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3ème REUNION DU CONSEIL ACADEMIQUE DE L’ACADEMIE AFRICAINE DES COLLECTIVITES TERRITORIALES (ALGA) AU MAROC, A RABAT

Le Conseil Académique de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique, a tenu sa 3ème Réunion le Jeudi 21 Septembre 2017 à l’Hôtel Tour Hassan de Rabat (Maroc).

Présidée par Monsieur Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU-Afrique, la réunion a  vu la participation de Mr André DAVID, Vice-Président de CGLU-Afrique pour la Région de l’Afrique de l’Est, Président de l’Association des Districts de Victoria (ADV), Seychelles, de Mr Abdelouahhab EL JABRI, Gouverneur, Directeur de la Formation des Cadres Administratifs et Techniques, Ministère de l’Intérieur, Maroc, d’une trentaine de personnalités représentants les Institutions d’ancrage d’ALGA au niveau des 5 Régions Africaines ainsi que les Institutions Partenaires de l’Académie, dont Municipal Institute of Learning (MILE) de Durban, Afrique du Sud ; Institute of Local Governments Studies (ILGS) et Urban Management Institute (UMI), Ghana; l’Association Africaine pour l’Administration Publique et le Management (AAPAM), Nairobi, Kenya, l’Institut International des Sciences Administratives, l’Association Internationale des Ecoles et Instituts d’Administration et la Commission Internationale de l’Accréditation de la Formation ciblant l’Administration Publique (IISA, AISIA et ICAPA), Bruxelles, Belgique, l’Institut de l’Administration Publique de Bahrain (BIPA), Bahrain, ENDA-ECOPOP du Sénégal, ainsi que des Universités, des Instituts et des Centres de formation ciblant les Collectivités Territoriales en Afrique, notamment du Cameroun, de Guinée Bissau, de l’Ile Maurice, du Mali, du Maroc, du Rwanda et de Seychelles, outre des Experts, des personnes ressources et de la Directrice de l’ALGA, Dr Najat ZARROUK.

Cette réunion avait pour but de présenter les progrès réalisés dans la mise en œuvre du projet de l’Académie Africaine des Collectivités territoriales, notamment pour ce qui est :

– du processus d’accréditation et d’assurance qualité, sachant qu’une Convention de Partenariat a été signée en 2016 avec la Commission Internationale de l’Accréditation de la Formation ciblant l’Administration Publique relevant de l’IISA-AISIA (ICAPA). A ce titre, sur une base volontaire, il convient de signaler que ILGS de Ghana a entamé le processus d’accréditation depuis janvier 2017. De même, ALGA a procédé à la traduction en français de l’ensemble des Guides élaborés par ICAPA pour les rendre plus accessibles aux différentes Régions Africaines ;

– du projet de Plateforme E-Learning en cours de développement en partenariat avec BIPA de Bahrain sur la base de la Convention de Partenariat signée en 2016 ;

– de l’offre de formation développée à ce jour, qu’il s’agisse du Master professionnel en Management des Villes ciblant les Cadres Territoriaux ou des Collèges offrant la formation continue de courte durée sur des thématiques pertinentes pour les membres de CGLU-Afrique. Il en est ainsi du Budget participatif, de la Localisation des Objectifs du Développement Durable (ODD), du leadership Territorial, du Coaching Territorial, de l’environnement, la prévention et la santé urbaine, de la Gestion des Ressources Humaines au niveau local ;

– de la démarche méthodologique pour la mise en place de l’Observatoire des Ressources Humaines des Collectivités Territoriales en Afrique en tant que structure facilitant l’accès à l’information à travers le développement de statistiques et de bases de données, d’outil d’aide à la décision et de Veille stratégique.

A l’endroit d’ALGA dont l’un des objectifs est de mettre à la disposition des Collectivités territoriales africaines des Managers engagés, intègres, compétents et professionnels, les participant(e)s ont adressé leurs félicitations pour les progrès réalisés par l’équipe dirigée par Dr. Najat ZARROUk, Directrice d’ALGA. Ils ont également émis des recommandations pour consolider ces progrès, à savoir :

  • Renforcer la Collaboration avec les structures étatiques impliquées dans les processus d’accréditation afin d’accroitre la reconnaissance des formations et des accréditations d’ALGA ;
  • Assurer un suivi continuel avec les Instituts de formation accrédités ;
  • Organiser des rencontrer entre les organismes d’accréditation des Pays pour débattre de la mise en place d’instruments d’accréditation africains au niveau continental, ce qui facilitera la reconnaisse des formations délivrées au niveau de tous les Pays du Continent ;
  • Soutenir et promouvoir ALGA à travers ses différentes missions dans la mesure où elle répond à un besoin réel pour les Collectivités Territoriales africaines ;
  • Mettre en place des Collèges dédiés à l’éthique, la déontologie, la transparence, la reddition des comptes, le Management des Projets, le Management des Services aux populations ;
  • Organiser des Conférences de sensibilisation sur la Décentralisation, la Gouvernance Locale, la Charte Africaine sur le Service Public ;
  • Veiller à la diffusion des Bonnes pratiques ;
  • Investir dans la proximité avec les publics cibles et les bénéficiaires des activités de ALGA, en identifiant et mobilisant d’avantage d’Instituts et centres de formation au niveau des différentes Régions africaines ;
  • Inclure dans la vision de l’Académie la dimension Recherche ;
  • Investir dans la formation de formateurs et l’apprentissage par les Pairs ;
  • Intégrer dans la vision de ALGA les préoccupations des femmes et des jeunes ;
  • Identifier des Points Focaux au niveau des Administrations Centrales chargées notamment de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale ainsi qu’au niveau des Associations Nationales des Collectivités Locales pour le recueil de l’information et des données sur les Ressources Humaines au niveau local, tout en veillant à multiplier les sources d’information ;
  • Veiller à une bonne identification des besoins en formation et en renforcement des capacités au niveau local ;
  • Faire un plaidoyer auprès des Etats et des Collectivités Territoriales pour le respect des engagements pris dans les différentes Déclarations, notamment l’engagement de consacrer au moins 1% des budgets pour la formation et le renforcement des capacités des Elus Locaux, des Elues Locales et des Cadres Territoriaux.

