiz, Secrétaire Générale de CGLU,
  • CGLU Afrique par Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique.

Mohamed Sefiani, président du premier forum mondial des villes intermédiaires et maire de Chefchaouen s’est réjoui de voir cet acte se matérialiser dans sa ville. « Cette convention vise à donner plus d’appui aux villes intermédiaires. Elle va permettre d’établir des stratégies nationales pour les villes intermédiaires. C’est vrai que nous avons commencé par le Maroc, mais il y’aura d’autres pays dans le monde et particulièrement en Afrique », a-t-il confié.

1er Forum mondial des villes intermédiaires : CGLU Afrique au cœur de l’action

Le premier Forum mondial des villes intermédiaires qui s’est tenu du 5 au 7 juillet 2018 à Chefchaouen au Maroc et a vu la participation de 250 participants issu de 40 pays a accueilli un dialogue entre les représentants des gouvernements des villes intermédiaires et d’autres parties prenantes clés, telle que les organisations internationales, de gouvernements nationaux et régionaux et les représentants d’autres types de villes.

Le rendez-vous de Chefchaouen a servi de plateforme pour scruter la gouvernance multi-niveaux pour la mise en œuvre des Agendas mondiaux communs. La rencontre s’est soldée par l’adoption de la Déclaration-Charte de Chefchaouen des villes intermédiaires du monde .

CGLU Afrique a pris activement part au débat sur les différentes thématiques clés au programme. En tant que porte-voix des gouvernements locaux africain, CGLU Afrique a organisé dans l’après-midi du 5 juillet 2018, le « Dialogue Afrique multi-niveau pour la mise en œuvre des agendas mondiaux ».

Les travaux dirigés par M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique, ont vu la participation de différentes catégories d’acteurs au sein du panel et dans la salle.  Ces derniers se sont prononcés sur comment ils conçoivent l’implication des territoires dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et l’Agenda 2030. Ont pris part au panel : Mme Leila Yassine, coordonnatrice Afrique de l’association climate chance ( plateforme regroupant les acteurs non étatiques ) , Mme Leontine Bona Weya, Première Vice-présidente de la ville de Bangui (République Centrafricaine), M. Mohamed Sadiki, Maire de la ville de Rabat, M. Sitholé Mbanga, Directeur Général de Cities Network ( Afrique du Sud), M. Dago Djahi Lazar, Directeur Général de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL) de Côte d’ivoire, Mme Nouzha Bouchareb, Experte climat et développement durable au Ministère de l’environnement du Maroc  et Dr. François Paul Yatta, Directeur des programmes de CGLU Afrique.  Les différentes contributions ont mis l’accent sur le travail en synergie et l’approche inclusive qui sont nécessaires entre les différents acteurs afin d’assurer une bonne mise en œuvre des agendas mondiaux (agenda 2063, agenda 2030, nouvel agenda urbain, agenda du climat, cadre de Sendaï pour la réduction des risques. ).

En conclusion il ressort que les collectivités territoriales africaines peuvent agir sur cinq aspects pour mettre en œuvre les agendas mondiaux :

– Nourrir le territoire en adoptant des approches climato compatibles (40% des richesses de chaque territoire doit servir à nourrir le territoire),

– Construire le territoire (20%),

– Servir le territoire en y apportant des services essentiels de bases (20%),

– Entretenir le territoire,

– Administrer et gérer le territoire.

Mohammed Boudra, président de l’Association Marocaine des Conseils Communaux (AMPCC) et Mme Emilia Saiz, Secrétaire Générale de CGLU, présent dans la salle, ont aussi contribué aux échanges.

« La territorialisation des ODD et des contributions déterminées au niveau nationales (CDN) donnent aux collectivités locales un rôle nouveau dont ils doivent se saisir. L’espace territoriale est l’espace de mise en cohérence , c’est l’espace de coordination, l’espace de mise en œuvre, de planification et d’interpellation», dira M. Mbassi en clôture de session en donnant rendez-vous pour la suite des échanges au sommet Africités 8 qui se tient du 20 au 24 novembre 2018 à Marrakech .

La session «Dialogue de Talanoa pour l’Afrique-Intégration verticale des contributions déterminées au niveau nationales (CDN)» a compté, Dr. Paul François Yatta comme intervenant. Ce dernier a partagé l’initiative initiée par CGLU Afrique pour établir un dialogue national afin d’inclure la dimension locale des CDN, seule voie salutaire pour maintenir le niveau d’augmentation des températures en deçà des 2°C d’ici 2100.  Sur ce volet, CGLU Afrique et ENERGIES 2050 ont publié le rapport intitulé «Enjeux et opportunités de la territorialisation des contributions déterminités au niveau national (CDN) en Afrique».

La cérémonie d’ouverture tenue dans la soirée du jeudi 5 juillet a également vu CGLU Afrique être au-devant de la scène. L’ouverture officielle présidée par le Chef du gouvernement du Royaume du Maroc, S.E Saâd Eddine El Othmani a été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) entre le Gouvernement du Maroc, ONU Habitat, CGLU et CGLU Afrique.

