9ème Sommet Africités : Ouverture Officielle du Segment Politique

Le sujet principal de la conversation était : “ouvrir la voie à l’avenir de l’Afrique dans un monde en pleine tourmente”

KISUMU, Kenya, 20 mai 2022

La quatrième journée du sommet Africités a débuté par l’ouverture officielle du segment politique qui a été marqué par une conversation entre deux anciens chefs d’Etat africains, à savoir Son Excellence Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique,  et Son Excellence Danny Faure ancien Président des Seychelles. Le thème principal de l’entretien était “Ouvrir la voie à l’avenir de l’Afrique dans un monde en pleine tourmente“. Les jeunes élus ont invité les anciens chefs d’Etat à réfléchir et à les conseiller au sujet du partage déséquilibré des ressources publiques financières et humaines entre le niveau national et le niveau local ; à réfléchir  à la centralité des villes et des territoires en tant que lieux frappés par les conséquences du changement climatique et paradoxalement brillant par leur absence à la table des discussions sur l’action climatique ; à réfléchir à la proposition d’élaborer un programme de mise à niveau des infrastructures et des équipements des collectivités territoriales, y compris les villes intermédiaires, dans le cadre panafricain, comme ce fut le cas avec le grand programme d’infrastructures du NEPAD, pour que les villes intermédiaires jouent leur rôle légitime de lieux d’ingénierie pour la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, accélérateur de l’intégration africaine ; à faire de la coopération décentralisée transfrontalière un outil d’intégration africaine ; et enfin à réfléchir aux arguments à mettre en avant pour redonner espoir aux jeunes Africains qu’ils ont un avenir sur ce continent au lieu de mourir en Méditerranée en essayant de trouver leur avenir hors du continent.

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En réponse, Son Excellence Joaquim Chissano a déclaré aux dirigeants des villes et collectivités territoriales que même s’il est acceptable d’engager les gouvernements nationaux pour un meilleur partage des ressources publiques entre le niveau national, régional et local, il est également nécessaire de trouver des moyens créatifs de mobiliser localement les ressources dont ils ont besoin.

« Il serait important que les villes et collectivités territoriales s’engagent dans un dialogue entre elles et le gouvernement central et veillent à ce qu’il existe un espace de dialogue permanent à travers des associations nationales de collectivités territoriales par exemple pour discuter des problèmes qu’elles rencontrent », a déclaré Son Excellence Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique.

En ce qui concerne le changement climatique, Son Excellence Danny Faure a exhorté Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique à lutter et à faire en sorte que les villes et collectivités territoriales aient une place à la table des négociations lors de la prochaine COP 27 en Égypte. COP est le nom donné à la réunion annuelle des dirigeants mondiaux en matière de changement climatique. La COP27 sera la 27ème conférence de ce type à se tenir à Charm-al-Cheikh, en Égypte, en novembre 2022.

« Il est important que nous ayons à la table des représentants des villes intermédiaires et des gouvernements locaux. Nous devons également faire pression pour que la facilité “pertes et préjudices” soit créée et approuvée afin que les nations ayant des difficultés en raison du changement climatique puissent bénéficier de cette nouvelle facilité“, a déclaré Son Excellence Danny Faure, ancien Président des Seychelles. (Voir la vidéo de l’Interview de Son Excellence  Danny Faure : https://bit.ly/3sXRK81)

“Pertes et Préjudices” est un terme général utilisé dans les négociations climatiques des Nations Unies pour désigner les conséquences des événements climatiques extrêmes qui frappent les communautés mal préparées à y faire face. Le terme “Pertes et Préjudices” sont liés au fait que l’Afrique est responsable de moins de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, mais qu’elle est l’une des régions du monde les plus touchées par les conséquences du réchauffement climatique qu’elle n’a pas contribué à produire. Le terme “Pertes et Préjudices” fait également référence à la compensation que l’Afrique devrait recevoir du reste du monde pour le rôle qu’elle joue dans le puits de carbone, notamment à travers la forêt du bassin du Congo et les zones humides d’Afrique. Il s’agit de maintenir un niveau de vie digne pour la population en zone forestière afin de s’assurer qu’elle ne se livre pas à la déforestation pour gagner leur vie.

D’autre part, il convient de noter qu’une conversation a eu lieu entre les deux anciens chefs d’État et des jeunes leaders de collectivités territoriales d’Afrique âgés de 35 ans ou moins.

Après le dialogue entre les anciens chefs d’État et les jeunes leaders, une cérémonie de remise des prix de membre honoraire de CGLU Afrique a été organisée, au cours de laquelle les deux anciens chefs d’État ont remis leurs attributs de membre honoraire aux nominés dans les 5 collèges des membres honoraires de CGLU Afrique, à savoir le collège des anciens Maires et dirigeants des collectivités territoriales, le collège des universitaires, le collège du secteur privé et le collège des partenaires de CGLU Afrique, à l’exclusion du collège des anciens chefs d’État.

Les membres suivants ont reçu leurs attributs de membre honoraire des mains du Président Chissano et du Président Faure :

Collège des anciens Maires et Leaders des collectivités territoriales d’Afrique :

Mme Rose Christiane Ossouka-Raponda, ancienne Maire de Libreville, et actuelle Premier Ministre du Gabon ;
Mme Célestine Ketcha Courtès, ancienne Maire de Bagangte, Cameroun, et ancienne Présidente du REFELA, Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Cameroun ;
M. Jeannot Ahoussou Kouadio, Président du Sénat, Côte d’Ivoire ;
M. Daby Diagne, ancien Maire de Louga, Sénégal, et ancien Président de l’Organisation mondiale des Villes Unies ;
M. Hugues Ngouélondélé, ancien Maire de Brazzaville, Congo, et ancien Président de CGLU Afrique ;
M. Tarayia Ole Kores, ancien Président de l’Association des autorités gouvernementales locales du Kenya, ALGAK, et ancien Président de CGLU Afrique ;
M. Khalifa Sall, ancien Maire de Dakar, Sénégal, et ancien Président de CGLU Afrique ;
M. Mpho Moruakgomo, ancien Président de l’Association des autorités locales du Botswana, BALA, et ancien vice-Président de CGLU Afrique ;
M. Thabo Manyoni, ancien Maire de Magaung, Afrique du Sud, ancien Président de l’Association sud-africaine des gouvernements locaux, SALGA, et ancien vice-Président de CGLU Afrique ;
M. Eneas Comiche, Maire de Maputo, Mozambique, ancien vice-Président de CGLU Afrique ;
M. Ahmed Hamza, ancien Maire de Nouakchott, Mauritanie et ancien vice-président de CGLU Afrique pour la région Afrique du Nord ;
M. Omar Bahraoui, ancien Maire de Rabat, Maroc, et ancien vice-Président de CGLU Afrique ;

Col. Maximo Ng’andwe, ancien maire de Kabwe et ancien président de l’Association des collectivités locales de Zambie (LGAZ);, et
M. Simon Compaoré, ancien Maire de Ouagadougou et ancien membre du Comité Exécutif de CGLU Afrique.

Collège des Universitaires :

Professeur Akinlawon Mabogunje, ancien doyen de la faculté de géographie, Université d’Ibadan, Nigeria

Collège du Secteur Privé :

M. Seidnaly Aphadi, Créateur de mode, Niger

Catégorie des Partenaires de CGLU Afrique :

M. John Dossavi, Président du réseau RAPEC, Togo, de l’association des Professionnels Africains de la Culture, à l’origine de la célébration de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante de l’UNESCO le 24 janvier de chaque année, et
M. William Cobbett, ancien Directeur du Secrétariat de Cities Alliance et ancien Directeur général du Département national de l’Habitat du Gouvernement d’Unité Nationale du Président Nelson Mandela en Afrique du Sud.

RÉUNION DES MINISTRES

La Réunion des Ministres est l’une des trois réunions parallèles du volet politique qui se tiennent au cours des deux derniers jours du Sommet Africités. La Réunion des Ministres comprend des ministres africains membres du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la fonction publique, les collectivités locales, le développement urbain et la décentralisation (CTS  n°8) ; ainsi que les ministres chargés des Finances et/ou de l’Economie.

Tirant les leçons de la pandémie de COVID-19, les ministres ont confirmé la détermination des gouvernements africains à minimiser la dépendance vis-à-vis du marché mondial pour les produits et services indispensables aux conditions de vie quotidiennes des populations tels que les systèmes alimentaires ou les services de santé ; et à  s’efforcer d’améliorer l’ autosuffisance par la promotion d’économies locales qui relient étroitement les villes intermédiaires à leurs arrière-pays ruraux, ce qui devrait contribuer à la construction d’un développement spatial plus équilibré des établissements humains aux niveaux national, régional et continental, conformément au Nouvel agenda urbain de l’ONU .