Pour rappel, la réunion du Conseil Académique d’ALGA de CGLU Afrique s’est tenue au lendemain de son 1er Forum des Managers Territoriaux et des Instituts de Formation ciblant les Collectivités Territoriales en Afrique, du 18 au 20 septembre 2017 au Campus de l’Université Internationale de Rabat (UIR), dans le Technopolis de Salé (Maroc).

Pour plus d’informations contacter :

Gaëlle Yomi : +212 610 56 71 45 / Mail : gyomi@uclga.org

Sommet Climate Chance : Déclaration des Elus Locaux et Régionaux d’Afrique

Dans le cadre du 2ème Sommet Mondial Climate Chance qui s’est déroulé du 11 au 13 septembre 2017 à Agadir (Maroc), les maires et présidents des régions africaines, mobilisés pour l’occasion par Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique-CGLU Afrique, ont présenté la « Déclaration des Elus Locaux et Régionaux d’Afrique : Lutter ensemble contre le dérèglement climatique en Afrique ».

Cette déclaration a été présentée à l’issue de la journée du 12 septembre qui a été consacrée par les organisateurs du sommet aux élus africains et organisée par CGLU Afrique en présence également des élus d’Europe et du monde entier.

En effet, lors de cette deuxième journée du sommet mondial, une session plénière a été organisée sur le thème des « villes africaines face au défi climatique ». Le Président de CGLU, le réseau mondial des gouvernements locaux et régionaux, M. Parks Tau, a été invité à intervenir lors de l’ouverture de la session.

Par la suite, le Secrétaire Général de CGLU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi, a présenté la Déclaration des Elus Locaux et Régionaux d’Afrique ainsi que les 7 messages clés qu’elle contient. Les dirigeants locaux et régionaux d’Afrique y réaffirment leur attachement à l’Accord de Paris et aux initiatives actuelles des réseaux régionaux et mondiaux.

Les élus Locaux et Régionaux d’Afrique ont déclaré ce qui suit :

(1) Nous réaffirmons notre engagement à lutter contre le dérèglement climatique en anticipant l’évolution de nos propres territoires, en particulier les zones urbaines, afin d’éviter demain une croissance significative de nos émissions de gaz à effet de serre et de prendre dès aujourd’hui les mesures d’adaptation nécessaires. Nous nous engageons à mener à bien ces “plans climat” et à impliquer tous les acteurs de nos territoires: citoyens, associations, acteurs économiques, etc.

(2) Nous encourageons les villes et les régions d’Afrique à rejoindre la Convention Mondiale des Maires pour le Climat et l’Energie, ainsi que les initiatives « RegionsAdapt » et « Under2Coalition », qui visent à mettre en œuvre une vision de long-terme de leur territoire, en matière d’accès à l’énergie, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’actions d’adaptation au dérèglement climatique, et d’adoption de solutions bas-carbone ;

(3) Nous soulignons l’importance de reconnaître la spécificité des défis du dérèglement climatique en Afrique, qui justifie, au niveau territorial, de donner la priorité à l’accès à l’énergie, à l’aménagement du territoire et à la planification urbaine, dans le respect de la complémentarité rural-urbain, notamment au regard de politiques agricoles durables garantissant la sécurité alimentaire sur ces territoires ; et à des actions d’adaptation. C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ces stratégies d’accès à l’énergie et d’adaptation au dérèglement climatique que les stratégies d’atténuation doivent être développées ;

(4) Nous rappelons que la majorité des contributions déterminées au niveau national (NDCs) devrait se concrétiser au niveau des villes et des territoires, ce qui requiert l’implication des gouvernements locaux et régionaux afin de faciliter la mobilisation et la collaboration de tous les acteurs du territoire pour leur mise en œuvre effective sur le terrain. Nous renouvelons notre volonté de travailler étroitement avec nos gouvernements nationaux pour identifier les actions prioritaires, renforcer l’ambition et répondre effectivement aux enjeux d’adaptation ;

(5) Nous appelons, en conséquence, à l’adoption et la mise en œuvre d’un programme de renforcement de capacités et d’assistance technique à destination des gouvernements locaux et régionaux d’Afrique, pour leur permettre de maîtriser le processus MRV (Mesurer, Rapporter, Vérifier), et de préparer des demandes éligibles à la finance climat, notamment au Fonds vert pour le climat, en insistant sur la simplification des procédures ;

(6) Nous rappelons l’importance de processus de coopération décentralisée qui soient en cohérence avec le développement institutionnel et le renforcement des capacités ;

(7) Nous renouvelons notre attachement au cadre de coopération multi-acteurs qu’offre Climate Chance, et nous encourageons ses initiateurs à continuer à développer les synergies et la complémentarité entre les acteurs pertinents, afin que leurs actions concertées soient à la hauteur des défis et opportunités du dérèglement climatique dans nos villes et territoires.

Nous appelons les divers acteurs des sociétés civiles africaines à rejoindre cet appel et ce processus d’engagement collectif, à échanger bonnes pratiques et priorités d’action, à définir ensemble les scénarios d’action qui répondent aux enjeux du dérèglement climatique pour le continent africain. Nous ferons un premier bilan de cette mobilisation collective lors du Sommet Africités qui se tiendra à Brazzaville en Décembre 2018.

La Déclaration des Elus Locaux et Régionaux d’Afrique peut être consultée ici.

Pour de plus amples informations, visitez le site Climate Chance ici.

