Les collectivités territoriales d’Afrique s’engagent à préserver le patrimoine culturel du continent
Les 18 et 19 avril 2019 à Rabat (Maroc), l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) et la Ville de Rabat ont célébré la Journée Internationale des Monuments et des Sites du Patrimoine Culturel Mondial.
Deux activités ont ponctué cette célébration à savoir : la 2ème Conférence Internationale sous le thème : « Rôle et responsabilité des Collectivités Territoriales dans la Préservation et la Valorisation du Patrimoine Culturel », tenue le 18 avril 2019 au siège de l’ISESCO et la rencontre autour de la présentation des stratégies de la ville de Rabat en matière de protection et de valorisation du patrimoine culturel, tenue le 19 avril 2019 au Siège du Conseil Communal de la ville de Rabat.
Ces actions ont été organisées en partenariat et avec l’appui du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, l’ICOMOS-Maroc, de l’UNESCO et de la Fondation Italienne Romualdo Del Bianco (Italie).
Lors de la séance d’ouverture de la Conférence, lecture a été faite de l’allocution du Directeur Général de l’ISESCO, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, lue en son nom par Dr Amina Al-Hajri, Directrice Générale Adjointe de l’ISESCO, suivie de l’allocution de Son Excellence M. Mohamed El Aaraj, Ministre Marocain de la Culture et de la Communication, lue en son nom par Dr Abdelilah Afifi, Secrétaire Général du ministère, ainsi que l’allocution de Madame Golda El-Khouri, Directrice du bureau de l’UNESCO à Rabat, l’allocution de la Représentante d’ONU-Femmes, Bureau Multi-Pays du Maghreb, l’allocution de M. Mohamed Saddiki, Président du Conseil Communal de Rabat, maire de Rabat et enfin le discours de M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique.
Le maire de Rabat n’a pas manqué d’exprimer sa solidarité à la ville de Paris suite au récent incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris, classée patrimoine mondial de l’UNESCO à l’instar des 9 sites patrimoniaux que compte Rabat.
Dans son allocution le Secrétaire Général de CGLU Afrique a souligné que l’organisation de cette deuxième conférence internationale marque la volonté «commune de voir le thème du patrimoine matériel et immatériel intégrer dans les politiques de développement locale. Notre patrimoine culturel reflète l’identité de notre territoire et relie la population à son passé. L’Agenda 2063 de l’Union Afrique présente une Afrique avec un patrimoine commun. Le patrimoine matériel et immatériel est ce qui fait le potentiel de tout territoire et toute population. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra atteindre la cible 4 de l’ODD 11 qui appelle à renforcer les efforts de protection et de préservation du Patrimoine culturel et naturel mondial », a déclaré M. Jean Pierre Elong Mbassi.
Il a par ailleurs, conclu ses propos en signalant que la culture est ce par quoi on commence pour exister et les autorités politiques ont tort de ne pas mettre la culture au cœur des politiques de développement.
La centaine de participants venus de 20 pays ont eu droit à une conférence inaugurale sur le mouvement « la vie au-delà du tourisme » avant de plancher sur la thématique au cours de sessions plénières portant sur la problématique du patrimoine culturel au niveau des territoires.
Monsieur Paolo Del Bianco, Président de la Fondation Romualdo Del Bianco, Life Beyond Tourism a présenté la vision du concept la vie au-delà du tourisme qui vise à faire en sorte que le tourisme déclenche une véritable synergie dans la promotion des patrimoines historiques et soit un moteur pour les échanges interculturels. Les collectivités territoriales ont la possibilité de former leur personnel à ce concept par le biais de la formation des formateurs organisé annuellement par la Fondation Romualdo Del Bianco en partenariat avec l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique.
La culture 4ème pilier du développement durable
La première session plénière a portée sur : Protéger et Valoriser le Patrimoine Culturel : une problématique Multi-acteurs et Multi-Niveau de Gouvernance. Elle a été présidée par M. Majid Batambuze, Président de l’Association des Autorités Urbaine d’Ouganda et Maire de Jinja.
Dans sa présentation des résultats et recommandations du rapport mondial 2016 de l’UNESCO « Culture et développement urbain durable », Mr Karim Hendili, Spécialiste du Programme Culture au Bureau Multi pays de l’UNESCO, a salué le positionnement de l’organisation mondiale des gouvernements locaux, CGLU, qui a fait de la culture le quatrième pilier du développement durable. Le rapport révèle que très peu de pays possède une législation sur la gestion du patrimoine urbain.