Les ministres ont confirmé que le COVID-19 fait peser un énorme fardeau sur les finances publiques africaines, ce qui rend difficile pour le niveau national d’effectuer un transfert adéquat de ressources vers les collectivités territoriales comme il se doit. Les ministres  ont donc suggéré que des formes innovantes de financement soient recherchées pour les collectivités territoriales, y compris l’amélioration des revenus des collectivités territoriales, mais aussi le recours à des instruments innovants tels que le partenariat public-privé ou l’émission d’obligations sur le marché des capitaux. La proposition de CGLU Afrique de créer un véhicule spécial, l’Agence Territoriale Afrique (ATA), est un pas dans la bonne direction et doit être soutenue.

Les ministres ont également confirmé le bien-fondé et l’urgence d’accorder plus d’attention aux villes intermédiaires dans les politiques urbaines nationales. Ils ont reconnu la nécessité de porter la question du rôle des villes, y compris des villes intermédiaires, dans la transformation structurelle de l’Afrique à l’attention des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine pour que cette question soit inscrite à l’ordre du jour de l’une de leurs prochaines conférences, avec l’appui de la Commission de l’Union Africaine.

Les ministres ont également souscrit à la proposition de faire de la culture le quatrième pilier du développement durable, en phase avec la proposition de l’Année de l’Union africaine 2021 portant le label d´Année africaine du Patrimoine, des arts et de la culture. Les ministres ont pleinement soutenu la proposition de CGLU Afrique de célébrer tous les deux ans les Capitales Africaines de la Culture. Les ministres ont salué la célébration de la ville de Rabat en tant que première Capitale Africaine de la Culture pour les années 2022-2023.

Il est important que nous ayons à la table des représentants des villes intermédiaires et des collectivités territoriales

Les ministres ont reconnu le changement fondamental introduit par la digitalisation de la société. Ils se sont engagés à soutenir la transformation numérique du continent et se sont engagés à faciliter les investissements et les équipements dans les TIC ainsi que la formation du personnel des collectivités territoriales en matière de gouvernance numérique. Les ministres se sont félicités de la mise en place du réseau des villes intermédiaires intelligentes piloté par la ville marocaine de Benguerir.

Les ministres saluent également l’adoption de la Charte des Collectivités territoriales sur l’Egalité de Genre et s’engagent à la mise en œuvre de ses dispositions dans les différents pays africains.

Les ministres ont enfin débattu et adopté les questions qu’ils souhaitaient poser aux Maires d’une part, et aux Partenaires au développement d’autre part, dans le cadre de la table ronde de dialogue tripartite entre Ministres, Maires et dirigeants des collectivités territoriales et Partenaires au développement. Les ministres ont également convenu que cinq ministres feront partie de la délégation des ministres à la table ronde de dialogue tripartite qui se tiendra le 21 mai 2022, à savoir les ministres de la Tanzanie, du Rwanda, du Niger, du Mozambique et de l’Égypte.

“ Nous avons réalisé assez d’échanges, de benchmarks, de comparaisons, de contrastes, nous nous sommes familiarisés avec les bonnes expériences, et aussi mesuré à quel niveau chacun de nous se situe. Il s’agit maintenant bien de mettre en pratique ce que nous prêchons à notre retour ; et au prochain congrès, nous devrions être en mesure de rendre compte au sujet des livrables et au sujet de ce que nous avons retenu d’un si grand congrès et, espérons-le, il ne devrait pas s’agir d’un salon de discussion », a déclaré Son Excellence  Gary Nkombo, Ministre des Collectivités Locales et du Développement Rural, de Zambie.

ASSEMBLÉE DES MAIRES

L’assemblée des Maires et dirigeants de collectivités territoriales a d’abord été convoquée pour réfléchir à la mise en œuvre de la politique de décentralisation au sein du continent africain. Les participants à la réunion ont recommandé que le Rapport triennal sur l’environnement institutionnel favorable créé par les collectivités territoriales en faveur des villes et des villes et collectivités territoriales serve de base à un dialogue permanent entre l’État central et les autorités locales et régionales sur la mise en œuvre de la politique de décentralisation. La célébration de la Journée de la Décentralisation le 10 août de chaque année peut servir de moment pour présenter la perspective des collectivités territoriales sur la mise en œuvre de la politique de décentralisation dans chaque pays africain.

L’assemblée des Maires a reconnu que les villes et collectivités territoriales ont été à l’avant-garde de la lutte contre la pandémie imprévue de COVID-19, qui a entraîné des dépenses inattendues, et la réduction des revenus de source propre d’environ 30 % à 50 %. D’où la proposition d’inclure les administrations infranationales et locales parmi les bénéficiaires des programmes de soutien post-COVID .

L’assemblée des Maires a apporté son plein soutien à la mise en place de l’Agence Territoriale Afrique, l’entité ad hoc visant à faciliter l’accès des villes et territoires africains au marché des capitaux. La réunion a également salué les efforts de CGLU Afrique pour faciliter l’accès des collectivités territoriales africaines au financement climatique ; et soutenu pleinement l’organisation d’un Forum des Maires pour le climat dans le programme officiel de la COP 27 à Charm -Al-Cheikh, en Égypte.

L’assemblée des Maires a reconnu que, désormais, la transformation numérique des collectivités territoriales est une nécessité et est devenue le devoir urgent du jour. Les maires se sont donc engagés à se lancer dans la digitalisation de leur gouvernance et de leurs opérations. Ils ont salué les efforts de CGLU Afrique qui a digitalisé les opérations de son Académie, ALGA, en mettant en place une e-académie et se sont félicités du partenariat établi avec la société 01Talent visant à produire 500.000 jeunes spécialistes du codage dans les villes et territoires africains au cours des 10 prochaines années. Les maires ont également salué la proposition de mettre en place un programme de renforcement des capacités en matière de commerce électronique pour permettre aux jeunes Africains de devenir des commerçants sur la principale bourse du monde tout en résidant en Afrique. Les maires ont également recommandé l’implication de tous les acteurs du territoire dans la transformation numérique à travers le développement de démarches de laboratoires vivants.

L’assemblée des Maires a salué la coopération en matière de décentralisation en tant que moyen d’associer les villes et collectivités territoriales au dynamisme de l’intégration africaine ; de lutter contre la discrimination à l’encontre des populations migrantes ; d’intégrer la mise en œuvre de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine dans les réalités sociales, culturelles et économiques du continent reflétées dans les villes intermédiaires ; et de participer au mécanisme d’alerte précoce sur les conflits mis en place par l’Union Africaine au niveau des Communautés Economiques Régionales. À cet effet, la réunion des Maires a recommandé qu’un mécanisme soit mis en place pour encourager la participation des autorités locales à la dynamique économique régionale. Un exemple d’un tel mécanisme est donné par le Conseil des Collectivités territoriales, le CCT, créé en tant qu’organe de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, l´UEMOA, qui fait partie de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La réunion des Maires a donc recommandé de mettre en place un conseil des collectivités territoriales dans les différentes Communautés Economiques Régionales, à l’image du Haut Conseil des collectivités territoriales africaines institué en tant qu’organe consultatif de l’Union africaine.

L’assemblée des Maires a recommandé que toutes les Communautés économiques régionales définissent des programmes de coopération décentralisée transfrontalière pour les villes et les territoires afin de pouvoir transformer les frontières des pays africains hérités de l’époque coloniale de “points de rupture en points de suture”, suivant la sage parole de Son Excellence Alpha Oumar Konaré, ancien Président du Mali et ancien Président de la Commission de l’Union Africaine.

L’assemblée des Maires a exhorté tous les pays africains à signer et à ratifier la Charte africaine des Valeurs et Principes de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale et du Développement Local. La réunion a également appelé toutes les villes et les collectivités territoriales d’Afrique à adopter la Charte africaine de l’égalité de genre proposée par le REFELA, le réseau des femmes Maires et Elues locales d’Afrique.

L’assemblée des Maires a salué l’initiative du Royaume du Maroc de mettre en place un Fonds Africain pour la Coopération Décentralisée Internationale qui soutient les partenariats de ville à ville en Afrique ; et appelé à la mise en place de tels fonds de coopération à la décentralisation dans de nombreux autres pays d’Afrique afin de contribuer, à travers de solides programmes de coopération décentralisée, à l’émergence de « l’Afrique des Peuples au-delà de l’Afrique des États Nationaux post-coloniaux », contribuant ainsi à construire l’intégration africaine à partir de ses villes et territoires.

L’assemblée des Maires a considéré que les villes intermédiaires sont les points d’appui à l’émergence d’économies locales fortes, une condition sine qua non pour la bifurcation vers la voie d’une voie de développement plus résiliente économiquement, écologiquement durable, et socialement juste et inclusive. Les participants à la réunion ont ainsi soutenu l’effort des villes et territoires engagés dans la refonte de leurs politiques et stratégies de développement, en tenant compte des Objectifs de Développement Durable et des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

L’assemblée des Maires a entériné la proposition de la Journée de la Jeunesse de créer des conseils d’autonomisation des jeunes réunissant des organisations de jeunesse pour se charger d’identifier les opportunités pour les jeunes générations en matière d’éducation, d’emploi et d’investissement, et de conseiller la municipalité sur les politiques dédiées à la jeunesse afin de relever le défi d’une jeunesse en rupture de relations sociales apaisées et en proie à la délinquance et au crime.

