Célébration de la Journée mondiale métropolitaine 2020 : les messages clés des métropoles africaines

Cinq messages clés soulignant le rôle d’interface des métropoles pour faire face à la pandémie de COVID 19, ont été mis en exergue par les collectivités territoriales africaines lors de la célébration de la journée mondiale des métropoles 2020.

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Dans le cadre de la journée mondiale métropolitaine célébrée le 7 octobre de chaque année, CGLU Afrique a organisé le 06 octobre 2020, en partenariat avec Metropolis, un webinaire sous le thème :  “Covid-19 et Gestion Métropolitaine : leçons apprises de la crise sanitaire mondiale”.

Une centaine de participant ont pris part aux travaux qui servaient de plateforme pour recueillir la contribution des métropoles africaines autour de la thématique générale de la célébration : « Les métropoles face à la pandémie ».

La cérémonie d’ouverture modérée par Mme Rahmatouca Sow, Conseillère aux affaires politiques et internationales de CGLU Afrique a été marquée par les allocutions de : M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique ;  Dr. Mohamed Boudra, Président de CGLU, Président de l’AMPCC, Maire d’Al Hoceima (Maroc) ; M. Octavi de La Varga Mas, Secrétaire Général de Metropolis ; M.  Vincent Ncho Kouach, Vice-Gouverneur d’Abidjan (Côte d’Ivoire), Vice-Président de Metropolis.

Dans son propos liminaire le secrétaire général de CGLU Afrique a souligné l’importance pour les métropoles du continent de célébrer cette journée en cette période de pandémie. « Cette journée des métropoles est importante pour nous. L’Afrique est également en train de vivre une mutation métropolitaine. On compte à peu près 18 villes millionnaires sur notre continent aujourd’hui. Nos métropoles font partie du réseau mondial des régions et villes métropolitaines à qui revient la responsailité de gérer les flux de l’économie mondialisée. Du fait de leur exposition à  la mondialisation les métropoles d’Afrique ont été à la fois les points d’entrée et les lieux de diffusion de la pandémie du COVID-19 dans le pays. Le caractère mondial de cette pandémie montre qu’il nn’y a pas de réponse individuelle pour faire face à cette pandémie, la réponse devra être collective » a expliqué M. Elong Mbassi.   « Les métropoles qui sont le point d’articulation entre le réseau urbain interne au pays et le système urbain international (continental et mondial).  Les responsables de la gestion métropolitaine ont un rôle particulier à jouer dans la gestion actuelle du COVID   fait de ce rôle d’interface et d’articulation des dynamiques internes avec les dynamiques externes. A l’issue de ce webinaire il faudrait  que nous ayons une idée assez précise de ce que sera la nouvelle normalité post-Covid. Quels sont les pièges à éviter ? Quelles sont les innovations qui sont apparues et sur lesquelles nous pouvons bâtir de nouvelles approches dans la gestion des métropoles ? Comment préparer les métropoles à jouer le rôle d’interface qui est le leur ? ».

M. Mohamed Boudra, Président de CGLU, Président de l’AMPCC, Maire d’Al Hoceima, Maroc, a quant à lui indiqué que le monde post COVID reste à définir et que les collectivités territoriales peuvent jouer un rôle dans sa conception. Pour lui, la réponse au COVID doit passer par un accord mondial,  « qui rende nos communautés plus résilientes aux futurs épidémies.  Il faut repenser à l’ère de l’urbanisation, la relation entre les grandes villes et les autres territoires. Nous avons besoin d’une véritable transformation. Cette transformation nous amène à repenser la gouvernance métropolitaine, qui peut être une manière de renforcer la démocratie. Cette transformation appelle un autre type de système multilatéral. Le système international devra se transformer en un système inter urbain porté par les villes et les territoires de toutes les tailles ». M. Boudra a insisté sur lebesoin de plus d’accès aux nouvelles technologies.  « Il est essentiel de permettre aux gens de travailler dans des environnements fiables. Nous avons besoin de moyens adéquats pour assurer les services de bases. Pour ce faire nos communautés doivent être présentes dans tous les mécanismes de gouvernance pour que le résultat soit efficace sur le terrain. Les collectivités territoriales doivent être les gardiennes de la solidarité internationale.  Plus que jamais la coopération internationale se révèle cruciale dans la gestion de la pandémie actuelle et elle le sera d’autant plus dans le futur ».