Participation du secrétaire général de CGLU Afrique à la Réunion de haut niveau sur ONU-Habitat

Le secrétaire général de CGLU Afrique a effectué du 3 au 7 septembre 2017 une mission au sein de l’Organisation des Nations Unies à New York pour participer à la Rencontre de Haut Niveau sur le Nouvel Agenda Urbain et ONU Habitat, à l’invitation du Président de la 71eme session de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Le secrétaire général faisait partie d’une délégation de la Global Task Force des gouvernements locaux et régionaux conduite par le Président de CGLU, Cllr Mpho Parks Tau.

La Rencontre a été ouverte le 5 septembre à 10:00 par les allocutions de :

– S.E. Peter Thompson, Président de la 71eme Assemblée Générale des Nations Unies;

– S.E. Madame Amina Mohamed, Secrétaire Général-Adjoint des Nations Unies ;

– Dr Joan Clos, Directeur Exécutif de ONU-Habitat

La Rencontre a ensuite entendu le rapport du Panel Indépendant chargé d’évaluer et d’améliorer l’efficacité d’ONU-Habitat. Le Panel Indépendant était co-présidé par Son Excellence Rosario Roables, secrétaire des Affaires agraires, et du Développement Territorial et Urbain du Mexique ; et l’Honorable Mpho Parks Tau, président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Le Panel Indépendant a reçu du Secrétaire Général de l’ONU mission de faire des propositions pour la réforme de ONU-Habitat en cohérence avec la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain et l’intégration de la dimension urbaine dans l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement durable, et d’inscrire ses propositions dans le cadre général de la réforme en cours du système des Nations Unies.

Après la présentation du rapport du Panel Indépendant, trois séries de discussions interactives sur le positionnement de ONU-Habitat dans la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain ont été organisées autour des questions suivantes :

1. Le mandat normatif et opérationnel de ONU-Habitat et le travail de ONU-Habitat avec les gouvernements et les autres parties prenantes ;

2. La structure de gouvernance et la capacité financière de ONU-Habitat ;

3. La mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain et des Objectifs de Développement Durable : le rôle du système des Nations Unies.

Une consultation des Parties prenantes suivie d’un débat en plénière au cours du Segment de Haut Niveau ont permis de discuter en détail les conclusions du rapport du Panel Indépendant dont les principales propositions sont les suivantes :

1. Revoir le mandat de ONU-Habitat dans le but de renforcer sa fonction normative qui a eu tendance à être moins présente dans les interventions et activités de cette agence au cours des dernières années par rapport à sa fonction opérationnelle ;

2. Revoir la gouvernance de ONU-Habitat d’abord en ouvrant  la qualité de membre de ONU-Habitat à tous les États Membres et à tous les acteurs (universal membership), puis en mettant par conséquent en place une assemblée générale regroupant tous les acteurs (y compris les gouvernements locaux)  qui se  réunirait chaque année entre les sessions du Governing Council qui conserverait son caractère intergouvernemental et la périodicité bisannuelle de ses réunions.

3. Revoir le financement de ONU-Habitat. ONU Habitat figure parmi les agences du système des Nations Unies les moins bien financées. La situation est telle qu’une grande partie du personnel de cette agence émarge sur les fonds de projets et non pas sur les fonds du budget général des Nations Unies. D’où la proposition d’augmenter le niveau d’allocation du budget général de l’ONU afin d’améliorer l’exercice de la fonction normative de ONU-Habitat.

4. Améliorer la coordination dans la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain qui ne saurait relever d’une seule agence de l’ONU. D’où la proposition de mettre en place un mécanisme de coordination inter-agences appelé UN Urban. Ce mécanisme serait établi au siège à New York, et serait localisé au département des Affaires sociales (UNDESA) du conseil économique et social (ECOSOC).

5. Considérer d’intégrer l’approche territoriale du développement parmi les innovations à même de décloisonner la mise en œuvre des objectifs de développement durable et de favoriser une meilleure prise en compte de l’impact du Nouvel Agenda Urbain sur le terrain

6. Intégrer le Forum Urbain Mondial dans la gouvernance du Nouvel Agenda Urbain en tant qu’espace multi-acteurs d’échanges et d’évaluation sur la mise en œuvre dudit Nouvel Agenda Urbain.

À la suite de la consultation des Parties prenantes les débats du Segment de Haut Niveau ont permis de recueillir les avis et recommandations ci-après :

1) La majorité des États Membres ont salué le travail du Panel Indépendant et apprécié en général les analyses présentées, notamment celles concernant les améliorations à apporter dans la gouvernance comme dans la gestion de ONU-Habitat.

2) Les États Membres ont considéré que ONU-Habitat avait reçu mandat à Quito d’être l’agence de l’ONU en charge de la mise en œuvre et de l’évaluation périodique du Nouvel Agenda Urbain. C’est pourquoi ils ont approuvé la proposition de réformer cette agence, de renforcer ses capacités et d’améliorer son financement. Ils ont toutefois demandé que des réflexions plus approfondies soient menées par rapport à la proposition de l’ouverture de ONU-Habitat à l’universalité des Membres compte tenu de sa nature intergouvernementale, et par rapport à la structure de gouvernance proposée. Ils ont insisté pour que toute réforme de ONU-Habitat soit inscrite dans le cadre de la réforme générale du système des Nations Unies.

3) Les États Membres considèrent que pour être efficace le travail normatif doit prendre appui sur le travail opérationnel. Il faut se garder d’introduire une dichotomie entre ces deux aspects du mandat de ONU-Habitat, la faiblesse du travail normatif étant plutôt liée à la faiblesse des ressources humaines et du financement de l’aspect normatif du mandat de ONU-Habitat qui devrait en principe être pris en charge par le budget général de l’ONU.

