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Macoura Dao : La marche en avant !

 

 

 

Depuis son arrivée en 2013 à la tête de la commune de Foumbolo (Côte d’Ivoire), Mme Macoura Dao Coulibaly a gravi les échelons dans la sphère des collectivités territoriales de Côte d’Ivoire mais également sur le plan continental.  Actuelle vice-présidente de l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), Mme Dao qui est depuis 2019, présidente du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA), a dans un premier temps intégré le bureau du réseau en 2015 lors de l’assemblée générale de la 7ème édition du sommet Africités (29 novembre au 03 décembre 2015 à Johannesburg).

Parmi les actions phares menées au profit des sa communauté (Foumbolo) figurent la création des voies de communication routière et le soutien aux associations des femmes pour contribuer à leur autonomisation.

Lors de sa réélection à l’issue des municipales d’avril 2018, Mme Dao confiait avoir mis son second mandat sous le signe du rassemblement des filles et fils de Foumbolo pour une harmonie sociale, gage d’un véritable développement.
Face à la recrudescence des accidents de moto enregistrés dans sa localité en particulier lors du marché hebdomadaire du lundi, l’édile locale a favorisé la création de voies de communication routière à chaussées séparées dans la ville pour freiner les accidents. Les statistiques faisaient état d’une dizaine d’accidents de motos tous les lundis, jour du marché hebdomadaire.

Dans le cadre du soutien aux associations des femmes dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, un « partenariat a été tissé avec des femmes du Burkina Faso pour permettre à l’association des femmes productrices d’attieké de Foumbolo d’écouler leurs produits dans ce pays frère. Cela a permis à ces femmes d’augmenter leur chiffre d’affaires », explique Mme Dao à l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP).

En mai dernier, le REFELA section Côte d’Ivoire dont elle est également la présidente, a organisé la deuxième édition de la soirée gala dénommée « The Mother’s Day». C’était l’occasion de célébrer les femmes élues locales de Côte d’Ivoire en tant que mères, mais également en tant qu’actrices majeures du développement de la Côte d’Ivoire œuvrant efficacement à l’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens au niveau local.

Promotrice du leadership féminin continental

A la tête du REFELA, Mme Dao milite pour la promotion du leadership féminin dans les villes et collectivités territoriales sur le continent. Cela passe par la mise sur pied des Chapitres nationaux du réseau.  Ainsi, elle n’hésite pas à apporter son assister aux nouvelles sections nationales du REFELA dans leur déploiement. Ce fut notamment le cas en avril et juin 2021 pour le REFELA Togo qui a bénéficié d’un atelier de renforcement de capacités pour un projet de feuille de route à soumettre à la Délégation de l’Union Européenne au Togo dans le cadre de la Programmation du Processus de coopération européenne en Afrique pour la période 2021-2027.

La sensibilisation et l’invitation aux différentes sections nationales du REFELA à la mise en œuvre des 3 campagnes lancées par le réseau constitue aussi son principal cheval de bataille. Il s’agit de la Campagne des Villes Africaines sans enfants en situation de rue (lancée en 2018 et qui compte 54 adhésions), la Campagne des Villes Africaines à zéro tolérance face aux violences faites aux femmes (lancée en 2019 et qui compte 22 adhésions) et la Campagne des Villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des Femmes (lancée en 2020 et qui compte plus de 80 adhésions).

 

BIO EXPRESS

Sources : Source 1 , Source 2, Source 3, Source 4, Source 5, Source 6

 

Atelier de consultation élargie dans le cadre de la rédaction de la Charte des Collectivités territoriales pour l’égalité de genres en Afrique.

Célébration des 10 ans d’existence du réseau des Femmes Élues Locales D’Afrique (REFELA): bilan encourageant pour les pionnières de l’action égalitaire (COMMUNIQUE DE PRESSE)

Le 11 mars 2021, le Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA) qui constitue la commission permanente de l’égalité de genres de CGLU Afrique, a organisé un webinaire à l’occasion de la célébration de ses 10 ans d’existence. La rencontre s’est tenue sous le thème : « Le REFELA, un Réseau, une Vision et un Agenda au service de la promotion du Leadership féminin et de l’égalité de genres en Afrique locale ».

Une centaine de participants ont pris part aux travaux dont l’ouverture officielle a été ponctuée par les allocutions de Mme Macoura DAO COULIBALY, maire de Foumbolo (Côte d’Ivoire), Présidente du REFELA, M. Eugène MBA, Président de CGLU Afrique (discours lu par Mme Annie Chrystel LIMBOURG IWENGA, Deuxième Adjointe au Maire de Libreville), M. Khalid SAFIR, Wali de la DGCT du Ministère de l’Intérieur du Maroc, et M. Jean Pierre ELONG MBASSI, Secrétaire Général de CGLU Afrique. La séance a été modérée par Mme Rahmatouca SOW, Conseillère aux Relations Internationales et Affaires Politiques de CGLU Afrique.

Mme Dao a salué les actions menées par ses prédécesseurs à la tête du REFELA depuis la création du réseau en 2011 dans le cadre du premier Forum des femmes élues locales d’Afrique tenu à Tanger (Maroc). « Aujourd’hui, le réseau compte 30 chapitres-pays sur continent, soit 55% de couverture des pays d’Afrique. La promotion du leadership féminin dans les territoires et dans les régions n’est pas encore très ancrée : il nous faut travailler davantage pour amener les filles et les femmes à s’intéresser aux préoccupations de leurs sœurs dans les territoires ».

Pour sa part, M. Eugène Mba s’est réjoui du fait que sa première sortie officielle en tant que président de CLGU Afrique soit pour célébrer l’égalité Femmes/Hommes au sein des collectivités territoriales. « Le dynamisme du REFELA a surpris plus d’un et constitue un motif de fierté pour les maires africains. CGLU Afrique s’est engagée à promouvoir les femmes dans ses organes de gouvernance. Le comité exécutif de CGLU Afrique qui est l’organe politique de l’organisation compte désormais 30% de femmes. Je compte lancer une dynamique visant à atteindre la parité et l’égalité au sein du comité exécutif de CGLU Afrique au cours des prochains mandats de gouvernance de notre organisation. C’est le lieu de remercier le REFELA d’avoir permis par ses campagnes d’alerter et sensibiliser nos dirigeants et nos populations sur les maux de nos sociétés qui freinent notre dignité. Nos remerciements vont à l’endroit de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem du Maroc pour avoir accepté d’être la marraine de la campagne « Villes africaines sans enfants en situation de rue », et nos remerciements vont aussi à l’endroit du Royaume du Maroc qui soutient le REFELA depuis le début ».