« Nous avons discuté de plusieurs choses, mais l’une des choses essentielles qui, nous l’espérons, sera mise en œuvre après les discussions tripartites est l’harmonisation des structures à travers l’Afrique. En effet, certains pays ont un ministre chargé de la Décentralisation travaillant directement avec les collectivités territoriales et d’autres pays n’en ont pas. C’est pourquoi il y a un écart dans les budgets car certains pays ont 2% de leurs ressources nationales allouées aux budgets des villes et collectivités territoriales tandis que d’autres pays allouent 15%. C’est une énorme différence et l’harmonisation des infrastructures serait une victoire » a déclaré Mme Khady Niang SYLLA, Adjointe au Maire de Dakar.

L’assemblée des Maires a ensuite approuvé les cinq questions que ceux-ci poseraient aux Ministres et aux Partenaires au développement lors de la table ronde du dialogue tripartite ainsi qu’aux délégués représentant les Maires et les dirigeants des villes et collectivités territoriales, à savoir la Maire Mme Fatna El Khiel, Maire d’Arbaoua, Maroc ; Mme Kady Niang Adjoint au Maire de Dakar, Sénégal, Mme Maria Helena Langa, Maire de Mandlakazi, Mozambique ; M. Rama, Maire du District 4, Ville de N’Djamena, Tchad ; et M. Kitour, Maire d’Eldoret, Kenya.

RENCONTRE DES PARTENAIRES AU DEVELOPPEMENT

La rencontre des Partenaires au développement a approuvé les 5 questions à soumettre aux Ministres et aux Maires et aux dirigeants des collectivités territoriales. Les Partenaires au développement ont également débattu et proposé la feuille de route à adopter à l’issue du Sommet. Cette feuille de route est censée s’assurer que l’appui des partenaires au développement contribue à renforcer la place et le rôle des villes intermédiaires dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

« L’une des choses que nous demandons aux Maires en tant que partenaires au développement, c’est que voulez-vous et de quoi avez-vous besoin ? Nous nous posons ces questions car les villes et collectivités territoriales sont les meilleurs ingénieurs du développement. L’on espère qu’une partie des bailleurs dont les grands acteurs commenceront à dire : l’on veut voir comment financer directement les collectivités territoriales » Laurent Bossard, Directeur du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest – OCDE.

Séances à venir

Le 21 mai, l’accent sera mis sur la table ronde tripartite entre Ministres, Maires et dirigeants des collectivités territoriales et Partenaires au développement, et sur la présentation des déclarations et l’adoption de la feuille de route de la neuvième édition du sommet Africités, et la séance officielle de clôture, suivie du dîner de gala officiel de clôture.

Video: B-Roll Jour 4 : https://bit.ly/3LSnAKc

9e Sommet Africités : Mme. Fatimetou Abdel Malick Élue Nouvelle Présidente De CGLU Afrique

La Région de Nouakchott représentée par Mme Fatimetou Abdel Malick, a été élue nouvelle Présidente de CGLU Afrique jusqu’à la prochaine assemblée générale prévue en 2025

KISUMU, Kenya, 19 mai 2022

La troisième journée d’Africités a été marquée par l’assemblée générale élective de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) (www.UCLGA.org). L’assemblée générale a élu les nouveaux membres du bureau de l’organisation, à savoir les 45 membres du Conseil panafricain de CGLU Afrique, les 15 membres du Comité exécutif, les 5 membres du Comité de gestion financière de CGLU Afrique, les 5 Vice-présidents, parmi lesquels la Région de Nouakchott, Mauritanie représentée par sa Présidente, Mme Fatimetou Abdel Malick, a été élue nouvelle Présidente de CGLU Afrique.

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“Le mandat qui débute sera le mandat de tous les défis, que nous ne pourrons relever qu’ensemble et chacun séparément dans son segment. Pour ma part, je m’efforcerai de porter notre voix aussi loin et le plus efficacement possible et à contribuer à faire de notre organisation un acteur incontournable à l’échelle du continent mais aussi sur le plan international“, a-t-elle déclaré.

La nouvelle équipe dirigeante de CGLU Afrique élue pour un mandat de 3 ans est composée comme suit :

Présidence de CGLU Afrique (5 Vice-présidents) : Région de Nouakchott (Mme Fatimetou Abdel Malick), Comté de Kisumu (Prof. Peter Anyang’ Nyong’o), Ville de Libreville (Mme Christine Mba Ndutume), Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (Hon. Claude Paulin Danho), et Association des Autorités Locales du Botswana (Mr. Jeffrey Sibisibi) ; auxquels il faut ajouter, ex officio, la Ville de Banjul, Gambie, Présidente du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique, REFELA (Mme Malick Lowe).

La Région de Nouakchott représentée par Mme Fatimetou Abdel Malick, a été élue nouvelle Présidente de CGLU Afrique jusqu’à la prochaine assemblée générale prévue en 2025.

Comité exécutif de CGLU Afrique (15 membres) : Comté de Kisumu (Kenya) ; Association des autorités locales du Rwanda. RALGA, (Rwanda) ; District de Victoria (Seychelles) ; Association des Autorités Locales du Botswana (BALA), Association des Autorités Locales d’Afrique du Sud (SALGA) ; Ville de Kwe Kwe, Zimbabwe ; Faitière des Communes du Togo (FCT) ; Association des Autorités Locales du Nigeria (ALGON) ; Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) ; Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) ; Ville de Libreville, Gabon ; Association des Maires de Congo (AMC) ; Région de Nouakchott ; Association  Marocaine des Présidents des Conseils Communaux, (AMPCC, Maroc) ; et le Gouvernorat du Caire (Egypte).

L’Association des Gouvernements Locaux d’Afrique du Sud, SALGA (Cllr. Bheke Stofile) a été désignée pour être la candidate de l’Afrique pour la Co-Présidence de l’organisation mondiale de CGLU.

“Avec les femmes aux commandes de notre organisation, CGLU Afrique confirme sa détermination à mettre les femmes au centre. C’est l’Afrique qui gagne ! C’est ce que le monde devrait savoir sur l’Afrique“, a déclaré le secrétaire général de CGLU Afrique, Jean Pierre Elong Mbassi.

Journée femme : Améliorer les droits des femmes jusqu’à ce que nous atteignions l’égalité des genres

Les femmes étaient à l’honneur lors de la journée femme à Africités 9. Améliorer les droits des femmes jusqu’à ce que l’égalité des genres soit atteinte, est l’une des principales ambitions de CGLU Afrique. Au cours de la session de débats organisée par le Réseau des femmes élues locales d’Afrique (REFELA), les participants ont convenu qu’assurer la propriété foncière aux femmes à travers le continent est l’un des moyens d’atteindre cet objectif. Il s’agit d’un facteur essentiel pour l’autonomisation sociale et économique des femmes africaines, qu’elles vivent en milieu urbain ou rural. Le rôle des femmes en tant qu’actrices du développement économique et durable des territoires doit être confirmé. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la campagne du REFELA,  pour “L’autonomisation économique des femmes”.

Je m’efforcerai de porter notre voix aussi loin et le plus efficacement possible et à contribuer à faire de notre organisation un acteur incontournable à l’échelle du continent

“L’agriculture est le secteur le plus important dans la plupart de nos économies, contribuant à plus de 20 % du PIB, et elle dépend fortement des femmes pour le travail, le commerce et la transformation des produits agricoles. Par conséquent, si vous voulez vraiment émanciper les femmes et être inclusif dans le développement, il est important d’aborder le droit fondamental à la terre pour les femmes. Lorsque les femmes savent qu’elles possèdent la terre, elles peuvent prendre des décisions ayant un impact à long terme sur celle-ci. L’un des moyens d’y parvenir est de veiller à l’harmonisation des lois, telles que les lois traditionnelles, les lois sur le mariage, les lois foncières et les constitutions, afin d’éviter tout conflit et de faire en sorte que les constitutions garantissent les droits fonciers des femmes”, a déclaré Joan Kagwanja, responsable de l’initiative sur la politique foncière de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

A l’occasion de la journée  femme, le REFELA a présenté  ” la Charte des autorités locales pour l’égalité des genres en Afrique.” qui se veut un instrument instrument politique en faveur du renforcement des droits des femmes au niveau des collectivités territoriales en Afrique. Cette Charte engage les territoires à lutter contre toutes les  formes de discrimination à l’égard des femmes afin de garantir leur inclusion dans les programmes de développement des villes et territoires d’Afrique. Cette réponse des collectivités territoriales africaines mérite d’être considérée au-delà de la simple adhésion.

Les jeunes ne doivent pas hésiter à se proposer comme dirigeants.

La jeunesse africaine, dans sa grande diversité, est sous-représentée dans le processus décisionnel. Cette première Journée jeunes d’Africités a abordé la manière d’améliorer l’implication de la jeunesse africaine pour qu’elle joue un rôle décisif dans la gouvernance locale ainsi qu’au niveau national.