 

Tables thématiques

Au cours de la deuxième journée du forum, le Secrétaire Général de CGLU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi a pris part à table thématique autour du thème : « Les villes intermédiaires comme « plus-value » et les citoyens (nes) comme moteur de la croissance économique ».  Ce dernier s’est prononcé sur les mécanismes fiscaux et financier qui peuvent être mis en place pour encourager le développement durable dans les villes intermédiaires et les territoires. Selon lui, le premier chantier du forum des villes intermédiaires est de faire en sorte que le partage des ressources soit équitable car les villes intermédiaires structure l’organisation de l’économie dans tous les pays. Une étude menée par CGLU Afrique dans près de 50 villes intermédiaires en Afrique de l’ouest, révèle que ces dernières offres au population rurales des perspectives quatre fois supérieures à ce qu’offre le marché mondial.

Les villes intermédiaires se présentent comme les parents pauvres de la décentralisation, elles ne connaissent pas leur sommier fiscal et le niveau des infrastructures est mauvais, ce qui fait fuir les entreprises. Il faut ainsi travailler à la mise en place d’un système fiscal qui mette à niveau les villes intermédiaires et créer des emplois pour les jeunes et les femmes.

Le Secrétaire général de CGLU Afrique a également apporté une contribution en ce qui concerne les types d’instruments disponibles pour renforcer davantage les villes du futur. Pour M. Mbassi, les villes intermédiaires étant désormais des étapes dans la dynamique des migrations, il est nécessaire d’impliquer ces villes dans la gestion des migrations (nationales et internationales).

« Les villes intermédiaires sont l’endroit indiqué pour entreprendre la bifurcation vers le développement durable ».  dira-t-il.

En effet, la performance des économies nationales va être de plus en plus dépendante de la performance des villes. On estime à 25 milliards d’euro les besoins en financement des villes d’Afrique. Pourtant l’Afrique ne peut que contribuer à hauteur d’un milliard d’euro.  Deux solutions proposées par CGLU Afrique sont : l’accès à la finance climat et l’accès au marché financier. Sur ces deux points, CGLU Afrique a lancé en novembre 2017 lors de la COP23 , la Task force climat CGLU Afrique afin de préparer les collectivités locales à monter des projets éligibles au Fonds Vert Climat et autres mécanismes de financement , l’organisation a aussi créée en octobre 2017, le Fonds de développement des villes africaines (FODEVA ) .

A noter que la table thématique sur «mise à niveau des villes intermédiaires dans le monde : une opportunité unique pour un développement durable et une justice territoriale mondiale » a  été modéré par M. Jean Pierre ELong Mbassi.

Partager et apprendre

Le dernier jour du forum était consacré au sessions « partager et apprendre ». CGLU Afrique à travers sa commission permanente genre REFELA a organisée en matinée la session «genre et villes intermédiaire» .Dans l’après-midi, c’est la thématique « sécurité alimentaire : un défi entre villes intermédiaires et régions » qui a enregistré une contribution de CGLU Afrique. Il était question de localiser l’économie de l’alimentation face à l’industrie agroalimentaire qui est un modèle non bénéfique pour les territoires. Le maire de Chefchaouen, M. Mohamed Sefiani a partagé l’expérience de sa commune en matière de valorisation des produits locaux. « Nous avons mis en place la formation des femmes, des agriculteurs et nous avons créé le musée la dieta mediterranea.

En France, le combat pour la production et la distribution des produits agricoles  est aussi crucial.  40% des agriculteurs est en dessous du seuil de solidarité, ce qui entraine la perte de l’équilibre alimentaire, indique Mme Geneviève Barat, Vice-présidente  de la région Nouvelle Aquitaine.  Sa région a adoptée l’approche territoriale pour promouvoir les plats des territoires et l’approche régionale. Ceci se fait avec l’implication de plusieurs acteurs dont les lycées, les élus locaux et les agriculteurs. Mme Barat insiste sur la sensibilisation des plus jeunes afin de susciter une prise de conscience et faire d’eux des ambassadeurs du consommer local. Une plateforme d’agriculteur en ligne a aussi été créé pour leur permettre d’écouler leur produit.

Comme bonne pratique en Afrique en matière de sécurité alimentaire, M. Mbassi ne manque pas de citer le projet songhaï à Porto Novo au Bénin. Ce projet a pour but la création des villes rurales vertes avec la pratique d’une agriculture intégrée ; une agriculture biologique respectant la nature et basée essentiellement sur le bio mimétisme.     « En Afrique les infrastructures routières sont très en arrière pour permettre une distribution des aliments. Il faut donc structurer les marchés et ceci relève de la responsabilité des régions et des villes », explique Jean Pierre Elong Mbassi.

Lisez la Déclaration de Chefchaouen- la Charte des Villes intermédiaires du monde.

Consultez l’article «genre et villes intermédiaire» 

 

Sommet Climate Chance Afrique

Avec l’appui de CGLU Afrique, s’est tenu à Abidjan les 28 et 29 Juin le 1er Sommet Climate Chance Afrique, organisé conjointement par l’Association Climate Chance et l’Assemblée des Régions et District de Côte d’Ivoire.