M. Khalid Safir s’est réjoui du fait que le Maroc a constitué le berceau du REFELA qui a vu le jour à Tanger en mars 2011. « En cette journée commémorative de la création du REFELA, le réseau s’est avéré un catalyseur pour la femme élue locale en Afrique et un espace d’échange entre femmes élues à tous les niveaux. Depuis la création du REFELA, le Maroc n’a cessé d’appuyer votre réseau et continuera de le faire, convaincu que la femme élue africaine est une force pour notre continent. Avec l’adoption de la Constitution de 2011, le Maroc a institué la parité comme objectif à atteindre dans toutes les politiques publiques. Mon pays restera toujours à vos côtés car ses acquis seront les vôtres ».

M. Elong Mbassi a exprimé son émotion de participer à la célébration du 10ème anniversaire du REFELA. « Je me rappelle ces 4 journées passées à Tanger du 8 au 11 mars 2011, avec les femmes élues d’Afrique déterminées à faire entendre leur voix. J’adresse mes remerciements au Royaume du Maroc pour son soutien précieux ».

La célébration s’est déroulée autour de 4 axes d’intervention :

– Un rappel historique de la naissance du REFELA ponctué par une présentation assurée par Dr Najat ZARROUK, Directrice de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique, et les témoignages des 4 premières présidentes du Réseau : Mme Milouda HAZIB, Vice-Présidente du Conseil Régional Marrakech-Safi (Maroc), Ancienne Présidente du REFELA (2011), Mme Maria Helena LANGA, Maire de Mandlakazi (Mozambique), ancienne présidente du REFELA (2012), Mme Fatimetou MINT ABDEL MALIK, Présidente de la région de Nouakchott (Mauritanie), ancienne présidente du REFELA (2012-2015), et Mme Célestine KETCHA COURTÈS, Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain (Cameroun), ancienne présidente du REFELA (2015-2019). Les échanges ont été modéré par Mme Jacqueline MOUSTACHE BELLE, prochaine Directrice du département Genre et Jeunesse de CGLU Afrique.

– Le deuxième axe portait sur la génération égalité et a vu les interventions de : Mme Leila RHIWI, Représentante de l’ONU Femmes pour le Maghreb (représentée par Mme Sacha BELLE-CLOT), Mme Emilia SAIZ, Secrétaire générale de CGLU Monde, et M. Frédéric VALLIER, Secrétaire Général du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE).

– Le troisième axe a enregistré le témoignage de soutien de la ville de Rabat et de son maire, M. Mohammed SADIKI, aux campagnes du REFELA.

– Le quatrième axe a donné lieu à une table ronde avec les vice-présidentes du REFELA : Mme Fatna EL-K’HIEL (Vice-présidente du REFELA pour la région Afrique du Nord), Mme EYIDI née EBODIAM TCHOUMBI Yvonne (Vice-présidente du REFELA pour la région Afrique Centrale), et Mme RATSIMBAZAFY Sahondramalala Esther (Vice-présidente du REFELA pour la région Afrique de l’Est). Ce segment de la rencontre a été modéré par Dr. François Paul YATTA, Directeur des Programmes de CGLU Afrique.

Les échanges ont permis de faire le bilan des réalisations du réseau, de débattre des défis qui restent à relever, et d’évoquer les perspectives d’avenir en matière d’actions et de coopération.

A l’heure du bilan, après 10 ans, le REFELA a parcouru du chemin et compte à son actif :

– La reconnaissance du Réseau au niveau international ;

– Le rayonnement du réseau sur le continent avec une couverture à 55% via les 30 chapitres nationaux du REFELA ;

– La mise en œuvre des trois campagnes du REFELA (en 2018, Campagne des Villes Africaines sans enfants en situation de rue (54 adhésions), en 2019, Campagne des Villes Africaines à zéro tolérance face aux violences faites aux femmes (22 adhésions) et en 2020, Campagne des villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des Femmes (+80 adhésions) ;

– La Signature de Partenariat avec l’Observatoire National des Droits de l’Enfant du Royaume du Maroc dans le cadre de la mise œuvre de la « Campagne des Villes Africaines sans Enfants en Situation de Rue » (2018) ;

– La Signature du Pacte Afrique-Europe pour l’égalité locale entre le REFELA-CGLU Afrique, CGLU et CCRE (2018) ;

– La signature du Mémorandum d’entente entre REFELA-CGLU Afrique et FAMSI pour la mise œuvre de la « Campagne des villes africaines favorable à l’autonomisation économique des femmes » (2020) ;

– La mise en place des mécanismes de gouvernance pour la mise en œuvre du Pacte Afrique-Europe (2019 : mise en place du Comité Afrique-Europe en appui à la rédaction de la « Charte des Collectivités territoriales pour l’égalité de genres en Afrique » (organe politique, composé d’élus africains et européens) ;

– La réalisation d’une Consultation en ligne (2019) et Elaboration d’un Rapport analytique sur les résultats de la consultation en ligne (2020) ;

– L’organisation des formations de renforcement à l’endroit des femmes élues locales ;

– Le REFELA a contribué à la création d’une Section Genre au sein de CGLU Monde ;

– La contribution du REFELA au parcours des femmes élues locales visant à occuper des fonctions ministérielles, à l’instar de Mme Rose Christiane Ossouka Raponda (ancienne Maire de Libreville, ancienne Présidente de CGLU Afrique , actuelle Premier ministre du Gabon), Mme Célestine Ketcha Courtès (ancienne Présidente du REFELA, actuelle Ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Cameroun), et Mme Jacqueline Moustache Belle (Ancienne Maire de Victoria, Chef du protocole du Président de la République des Seychelles).

Message des anciennes présidentes

Dans leurs prises de parole, les anciennes présidentes du REFELA se sont félicitées des avancées réalisées par le réseau tout en insistant sur le fait que la bataille pour l’égalité n’est pas encore gagnée. « Le REFELA a été un réseau pour booster le développement économique local. Après 10 ans, nous devons être fières de toutes les réalisations. Néanmoins, le chemin à parcourir reste long et le plaidoyer doit continuer. C’est notamment le cas pour la présence de plus des femmes sur les listes électorales en Afrique. La gestion de ces listes reste à améliorer afin de mieux préparer le chemin aux femmes pour qu’elles se présentent à égalité avec les hommes », Mme Milouda Hazib.