4) Par contre la proposition de mettre en place à New York une nouvelle instance, UN Urban, mécanisme de coordination inter-agences de l’ONU pour la mise en œuvre du Nouvel Agenda a été rejetée par la majorité des Etats Membres car cette proposition leur est apparue redondante par rapport au mandat de ONU-Habitat, et sans plus-value évidente.

5) Tout en reconnaissant le besoin d’une meilleure coordination et synergie entre agences des Nations Unies pour la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain et l’intégration de la dimension urbaine dans les objectifs de développement durable, les États Membres ont estimé que la proposition du renforcement de la présence de ONU-Habitat dans les principaux centres régionaux de l’ONU devrait contribuer à améliorer la coordination avec les autres agences de l’ONU sans qu’il y ait besoin de créer une instance supplémentaire, au moment où l’on parle de rationaliser le fonctionnement du système des Nations Unies. Ils ont toutefois demandé que cette proposition fasse l’objet d’une évaluation précise de son coût afin que ce dernier soit inclus dans les fonds alloués à ONU-Habitat par le budget général des Nations Unies.

6) Les États Membres ont apprécié la proposition d’intégrer l’approche territoriale dans le travail des Nations Unies, une des innovations proposées par le Nouvel Agenda Urbain pour plus d’efficacité des interventions, y compris du système des Nations Unies. Ils ont recommandé que cette approche soit adoptée par l’ensemble des agences des Nations Unies pour répondre à l’exigence de la localisation des ODD et des autres agendas mondiaux, et au souci d’une meilleure complémentarité et d’un meilleur impact des interventions de ces agences sur le terrain.

7) Les États Membres ont reconnu l’importance de collaborer plus étroitement avec les gouvernements locaux dans la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain et convenu de la nécessité de trouver des arrangements institutionnels appropriés pour organiser et faciliter cette collaboration.

En marge de la Rencontre de Haut Niveau proprement dite et afin d’approfondir l’interaction entre les gouvernements locaux et les Nations Unies, un déjeuner de dialogue et d’échanges a été organisé le 6 septembre 2017 au siège des Nations Unies, entre le Président de l’Assemblée Générale, l’Adjoint au Secrétaire général de l’ONU et les membres la délégation de la Task Force des gouvernements locaux et régionaux participant à la Rencontre de Haut Niveau. Les échanges ont permis d’apprécier la spécificité des gouvernements locaux et régionaux et leur rôle incontournable dans la gestion de l’urbanisation et dans la mise en œuvre des ODD comme de l’Agenda Urbain Mondial et des autres agendas globaux. Il est apparu clairement que le Nouvel Agenda Urbain introduit un changement de paradigme vis-à-vis de l’urbanisation qui est désormais appréhendée comme un instrument pouvant impulser le développement économique et social, la création d’emplois, tout autant que de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, à la condition expresse de mieux planifier sa gestion. La puissance publique dans sa double dimension nationale et locale est au cœur de la gestion de l’urbanisation, mais doit impérativement travailler avec les autres acteurs et la population dans son ensemble pour être en mesure de tirer avantage des opportunités offertes par l’urbanisation du monde, et d’apporter des réponses efficaces et durables aux défis qu’elle soulève au niveau des villes et territoires. Le dialogue a conclu au besoin d’établir des relations plus institutionnelles entre la communauté des collectivités locales et régionales et les Nations Unies.

Après le déjeuner de travail, et au cours de l’entrevue qu’il a accordée aux membres de la Task Force, le secrétaire général de l’ONU a proposé d’explorer trois options pour institutionnaliser les relations entre la communauté des gouvernements locaux et régionaux et les Nations Unies :

Option 1 (préférée) :

Mise en place d’une instance représentative de la voix des Autorités locales et régionales au sein du Conseil Économique et Social des Nations Unies (ECOSOC)

Option 2 :

Signature d’un Accord de Partenariat avec le Secrétariat Général de l’ONU et la Global Task Force des gouvernements locaux et régionaux, à l’image du Global Compact qui existe entre le Secrétariat Général des Nations Unies et le Secteur Privé

Option 3 :

Mise en place d’un mécanisme de collaboration et d’interaction permanente avec les élus locaux et régionaux dans le cadre du Groupe du Développement des Nations Unies placé sous la Présidence du Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies.

Le secrétaire général des Nations Unies a instruit ses collaborateurs de maintenir un contact régulier avec CGLU pour informer la communauté des Élus Locaux et Régionaux des avancées obtenues par rapport aux trois options institutionnelles envisagées.

 

New York, 7 septembre 2017

Jean Pierre Elong Mbassi

Secrétaire Général, CGLU Afrique

“Life Beyond Tourism” : Une approche novatrice pour le tourisme en Afrique

Du 3 au 5 août 2017, le Secretaire Général de CGLU Afrique, M. Jean Pierre Elong Mbassi, M. Jewel Adjei, Consultant à CGLU Afrique ont menés une mission à la FondazioneRomualdo Del Bianco à Florence, en Italie, sur  invitation par la fondation.

L’un des outils phares de la Fondation est sa communauté à but non lucratif dénommée «Life Beyond Tourism» (la vie au-delà du tourisme en français). C’est un réseau de plus de 500 institutions et 250 villes du monde entier qui se focalise sur les voyages comme instrument de dialogue interculturel. Ce réseau est développé autour d’une plate-forme de réservation en ligne dans laquelle les villes, les hôtels et les opérateurs de tourisme sont affiliés afin de promouvoir le tourisme comme moteur pour les échanges interculturels.

«Life Beyond Tourism» offre une opportunité de développement territorial grâce au dialogue interculturel. Les statistiques du tourisme mondial ont atteint 1,25 milliard en 2015, avec l’augmentation la plus significative observée en Afrique et en Asie (+ 8% de croissance par an). «Life Beyond Tourism» présente un modèle pour faciliter le dialogue interculturel en utilisant trois instruments : une plateforme de réservation en ligne; un Institut international LBT; et une certification pour le système de Management de la qualité pour le dialogue interculturel.