A cette édition, consacrée spécialement à l’Afrique, et en pratiquant durant les 2 jours l’approche du dialogue Talanoa dans les travaux   des ateliers,    des feuilles de routes sectorielles ont été élaborées et adoptées par les différents acteurs présents (gouvernements locaux, entreprises, associations de jeunes, de femmes, ONG environnementales et de développement, représentants des peuples autochtones, des agriculteurs, chercheurs…), qui, ensemble ont affirmé leur entière volonté et leur engagement pour lutter contre le dérèglement climatique et construire les villes de demain, des villes durables bas Carbonne, résilientes, inclusives …, parce que « la bataille contre le changement climatique sera perdue ou gagnée dans les villes » conclue  M. Mbassi.

La réussite d’une telle bataille dépendra de la mutualisation des forces pour venir à bout de la menace climatique. Il s’agira de faciliter l’accès au financement pour les acteurs non étatiques, d’intégrer le genre dans les politiques publiques et d’accorder la priorité à l’éducation et à la formation des jeunes pour les préparer aux métiers de demain, sachant qu’ils constitueront à l’horizon 2040,  28% de la population africaine.

Cependant, mener pareilles actions, demeure tributaire de la qualité de l’échange de l’information ainsi que de son partage, a expliqué M. Mbassi lors des échanges de l’après-midi de clôture « Il faut plus de connaissances localisées, plus d’échanges d’expériences … on ne gère pas ce qu’on ne mesure pas … ».

Africités, constitue ainsi une bonne plateforme pour se rassembler et réaffirmer l’engagement  et évaluer ce qui a été défini et tracé dans les feuilles de route sectorielles, aussi pour anticiper et planifier ce qui peut se faire dans le futur entre autre avec la convention des maires et le suivi des premiers projets financés dans le cadre de cette convention.

A la clôture, après la lecture de la déclaration d’Abidjan, et à la surprise de toute l’assistance, M. le secrétaire général de CGLU Afrique a annoncé le souhait du GHANA d’abriter le prochain Sommet Climate Chance-Afrique.

Regardez la vidéo de M. Ronan Dantec, Président de Climare Chance Association, ici

Journée de l’Union Africaine contre la Corruption : La lutte continue

Le 25 mai 2018, lors  de la Journée de l’Afrique, M. Moussa Faki Mahamat avertit que la corruption excessive en Afrique mine les gains réalisés par les Africains; une déclaration qui  nous rappelle que 2018 est l’année de l’Union Africaine de lutte contre la corruption.

Selon l’Indice de Transparency International sur la perception de la corruption, dans sa dernière édition, la corruption continue de prospérer dans le continent. L’Afrique subsaharienne est identifiée comme l’une des régions les moins performantes du monde avec un score moyen de 32, juste avant l’Europe de l’Est et l’Asie centrale.

Tout le monde s’accorde sur le fait que la corruption est un obstacle sérieux au développement. Même avec plusieurs pays africains qui font des pas importants en termes de croissance économique, cette croissance ne se traduit pas par des améliorations concrètes des conditions de vie des populations.

Sachant que les flux financiers illicites représentent environ 100 milliards de dollars par an en Afrique, il est clair qu’au sein d’un continent gangrené par la corruption, le développement ne peut jamais être pleinement réalisé.

Conscient de cette situation, et convaincu que le niveau local est le lieu où de réels changements se produisent, CGLU Afrique travaille sans relâche pour renforcer les capacités des autorités locales en termes de transparence et d’intégrité.

«Les dirigeants des collectivités locales pour la transparence et l’intégrité dans la fourniture de services aux populations en Afrique», est un projet qui met l’accent sur la performance perpétuelle des autorités locales par rapport à la reddition des comptes et à la transparence.

«L’initiative de Kabarole pour la transparence et l’intégrité» est la phase pilote du projet, qui passe en revue les lois et les pratiques au niveau local, et renforce l’intégrité des autorités locales.

Le district de Kabarole en Ouganda a été choisi en raison de son approche novatrice visant à accroître la participation des citoyens à travers des conférences et des consultations des dirigeants. Mme Chantal Uwimana, ancienne directrice de Transparency International Afrique, et qui travaille actuellement avec CGLU Afrique sur ce projet, a déclaré: «Nous voulons promouvoir plus de transparence au niveau local et nous allons commencer à le faire en encourageant les collectivités locales à publier les informations de manière proactive.»

Mme Uwimana croit que la corruption se produit lorsque les choses sont cachées et/ou créent de la confusion dans l’esprit des citoyens, qui jouent un rôle crucial dans le processus d’intégrité et de reddition de comptes. «Nous voulons que les citoyens soient dans une position où ils peuvent demander pourquoi et rechercher activement des informations malgré la réticence des décideurs.»

Regardez l’interview intégrale de Mme Uwimana ( disponible en Anglais) 

La lutte contre la corruption ne consiste pas uniquement à établir des systèmes de transparence et d’intégrité. Cela exige également un changement de mentalité à la fois des citoyens et des dirigeants, ce qui est primordial. Les dirigeants doivent comprendre que la mise en place de mesures transparentes ne peut qu’être en leur faveur.