« Nous avons fait en sorte que les associations nationales de collectivités territoriales admettent le REFELA comme commission permanente pour la question du genre. Il faut continuer à promouvoir l’auto-estime des femmes », Mme Maria Helena Langa, du Mozambique.

« Nous avons pu mettre en place le premier réseau des femmes élues locales au Monde. Cela constitue un motif de fierté pour nous en tant que femme africaine. Nous avons fait le tour du monde et remis la clé du REFELA aux personnalités comme Ban Ki Moon (SG des Nations Unies 2007-2016). Nous devons appuyer de façon constante et consistante les femmes, particulièrement en cette période de Covid-19. Nous devons faire un grand plaidoyer auprès des pays pour revoir les lois électorales, et assurer des sessions de formation car les maires changent après les élections. Il faut des formations continues en faveur des femmes élues», a déclaré Mme Fatimetou Mint Abdel Malik, de Mauritanie.

« Les maires sont les médecins des populations. Nous avons eu plus de 700 femmes maires lors de la création du REFELA. Le REFELA a produit des femmes ministres, des conseillères des chefs d’Etat, une Première ministre, mais avons-nous réussi à faire une planète 50/50 au niveau local ? La réponse est non. A titre d’exemple, le Cameroun compte 40 femmes maires sur 374. 40 FEMMES sur 374 Maires. En cette période de pandémie nous devons davantage mobiliser les femmes dans lutte contre le Covid-19 », a déclaré Mme Célestine Ketcha Courtès, du Cameroun.

Dans la poursuite de ce combat pour l’atteinte de la parité, le REFELA peut compter sur le soutien de ses partenaires, dont CGLU et le CCRE.

« Félicitations au REFELA pour ses 10 ans, Nous allons les célébrer au niveau mondial le 17 mars 2021. Notre mouvement est mû par l’égalité. CGLU est désormais co-président de la Coalition Egalité avec ONU-Femmes. CGLU fera en sorte que vos revendications en Afrique soient entendues. Nous sommes reconnaissants pour le fait que le REFELA ait porté la question des enfants de la rue au niveau mondial. Nous reconnaissons les succès et n’oublions pas que le combat continue. L’égalité doit rester au cœur de notre mouvement », a déclaré Mme Emilia Saiz, Secrétaire générale de CGLU Monde.

« L’égalité est un combat qui doit être mené par des personnalités fortes et c’est ce qui a poussé ce mouvement. Il est difficile de mener un combat politique en tant que femme. Je crois que vous pouvez être fières de ce qui a été fait au cours de ces 10 dernières années. Nous sommes partenaires du REFELA depuis le début au CCRE. Le travail d’élaboration de la Charte des Collectivités territoriales pour l’égalité de genres en Afrique se poursuit. Le CCRE avec l’aide de Platforma va financer la finalisation de la Charte. C’est une charte africaine qui doit être écrite et élaborée par les Africaines et pour les Africaines. L’égalité n’est pas seulement une affaire de femmes. Il faut mobiliser tous ceux qui croient en l’égalité et les convaincre », a indiqué M. Frédéric Vallier, Secrétaire Général de CCRE.

Dans son mot de clôture, le Secrétaire Général de CLGU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi, a déclaré : « Trois mots semblent résumer parfaitement mon ressenti à l’issue des échanges marquant la commémoration du 10eme anniversaire de la création du REFELA le 11 mars 2011 à Tanger au Maroc : enthousiasme, engagement et empathie. Enthousiasme d’abord, et fierté des membres du REFELA de revendiquer leur appartenance à une véritable famille, mue par un élan commun, celui de promouvoir l’égale dignité entre hommes et femmes et l’égal accès aux droits, aux responsabilités. Engagement ensuite des membres du REFELA à continuer à consolider leur réseau à travers la mise en place des chapitres nationaux et le plaidoyer opiniâtre en faveur de l’égalité hommes/femmes, qui va être marqué par l’adoption de la Charte des collectivités territoriales d’Afrique pour l’égalité des genres lors du Sommet Africités prévu du 26 au 30 avril 2022 à Kisumu au Kenya; mais engagement aussi du gouvernement du Maroc à continuer à soutenir le REFELA dans son combat juste pour l’égalité, qui correspond parfaitement aux orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc en faveur de l’égalité hommes/femmes. Empathie enfin, vis-à-vis des enfants vivant dans la rue pour que cessent ces situations indignes des sociétés de nos villes et territoires ; vis-à-vis des femmes et filles victimes de violences pour que ces pratiques ne soient plus tolérées dans nos villes et territoires ; vis-à-vis des femmes discriminées économiquement et socialement pour qu’elles jouissent enfin de l’égalité des droits et de leur émancipation grâce à l’action de nos villes et territoires. Les trois campagnes lancées par le REFELA, des Villes africaines sans enfants en situation de rue ; des Villes africaines à zéro tolérance face aux violences faites aux femmes et aux filles ; et des Villes africaines favorables à l’émancipation économique des femmes, manifestent le souci du REFELA à trouver des réponses aux maux de nos sociétés, et à rejoindre dans l’action tous ceux qui participent à la coalition pour la Génération Égalité promue par les Nations Unies, et spécifiquement ONU-Femmes ».

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Gaëlle Yomi : Tél : + 212 610 56 71 45
e-mail : gyomi@uclga.org
Visitez le site de CGLU Afrique : www.uclga.org

Journée Internationale des Femmes 2021 : Allocution de la Présidente du REFELA

Il y a plus de 25 ans le 4 septembre 1995 était adoptée la Déclaration de Beijing par laquelle les gouvernements des Etats membres des Nations Unies s’engageaient à , je cite, “réaliser l’égalité des droits et la dignité intrinsèque des hommes et des femmes (…); garantir la pleine réalisation des droits des femmes et des petites filles en tant que partie inaliénable, intégrante, et indivisible de tous les droits de la personne humaine et de toutes les libertés fondamentales”, fin de citation.