Pour M. Octavi de La Varga Mas, Secrétaire Général de Metropolis, la célébration de cette journée des métropoles a pour objectif de « poursuivre le débat international sur la décentralisation. Le but est d’ouvrir des espaces de dialogue entre tous les acteurs métropolitains. Je suis heureux que CGLU Afrique ait rejoint la célébration de cette journée, tout comme ONU Habitat. Le contexte du COVID nous confronte aux contradictions du monde urbain. Le président de la Banque mondiale a déclaré que 110 à 150 millions de personnes rejoindront les rangs des pauvres d’ici 2021 à cause de la pandémie COVID-19.  La COVID a mis en lumière l’importance de l’économie informelle, la question de l’accès aux services de base, de l’habitat décent, de l’espace public. La question de la mobilité et de la fracture numérique sont aussi mis en lumière dans la gestion de la COVID. Il est important de regarder comment on voit le développement des villes pas seulement avec un regard du Nord car nous oublions souvent les réalités des pays du Sud. La gouvernance métropolitaine est cruciale et il y a toute une variété de modèles, mais il y a 5 facteurs cruciaux à prendre en compte : 1. Le leadership via un engagement fort des dirigeants politique ; 2. L’inclusion : nous devons entendre la voix des citoyens dans les prises de décision ; 3. La coopération avec l’engagement actif de toutes les sphères de gouvernance ; 4. Les cadres institutionnels pour la coopération ; et 5. les Ressources : nous avons besoin de financements adéquats et des investissements. Nous avons notamment lancé un appel à repenser les espaces métropolitains (). Cet appel est lancé à tout le monde, c’est un appel à la coopération internationale».

M. Vincent Ncho Kouach, Vice-Gouverneur d’Abidjan, Vice-Président de Metropolis, a fait également mention de la solidarité internationale. « C’est une joie pour nous de participer à cette rencontre de partage et de solidarité face à cette pandémie. Cette rencontre va nous permettre d’échanger sur les défis rencontrés par les métropoles face à la pandémie et voir comment se préparer pour l’après COVID. La plupart des métropoles africaines ont des populations très vulnérables. Nous devons développer des actions de solidarité et principalement la sensibilisation par le biais de la communication. A Abidjan, cette crise a été ralentie grâce à la communication intense menée par les autorités locales. La solidarité internationale est indispensable en cette période ».

Apprentissage par les Pairs

La deuxième partie de la rencontre a été consacrée à un moment d’apprentissage par les pairs des métropoles des différentes régions d’Afrique, une d’Europe et une d’Amérique du Sud.  Cette session a été modérée par Dr. Najat Zarrouk, Directrice de l’Académie Africaine des collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique.

Afrique du Nord

Les villes de Tunis et Rabat ont partagé leur expérience de gestion de la pandémie. Mme Souad Ben Abderrahim, Maire de Tunis et son équipe ont choisi de mettre sur pied une politique locale reposant sur 3 mesures principales : 1. Sensibilisation des élus locaux à leur responsabilité pour impacter les populations ; 2. Renforcement des services municipaux, notamment environnementaux et mise en place d’un grand dispositif d’hygiène via la création d’un centre de COVID 19 ; 3. Digitalisation des services. Le confinement généralisé a amené de nombreux services à favoriser le travail à distance. « Cette situation a contribué au renforcement du partenariat avec la société civile et avec les partenaires internationaux (via des dons et financements). La crise a poussé la municipalité à développer la digitalisation et les services municipaux à distance ainsi que la e-médecine et la e-éducation », a confrimé Mme Souad  Ben Abderrahim.

La digitalisation a également été un levier actionné par la ville de Rabat en plus de la fourniture des aliments et du logement aux personnes vulnérables (enfants de la rue) et aux migrants. Le maire de la Ville de Rabat, M. Mohamed Sadiki, a salué la synergie d’action qu’il y a eu entre le niveau national et le niveau local. « Cette pandémie nous a poussé à accélérer la digitalisation au niveau de la ville. Pour les autorisations tout a été dématérialisé et nous avons organisé un festival virtuel digital avec des spectacles online. Parmi les leçons apprises nous voyons l’importance de mettre en place des cellules de gestion de crise en amont, le besoin de renforcement de la cohésion sociale, la nécessité de l’autonomisation des collectivités et leur résilience ».