Cette session a aussi été marquée par la présentation du programme de valorisation durable des ksour (hameaux uniquement bâtis avec de l’argile, sans chaux pour liaison) et kasbah (citadelle d’architecture berbère) comme pilier pour la sauvegarde d’un patrimoine national menacé. Le Maroc compte près de 4000 Kasbah qui date du 6ème siècle et dont ¼ seulement sont valorisés. Ce programme lancé par le gouvernement marocain vise en premier lieu à améliorer les conditions de vie des populations de ces sites qui compte environ 1 millions d’habitants. Il vise aussi à doter le Maroc d’une stratégie intégrée de valorisation des Ksour et Kasbah d’ici à 2050.
Le partage d’expérience des autres pays africains et du Monde Arabe a alimenté les débats notamment lors de la seconde session axée sur « Protéger et valoriser le patrimoine culturel au niveau local : Partage de bonnes pratiques locales africaines». Ce fut notamment le cas de Ville de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso où la célébration des funérailles occupe une grande place dans le quotidien des habitants. Les cérémonies funéraires sont marquées par le port de masques traditionnels. Ces masques constituent un atout pour le tourisme et la municipalité envisage de développer des expositions au sein de l’aéroport de la capitale culturelle du Burkina. En Tunisie, la ville de la Goulette procède à une redynamisation de ses principaux évènements culturels après des années de léthargies suite à la révolution. C’est notamment le cas de la célébration de la fête de la victoire chaque 1er juin dans la ville où Habib Bourguiba, premier président de la république avait effectué son entrée triomphale, le festival du poisson qui va reprendre après 8 ans d’arrêt et la fête de la madone célébrée chaque 15 août.
Les différentes présentations ont permis de voir la richesse du Patrimoine culturel en Afrique et dans le monde Arabo-musulman avec les cas de la Commune d’Abobo, Côte d’Ivoire, la Ville de Bamako, Mali, la Ville de Lagos, Nigéria, les Villes d’El Jadida, d’Azemmour et de Marrakech, Maroc.
Recommandations
Les présentations et les discussions ont aussi permis de voir l’état de dégradation générale et de péril qui caractérisent le patrimoine culturel en Afrique. Les participants ont émis les principales recommandations suivantes :
- La nécessité de mise en place des mécanismes de suivi de l’application des recommandations prises au niveau des organisations internationales à l’instar de l’UNESCO, de l’ISESCO ;
- La nécessité de créer des cadres à l’instar de cette conférence pour un meilleur partage des expertises et des expériences entre pays et entre collectivités territoriales en Afrique et dans le monde Arabe ;
- La nécessité de maintenir un fort plaidoyer auprès des Etats pour renforcer le rôle et les compétences des collectivités territoriales dans la gestion de la culture et du patrimoine ;
- Promotion de l’Agenda 21 de la Culture dans les collectivités territoriales ;
- Inscrire la formation et le renforcement des capacités dans les actions prioritaires pour faire face aux principaux défis ;
- Préférer le recours à l’expertise locale pour garder l’authenticité des œuvres ;
- Intégrer l’importance de la culture dans les programmes éducationnels ;
- Renforcer le rôle des médias dans la promotion de la culture ;
- La création des écoles d’arts traditionnels pour pouvoir préserver et transmettre les connaissances traditionnelles locales.
Le deuxième jour de la rencontre a permis au conseil communal de la ville de Rabat de présenter ses stratégies en matière de protection et de valorisation du patrimoine culturel. Présente à la rencontre, Mme Fatna El Khiel, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’Aménagement du Territoire National, s’est réjoui de l’organisation de cette deuxième édition de la conférence internationale à l’occasion de la célébration de la Journée Internationale des Monuments et des Sites du Patrimoine Culturel Mondial. Elle a d’ailleurs plaidé pour la pérennisation de l’initiative. « Nous souhaitons que cette conférence devienne un rendez-vous annuel regroupant les villes africaines et du monde arabe autours du partage d’expérience. J’espère que l’année prochaine on pourra tenir cette cérémonie dans une des Kasbah en rénovation afin de toucher du doigt ce qui est fait par le ministère de l’aménagement du territoire ».
Les participants ont par la suite visité six lieux du patrimoine de la ville de Rabat : Les Oudayas, l’Ancienne Médina, le Chellah, la Marina Bouregreg et l’Avenue Mohammed V.
Découvrez l’album photo de l’événement.
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Note conceptuelle de la rencontre.