“Nous galvanisons l’énergie des jeunes leaders élus d’Afrique pour faire face à ces questions de politiques qui ne sont pas propices au développement des jeunes. Les jeunes ne doivent pas hésiter à se proposer comme leaders. Les jeunes d’Afrique ne doivent pas se dégonfler pour emprunter la voie difficile de la lutte et s’assurer que leurs voix sont entendues, car les vrais décideurs ne sont pas seulement des auditeurs et des bénéficiaires des programmes et des déclarations des jeunes. Regardez, à l’âge de 27 ans, j’ai été capable de passer par la voie difficile d’une élection, en battant des personnes âgées et riches qui sont généralement cupides et n’ont aucune vision pour transformer les vies et nous donner l’Afrique que nous voulons voir et c’est pourquoi je demande à tous les jeunes de ne pas avoir peur parce que c’est leur continent et ils sont à blâmer s’ils ne portent pas le manteau du leadership“, a déclaré George Mwanza, maire de Chipata en Zambie.

Engager des territoires plus vastes et équilibrés

Au cours de cette journée, la question de la mobilisation des bons partenariats dans les villes intermédiaires a été au cœur des débats. En plaçant les villes intermédiaires au cœur des stratégies urbaines nationales, les dirigeants nationaux et locaux donneront une seconde chance à l’Afrique en engageant des territoires plus vastes et équilibrés, ne laissant personne et aucun endroit derrière.

The City We Need Now ! est un manifeste et une campagne pour l’Afrique que nous voulons. Cette campagne ne s’arrêtera pas au sommet de Kisumu. Les organisateurs de la campagne continueront à faire passer le message et à nourrir des ambitions pour les villes africaines en vue de la 11e session du Forum urbain mondial organisé par ONU-Habitat à Katowice, en Pologne, du 26 au 30 juin 2022, ainsi que de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) qui se tiendra à Sharm El-Sheikh du 7 au 18 novembre 2022. La campagne engagera le niveau national et infranational, les organisations gouvernementales régionales et locales, la société civile et les organisations de base, les professionnels de la ville, les chercheurs, les groupes de jeunes et de femmes et les médias.

Le 20 mai au matin, l’accent sera mis sur la cérémonie d’ouverture officielle du segment politique, marquée par le dialogue entre d’anciens chefs d’État et de jeunes élus âgés de 35 ans ou moins dirigeant une administration locale en tant que maire ou président d’une administration locale infranationale.

Dans l’après-midi se tiendront en parallèle, la réunion des ministres, la réunion des maires et dirigeants de collectivités territoriales, et la réunion des partenaires au développement.

9ème Sommet Africités : Digital, culture, droits des femmes et jeunesse: L’Afrique s’organise à partir du local

L’ATIF a pour objectif d’aider les collectivités locales à répondre à l’une des 5 fonctions clés de la ville ou du territoire : doter les villes de services et d’équipements de base.

 

KISUMU, Kenya, 18 mai 2022

La première édition du Forum Africités du Commerce et de l’Investissement (ATIF) a eu lieu lors de la deuxième journée de la 9ème édition du Sommet Africités. L’événement organisé par la BAD, AFREXIMBANK, ZLECAf, ABSA, FENU et CGLU Afrique (www.uclga.org) a été présidé par Dr. Amani Abou-Zeid, Commissaire aux infrastructures, à l’énergie et au tourisme de la Commission de l’Union africaine. L’ATIF a pour objectif d’aider les collectivités locales à répondre à l’une des 5 fonctions clés de la ville ou du territoire : doter les villes de services et d’équipements de base. Le Forum du commerce et de l’investissement Africités (ATIF) a réuni des dirigeants de villes et territoires africains, des investisseurs privés et publics, ainsi que des prestataires de services. Pour la toute première fois, une plateforme permanente de mise en relation entre collectivités territoriales africaines et investisseurs intéressés par l’Afrique locale a été lancée. L’idée est d’explorer les opportunités d’affaires disponibles dans les territoires africains et de discuter des stratégies d’investissement en fonction des contextes démographiques, économiques et financiers ainsi que du potentiel de l’Afrique. A partir de là, des contrats de partenariat aboutissant à la réalisation d’investissements au sein des gouvernements locaux et infranationaux d’Afrique seront lancés.

« Nous avons besoin de véhicules et d’un écosystème d’experts en finance respectueux de la ville car les villes ont des caractéristiques uniques. Nous considérons l’Agence Territoriale Africaine (ATA)  comme un outil fondamental qui doit se développer de manière organique,  et le fait de disposer de sections régionales pourrait être la voie à suivre en raison des différents systèmes politiques et juridiques. Nous sommes ravis de travailler avec CGLU Afrique pour l’opérationnalisation de l´ATA et pour lui donner vie, et nous espérons avoir de bonnes nouvelles à ce sujet à l’avenir », a déclaré David Jackson, directeur de l’unité de financement du développement local au Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU).

A l’issue de la session, CGLU Afrique et la BAD ont signé un contrat intitulé : Municipal CFO Initiative. Le contrat vise à renforcer la capacité fiscale et l’autonomie financière des municipalités en 2022.

Journée numérique

La 9ème édition d’Africités est la première organisée depuis le début de la pandémie du Covid-19. La crise sanitaire a plus que jamais démontré l’importance du numérique, non seulement pour assurer la survie de plusieurs secteurs de l’économie mais aussi pour accélérer la transformation des services publics territoriaux. Cela a marqué une étape majeure dans l’évolution des territoires. Au cours de cette journée, les participants ont échangé au sujet des stratégies d’élaboration d’un schéma directeur numérique depuis et pour les territoires, notamment en tenant compte des spécificités africaines.

« Les solutions cartographiques d’autres parties du monde ne marchent pas toujours. Nous avons besoin de solutions numériques locales créées par des locaux. La première étape pour garantir que cela se produise est d’élever les compétences numériques des populations et de changer également leur état d’esprit pour s’attendre à la technologie et l’utiliser ”, a déclaré Nicolas Sadirac, directeur pédagogique et co-fondateur de 01Talent.

01Talent Africa est l’agence de talent panafricaine qui vise à identifier, développer et connecter au monde professionnel 1 million de développeurs de haut niveau dans le monde d’ici 2035, grâce à la combinaison d’un modèle éducatif éprouvé, durable et économiquement exponentiel. La journée du numérique a également été l’occasion de lancer le Réseau Africain des Smarts Cities.

Pour la toute première fois, une plateforme permanente de mise en relation entre collectivités territoriales africaines et investisseurs intéressés par l’Afrique locale a été lancée.

Journée culture

La culture est le quatrième pilier du développement durable. La culture est vitale pour les villes, pour les nations et pour l’humanité elle-même. Au cours de cette session, un consensus a été atteint pour assurer la lutte pour les droits des femmes, des jeunes, des communautés autochtones et vulnérables, ainsi que la lutte pour la défense et la promotion de toutes les cultures menacées par les tendances hégémoniques et mondiales. Autant d’enjeux culturels pour les collectivités territoriales : autonomisation culturelle des communautés, promotion d’une créativité non standardisée, soutien à la solidarité et à la paix. « La culture n’est pas seulement une question de divertissement. C’est aussi une question de valeurs fondamentales pour notre vie paisible et commune sur terre. Là où il y a de la culture sous forme d’art, de musique, de mode, de théâtre, de cinéma, de bijoux, alors il y a la paix », a déclaré Alphadi Seidnaly, Artiste de l’UNESCO pour la paix.

Mme Rohey Malick Lowe, nouvelle présidente du REFELA 

L’Assemblée Générale du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA) a renouvelé son leadership . Le REFELA est le plus important réseau de femmes élues locales d’Afrique. Mme Rohey Malick Lowe a été élue Présidente pour les 3 prochaines années.

« La collectivité locale est le niveau de gouvernement le plus proche de la population, donc si la vie des gens doit être impactée positivement, des mesures doivent être prises au niveau local. De plus, nous devons tenir compte de l’importance des femmes dans nos rôles de leadership. Lorsque les femmes sont appelées à diriger, elles surpassent les hommes et les statistiques le montrent », a déclaré Mme Rohey Lowe, maire de la ville de  Banjul  (La Gambie) et Présidente nouvellement élue du REFELA.

L’Afrique est l’avenir, sa jeunesse aussi. Et pour la jeunesse d’Afrique, élus comme étudiants et universitaires, l’une de leurs principales préoccupations et défis est le changement climatique. Le changement climatique est un danger clair et présent pour tous sur le continent, mais surtout pour les communautés les plus vulnérables d’Afrique. Crues soudaines, désertification et déforestation, migrations induites par le climat, perte de biodiversité… tous ces effets du changement climatique rappellent au jeune Africain à quel point la période au cours de laquelle nous nous trouvons est critique et à quel point un changement de politique à tous les niveaux de gouvernance est nécessaire. Des jeunes Africains, réunis autour du réseau YELO (Réseau des Jeunes Elus Locaux), ont échangé sur les moyens de s’impliquer davantage dans la prise de décision. « Nous ne pouvons pas attendre, la planète ne peut pas attendre, notre continent ne peut pas attendre et notre génération non plus. Nous nous engageons maintenant pour la justice climatique », a déclaré M. Sathya Naidu, membre du parlement de la ville de Victoria (Seychelles).