Afrique de l’Est

Aux Seychelles la ville de Victoria n’a pas connu de cas de contamination communautaire. Pour faire face à la pandémie le respect des mesures barrières dans les espaces publics et privé ont été mis en place comme dans les différents pays. A l’instar de ses homologues du continent, le maire David André a vu sa municipalité affectée sur le plan économique. « Nous sommes sévèrement affecté car notre économie est basée sur le tourisme. Le gouvernement assure les salaires jusqu’à décembre 2020. Pour l’après COVID nous travaillons pour diversifier notre économie par la pêche et l’agriculture.  Nous mettons en place les mesures préventives pour nous permettre de faire face à de futures crises. Nous investissons dans les programmes et projets qui vont améliorer la vie des citoyens. Nous comptons beaucoup sur la solidarité internationale », a–t-il affirmé.

A Madagascar, la capitale Antanarivo a lancé un code municipal d’hygiène.  M. Michkael Reilly Solofoniaina, Représentant du maire, a expliqué que la principale difficulté était de maîtriser la population«vu que c’est une très grande ville.  La saison de pluie approche et nous allons lancer leprojet de curage des canaux d’évacuation pour éviter une nouvelle propagation du virus.  Un plan de financement PostCovid a été validé à hauteur de 11 millions de Dollar. Il faudra mettre un accent particulier sur la digitalisation et le renforcement de la recherche scientifique ».

Afrique Centrale

A Bangui en République Centrafricaine, six mois après l’arrivée de la pandémieCOVID dans le pays, la mairie de la capitale a été en première ligne dans la lutte. L’équipe dirigée par le maire Emile Gros Raymond Nakombo, a créé la protection civile composée de 5000 jeunes repartis par arrondissement pour aider les parents, renforcer la solidarité et le vivre ensemble. Le conseil a aussi créé la cellule municipale contre la COVID.  Le Maire a relevé les pièges suivants à éviter dans la lutte : « éviter la banalisation, qui risque de relancer la propagation du virus, les constructions anarchiques, la discrimination sociale pour éviter les exclusions, éviter la suppression des emplois. Au sein de la classe politique, éviter que la politique prenne le dessus ».

A Brazzaville au Congo, la municipalité a procédé à des actions de sensibilisation dans les quartiers en impliquant les chefs de quartier pour faire passer le message à la population. M. Guy Marie SOKANA, 1er adjoint au Maire de Brazzaville, a relevé l’efficacité des actions des équipes municipales en matière de régularisation des activités marchandes.

A Douala au Cameroun, les élus locaux de la capitale économique ont uni leur force et mis en œuvre le concept « Douala Stop Coronavirus ». L’apparition de la maladie a coïncidé avec l’installation des maires à l’issue des élections locales de février 2020.  Dr Solle, 1er Adjoint au Maire de Douala, a dit informe qu’un comité de riposte regroupant les 6 communes d’arrondissement de Douala a été mis en place. « Les actions de sensibilisation de proximité ont été réalisées avec un millier de jeunes gens qui ont fait du porte à porte. Les structures traditionnelles ont également été impliquées. Le défi actuel est celui d’assurer une année scolaire sans risque. Des dispositifs de lavage des mains ont été installés dans les écoles. Suite à cette pandémie, au niveau de la Ville nous avons créé une direction de l’environnement et du cadre de vie et une direction des affaires économiques, la direction de l’environnement et du cadre de vie poursuivant l’amélioration des conditions de vie des populations, tandis que la direction des affaires économiques s’occupe de l’attractivité et de la compétitivité de  la Ville ».

Afrique de l’Ouest

Bamako, la capitale malienne a vécu une gestion complexe de la pandémie durant les 6 mois de crise socio-politique que le Mali a traversée. Le maire du District de Bamako, M. Adama Sangaré, a révélé que le faible taux de cas positif est aussi dû au fait que très peu de personnes se font dépister. Pour lui, l’accent doit davantage être mis sur la sensibilisation car certaines populations ne croienttoujours pas à l’existence de la maladie. « Nous aurions souhaité avoir plus de collaboration avec l’Etat central pour sensibiliser les populations. Les centres communautaires n’ont pas de réactif pour faire le test COVID. Pour la riposte au niveau du Grand Bamako des campagnes de sensibilisation ont été initiées ».