–La plateforme de réservation en ligne est un réseau de portails internet locaux dédiés à la collecte de fonds pour promouvoir le patrimoine culturel tangible et immatériel grâce à son site Web. Ex : www.nameofthecity.lifebeyondtourism.org. Les dirigeants locaux et les opérateurs touristiques sont invités à relier le tourisme au développement de leurs villes, de leurs sites culturels et de leurs territoires grâce à une interaction multiculturelle. Les communautés d’apprentissage qui utilisent la plateforme de réservation en ligne comprennent les voyageurs et les résidents ; institutions culturelles ; communautés de chercheurs; services publics; et les services locaux d’alimentation et de boissons, entre autres. Les villes et les sites culturels apprendront comment présenter et promouvoir leur culture et leur patrimoine, s’engager avec les autres et encourager les voyageurs à s’impliquer dans la vie locale.  Dans le cadre de ses bonnes pratiques, LBT préconise la délivrance de passeports LBT pour les voyageurs, ce qui montrera la volonté des résidents et des voyageurs d’interagir et de participer à une expérience culturelle authentique, y compris les forfaits de voyage, les cours de cuisine, l’exploration de l’artisanat local et la gastronomie, l’interaction avec les coutumes locales et les expressions culturelles. Grâce à cet outil, une ville ou un territoire à la possibilité de défendre son identité culturelle, sa diversité et sa visibilité dans l’environnement touristique général.

–L’Institut international LBT propose des activités de recherche et des cours de formation dans le but de créer des communautés d’apprentissage pour le dialogue interculturel et le développement territorial. Les cours d’éducation et de formation professionnelle sont organisés à Florence pendant 1-2 semaines, y compris les cours de formation des formateurs et la production de matériel didactique. IILBT contribue à sensibiliser à la préservation et à la sauvegarde du patrimoine naturel et culturel des territoires et à la promotion des voyages axés sur les valeurs, associés au développement économique et culturel des milieux de vie et au respect des diversités culturelles, avec un but ultime de protéger la planète terre comme notre premier et unique patrimoine.

–La certification du système de Management de la qualité pour le dialogue interculturel est basée sur les valeurs mises en évidence dans le manifeste 2008 de LBT. L’objectif de la certification est de créer et de promouvoir une base de données d’entités, d’institutions et d’organisations opérant dans le domaine du patrimoine naturel et culturel assurant aux institutions et entreprises affiliées des expériences de voyage de haute qualité, des contacts concrets avec les habitants des territoires visités et des souvenirs inoubliables d’échanges interculturel. Les candidats à la certification devront présenter une demande et peuvent être des structures des gouvernements locaux ; Hôtels, restaurants et opérateurs touristiques ; entreprises artisanales et commerciales ; agences de voyages et opérateurs touristiques ; acteurs culturels ; universités et instituts de recherche.

Pour promouvoir le dialogue interculturel, LBT a également initié un concours photo mensuel sur le patrimoine et la planète terre avec un prix d’une valeur de 10 000 euros. Le concours est ouvert aux jeunes du monde entier et sera lancé lors de la prochaine Conférence de l’Institut international LBT qui aura lieu à Florence du 3 au 4 mars 2018.

Signature d’un MOU entre CGLU Afrique et LBT

En Afrique, la plateforme «Life Beyond Tourism» comprend environs 30 villes de 20 pays. Pour assurer l’implication des villes africaines dans la promotion du dialogue interculturel dans cette plate-forme innovante, CGLU Afrique a conclu un  partenariat avec LBT.

Un mémorandum d’entente a été signé le 4 août 2017 pour un mandat de trois ans par M. Paolo Del Bianco, Président de la Fondation Romualdo Del Bianco & Life Beyond Tourism; et M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique.

Pour la mise en œuvre du MOU, une série de séances de travail se tiendra autour de :

-La production d’un appel à manifestation d’intérêt ciblant les villes et les gouvernements locaux en Afrique ainsi que tous les acteurs intéressés à participer à la plateforme «Life Beyond Tourism  et le processus de certification;

-Le développement des relations entre l’Institut international LBT (II LBT) et l’Académie Africaine des Collectivités locales (ALGA), y compris le développement d’un cours de formation des formateurs à Florence, en Italie, pour les participants africains; l’élaboration d’un curriculum à inclure dans le Collège d’ALGA sur le développement économique local ou la création d’un collège d’ALGA spécifique sur le tourisme, le patrimoine et le dialogue interculturel; et la promotion du concours photo pour les jeunes en Afrique;

-L’organisation d’un événement parallèle par Life Beyond Tourism  au salon de la huitième édition du Sommet Africités prévue pour 4-8 décembre 2018 à Brazzaville, Congo.

Programme de bourses pour les leaders africains de demain

A l‘heure où les boursières et boursiers Leaders africains de demain de la cohorte 2017 arrivent bientôt au Canada afin d’entreprendre leur programme d’études de maîtrise en administration publique, politique publique ou finances publiques, le Bureau Canadien de l’éducation internationale (BCEI) prépare le lancement de l’édition 2018 du Programme de bourses pour les leaders de demain (LAD 2018).

Ce programme a été établi en hommage à l’engagement de Nelson Mandela envers la justice sociale et l’équité et vise à aider les jeunes professionnels africains à devenir des leaders en matière de politiques et administration publiques.

Le programme de bourses LAD octroie des bourses complètes aux plus méritants des jeunes candidats et candidates venant des pays d’Afrique Sub-saharienne. Lors de l’octroi des bourses, une attention toute particulière sera accordée à l’égalité de la représentation du continent et à l’avancement des femmes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Les candidats/candidates intéressé(e)s pourront visiter le site internet du programme de bourses Leaders africains de demain afin de compléter le questionnaire préliminaire pour déterminer leur admissibilité. Celles et ceux répondant à tous les critères d’admissibilité seront invités à soumettre une demande complète.