Le 19 mai, les sessions principales seront axées sur l’Assemblée générale élective de CGLU Afrique, la Journée femme, Journée jeune et le Forum des maires sur les villes africaines pour un air pur.

Remarque : ne manquez pas la conférence de presse quotidienne sur le site à 8h30. Lieu : Centre des médias.

Retrouvez toutes les informations : Présentation / Programme / Intervenants sur : www.Africities.org

Ouverture Officielle de la 9ème Edition du Sommet Africités

Lancement de la discussion sur le rôle des villes intermédiaires en Afrique dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

KISUMU, Kenya, 18 mai 2022

La 9ème édition du Sommet Africités a été lancée, ce mardi 17 mai 2022 à Kisumu, par Son Excellence, Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya. L´ancien chef d’État seychellois, Son Excellence Danny Faure, a également pris part à la cérémonie officielle en présence de 3500 délégués du monde entier et de plus de 2000 élus locaux. Pour cet événement, Kisumu a mis en place un Village Africités au stade Jomo Kenyatta et ses alentours afin d’accueillir les participants et exposants venus des quatre coins de la planète.

Durant les 5 jours, des échanges se tiendront autour du thème du sommet : «Le rôle des villes intermédiaires d’Afrique dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine». Conformément au thème, Kisumu est la première ville intermédiaire à accueillir l’événement.

Dans son discours, Son Excellence le Président Uhuru Kenyatta a appelé les participants à faire de ce sommet un forum de questionnement, pour que cet évènement soit un succès. Il a proposé un cadre de questionnement en 12 points, qui porte sur la manière dont les gouvernements centraux peuvent soutenir une mobilisation des ressources afin d’assurer un système de services efficace dans les villes intermédiaires. Parmi les questions qui se posent figure notamment les stratégies et politiques nécessaire à la lutte contre les menaces de radicalisation et de terrorisme, en particulier dans les zones urbaines, y compris nos villes intermédiaires, et quels cadres juridiques et politiques doivent être établis afin de favoriser un développement robuste et durable des villes intermédiaires.

« Le temps est venu de renforcer le rôle des villes intermédiaires en tant que futures frontières de l’urbanisation et du développement en Afrique. Un taux d’urbanisation sans précédent a vu 1086 villes intermédiaires abriter 174 millions de personnes, représentant 36% de la population urbaine totale de notre continent et contribuant à environ 40% du PIB de notre continent. Au moment où nous nous réunissons pour délibérer sur la manière dont nous pouvons établir une transition vers un nouveau paradigme urbain et libérer le potentiel des villes intermédiaires, pour favoriser le développement inclusif et la réalisation de nos ODD et de toutes les autres initiatives de développement socio-économique, nous devons garder à l’esprit que l’Afrique devient de plus en plus urbanisée. L’accent traditionnel mis sur le rural dans les plans de développement risque de marginaliser une partie croissante de notre population qui sera bientôt majoritaire », a déclaré Son Excellence Uhuru Kenyatta, Président du Kenya.

Les collectivités territoriales jouent un rôle clé dans la réalisation de l’Agenda 2030 et de l’ODD 13 en assurant un changement de paradigme vers des voies de développement à faibles émissions et résilientes au changement climatique. Les villes produisent entre 71 % et 75 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES). À cet égard, en dépit des niveaux croissants d’attention et d’action sur le changement climatique à l’échelle des villes, une grande partie de cette activité est largement découplée du cadre politique national. La position de CGLU Afrique sur le climat est que la bataille contre le changement climatique sera perdue ou gagnée dans les villes et les territoires. CGLU Afrique plaide pour la territorialisation des CDN et l’adoption d’une approche ascendante de leur définition,  à partir des Contributions déterminées localement (CLD).

« La réalité de notre continent se reflète dans la manière dont nous traitons nos villes intermédiaires. Les villes intermédiaires sont votre cible clé de gouvernance. Traitez-les bien et elles traiteront bien les citoyens africains, traitez-les mal et nous échouerons dans nos progrès », a déclaré M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire général de CGLU Afrique.

L’ouverture officielle a été suivie d’un dialogue entre les anciens Chefs d’État sur le financement des infrastructures et l’urbanisation en Afrique pour la réalisation des ODD et de l’Agenda 2030 des Nations Unies ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le temps est venu de renforcer le rôle des villes intermédiaires en tant que futures frontières de l’urbanisation et du développement en Afrique

Le haut représentant de l’Union africaine pour le développement des infrastructures, Son Excellence M. Raila Odinga, a appelé à la création d’un Fonds africain pour les infrastructures afin de financer le déficit monétaire nécessaire à la construction des infrastructures en Afrique.

« L’Afrique a besoin de 170 milliards de dollars par an pour pouvoir répondre à ses besoins en infrastructures mais accuse un déficit d’environ 110 milliards de dollars. Nous pouvons travailler avec plusieurs institutions pour établir ce fonds car nous avons identifié que l’Afrique a des capitaux inutilisés tels que des fonds souverains, des fonds de pension et des fonds d’assurance. Nous travaillons à mettre à profit ces ressources pour permettre à l’Afrique de financer son propre développement », a-t-il déclaré.

L’ancien Président des Seychelles, Son Excellence Danny Faure, a souligné la nécessité d’une infrastructure stratégique bancable basée sur les données.

« Il est important que nous fondions nos interventions sur des faits et des données qui nous montrent où nous en sommes en termes de développement. La prochaine étape consiste à choisir stratégiquement la bonne infrastructure qui aura l’impact le plus efficace sur le continent et dont les résultats seront bénéfiques pour nos nations et nos populations. L’approche du continent concernant les infrastructures doit être coordonnée et non fragmentée», a-t-il déclaré.

Cette première journée du sommet était également consacrée à la diaspora. La diaspora africaine compte environ 150 millions de personnes d’ascendance africaine réparties dans toutes les régions du monde. L’Union africaine considère cette diaspora comme la sixième région de l’Afrique.

La consolidation des relations entre l’Afrique Mère Patrie et sa Diaspora ainsi que les dimensions à donner à ces relations était au cœur des débats de la Journée de la Diaspora. Il s’agit d’un agenda clé pour assurer la réalisation de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Sa contribution au développement économique est supérieure à l’aide publique des institutions internationales. Aussi, une certaine forme de transmission de l’histoire afro-descendante donne lieu à une grande implication des nouvelles générations pour une meilleure connaissance de son identité mais aussi une participation active à l’émergence de ce continent.

La synergie doit être développée entre la diaspora et la population locale, et les autorités locales doivent mettre en place des programmes auxquels la diaspora peut concrètement participer pour le développement du continent au niveau local, national et continental afin de faire rayonner le l’Afrique à l’échelle internationale.

L’une des meilleures illustrations de la réalité et du poids de la diaspora africaine est Mme Lupita Nyong’o, qui est la première Ambassadrice de Bonne Volonté d’Africités. Dans sa vidéo officielle, Mme Nyong’o a exprimé à quel point elle se sentait honorée d’être l’Ambassadrice de Bonne Volonté du Sommet Africités pour cette année. « Kisumu est la maison de mes ancêtres et j’ai été témoin de visu de son potentiel. La ville a tant à offrir et je peux enfin voir son énergie vibrante être mise à profit grâce au leadership radical de son gouverneur, mon père, le Professeur Peter Anyang’ Nyong’o. Je ne pouvais pas penser à un meilleur endroit que le Sommet Africités pour se réunir afin de discuter de solutions concrètes aux défis auxquels sont confrontées l’Afrique et ses villes intermédiaires. Au cours des 5 prochains jours, vous participerez à des sessions interactives, vous entendrez des conférenciers inspirants, participerez à des ateliers, mettrez en œuvre des projets, et imaginerez l’Afrique que nous voulons voir. Un monde où chacun a accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à la sécurité publique et à la paix. »

Ce mercredi, les principales sessions comprendront le forum Africités de l’Investissement, la Journée numérique, la Journée de la culture et une série d’assemblées des réseaux de CGLU Afrique pour élire leurs dirigeants. Il s’agit notamment de : l’Assemblée Générale du Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA), l’Assemblée Générale du Réseau des Jeunes Elus Locaux (YELO), l’Assemblée des Coachs Territoriaux, l’Assemblée des Secrétaires Permanents/Directeurs Exécutifs des Associations Nationales des Collectivités Territoriales, l’Assemblée du réseau des Gestionnaires Municipaux (City Managers) (Africa MAGNET) ; l’Assemblée du Réseau des Directeurs Financiers des Villes (Africa FINET) ; l’Assemblée du Réseau des Directeurs Techniques des Villes (Africa TECHNET) et l’Assemblée du réseau des Responsables des Ressources Humaines des Collectivités Territoriales Africaines (Local Africa HR-Net) ; l’Assemblée des Responsables Territoriaux en charge de la Coopération Décentralisée ; et l’Assemblée des Médias africains pour le développement (MADEL).