La Déclaration de Beijing mentionne au paragraphe 11 ce qui suit, je cite, :“Nous sommes convaincus que le renforcement du pouvoir d’action des femmes et leur pleine participation sur un pied d’égalité à tous les domaines de la vie sociale, y compris aux prises de décision et à leur accès au pouvoir, sont les conditions essentielles à l’égalité, au développement et à la paix”, fin de citation. Cette déclaration adoptée il y a plus de 25 ans déjà reste d’une brûlante actualité.

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Lancement de l’appel à manifestation d’intérêt pour la campagne des villes africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes

2ème Réunion du Comité Afrique-Europe et du groupe de travail de CGLU Afrique, en appui a la rédaction de la « charte des collectivités territoriales pour l’égalité de genres en Afrique »

 

Le mardi 28 juillet 2020 s’est tenue la deuxième réunion du comité Afrique-Europe et du groupe de travail de CGLU Afrique, en appui à la rédaction de la « Charte des collectivités territoriales d’Afrique, pour l’égalité de genres ». Cette rencontre en ligne a été organisée par le Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique(REFELA) de CGLU Afrique en collaboration avec  CCRE/Platforma et CGLU, qui sont les autres parties prenantes du projet et signataires du Pacte de Marrakech, pour la promotion de l’égalité locale.

En effet, le projet de rédaction de la « Charte des collectivités territoriales d’Afrique, pour l’égalité de genres» s’inscrit dans la cadre de la mise en œuvre du « Pacte Europe-Afrique de Marrakech pour l’égalité locale », visant à coopérer pour avancer sur les questions de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale en Afrique. Le Pacte a été adopté lors de la 8ème édition du Sommet Africités à Marrakech en novembre 2018.

Les travaux présidés par Mme Macoura Dao Coulibaly, Présidente du REFELA ont enregistré la participation d’une soixantaine de de membres et de participants/es de pays de l’Afrique, de l’Europe, y compris d’autre continents et pays comme le Pérou. Les allocutions d’ouverture ont été faites par M. Léandre Nzue, maire de Libreville du Gabon, Président de CGLU Afrique, Mme Thembisile Nkadimeng, Co-Présidente de CGLU, Mme Emilia Saïz, Secrétaire Générale  CGLU, M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique, M. Frédéric Vallier, Secrétaire Général de CCRE-PLatforma et M. Emil Broberg, Président de la Commission permanente pour l’égalité du CCRE.

Léandre Nzué, le président de CGLU Afrique, a insisté sur la nécessité de faire de cette charte un cadre de référence pour les Collectivités territoriales du continent ; sur cet «objectif fixé étant d’arriver à un texte définitif à soumettre aux élus locaux africains lors du prochain sommet Africités en novembre 2021 »… ; en encourageant la poursuite de ce partenariat entre les 3 organisations CGLU Afrique et son réseau, le REFELA, CCRE-Platforma et CGLU, pour faire aboutir ce projet de Charte.

Mme Thembisile Nkadimeng a souligné l’importance pour les collectivités territoriales du continent de se doter de cette charte. « Je suis convaincu que la Charte des collectivités territoriales pour l’égalité des genres en Afrique est aujourd’hui plus nécessaire que jamais,  si nous voulons adopter un cheminement vers une égalité des générations où le leadership des femmes n’est plus une exception mais la nouvelle norme. Le temps est venu d’assurer la pleine inclusion, la pleine participation des femmes et des jeunes filles à la politique et au tissu social des villes et des régions. L’égalité, et plus particulièrement l’égalité des sexes, doit être placée au cœur de tous les processus de développement afin de garantir que les décisions soient prises consciencieusement, sans oublier la moitié de la population mondiale lorsqu’il s’agit de prendre des décisions qui nous concernent tous », a-t-elle expliquée.  Lire la suite.

REFELA : ‘’Rapport analytique de la situation de l’autonomisation économique des femmes en Afrique’’, un document de référence pour la ’’Campagne des Villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes’’

Le REFELA-CGLU Afrique a procédé à l’élaboration du ‘’Rapport analytique de la situation de l’autonomisation économique des femmes en Afrique’’,et à sa publication (voir le lien ici) .
Ce rapport est élaboré dans le cadre du lancement, de la mise en œuvre et du suivi de la ’’Campagne des Villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes’’, initiée par le Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA), qui compose la commission permanente de l’égalité de genres de l’organisation panafricaine, Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique).
Cette 1ère édition de ce Rapport analytique documente et constitue une référence pour cette Campagne, initiée par le REFELA-CGLU Afrique. Elle a pour but de permettre aux gouvernements régionaux et locaux africains et autres parties, portant intérêt à l’autonomisation économique des femmes africaines, d’avoir une vision d’ensemble sur cette question, son cadre juridique, ses avancées réalisées à l’échelle du continent africain, ses contraintes, que subissent encore les femmes dans ce secteur de l’économie, dont celles en particulier qui limite leur potentiel économique au sein de leur ville et les défis, qui sont à relever de manière avisée et pressante, conformément aux engagements pris, au niveau africain (Vision 2063) et à l’international (dont les objectifs de développement durable-ODD, en particulier l’ODD5 : Parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles, d’ici 2030).

A l’instar des deux autres campagnes lancées par le Réseau REFELA-CGLU Afrique à destination des villes africaines, la ‘’Campagne des Villes africaines sans enfants en situation de rue’’, et la ‘’Campagne des Villes africaines à tolérance zéro face aux violences faites aux femmes’’, la ’’Campagne des Villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes’’, vise à territorialiser l’une des problématiques centrales de la question genre, à savoir l’égalité des sexes dans le domaine économique. Le REFELA-CGLU Afrique, est convaincu que les collectivités territoriales peuvent et doivent jouer un rôle de premier rang, pour contribuer à autonomiser les femmes, c’est-à-dire à renforcer leur leadership et leur pouvoir dans ce secteur de l’économie locale.

A cet effet, pour avoir une large perspective sur la question de l’autonomisation économique des femmes africaines, une méthodologie de travail a été suivie et dont les résultats et matériaux recueillis, analysés et consignés dans ce Rapport, portent pour l’essentiel sur (i) l’étude documentaire approfondie, ayant permis de compiler et d’analyser des données, issues de diverses sources spécialisées et de référence de l’Afrique (UA, BAD, y compris des sources gouvernementales…), et internationales (Nations Unies, CEA, ONU-Femmes, OIT, PNUD, Banque Mondiale…), et autres ; (ii) l’établissement d’un profilage de 10 pays des 5 sous-régions de l’Afrique, pour évaluer leur performance, en terme d’accès des femmes aux opportunités économiques, (iii) l’analyse de données et de résultats d’une enquête préliminaire participative, menée par l’équipe du Secrétariat du REFELA, intitulée ‘’Femmes entrepreneures sous contraintes dans les villes africaines’’ et ainsi que (IV) la présentation des éléments de cadrage de la Campagne, conçus pour informer et orienter le choix les villes africaines, à l’adhésion volontaire à cette initiative de REFELA-CGLU Afrique.