Le concours 2018 sera lancé le jeudi 7 septembre 2017. À partir de cette date, les candidats potentiels peuvent contacter le BCEI pour demander un lien au formulaire de candidature. Ceux/celles qui répondent à tous les critères d’admissibilité recevront un lien.

 

Pour contacter le BCEI : 220, avenue Laurier Ouest, bureau 1550, Ottawa, Ontario K1P 5Z9 | +1+613-237-4820 |  alt@cbie.ca

COP23 : CGLU Afrique partenaire de l’initiative ART’s PLANET 2017

En partenariat avec ENERGIES 2050 et d’autres organisations, CGLU Afrique participe à l’organisation de l’édition 2017 de l’initiative ART’s PLANET.  Il s’agit d’une initiative artistique et citoyenne internationale qui se tiendra cette année dans le cadre de la 23ème Conférence des Parties (COP23 – Bonn, Allemagne du 6 au 17 novembre 2017) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le thème retenu est : «Climat, Migration et Solidarité : L’Art du Collectif».  L’objectif de l’initiative est d’impliquer les citoyens et artistes du monde entier au sein d’une exposition d’art interactive, de produire un rapport de plaidoyer et un livre d’art et, enfin, de soutenir des projets concrets en faveur des migrants climatiques et des communautés vulnérables.

Pourquoi ce projet ?

Pour offrir aux citoyens, et surtout aux jeunes et à la communauté artistique, une opportunité de s’exprimer librement et de participer à leur manière aux défis majeurs auxquels nos sociétés sont confrontées. Ensuite, l’édition 2017 d’ART’s PLANET vise à renforcer son impact en contribuant directement à des projets de durabilité. Dans cette optique, une enchère internationale des œuvres reçues et offertes par les artistes sera mise en place après l’exposition, à la fin de la COP23.

Comment participer ?

Chaque participant doit faire une performance artistique en lien avec sa perception du changement climatique et des problèmes de migration associés. Tous les participants sont encouragés à utiliser, le cas échéant, des matériaux de récupération et à faire en sorte que leur projet soit collaboratif. Il s’agit ensuite de photographier la performance artistique afin d’exposer les photos (haute qualité) lors de la COP23 et enfin :

•d’envoyer directement l’œuvre à Bonn (pour ceux qui le désirent)

•ou de conserver l’installation dans des locaux dédiés pour une exposition locale (pour ceux qui décideraient de ne pas envoyer leurs travaux à Bonn)

Voir les modalités de participation ici

La participation est libre et gratuite. Les participants peuvent être des villes, des autorités locales, des quartiers, des groupes de personnes, des associations, des artistes ou des communautés d’artistes, des individus.

Soutenir le projet

Il est possible de soutenir financièrement le projet en participant à la collecte de fonds sur la plateforme suivante : https://www.kickstarter.com/projects/energies2050/arts-planet-2017-climate-migration-and-solidarity?ref=27qtml

Pour que cette initiative soit un succès, ENERGIES 2050 a déjà pré-réservé un espace central de 50 m² dans la “Zone Bonn”, du 6 au 17 novembre 2017.

Pour plus de détails consulter le site : http://energies2050.org/arts-planet-by-energies-2050-2017/

Revue de presse hebdomadaire des collectivités locales africaines

CGLU Afrique vous propose la revue de presse hebdomadaire web des principales informations relatives aux collectivités locales africaines de la semaine du 31 juillet au 4 août 2017.

Le tour d’horizon des nouvelles des collectivités locales du continent disponible en un clic ici

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Célébration de la Journée de la Décentralisation de l’Union Africaine

Cette année 2017, le thème de la Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local (JADDL)de l’Union Africaine célébrée ce jour, 10 août, est axé sur la «participation des jeunes». Au niveau des collectivités territoriales et de CGLU Afrique, nous choisissons de traduire ce thème par «Investir dans la jeunesse». Cela semble relever de l’évidence. Selon le Bureau du recensement des Etats-Unis, en 2010 63% de la population totale de l’Afrique avaient moins de 25 ans. L’âge moyen de la population africaine est de 19 ans. Nous parlons de plus de 300 millions de personnes, qui deviendront 500 millions d’ici 20 ans.

Menace ou Opportunité ?

Une menace, si l’on considère que l’Afrique enregistre les pires résultats scolaires au monde avec 51% dans la tranche d’âge de 6 à 14 ans, sortis précocement du système scolaire. Cela peut conduire à l’émergence du phénomène des «enfants de la rue» dans les villes africaines où de plus en plus d’enfants et de jeunes sont sans abri et vivent et dorment dans les rues.

Selon le BIT, en Afrique subsaharienne, 3 chômeurs sur 5 sont des jeunes et 72% de jeunes vivent avec moins de 2 dollars par jour. Par ailleurs, 10 à 12 millions de jeunes rejoignent chaque année le marché du travail, venant ainsi grossir d’année en année, les rangs des travailleurs africains pauvres.

L’UA a déclaré les années 2009-2018 “la Décennie de la jeunesse africaine”, mais les jeunes africains ne ressentent aucun effet palpable de cette déclaration politique. La persistance des conflits et des guerres sur le continent continue à alimenter l’incertitude quant à la détermination des dirigeants africains à s’efforcer de proposer une vie meilleure aux jeunes et aux générations futures, sans parler de toutes les décisions défavorables aux jeunes prises en raison de la mauvaise gouvernance qui prévaut sur le continent.