PS : Ne manquez pas la conférence de presse quotidienne sur place à 8h30. Lieu : Centre des médias d´Africités

Retrouvez toutes les informations : Présentation / Programme / Intervenants sur : www.africities.org

Capsule -Zoom- Radio Africités 2022

Dans le cadre des actions de communication autour du sommet Africités 9 prévu du 17 au 21 mai 2022 à Kisumu, Kenya, CGLU Afrique et l’Institut Supérieur de l’information et de la Communication (ISIC), Rabat combinent leur effort avec la mise sur pieds de 3 rédactions (Radio, Tv, Print) composées des étudiants de l’ISIC. Ce poadcast est produit dans le cadre ce programme.

CGLU Afrique s’intéresse particulièrement aux jeunes à travers ses sept domaines d’action prioritaires dans sa vision stratégique GADDEPA 2.0 (2021-2030).

Rappelons que l’ISIC et CGLU Afrique collaborent étroitement à travers un MoU (Memorandum of Understanding) signé en mars 2021

Interview avec Monsieur le Maire de la ville de Boumalne Dadès, Mohamed Kacha

La vallée de Dadès, entre potentiel touristique et lutte contre le changement climatique 

Interview avec Monsieur le Maire de la ville de Boumalne Dadès, Mohamed Kacha.

Propos recueillis par Mariem Berdouzi 

 

La vallée du Dadès est une destination touristique très prisée. L’Oued de Dadès, qui irrigue sa vallée désertique et forme des oasis, est situé entre le jbel Sarho et le massif du Haut-Atlas.

Aussi appelée la vallée des roses, elle doit ses teintes de verdure aux nombreuses cultures maraichères.

Ses eaux traversent les célèbres gorges du Dadès, tandis que ses routes serpentent sur les contreforts du massif du Haut Atlas.

Il est clair qu’un grand potentiel touristique y est, et les responsables ainsi que les habitants essayent de le valoriser au maximum. Pour en savoir plus, nous avons interviewé M. Mohamed Kacha, le Maire de la ville de Boumalne Dadès.

Source de l’image : page Facebook واحة دادس الكبرى

Pouvez-vous présenter la ville de Boumalne Dadès ?

La commune territoriale de Boumalne Dadès, est située au Maroc à la région de Draa-Tafilalt , à la Province de Tinghir. Elle a été créée en 1992 par la scission de la commune rurale de Boumalne Dadès, qui date du premier découpage communal en 1960, en une commune urbaine de Boumalne Dadès  et une commune rurale des Ait Youl. Elle s’étend sur une superficie de 76km2 et se situe à une altitude de 1600m.

Administrativement, elle fait partie de la Pachalik de Boumalne, Province d’ Ouarzazate jusqu’en 2009, la date de la création de la Province de Tinghir.

La population de la commune territoriale de Boumalne Dades atteint 12328 habitants en 2014. Depuis 1994, elle connait une croissance démographique modérée, et sa population est caractérisée par l’importance relative de la classe active, les 15-59 ans représentent 60% de la population, alors que les plus de 60 ans représentent seulement 7.2%. Cette population est répartie de façon équilibrée entre hommes et femmes avec un taux de féminité de 51 %.

 

La vallée de Dadès est dotée d’un potentiel touristique considérable, pouvez-vous en parler davantage ?

La vallée de Dadès, avec ses paysages exceptionnels, incite les touristes à la visiter. En effet, elle n’est autre que la fameuse route des milles kasbahs au Maroc. C’est sur 170 km de paysage qu’elle se présente avec notamment le merveilleux tableau qu’offrent les falaises de couleurs ocre, les terres rouges et brulées.

Le patrimoine culturel et naturel local est très riche et diversifié mais peu valorisé pour le développement du tourisme : paysages captivants, folklore varié, monuments historiques, agriculture irriguée sur parcelles aménagées, pastoralisme, architecture de terre, patrimoine immatériel. En effet, ces potentialités touristiques restent en friche et peuvent être développées et exploitées. Cet important héritage historique, culturel et architectural peut être un atout pour la zone si on l’intègre dans de nouvelles conceptions de développement, notamment touristiques en créant l’infrastructure nécessaire mais adaptée au contexte oasien aride.


Source des images : page Facebook واحة دادس الكبرى

 Quels sont les impacts attendus ?

Le potentiel touristique en tant que facteur de développement local, est d’une part une source de la croissance économique, et d’autre part un moyen de réduire la pauvreté. En effet, ce potentiel permet la création d’emploi, ainsi cela permet aux habitants de sortir de l’isolement, et donc avoir accès à un revenu salarial. Celui-ci joue un rôle très important sur le développement économique de cette région.

– Quelle place occupe la vallée de Dadès dans le paysage touristique national et international ?

La vallée de Dadès est dotée de plusieurs atouts touristiques, à savoir les gorges de Dades, la vallée des roses, ainsi que de paysages originaux et d’une architecture en terre remarquable. Cette beauté naturelle attire et accueille chaque année, un nombre important des touristes nationaux et internationaux. En effet, la majorité des touristes s’arrêtent pour faire le tour dans les boutiques et faire des achats de produit de terroir, par exemple les produit à base de rose, les tableaux à l’image de la vallée, les habits folkloriques, sans oublier les plats traditionnels qui sont très appréciés par les touristes, de plus ils sont une source de revenus de la vallée.

– En quoi cela permets l’amélioration de l’employabilité des jeunes ou la création d’emploi à long terme ?

Dans le cadre de la stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire, l’Etat a encouragé l’ensemble des initiatives économiques cherchant à créer l’emploi des jeunes, en effet, la plupart des jeunes ont conçu des coopératives et des associations. Elles sont chargées de la production des produits de terroir et leurs commercialisations. Ainsi des postes d’emplois seront créés.

Comment la Boumalne dadès envisage de partager son expérience à l’échelle de   l’Afrique ?

Nous avons beaucoup à partager au sujet du changement climatique et et les différentes démarches pour un développement durable de la vallée, vu que celle-ci est dotée d’un climat aride. Elle se caractérise par la rareté des ressources. Les acteurs locaux ont décidé d’encourager la création des petites unités de production des produits locaux au lieu de penser à mettre en place de grandes usines.

Souhaitez-vous adresser un message à l’approche du Sommet Africités 9 Kisumu qui se tiendra du 17 au 21 mai 2022 ?

Le Maroc est un pays calme et tranquille, un Royaume stable au niveau politique. Il connait un développement important en termes d’infrastructures de base qui attire les investisseurs. C’est un pays de tradition, la modernité se conjugue avec son passé. Les modes de vie et l’organisation sociale restent liés aux habitudes et aux coutumes. Ainsi, le dépaysement sera toujours au rendez-vous pour les touristes. Ne ratez surtout pas l’occasion de nous rendre visite et découvrir ce beau pays qui est le Maroc, et soyez les bienvenues à tout moment !

Les migrants subsahariens au cœur des projets marocains

Le Maroc a ouvert ses portes ces dernières années aux migrants subsahariens, notamment après son retour à l’Union Africaine en 2017. Les ministères et associations concernés se sont précipités pour créer un climat favorable à leur accueil, formation et intégration.

En chiffres

Les résultats de l’enquête nationale sur la migration forcée de 2021, réalisé par le Haut Commissariat au Plan, révèle qu’un migrant sur sept a reçu une formation professionnelle au Maroc. Environ un tiers des immigrés (31,8%) ont reçu une formation professionnelle dans un établissement de formation professionnelle ou de la société civile, dont 17,3% qui ont reçu cette formation dans leur pays d’origine, 13,9% au Maroc et 0,6% dans un autre pays, et les citoyens de la République Démocratique du Congo arrive en tête avec 53% d’immigrés ayant reçu une formation professionnelle, suivi des citoyens de la République centrafricaine (46,3%), de la Côte d’Ivoire (42,5%) et du Cameroun (41,3%). Le taux le plus faible été enregistré  chez les Maliens (18,9%).

La société civile face à la formation de la main d’œuvre du continent 

L’expérience menée par l’association Jiber est considérée comme l’une des plus intéressantes en termes de formation des migrants installés au Maroc. Pour ce, il y’a sept ans, l’association a signé un partenariat avec le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et Des Marocains résidants à l’Etranger, à l’époque de l’ex-ministre Anis Birou.

Selon le président de l’association Jiber, Mustapha TOUDI, le lancement du programme de formation professionnelle des migrants au Maroc date de 2015, et depuis ce moment-là, l’association a continué de recevoir les migrants qui désirent de bénéficier de formations dans l’agriculture, pour qu’il soient intégrés par la suite dans des fermes agricoles dans la région de Fès-Meknès. En parallèle, l’association a aussi lancé, en 2018, une formation en langue anglaise, en partenariat avec le centre culturel américain à Fès.