1- Problématique des inégalités économiques en Afrique, selon le REFELA

Cela dit, loin d’être un document exhaustif, ce rapport a étudié plusieurs points liés à l’égalité et à la promotion de droits économiques des femmes en Afrique, pour permettre aux lectrices et lecteurs, de pouvoir mieux appréhender l’autonomisation économique des femmes. Et telle qu’abordée dans ce Rapport, la problématique de l’autonomisation économique des femmes en Afrique, est traitée principalement, selon 2 aspects :

  • (i) Les études et rapports africains et internationaux démontrent qu’en dépit que les femmes représentent environ 66% de la main d’œuvre de la force de travail en Afrique, elles n’occupent que 20% des emplois salariés. Il s’en déduit qu’une majorité de femmes actives, travaillent encore dans l’informel et sont privées de ce fait, de revenus stables et de certains avantages comme la protection sociale, les congés de maternité, la retraite, etc. Cette forte concentration des femmes dans l’informel et la persistance des inégalités, basées sur le sexe dans l’économie formelle, génèrent de nombreuses contraintes, que subissent ces dernières et qui s’expriment d’abord, au niveau de leurs villes-communes, de leur territoire de vie et d’activtés économiques et font obstacles au développement de leur leadership et de leur potentiel économique ;
  • (ii) A ceci, s’ajoute l’impact limité des collectivités territoriales sur les politiques publiques de promotion du genre dans le domaine économique au niveau des pays africains. Il s’avère comme conséquence, la privation de ces politiques, d’une approche locale plus subtile, plus adéquate et surtout plus proche de la réalité de la population locale concernée, du fait des limites de la territorialisation de ces politiques économiques sensibles au genre et de l’insuffisante implication des gouvernements régionaux et locaux
  • A ce titre et comme illustré à travers ce rapport, cette problématique, les différentes contraintes, et les défis à relever pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes sur le continent, justifient la pertinence et l’intérêt de la Campagne initiée par le REFELA-CGLU Afrique, à l’adresse des villes africaines, les appelant à se mobiliser et à agir en faveur d’une économie locale plus inclusive des femmes et sensible au genre.

    2- Contexte africain : Avancées et défis de l’autonomisation économique des femmes

    Ce rapport expose les progrès réalisés sur le continent dans le domaine de la promotion de l’égalité et de l’autonomisation économique des femmes, à travers l’analyse des instruments juridiques, des agendas ou projets politiques (au niveau continental, sous régional, voire national) et des mécanismes législatifs et institutionnels existants. Il est certes mis en évidence la pertinence du cadre juridique, des instruments, protocoles, textes, mis en place par l’UA et adoptés par les Etats (Acte constitutif de l’UA de 2000, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981 et son protocole additionnel relatif aux droits des femmes de 2003, et autres), et qui sont actés à la fois, à travers ceux des organismes sous régionaux de l’Afrique (SADC, CEDEAO, et autres) et également au niveau national (où la non-discrimination et l’égalité Femmes-Hommes sont traduites en principes et dispositions, fondant la majorité des Constitutions des pays africains).
    Un tel contexte et un tel arsenal juridique, démontre la volonté politique des Etats africains, de s’orienter vers la promotion des droits des femmes, proprement, vers l’autonomisation économique des femmes. Cependant, si les Etats africains s’inscrivent autant dans la Vision 2063 de l’UA et ses aspirations ‘’L’Afrique, que nous voulons’’ et dans la dynamique internationale, ‘’Ne laisser personne de côté’’ et si des avancées comme analysées dans ce rapport, ont été enregistrées, il ne demeure pas moins quece continent reste à ce jour, tributaire d’une effective amélioration de l’accès des femmes à leurs droits civils, politiques, sociaux, culturels, y compris, à leurs droits économiques.

    3- Campagne du REFELA, Appel à l’action des villes africaines

    A cet effet, les matériaux compilés et analysés, le profilage des pays, les contraintes mises en exergue et les résultats de l’enquête préliminaire, où le REFELA était à l’écoute de femmes entrepreneures, consignés dans leur ensemble, dans le cadre du présent rapport, ont permis d’avoir un aperçu global sur la situation de l’autonomisation des femmes dans ce secteur de l’économie en Afrique, et ont étayé l’intérêt de l’initiative prise par le REFELA-CGLU Afrique de lancer, de mettre en œuvre et de suivre la ‘’Campagne des villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes’’, dont les principaux objectifs sont :

  • Amener le plus grand nombre de villes et de collectivités territoriales africaines à renforcer leur engagement, pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes, à l’horizon 2030 ;
  • Collaborer et apporter un appui aux villes et collectivités territoriales africaines à s’approprier la question de l’autonomisation économique des femmes et à ‘’Repenser leur environnement économique, afin de le rendre propice à l’égal accès des femmes autant que les hommes, aux opportunités économiques, à l’élimination des pratiques discriminatoires basées sur le sexe, mais aussi à la mise en place des mesures affirmatives permettant aux femmes d’être impliquées pleinement dans la vie économique de leurs villes et de bénéficier de ses retombées positive

    Dr Malika Ghefrane Giorgi
    Conseillère spéciale REFELA

    Webinaire-« Le REFELA : Bilan et Perspectives, dans le contexte de la pandémie du Covid 19 »

     

     

    Le 3 juin 2020, les membres du conseil panafricain du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA) se sont réunis lors d’un webinaire, en vue de la tenue de leur 3ème réunion statutaire et la 1ère de l’année 2020, sous le thème : «Le REFELA : Bilan et Perspectives, dans le contexte de la pandémie du Covid 19 ». Ce webinaire a été présidé par Mme Dao Macoura Coulibaly, maire de la commune de Foumbolo (Côte d’Ivoire) & Présidente du REFELA, en présence du Secrétaire général de CGLU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi. Et plus de 68 personnes y ont participé, du fait de l’intérêt des femmes, maires et élues locales, membres du REFELA, mais aussi, de celles membres des chapitres nationaux du REFELA.