Evidemment, il n’y a pas de solutions rapides pour régler la situation des jeunes et désamorcer la bombe du chômage ; et la réalité est que de plus en plus de jeunes en Afrique perdent l’espoir de pouvoir concrétiser leurs rêves sur le continent. D’où leur lutte désespérée pour rechercher une vie meilleure en dehors du continent, ce qui les pousse à prendre des risques incroyables en tentant de traverser la Méditerranée souvent au péril de leur propre vie.

La situation est-elle définitivement désespérée ? Bien sûr que non ! Même si beaucoup d’inquiétudes persistent.

La première bonne nouvelle est que l’Afrique représente plus de 30% de la population mondiale des jeunes. L’Afrique est le continent le plus jeune au monde : 21% des 1,2 milliards d’habitants du continent ont entre 15 et 24 ans, et 42% ont moins de 15 ans. Au cours des 20 prochaines années, l’Afrique pourrait bénéficier d’un «dividende démographique», qui se traduira par une population en âge d’activité majoritaire, supportant des classes d’âges d’enfants et de personnes âgées moins nombreuses, ce qui réduit le fardeau de la dépendance et libère des ressources pour le développement et l’amélioration de la productivité. Il y a de bonnes raisons d’espérer que les efforts en matière d’éducation vont produire des résultats en termes de main d’œuvre qualifiée et de meilleure qualité. Dans ce sens, les jeunes devraient être considérés comme les acteurs clés et déterminants pour la transformation structurelle économique et sociale de l’Afrique. Ils constituent l’énergie et la créativité de l’avenir. C’est d’eux que dépendront le renouveau et la renaissance de l’Afrique.

La deuxième bonne nouvelle est la détermination des jeunes du continent à prendre leur destin en mains, en créant leur propre emploi dans l’économie populaire, en s’investissant dans l’économie de l’Internet et du téléphone mobile en vue d’adapter les nouvelles technologies à la réalité du contexte économique de l’Afrique, entre autres.

Mais ces bonnes nouvelles demeurent fragiles. Pour transformer ces potentialités émergentes en capacités avec un véritable effet d’échelle et une mise en œuvre efficace sur le terrain, il faut transformer radicalement la manière dont les sociétés africaines approchent actuellement la participation des jeunes. Il faut des mesures positives pour créer un environnement propice à la participation des jeunes dans la société ; et les collectivités territoriales devraient être à l’avant-garde de cette entreprise.

L’une des initiatives remarquables à signaler à cet égard est la proposition faite par le Réseau des Femmes Elues locales d’Afrique (REFELA) qui constitue la commission permanente sur l’égalité des genres de CGLU Afrique,de lancer cette année une campagne sur les “Villes africaines sans enfants de la rue” en vue d’aborder ce phénomène émergent avant qu’il n’échappe à tout contrôle. Toutes les collectivités territoriales d’Afrique sont invitées à participer à cette initiative.

Les collectivités locales devraient être également proactives dans la création d’opportunités pour les jeunes, et pour ce faire :

  • -Organiser des journées « portes ouvertes » pour les jeunes afin de les familiariser au fonctionnement des conseils et administrations des collectivités territoriales ;
  • -Encourager la création de conseils municipaux de jeunes, afin de préparer ces derniers à mieux comprendre l’exercice des responsabilités en matière de gestion des Villes et territoires ;
  • -Ouvrir un bureau de la jeunesse dans les locaux de la mairie pour recueillir les idées des jeunes sur la voie à suivre en vue d’aborder efficacement les questions brûlantes qui entravent l’amélioration des conditions de vie des populations ou qui peuvent accroître l’efficacité de la fourniture de services aux populations;
  • -Lancer un programme d’émancipation des jeunes qui aborde les principales préoccupations des jeunes, y compris la création d’emplois ; l’appui à l’entrepreneuriat ; l’éducation, la culture, les arts et le patrimoine ; les sports et les loisirs ; etc.

Mais pour que les collectivités territoriales adoptent une position proactive, elles doivent elles-mêmes être habilitées à prendre de telles initiatives par leurs pouvoirs centraux. Dans ce sens, il est frappant de constater qu’en dépit de la forte volonté politique exprimée par les Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine qui ont adopté la Charte Africaine des Valeurs et Principes de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale et du Développement Local lors de leur assemblée de juin 2014 à Malabo, en Guinée Equatoriale ; seuls 11 États membres de l’UA l’ont signée et seulement 2 l’ont ratifiée; sans mentionner les situations où les élections locales ne sont pas organisées régulièrement et à temps pour permettre aux populations de choisir démocratiquement leurs dirigeants locaux ; et pire encore, où des élus font actuellement l’objet de destitution et de remplacement par des personnes nommées par les autorités nationales pour gérer les collectivités territoriales légalement gérées par des conseils élus.

Il s’agit là d’une démonstration claire que la célébration d’une Journée de la Décentralisation n’aura aucun sens, si les États membres de l’Union Africaine ne peuvent même pas honorer les engagements pris par leurs Chefs d’Etat et de Gouvernement. Rappelons-nous toujours ces mots de la sagesse égyptienne : «L’essentiel n’est pas d’épiloguer sur l’action, mais d’agir ».

 

Jean Pierre Elong Mbassi

Secrétaire-Général, CGLU-Afrique

Lutte contre les changements climatiques : Découvrez les bonnes pratiques des communes de Copargo (Bénin) et Tondikiwindi (Niger)

L’édition 2017 des trophées initiatives climat Afrique Francophone a primé dans la catégorie collectivités locales les communes de Copargo (Bénin) et Tondikiwindi (Niger) pour les projets innovants que ces dernières ont mis sur pied dans leur région.

Les trophées initiatives climat Afrique Francophone ont pour but d’enregistrer les initiatives qui ont les impacts les plus importants en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets. Trois catégories sont concernées : « Organisations de la Société Civile », «Entrepreneurs Verts – femmes et jeunes» et « Collectivités locales». Dix-huit initiatives ont été nominées dans la catégorie collectivités locales pour la deuxième édition du prix qui a vu le sacre des communes de Copargo et Tondikiwindi.