A Tanger, l’association Rencontre Méditerranéenne pour l’Immigration et le Développement (ARMID),  a développé un programme global visant à améliorer la situation des immigrés d’Afrique sub-saharienne, en leur allouant une formation professionnelle solide qui aboutit à la distribution de certificats.

Entre 2019 et 2022, l’association a lancé un programme de formation dans le domaine de la coiffure et de l’esthétique, au profit de 100 immigrés d’Afrique subsaharienne. En effet, il est intervenu après le précédent projet de l’association, durant la période 2012-2015, qui consistait au recyclage de tous les types de déchets ménagers recyclables tels que le papier, le plastique et les métaux, un projet qui a connu une affluence sans précédent d’immigrés, selon M. Said Bouamama, président de l’Association Rencontre Méditerranéenne pour l’Immigration et le Développement, qui a confirmé la participation de 200 immigrés.

Quant à l’idée du projet de l’intégration socioprofessionnelle des migrantes subsahariennes, ‘’celle-ci a émergé à travers un certain nombre de témoignages douloureux que ces migrantes subsahariennes ont partagés avec l’association, qui reflètent leurs souffrances la vie quotidienne, notamment,  la pauvreté,  la fragilité et de l’exclusion sociale, aussi l’exploitation et à la domination des hommes, poussant les femmes immigrées vers l’abîme du marché de la prostitution et de la mendicité.’’ a confié le président de l’association ARMID, ajoutant que ce projet a eu de bons résultats et pourrait être reproduit, car la créativité de la femme subsaharienne a été clairement constatée, surtout dans l’esthétique et la coiffure,  un métier fort demandé dans une ville comme Tanger, où les femmes tentent des nouvelles coiffures comme ‘’la rasta’’.

Contrairement à l’association Jiber à Sefrou, l’association Rencontre Méditerranéenne pour l’Immigration et le Développement a lancé ses projets sans partenaires institutionnels nationaux.  Elle a eu une relation partenariale fructueuse avec l’association française CCFD Terre solidaire. Bien que ça,  le président de l’association garde une grande ambition de nouer des relations basées sur la coordination et la coopération mutuelle avec diverses institutions et conseils ministériels, régionaux et collectifs afin de créer et d’améliorer les ateliers de formation visant à faciliter l’entrée des immigrants sur le marché du travail.

Saïd Bouamama ne cache également pas sa grande ambition d’intégrer davantage de jeunes immigrés africains ainsi que des marocains dans le cadre du projet de restauration des bâtiments historiques, à travers la mise en place d’une école spécialisée dans la réhabilitation des espaces à Tanger

A Rabat, Amy Sy DIALLO, a ouvert son propre restaurant, proposant des plats africains et sénégalais. Amy Sy est venue au Maroc, en tant que boursière pour étudier le droit, dans le cadre d’un partenariat entre les deux ministères d’enseignement supérieur marocain et sénégalais.

Amy Sy bénéficie actuellement d’un stage en restauration, assuré par Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC)

Amy Sy DIALLO a déclaré : ‘’ Ma mère s’est installée auparavant au Maroc, un motif qui m’a encouragé de venir ici. J’ai découvert que les chances du travail y sont nombreuses. J’ai déjà travaillé dans des centres d’appels. J’ai remarqué que certains de mes collègues ont rencontré beaucoup des difficultés d’intégration, la cuisine marocaine est différente de la nôtre, c’est ce qui m’a poussée à ouvrir un restaurant africain.’’

La collectivité de Tanger et les migrants subsahariens

Le Maroc est devenu une zone attractive, pour les migrations dans les directions nord-sud, en raison de la force polarisante de son modèle économique et social, en tant que puissance émergente, car il n’est plus seulement un pays de transit, mais s’est transformé en pays d’accueil et d’intégration d’un grand nombre de migrants, qu’ils soient citoyens ou demandeurs d’asile.

Afin d’accompagner ces évolutions rapides du phénomène migratoire au Maroc, une stratégie nationale en matière de migration et d’asile a été élaborée, en application des directives suprêmes de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, qui est intervenue dans un contexte de transformations positives et de réformes politiques et économiques dans le pays, une stratégie qui respecte les valeurs universelles des droits de l’Homme, ainsi que les obligations internationales du Royaume en la matière.

Alors, comment la collectivité de Tanger, aborde-t-elle le pari de l’insertion professionnelle des immigrés des pays subsahariens ?

La ville de Tanger en particulier est considérée une zone attractive, en raison des facteurs de stabilité qu’elle présente pour les immigrants des deux sens, et bien que la plupart des immigrants du nord vers le Maroc soient généralement installés légalement, il est difficile de compter les flux migratoires du sud, bien qu’il soit évident et largement observé dans divers quartiers de la ville. Dans ce contexte, la ville de Tanger, comme toutes les villes marocaines connaissant ce phénomène, a été impliquée dans la première campagne exceptionnelle de régularisation lancée par le Maroc en 2014, qui a abouti à la régularisation de 23 096 migrants, ce qui représentait à l’époque 83% du total des demandes déposées, ainsi que dans la deuxième campagne lancée en 2017, qui a permis la régularisation de plus de 20 000 migrants.

La collectivité de Tanger, a adopté dès le départ une démarche visant à renforcer son image d’institution d’accompagnement et d’orientation des immigrés, la collectivité de Tanger ayant été la première à élaborer une charte de la ville au cours de l’année 2014, approuvée par son conseil collectif à l’unanimité de ses membres présents. Son préambule précise que la ville de Tanger a une histoire, ainsi qu’une une dimension arabe, islamique, amazighe, africaine et méditerranéenne ancienne, et ses dispositions stipulent que la ville de Tanger s’engage à assurer la sécurité, la sûreté et le bien-être des résidents, des visiteurs et des immigrants de la ville. Et de renoncer à toute forme de discrimination, de racisme et de haine, et d’adhérer aux principes d’équité, d’égalité et de respect des droits de l’homme.  C’est dans ce cadre que la collectivité a participé dans de nombreux rencontres nationaux et internationaux, pour échanger autour des politiques migratoires, et mettre en place de nouveaux mécanismes pour mieux gérer ce phénomène.

Tanger a contribué, depuis 2017, aux travaux du programme “Migration entre les villes de la Méditerranée” dans ses différentes conférences et séminaires, qui portaient sur : l’emploi et l’éducation (Madrid) – les droits humains et l’accès aux services de base (Tanger) – réfugiés et enjeux des collectivités locales (Vienne) – logement Aménagement social et urbain (Amman) – intégration sociale et scolaire des immigrés (Turin) – migration interurbaine (Beyrouth) – coopération entre institutions locales (Lyon), et la mise en œuvre du projet « Tanger Welcomes » en coopération avec l’Organisation des Villes de la Méditerranée…

Le Collectivité de Tanger, travaille en coopération avec l’Organisation des Villes de la Méditerranée, pour faire face aux contraintes de la migration, de s’engager dans la mise à disposition de structures d’accueil et d’une organisation administrative orientées vers l’accompagnement des migrants, compte tenu de la situation particulière de la ville, conformément aux efforts gouvernementaux exercés dans ce domaine. La collectivité respecte les limites de ses compétences légales, tout en restant ouverte à toutes les initiatives intéressées à cet égard, en particulier celles soumises par les associations locales de la société civile qui traitent des questions de migration et l’asile, alors que la collectivité travaille à la mise en œuvre de programmes visant à renforcer les capacités des organisations de la société civile dans ce domaine, et à les doter d’un ensemble de mécanismes et d’outils de travail.

La ville de Tanger compte plusieurs associations de la société civile qui traitent des questions de migration et d’asile, et la mairie cherche à les soutenir et à s’ouvrir à elles de manière permanente, et à leur fournir les capacités possibles et disponibles dans la limite de ses compétences, afin que la collectivité participe au processus d’institutionnalisation de la coopération et de la coordination entre les organisations non gouvernementales internationales et les associations de la société civile, dans le but de  sensibiliser le public à la question migratoire et aux contraintes que connaissent les migrants au sein de la société, et cherchant à consacrer une culture de la coexistence. Dans ce contexte, la ville de Tanger a accueilli de nombreux séminaires, ateliers et rencontres, dont le dernier est le projet « Tanger reçoit » pour l’année 2021, un projet qui se chargeait de donner des cours en dialecte marocain au profit des immigrés subsahariens, pour leur permettre de communiquer ainsi que l’orientation professionnelle et la culture locale pour l’intégration, qui ont été parrainées par « l’Autorité méditerranéenne pour la migration et l’asile », « l’association Solidarité » et la « Rencontre méditerranéenne pour la migration et le développement ».