    Dans son allocution d’ouverture la Présidente du REFELA, a indiqué que le webinaire a pour objectifs essentiels de : (i) faire le bilan des réalisations, (ii) examiner les perspectives à la lumière de la situation actuelle marquée par la crise sanitaire du covid19, (iii) définir les trajectoires les mieux appropriées à poursuivre, pour l’atteinte des objectifs, que le Réseau s’est fixés, dans le cadre de son plan d’action triennal, 2019-2021 et ce, autour des cinq points à l’ordre du jour de ce webinaire.

    Le débat s’est ouvert avec intérêt, sur les trois premiers points relatifs à l’impact du Covid-19 sur la mise en œuvre des 3 campagnes par les villes africaines adhérentes, sur le processus de rédaction de la Charte des collectivités territoriales pour l’égalité de genres en Afrique, et sur l’implémentation des chapitres nationaux (REFELA-Pays), comme actions stratégiques et prioritaires, inscrites dans l’Agenda du REFELA-2019-2021. Ces 3 points ont été introduits successivement par Mme Mariam Iddrisu, maire de Sagnarigu et présidente du REFELA Ghana, Mme Ratsimbazafi Sahondramalala Esther, Maire de la Commune de Fianarantsoa à Madagascar, Vice-Présidente du REFELA, pour l’Afrique de l’Est, et par Dr Malika Ghefrane Giorgi, la Conseillère spéciale du Réseau, dont certains éléments de discussion ont été synthétisés par Dr Najat Zarrouk, Directrice d’ALGA.

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    Le leadership des femmes sera fondamental à l’heure de repenser le futur dans l’ère post-COVID-19

    Barcelone, Espagne et Nairobi, Kenya, 08 mai 2020 

    La crise du COVID-19 affecte les femmes et les hommes de manière différente. La douzième expérience d’apprentissage en direct a offert l’opportunité aux femmes dirigeantes locales et régionales du monde entier de partager leurs stratégies, préoccupations et expériences clefs, rappelant ainsi le rôle essentiel qu’elles occupent en première ligne de la crise.

    La session a permis de souligner plusieurs questions clefs identifiées par des femmes dirigeantes du monde entier. L’augmentation de la violence basée sur le genre en situation de confinement, le rôle des femmes dans le leadership mondial, le besoin d’un nouveau système de gouvernance qui place les femmes comme des actrices essentielles dans la phase de reconstruction, et l’état du monde après le COVID-19, ont figuré parmi les questions essentielles explorées par les participantes.

    Les femmes dirigeantes de CGLU se sont accordées sur un appel à l’action intitulé Le leadership des Femmes dans l’ère post COVID-19 dont les principales composantes – Appelant à un futur durable et basé sur l’égalité des genres – ont été présentées au cours de la session.

    La session s’est ouverte sur l’introduction d’Åsa Regnér, Directrice Exécutive Adjointe d’ONU Femmes, qui a souligné la situation actuelle des femmes dans le monde. Regnér a en particulier évoqué le fait que même si « les femmes sont recherchées, elles continuent d’être moins payées que les hommes ». Elle a expliqué que la situation était particulièrement mauvaise dans le secteur des soins et de la santé, notamment dans le domaine des soins aux personnes âgées, dans lequel bien souvent de nombreuses femmes ne sont pas du tout rémunérées.

    Maimunah Mohd Sharif, Directrice Exécutive d’ONU-Habitat, a exhorté toutes les sphères de gouvernement et parties prenantes du débat à placer les femmes et les filles au centre des efforts du processus de relance. Elle a argumenté que les femmes et les filles sont davantage exposées à la pandémie, notamment parce qu’elles sont les plus touchées par la perte d’emploi. Elle a appelé les dirigeants locaux et régionaux à prendre des mesures pour enrayer cette situation.

    « Les femmes doivent être au centre de la prise de décision globale, et doivent avoir une place à la table des discussion. Nous devons prêter une attention particulière aux personnes âgées, ainsi qu’aux femmes et aux filles qui souffrent de handicap, et peuvent être facilement oubliées dans le processus de récupération. »

    Thembisile Nkadimeng, Maire de Polokwane et Co-Présidente de CGLU, a fait valoir l’importance pour les femmes de s’auto-organiser dans le but de mieux reconstruire l’après-crise. Elle a appelé les gouvernements nationaux à agir contre les inégalités basées sur le genre, et à améliorer le bien-être grâce à la santé universelle et à la protection sociale. Elle a également appelé au développement de cadres fondés sur l’égalité dans la planification urbaine et la législation, dans le but de garantir la pleine inclusion des femmes et des filles dans le tissu social des villes et des régions.

    « Comme cela a été identifié dans le Décalogue de CGLU pour l’ère post COVID-19, nous savons bien que les sacrifices que nous demandons des générations présentes et futures devront mener à des sociétés plus justes et plus égalitaires, au sein desquelles nous prendront soin l’un de l’autre. »

    La discussion de haut niveau qui a suivi s’est ouverte sur l’intervention d’Ada ColauMaire de Barcelone et Envoyée Spéciale de CGLU aux Nations Unies, qui a souligné la manière dont la crise a rendu d’autant plus importante la nécessité de disposer de systèmes de santé publique décents. Elle a expliqué que, dans l’après COVID-19, il sera nécessaire de développer une nouvelle économie qui place les personnes au centre, qui ne spécule pas sur les besoins de base, qui embrasse les fondamentaux des mouvements féministes, pacifiques et environnementaux, et qui autonomise les gouvernements locaux et régionaux pour leur permettre d’offrir des solutions adéquates aux communautés.

    Emilia Saiz, Secrétaire Générale de CGLU, a modéré la discussion en ajoutant que dans le futur, il sera fondamental d’autonomiser les femmes et les filles, et en argumentant qu’il sera nécessaire dans l’après-crise pour cela de créer de nouveaux types de partenariat entre les sphères de gouvernement et la société civile, en particulier avec les groupes de femmes. Emilia Saiz a également commenté l’appel à action des femmes élues locales, qui vise à garantir que l’égalité des genres soit au cœur des plans de relance. De surcroît, elle a déclaré qu’il est « essentiel de s’engager sur les agendas mondiaux dans le processus de récupération ; nous ne pouvons pas permettre que les priorités changent et considérer les ODD et le Nouveau Programme pour les Villes comme des accessoires ».