Situé dans l’ouest du Bénin, la commune de Capargo à travers son initiative : «Aménagement d’un bassin de rétention d’eau», a mené une action susceptible d’être reproduitepar d’autres collectivités locales en terme d’adaptation aux changements climatiques. En effet, la localité était confrontée au problème de baisse de précipitation. Après une analyse détaillée des besoins de la commune qui a conduit à identifier les objectifs prioritaires en termes d’adaptation, le maire et son équipe ont placé en premier plan la construction d’un bassin de rétention d’eau sur le site maraîcher et sylvicole de Tchandoga.

Il faut signaler que la baisse des précipitations a été démontrée comme étant un risque climatique par les analyses de vulnérabilité menées au Bénin en 2008 (PANA 2008). Le projet qui a été mené de 2014 à 2016 a enregistré les principaux résultats suivants :

– Amélioration de la capacité de stockage de la mare naturelle;
– Augmentation de 80 % des rendements des maraîchers à partir de 2015 ;
–  Bonne couverture des besoins en eau des exploitations  sur le site en toute saison
–  Disponibilité permanente des produits de contre saison (maïs, tomate, laitue, et piment) ;
– Accroissement du nombre de maraîchers et de pépiniéristes de plus de 50 % ;
–  Amélioration de la sécurité alimentaire grâce à la production et à la mise sur le marché d’une grande quantité de légumes et de piments.

Le projet a bénéficié directement à dix femmes, douze hommes, 80 enfants et huit pépiniéristes. Les populations environnantes ont bénéficié des produits du maraîchage ce qui porte le nombre à 2500, bénéficiaires indirects.

A noter que le projet a été réalisé dans le cadre du mécanisme dénommé «Facilité pour le Financement Local de l’Adaptation aux changements climatiques (LoCAL – Local Climate Adaptive Living Facility) initié par le Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU/UNCDF) au Bénin. Consultez la fiche complète du projet ici.

Place aux femmes

Au Niger, la commune de Tondikiwindi a misée sur la gent féminine avec son initiative intitulée : «Autonomisation des femmes dans un contexte de changement climatique». Comme au Bénin, la mairie s’est également penchée sur les solutions à proposer en termes d’adaptation aux effets des changements climatiques.

Une série de microprojets a été lancé en faveur des femmes de la commune : maraîchage, multiplication des semences améliorées, couture, transformation des produits agro-sylvo pastoraux.

Dans le domaine du maraîchage, la mairie a attribué des terrains aux femmes, ce qui constitue une grande avancée dans un pays où les femmes n’ont pas accès à la terre. Puis des séances de formation ont permis à ces femmes d’acquérir des connaissances sur les techniques de maraîchage.

Le projet est né du constat d’une situation inquiétante liée aux changements climatiques : en particulier l’appauvrissement lié au manque de nourriture, qui conduisait les hommes à quitter leur village.

Les principaux résultats obtenus à travers ces différentes actions sont :

  • -Mise en œuvre de près de 60 microprojets par la commune entre 2010 et 2015 ;
  • – 3.860 femmes ont bénéficié directement des activités, qui leur ont procuré des revenus importants (125.000 FCFA au lieu de 40.000 FCFA de revenu annuel moyen) et contribué à la mise en valeur d’une dizaine d’hectares de terres irrigables ;
  • -Les femmes prennent en charge les besoins de la famille sur le plan sanitaire, éducatif, nutritionnel, à s’entraider et à vendre le surplus de la production.

La fiche détaillée du projet est disponible ici

CGU Afrique est partenaire des trophées initiatives climat Afrique Francophone, depuis 2016. Les projets recensés dans la catégorie collectivité locales proviennent de 12 pays : Bénin, Burkina, Burundi, Cameroun, Congo, Guinée, Madagascar, Maroc, Niger, RCA, Togo et Tunisie. Ils ont été ajoutés au recueil des initiatives en ligne et disponible ici 

Prix International de Dubaï pour les Meilleures Pratiques : 21 ans de reconnaissance d’excellence en bonnes pratiques urbaines

Le Prix International de Dubaï pour les Meilleures Pratiques a été instauré en 1995, par la municipalité de Dubaï et ONU-Habitat lors de la Conférence internationale de l’ONU, en guise de reconnaissance des meilleures pratiques ayant un impact positif sur l’amélioration de l’environnement de vie.

L’édition de cette année coïncide avec la signature, en octobre 2016 du Nouvel Agenda Urbain, ce qui représente une occasion adéquate pour montrer les actions les plus efficaces en termes d’amélioration des conditions de vie des résidents urbains à travers le monde.

Les différentes catégories du Prix International de Dubaï ont été alignées avec l’Objectif de Développement Durable 11- Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables- et sont comme suit :

  1. Prix des meilleures pratiques (2 prix): 1 prix pour les Politiques Nationales Urbaines et 1 prix pour l’amélioration des bidonvilles.
  2. Prix de transfert des meilleures pratiques (2 prix): 1 prix dans l’implémentation locale – réaménagement urbain et réaménagement des espaces urbains, et 1 prix dans les mécanismes de monitoring pour le Nouvel Agenda Urbain et les ODD  urbains.
  3. Prix individuel (2 prix): les deux prix pour la contribution à l’économie urbaine et aux finances municipales.
  4. Prix du secteur privé (2 prix): Les deux prix pour la contribution à la planification territoriale, à l’urbanisme et au design urbain.
  5. Prix de la recherche (2 prix): Les deux prix sur la législation, les règlements et les systèmes de gouvernance.

La date limite de soumission est le 31 août 2017.

Les modalités d’inscription et de soumission des candidatures sont disponibles en anglais et en arabe sur le site http://www.dubaiaward.ae/ .

Pour plus d’informations, contactez best.practices@unhabitat.org