A propos de :
L’ISESCO : L’Organisation Islamique pour l’Education, la Science et la Culture (ISESCO) a été créée en mai 1979 par l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Son siège social est basé à Rabat (Maroc). Site Internet : http://www.isesco.org.ma
CGLU Afrique : est l’organisation faîtière des gouvernements locaux d’Afrique dont le congrès fondateur a eu lieu dans la ville de Tshwane, Afrique du Sud, en mai 2005. CGLU Afrique a son siège dans la ville de Rabat (Maroc) depuis janvier 2008. C’est la section africaine de l’organisation mondiale de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Site Internet : www.uclga.org
Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Gaëlle Yomi : Tél : + 212 610 56 71 45
E-mail : gyomi@uclga.org



A l’occasion de la célébration le 18 avril prochain, de la Journée Internationale des Monuments et des Sites du Patrimoine Culturel Mondial, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) par le biais de son Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA), l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) et la Ville de Rabat, en Partenariat et avec l’appui du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, l’ICOMOS-Maroc, de l’UNESCO et de la Fondation Italienne Romualdo Del Bianco, organisent la 2ème Conférence Internationale sur le thème : «Rôle et responsabilité des Collectivités Territoriales dans la Préservation et la Valorisation du Patrimoine Culturel». La célébration se déroulera sur deux jours, le jeudi 18 avril 2019 au Siège de l’ISESCO et le vendredi 19 avril 2019 au Siège du Conseil Communal de la ville de Rabat (Maroc).
CGLU Afrique et son Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) en partenariat avec le conseil de la région de Fès-Meknès et l’université Al Akhawayn d’Ifrane organisent la 3ème édition du Forum des Managers Territoriaux et des Instituts de Formation ciblant les Collectivités Territoriales en Afrique. Le forum se tiendra du 10 au 14 juin 2019 à l’université Al Akhawayn d’Ifrane (Maroc).
Du 18 au 21 février 2019, le centre de conférences de l’Université d’Al Akhawayne d’Ifrane (Maroc) a abrité la troisième édition de la retraite institutionnelle de CGLU Afrique. Cette édition a vu la présence d’une soixantaine de participants parmi lesquelles : le personnel du siège de l’organisation, des trois bureaux régionaux (Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est et Afrique Australe), les organisations partenaires : CGLU, Metropolis, Cities Alliance, la CEA (Commission Economique Africaine), le World Ressources Institute (WRI), le CAFRAD, et les conseillers spéciaux de CGLU Afrique : M. Daby Ndiaye, M. Gustave Massiah, M. Alioune Badiane, et Mme Claire Mandouze.
















ALGA lance une session de formation de formateurs sur le Leadership Local du 26 Février au 08 Mars 2019 à Tunis (Tunisie) en Partenariat avec Enda ECOPOP, le Centre de Formation et d’Appui à la Décentralisation (CFAD) de Tunisie, le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (ONU HABITAT) et l’Observatoire International de la Démocratie Participative pour l’Afrique (OIDP Afrique). La présente session de formation sur le Leadership Local repose sur la maitrise et l’appropriation des compétences clés des acteurs (élu(e)s, agents des services techniques et leaders communautaires des organisations de la société civile) impliqués dans l’amélioration de la gouvernance locale, la gestion de l’environnement et fourniture de services sociaux de base. Elle a été développée en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (ONU HABITAT).
Le Gouvernement du Burkina-Faso et Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), représentés respectivement par Son Excellence Monsieur Alpha BARRY, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, et Monsieur Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général, ont procédé à la signature d’un Accord de siège au profit de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA), le Vendredi 30 Novembre 2018, dans les locaux du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération à Ouagadougou, au Burkina-Faso.



CGLU Afrique, son Académie Africaine des Gouvernements Locaux (ALGA) et son Observatoire des Ressources Humaines des Gouvernements Locaux en Afrique, lancent l’enquête sur les services publics locaux et la qualité de la prestation des services dans les villes africaines. L’objectif de cette enquête est d’évaluer la qualité dans la prestation des services au niveau des communes en Afrique à travers la perception des citoyens et des usagers sur la période allant de Janvier à Août 2018. Le résultat sera incorporé dans le premier rapport sur l’état de la GRH au niveau des collectivités locales et régionales africaines, qui sera présenté au Sommet Africités 8 à Marrakech du 20 au 24 novembre 2018. 
L’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), en Partenariat avec ENDA-ECOPOP du Sénégal, l’Observatoire International de la Démocratie Participative en Afrique (OIDP Afrique) et le Centre Africain de Management et de Perfectionnement des Cadres (CAMPC), réalise la 3ème Session de Formation Internationale des Facilitateurs du Budget Participatif (BP). Cette Session a démarré le Lundi 03 Septembre 2018 à Abidjan sous le parrainage de la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL) de la Côte d’Ivoire.
Pour le Directeur de ALGA-Ouagadougou, Mr Wahir Justin Some : «Il s’agira de créer un pool de compétences africaines francophones apte à accompagner les Collectivités Territoriales dans l’élaboration de leurs budgets selon une approche de gouvernance centrée sur les besoins des citoyens et une éthique de gestion transparente. Le thème de la présente session révèle d’un grand intérêt et répond également à de multiples questions (…) Elle s’inscrit dans la mise en synergie de toutes les ressources en faveur du développement de nos communautés »
1. D’avoir une meilleure compréhension du BP et de sa contribution à la gouvernance locale inclusive et participative ;