    Claudia López, Maire de Bogotá, a mis en exergue que la phase de reconstruction devra répondre à des questions profondes qui se posaient déjà avant l’apparition de l’épidémie. Les valeurs de la solidarité et de l’empathie sont essentielles pour répondre à la pandémie et à celles qui suivront, a-t-elle fait valoir. Pilar Días, Maire d’Esplugues de Llobregat, a également souligné la valeur du travail de la santé et des soins, et des personnes – dont la grande majorité sont des femmes – qui travaillent dans ces domaines. Selon elle, le fait de placer le soin au cœur des politiques est intégral pour une récupération centrée sur les personnes.

    La violence basée sur le genre est une thématique qui est ressortie plusieurs fois lors de cette conversation. Souad AbderrahimMaire de Tunis a souligné la manière dont sa ville travaille en temps réel à la protection et au soutien des femmes qui survivent à la violence, y compris pendant la pandémie. La Maire Adjointe de Quito, Gissela Chalá, a également appelé au développement de stratégies politiques visant à éradiquer la violence basée sur le genre, y compris les violences psychologiques et patrimoniales faites contre les femmes. La récupération, selon elle, ne se fera que si nous nous réinventons depuis une perspective fondées sur le Droit à la Ville.

    Carola Gunnarsson, Maire de Sala et Vice-Présidente de CGLU pour l’Europe, a également déclaré que la violence faite contre les femmes et les filles pourrait générer une véritable crise dans les mois à venir, et a invité à considérer l’égalité des genres comme une question de droit humains. Elle a également rappelé que la manière dont la crise affectera en particulier les familles migrantes et réfugiées.

    Rohey Malick Lowe, Maire de Banjul, a souligné que l’incorporation d’une planification des villes pensée depuis la perspective de genre, implique de construire pour toutes les femmes, comme l’avait rappelé la déclaration de la Directrice Exécutive d’ONU-Habitat. Elle a déclaré qu’étant donné qu’elles sont les plus affectées par la crise, ce qui leur apporte une perspective plus critique, les femmes devraient être au centre de la prise de décision dans l’après COVID-19. Fatimetou Abdel MalickPrésidente de la Région de Nouakchott, a fait écho à cette déclaration en invitant à avoir une représentation paritaire des femmes dans les processus de prise de décision à tous les niveaux, afin de garantir leur protection et des réponses adéquates à leurs besoins.

    Madeleine Almelo-GazmanMairw d’Iriga, Trésorière de CGLU, a présenté la crise comme une opportunité de promouvoir l’égalité des genres dans les villes, à la maison et sur les lieux de travail. Elle a ajouté que la seule manière d’outrepasser la pandémie serait de travailler ensemble, et de devenir de meilleurs citoyens en développant un monde durable.

    Elvira Dolotkazina, Maire Adjointe de Nizhnekamsk a abordé la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent soutenir les besoins des femmes pendant la pandémie, et a présenté plusieurs plans spécifiques mis en œuvre à Nizhnekamsk pendant l’épidémie visant à garantir des politiques d’emploi et de prestation de services non discriminatoires.

    Maria Fernanda Espinosa, Présidente de la 73ème Assemblée Générale des Nations Unies a appelé à l’établissement d’une action mondiale coordonnée fondée sur la solidarité et la coopération. Elle  affirmé que la coresponsabilité partagée entre les différentes sphères de gouvernement, un multilatéralisme inclusif qui tiennent compte des gouvernements locaux et une perspective basée sur l’Agenda 2030 nous permettront de développer un nouveau contrat social qui aborde toutes les inégalités.

    Gabriela Cuevas, Présidente de l’Union Inter-Parlementaire (IPU), a fait valoir que cela est une clef pour garantir que les accords mondiaux se convertissent en solutions locales. Elle a déclaré que l’impact du leadership des femmes avait été fondamental dans la pandémie, notamment en termes de transparence, de communication directe sur la nécessité de développer des dialogues inter-gouvernementaux, et de capacité de sensibilité dans la considération des différentes communautés.

    Paola Pabón, Préfète de la Région de Pichincha s’est centrée sur le besoin de penser les questions de souveraineté et de sécurité alimentaire dans l’après COVID-19, appelant à l’activation de l’éventail d’activités économiques populaires et solidaires existant, et notamment des systèmes de micro-financements pour les femmes, les petits producteurs et l’agriculture. Fatma Şahin, Maire de Gaziantep, a également insisté sur le fait que la sécurité alimentaire serait une question cruciale dans le futur, tout comme la nécessité de garantir des systèmes de soins et de santé pour toutes les populations.

    Hajjia MariamPrésidente du REFELA Ghana, a invité toutes les sphères de gouvernement à prêter davantage attention aux communautés vulnérables, dont notamment les enfants de la rue, avec l’objectif de ne laisser véritable personne pour compte.

    Avant de conclure cette session, le groupe s’est adonné à un exercice de Mentimeter visant à explorer ce que devrait viser une coalition d’action de Génération Égalité. Le nuage de mots résultant de l’enquête a mis en exergue trois concepts clefs : la justice, la liberté, et les droits humains.

    La conclusion de la session a été assurée par Octavi de la Varga, Secrétaire Général de Metropolis, et Ana Falú, Membre du Conseil d’Experts UBUNTU de CGLU. Le Secrétaire Général de Metropolis a fait valoir qu’il est nécessaire que les dirigeants et élus locaux hommes écoutent davantage les perspectives et les approches des femmes et soutiennent cette transformation. Ana Falú a invité les instances de décision politique à créer de nouvelles relations avec les populations et les institutions. Elle a rappelé que le leadership des femmes au sein des états nationaux et provinciaux, tout comme au sein des gouvernements locaux, est une composante essentielle dans cette perspective, et a suggéré l’établissement d’une feuille de route qui permettrait de penser l’ère post COVID-19 en termes de ce que cela implique et représente pour les femmes, pour ainsi réfléchir à l’articulation de la voie à suivre.

    Lors de la clôture, Shipra Narang Suri, Cheffe de la Section pour les Pratiques Urbaines d’ONU-Habitat, a réitéré l’engagement d’ONU-Habitat dans le soutien et la promotion de l’égalité des genres au sein des gouvernements locaux.