Au Bénin, la mairie de la capitale Porto Novo a bénéficié des fonds mise à disposition par le gouvernement pour mener des actions préventives sur le terrain. Le maire M. Yankoty Charlemagne a expliqué avoir associé les leaders religieux lors des campagnes de sensibilisations« Le gouvernement central n’a cessé de nous accompagner. Nous avons reçu une dotation de130 000 Dollar pour favoriser les actions préventives d’octobre à décembre. Le conseil municipal est libre de mener des actions phares. La priorité a été axée sur la main d’œuvre locale avec la construction des dispositifs de lavage de main dans les écoles, la construction des hangars pour renforcer la capacité d’accueil au niveau des marchés. Un accent a été mis sur la communication dans les langues locales. Par ailleurs, il faut repenser la mobilité au niveau des métropoles et promouvoir l’utilisation des outils numériques », a conseillé M. Yankoty.

M. Mouctar Mamoudou, Président de la Délégation Spéciale de Niamey, a aussi pris part aux échanges pour l’Afrique de l’Ouest.

Afrique Australe

M. Makone Ian, Vice-Président de la ville de Harare (Zimbabwe) invite les laboratoires de recherche du continent à s’impliquer dans les efforts internationaux.  « 228 personnes sont décédées à cause du COVID et nous n’avons pas assez de laboratoires pour effectuer les tests. Nous avons tiré les leçons de cette pandémie et l’une des plus importante est le besoin de collaborer avec les universités et centres de recherches» a –t-il fait savoir.

Europe et Amérique du Sud

M. Cecilio Cerdàn, Directeur Général de la Coopération et de l’Action Internationale de la ville de Madrid (Espagne) a souligné que la pandémie a révélé la «nécessité de protéger les personnes vulnérables, les sans-abris, les enfants, mais aussi de fournir des liquidités aux entreprises pour éviter les faillites et les fermetures. Les mesures de fermeture ont été impopulaires. De nombreuses personnes à Madrid avaient besoin d’une aide immédiate : des chambres d’hôtel ont été mises à disposition.  60% de notre prochain budget municipal sera consacré à la lutte contre les conséquences du COVID ».

Mme Giorgia de la ville de Belohorizonte, Brésil, a insisté dans sa prise de parole sur l’importance de la coopération entre villes au niveau international

Lors de la phase des questions et réponses modérée par M. Charles Patsika, Directeur du Département des Membres de CGLU Afrique, le gouverneur de Kisumu (Kenya), M. Anyang’ Nyong’o a contribué en expliquant comment sa ville a dû adopter un nouveau business plan pour faire face à la pandémie. « L’arrêt des échanges du fait du confinement nous a amenés à nous interroger sur le modèle de développement que nous suivons jusqu’ici et qui nous rend dépendant du marché mondial pour nos approvisionnements comme pour nos revenus. N’est-il pas temps de remettre à l’ordre du jour la politique d’import-substitution suivie au lendemain des indépendance et d’insister sur l’urgence absolue de l’autosuffisance alimentaire et de transformation des productions alimentaires ? » a-t-il insisté.

Comme autre contribution, Dr Tifari, du conseil municipal de la ville d’Addis Abeba a mis en avant la capacité de production des masques et la présence de plusieurs lieux pour faire le test dans la capitale de l’Ethiopie.

Plan d’action et activités du Réseau des Métropoles Africaines

La dernière session de la rencontre a porté sur la mise en place du Forum des Métropoles Africaines. M. Vincent Ncho Kouach, Vice-Gouverneur d’Abidjan, Vice-Président de Metropolis a rappelé que le Forum des métropoles et villes Africaines a été lancé le 22 novembre 2018  à Marrakech, lors du dernier Sommet Africités.  L’ensemble des membres présents lors de ce lancement « ont insisté pour dire qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle organisation mais d un mécanisme à mettre en place dans le cadre de l’organisation faîtière des collectivités territoriales du continent africain,  CGLU Afrique ».  Ce forum vise à être :

1- Un cadre pour renforcer la coopération entre les métropoles africaines

2- Un espace de débat, de plaidoyer et une plateforme d’échange d’expériences afin de contribuer à la narrative sur la gouvernance métropolitaine : modèles institutionnels, vision et approches de gouvernance.