    Les villes ont été invitées à partager leurs expériences sur la plateforme www.citiesforglobalhealth.org, sur laquelle plus de 400 cas sont déjà disponibles. Les exercices d’apprentissage en direct se poursuivront dans le cours du mois de mai, avec des expériences portant sur l’accessibilité et la provision de services publics.

     

    LIRE LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE ICI

     

    À propos des séries d’expériences d’apprentissage en direct :

    La série d’apprentissage en direct organisée par CGLU, Metropolis et ONU-Habitat a rassemblé plus de 1 000 participant·e·s en six sessions au cours desquelles des intervenant·e·s issu·e·s des collectivités territoriales, du système des Nations unies et des partenaires de la société civile ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions pour soutenir leurs communautés face à la pandémie en leur offrant des services de base essentiels.La série a débuté fin mars et des villes du monde entier ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions en réponse à la pandémie. Ils ont également partagé leurs points de vue sur la manière dont les villes peuvent être transformées au-delà de l’épidémie.

    À propos de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) :

    CGLU est l’organisation mondiale des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations qui représente et défend leurs intérêts sur la scène mondiale. Représentant 70 % de la population mondiale, les membres de CGLU sont  présents dans toutes les régions du monde : Afrique, Asie-Pacifique, Europe, Eurasie, Moyen-Orient-Asie de l’Ouest, Amérique latine et Amérique du Nord – organisés en sept sections continentales, une section métropolitaine et un forum régional. Le réseau comprend plus de 240 000 villes, régions et métropoles et plus de 175 associations de collectivités locales et régionales présentes dans 140 pays. CGLU place au cœur de ses priorités stratégiques la démocratie locale, le changement climatique et la protection de l’environnement, la réalisation des objectifs de développement durable, les finances locales, le développement urbain et la diplomatie des villes pour la consolidation de la paix.  Visitez le site www.uclg.org et suivez @uclg_org pour en savoir plus.

    À propos d’ONU-Habitat :

    ONU-Habitat est l’agence des Nations unies spécialisée sur nos villes et nos communautés. ONU-Habitat travaille dans plus de 90 pays et soutient les habitants des villes et des établissements humains pour un meilleur avenir urbain. En collaboration avec les gouvernements et les partenaires locaux, ses projets à fort impact combinent une expertise mondiale et des connaissances locales pour fournir des solutions ciblées et opportunes. L’Agenda 2030 pour le développement durable comprend un objectif spécifique sur les villes, l’ODD 11 – rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables.  Visitez www.unhabitat.org et suivez @unhabitat pour plus d’informations.

    Pour plus d’informations, contactez :
    Alejandra Salas
    Secrétariat mondial de CGLU, Barcelone
    communication@uclg.org

    Susannah Price
    Cheffe de la communication, ONU-Habitat
    susannah.price@un.org
    Tél. 254 722 719867

    Communiqué : Villes africaines sans enfants de la rue, le temps de l’action

     

     

     

     

    «Les femmes et les enfants sont les personnes qui souffrent le plus. Le risque d’infection par le COVID-19 sont 50% plus élevé pour cette partie de la population », déclare Mme Rohey Malick Lowe, Maire de Banjul, Présidente de REFELA Gambie, à propos des conséquences du COVID-19 dans les bidonvilles.

    En effet, le virus COVID-19 est en train d’exacerber la situation de ceux qui n’ont pas de foyer. C’est le cas des enfants des rues, qui ne peuvent pas être confinés, car ils n’ont pas où habiter, et en Afrique il y en a plus de 30 millions. Ces enfants vivent dans la rue, dans des conditions d’extrême pauvreté, sans accès aux services de base ni à l’éducation, en quête de nourriture avec de sérieux problèmes de santé. Comment peuvent-ils se laver les mains alors qu’ils n’ont pas d’eau ? Comment peuvent-ils respecter la distanciation sociale alors qu’ils vivent entassés dans des lieux insalubres ? Comment peuvent-ils bénéficier de la désinfection de leur environnement de vie ?

    A Nairobi, Johannesburg, Lagos, Bamako, Dakar, au Caire, à Kinshasa, et bien d’autres villes, l’on compte des milliers et des milliers de ces enfants ; en réalité, il n’est pas facile de les compter et les statistiques, lorsqu’elles existent, indiquent toujours des nombres très en deçà de la réalité.

    Le phénomène des enfants de rue a de nombreuses causes : la pauvreté, le déplacement des populations à cause de l’urbanisation, les conflits armés, les crises sociopolitiques, les catastrophes naturelles et, les famines. Dans un monde de plus en plus urbanisé et connecté, marqué par de grandes inégalités et de terribles conflits, la question des enfants de rue touche un nombre croissant de villes en Afrique et dans le reste du monde.

    CGLU Afrique et son réseau des Femmes Elues Locales d’ Afrique, REFELA, ont lancé, en novembre 2018, à Marrakech, lors du Sommet Africités 8, la Campagne des Villes Africaines sans enfants des rues, avec la présence et le soutien de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem du Maroc.

    Plus de 60 villes africaines ont souscrites pour l’heure à cette campagne dont l’objectif est de construire une réponse commune à ce phénomène qui détruit la cohésion sociale au sein de nos communautés qui, apparaît comme une véritable bombe à retardement, et remet en question la résolution de la communauté internationale exprimée dans l’Agenda 2030 consistant à ne laisser personne en marge.

    La campagne des Villes Africaines sans Enfants des Rues a eu un grand écho. L’UNICEF a exprimé son intérêt, comme ce fut le cas pour de nombreuses autres organisations et institutions, mais maintenant la Campagne doit devenir une réalité et apporter une véritable réponse à la situation de ces enfants qui, souffrent plus que jamais.

    C’est pourquoi CGLU Afrique et le REFELA appellent la communauté internationale à intervenir et à apporter une véritable assistance. «Nous devons honorer le Pacte social de notre société. La communauté internationale ne peut plus rester sans rien faire et aider ces enfants », affirme le Secrétaire Général de CGLU Afrique, Jean Pierre Elong Mbassi. « Nous devons aider les villes à financer des projets, construire des centres d’accueil, des écoles, ainsi que des centres de santé et de soutien psychologique pour ces enfants. Nous devons transformer les paroles en actions ».

    Consultez le Deuxième appel à manifestation d’intérêt relatif à la Campagne des villes africaines sans enfants de la rue. (+)