3- Une plateforme de gestion et de partage des savoirs dans le domaine de la gestion métropolitaine

4- La voix unie et forte des métropoles africaines capable d’influencer l’Agenda Global et de porter le plaidoyer au sein de l’UA et enfin d’apporter une contribution africaine dans les débats au sein des réseaux CGLU et Metropolis

5- Un fournisseur de solutions dans la recherche de financement innovants endogènes et dans la mobilisation des investissements pour un développement économique durable porteur de croissance, de créations de richesses et d’emplois pour les jeunes africains

6- Un lieu d’expérimentation du mécanisme de revue et d’apprentissage par les pairs afin d’aider à la mise en œuvre des objectifs des agendas urbains et d’échanger sur l’élaboration et la mise en oeuvre d’outils adaptés.

7- Le renforcement de la diplomatie des villes dans des domaines tels la gestion de la migration, le vivre ensemble, la gestion de la diversité dans les métropoles et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens, etc.

Les participants au webinaire ont salué cette initiative et ont souhaité sa réalisation immédiate. Pour ce faire ils ont invité  toutes les villes capitales et toutes les villes millionnaires à s’affilier à ce forum, et recommandé que le secrétariat de CGLU Afrique entame les diligences nécessaires à cet effet.

Messages clés

En conclusion, M Jean Pierre Elong Mbassi a rappelé les principaux messages clé à retenir à l’issue des échanges d’expériences etdes débats du webinaire:

1.Nous faisons tous partie d’un écosystème urbain mondial où les métropoles sont l’interface entre le système urbain national, le système urbain continental et le système urbain mondial. Cette interface fait des métropoles le point d’entrée de tout ce qui est bon et mauvais sur notre continent.  Elles sont à la fois le point d’entrée du virus et le point de propagation du virus dans tout le pays. Mais en même temps, elles sont le lieu où la lutte peut être le mieux organisée, car c’est l’interface entre les niveaux international, national et local de gouvernance, et où une approche multi-niveaux et multi-acteurs peut être organisée. Il est important que les dirigeants des métropoles comprennent l’effet de levier des métropoles grâce à leur rôle d’interface.

2.Contrairement à ce que l’on croit, les autorités publiques ont été les autorités pilote face au virus, avec le gouvernement national d’une part et les gouvernements métropolitains et autres collectivités territoriales d’autre part. Les gouvernements métropolitains et les villes ont fait preuve d’une plus grande réactivité dans la lutte contre le virus en raison de leur proximité avec la population.  Ils ont été les agents qui ont mis l’accent sur les mesures de santé préventives alors qu’au niveau national, l’accent était mis sur la santé curative. Il est important de noter qu’une partie du succès observé en Afrique provient des progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures de santé et d’hygiène environnementale par les gouvernements métropolitains et municipaux.

3. La COVID a mis en évidence un certain nombre de lacunes dans les administrations métropolitaines et municipales en matière de préparation et d’organisation des secours en cas de catastrophes sanitaires et autres, notamment en ce qui concerne la planification et la fourniture de services funéraires. C’est un domaine dans lequel les gouvernements métropolitains devraient coopérer davantage pour améliorer cette préparation.

4. La COVID soulève également la nécessité de revoir le modèle de développement en Afrique, en ce sens que nous devons inverser la tendance de notre dépendance excessive à l’égard des importations et des exportations sur le marché mondial. Il convient d’accorder une plus grande attention à l’autonomie en matière de production et de transformation des aliments, à la substitution des importations et à une meilleure répartition des établissements humains, ainsi qu’à une meilleure utilisation des zones urbaines et à une meilleure intégration des fonctions urbaines.

5. Nous devons en apprendre davantage sur nous-mêmes, sur ce que nous faisons, sur ce que nous pouvons apprendre de l’expérience internationale, y compris parmi les expériences des métropoles. C’est pourquoi la création d’un Forum des métropoles africaines ne peut que renforcer cet apprentissage mutuel et ce partenariat, qui participerait également à la construction du partenariat mondial si nécessaire des régions métropolitaines à travers le monde, car les gouvernements métropolitains et les villes seront après tout, les gardiens du visage humain des relations et de la solidarité internationale.