Le Conseil a travaillé dans le cadre du Pacte Immigration et tissu associatif pour mobiliser les activités concernées par la migration (telles que l’Association Solidarité – Association Ahlam – Association Voix des Migrants – Association Tanger Reçoit – Association Maghreb Intégration – Association Al-Khaimah – et autre)

La collectivité a également participé au projet « Structurer et renforcer le dialogue entre la Communauté et sa société civile pour une action conjointe pour l’intégration des migrants » qui a été réalisé en partenariat entre l’Union des villes et des gouvernements locaux et régionaux – Municipalité de Madrid – Municipalité Lisbonne – Communauté de Tanger – Le Réseau Marocain des Villes Multiculturelles et autres. Le Conseil cherche également à concrétiser la possibilité de fournir des centres d’accueil et de suivi du flux de migrants dans la ville, en pensant à la création d’un observatoire de l’immigration et d’un conseil de l’immigration qui s’occupe de toutes les questions d’immigration en général.

Article : Ayoub LAOUQID   Traduction : Mariem BERDOUZI 

Disponible en arabe ici.

Tiznit : responsables et jeunes œuvrent pour la culture !

Maryam Laghdir

Parallèlement aux politiques visant à renforcer l’infrastructure culturelle au Maroc, la culture est également un vaste secteur auquel contribuent les initiatives individuelles.

Au sud du Maroc, précisément dans la région Souss-Massa, à Tiznit, la culture occupe une importance majeure tant pour ses jeunes que pour ses responsables.

Wassila Chatibi, vice-présidente chargée des affaires culturelles au conseil communal de la ville, souligne que “la ville de Tiznit occupe une place importante dans la sphère culturelle. Et comme d’autres villes du monde et du Maroc, notre ville  a été touchée par la pandémie du COVID-19, mais elle a pu se renouveler et continuer ses activités culturelles petit à petit, étant riche d’un tissu collectif actif et d’un dynamisme renouvelé, dont témoignent les espaces culturels de la ville”.

Toutefois, pour la jeune génération de plus en plus imprégnée par la vague numérique, la culture est considérée comme un sujet plus étendu. À Tiznit, grâce à une initiative portée par des jeunes, une nouvelle définition de la culture a été créée, englobant les actions culturelles, l’esprit d’entreprenariat, la technologie ainsi que le numérique, un large mélange qui ouvre de nombreuses portes à la jeunesse de la ville, et d’où vient l’appellation “L’blend” donnée à un laboratoire d’idées; qui est un espace que ses fondateurs affirment être créé pour donner aux jeunes l’état d’esprit nécessaire afin d’envisager les problèmes et leur trouver des solutions, instaurer une culture de la création ainsi que lutter contre l’inactivité, dans le but de les encourager à élaborer leurs propres initiatives un jour pour laisser une trace positive au sein de leurs communautés.

Dans cette interview, Aimane Idhajji, co-fondateur de l’espace L’blend, nous en dit plus.

Salle d’activités à l’espace « L’blend ». Photo prise par Younes Arbani

– Comment avez-vous eu l’idée de créer un tel espace ?

L’idée est venue du simple fait que nous avons besoin d’un endroit où nous pourrions organiser nos activités sans nous soucier de la logistique, puis elle a évolué au fur et à mesure que nous élaborions le dossier pour devenir “L’blend” tel que nous le connaissons aujourd’hui, combinant nos intérêts pour les arts, la technologie et l’entrepreneuriat.

– Le COVID-19 a eu un impact sur le secteur culturel dans le monde entier. Les répercussions sociales et économiques ont également touché le droit fondamental d’accès à la culture. Comment avez-vous pu relever ces défis ?

Pour de nombreuses ONG, le COVID a signifié un passage au numérique. Dans notre cas, il ne s’agissait pas d’un changement, car nous avons toujours mis l’accent sur notre présence numérique ; toutefois, il s’agissait d’un appel à y consacrer davantage d’attention. Au début, nous nous sommes appuyés sur nos activités dans notre espace créatif, pour créer notre contenu dédié aux réseaux sociaux, puis avec le COVID, il était évident pour nous de devoir travailler davantage comme une agence et d’être autonome.

– En quoi votre espace est-il différent des autres espaces ?

Nous sommes géographiquement situés au milieu du pays, cet emplacement est une opportunité en soi, parce qu’elle est stratégique. De plus, notre présence sur les médias sociaux rend notre contact avec les jeunes direct et ininterrompu.

– L’accès à la culture n’est pas une évidence pour tous, en raison des inégalités sociales, géographiques et même générationnelles. Quelles stratégies avez-vous mises en place pour rapprocher la culture des jeunes ?

Nous ne pouvons pas nous attribuer le succès des jeunes qui utilisent notre espace. Ces espaces sont ouverts mais pas mobiles. Nous ne frappons pas aux portes pour changer les jeunes. Les jeunes viennent vers nous. Ils prennent la décision de se mettre dans un environnement qui les aidera à atteindre leurs objectifs. Par conséquent, notre travail est très individuel et il est trop tôt pour parler de l’impact sur la jeunesse locale. Nous recevons des témoignages positifs sur le fait que nous sommes une porte vers de nouvelles perspectives et nous en sommes heureux, le reste du chemin est à prendre par chacun de son côté.

– Les pays d’Afrique et le Maroc ont une relation distinguée à toutes les échelles. Selon vous, comment l’association pourrait-elle contribuer au développement de leurs relations culturelles?

Nous travaillons avec tout le monde. Jusqu’à présent, nous n’avons collaboré avec aucun pays de notre cher continent mais nous restons ouverts aux opportunités. Notre plus grande contribution pourrait être une ouverture envers nos communautés subsahariennes à Tiznit !

 

Quand les mains des femmes deviennent un levier de développement local

Il est 10h du matin, nous nous trouvons au cœur du site de Fendak Chejra à Tanger, plus spécifiquement dans le centre d’appui à l’économie sociale et solidaire qui abrite 7 coopératives.

Sur place, une grande porte permet un accès facile au local.  Saida Bahi, présidente d’une coopérative féminine pour la création de produits cosmétiques naturels, nous reçoit chaleureusement dans son local.

Ici, l’ambiance est joviale, et dans  la salle, émanent différentes odeurs naturelles des produits cosmétiques.

Assise sur une chaise, le sourire sur le visage, Saïda commence à nous raconter son histoire : « Depuis que j’ai fait mes études en biochimie, l’idée de créer une coopérative féminine pour les produits cosmétiques bio est devenue un rêve pour moi. Dieu merci, j’ai pu le réaliser l’avant-dernière année ».

La coopérative féminine pour les produits cosmétiques, Saida en train de vendre ses produits bios à une cliente. Crédit photo : Ahlam Ghajjou

Ayant remporté le prix National  «Lalla Al Moutaaouina» pour la meilleure idée de développement d’un projet coopératif féminin, la coopérative présidée par Saida est devenue un exemple de réussite au féminin au niveau national en deux ans seulement.

Malgré ce succès, Saida ne nous cache pas que la crise sanitaire a frappé de plein fouet le secteur dans lequel elle travaille : « Nous avons été très impactées par la crise, nous étions incapables de commercialiser nos produits parce que les coopératives se basent sur le système de la vente directe avec les clients ».

Elle ajoute : « La commercialisation des produits est la bête noire des coopératives. Même si nous avons bénéficié de formations dans le marketing électronique, nous n’avons pas pu implémenter ce qu’on a appris sur le terrain. »

Sur ce sujet, nous avons sollicité Jamal Nowass, le directeur de l’Office du Développement de Coopération (ODCO) de Tanger, il nous affirme : « La plupart des coopératives ont mis la clé sous la porte pendant le confinement puisqu’elles n’ont pas pu commercialiser leurs produits sur les réseaux sociaux. ». Il conclut : « Il faut former des unions des coopératives féminines pour lancer un grand réseau de commercialisation et de marketing ».

Face à ces propos, nous avons contacté Karima Habibi, la présidente du département de l’économie sociale et solidaire au Conseil de la région de Tanger Tétouan Al Hoceima (CRTTA). Elle nous déclare : « Le CRTTA a lancé plusieurs programmes qui ont pour objectif de développer les coopératives, je cite notamment le projet de e-commerce, qui vise à soutenir les coopératives féminines et les aider à commercialiser leurs produits. Pour son impact, je ne peux rien vous confirmer car le projet est encore en cours d’exécution. »

En effet, le Conseil régional et l’ODCO ne sont pas les seuls à déployer des efforts dans ce sens, la société civile, elle aussi, se mobilise afin d’assurer des programmes de formations au profit des coopératives féminines.

Fathia Saidi, la secrétaire générale de l’association de l’Union de l’Action Féministe (UAF) de la section de Tanger nous déclare : « Les femmes membres des coopératives participent au développement économique et social, elles créent des postes de travail et valorisent les ressources locales. A travers nos formations, nous visons à les fédérer autour de leurs droits à l’égalité des chances, aux valeurs de la solidarité et à l’accès aux ressources ».

Souad Terraf, co-fondatrice d’une coopérative de tissage est l’une des bénéficiaires des formations assurées par l’UAF. Elle a commencé comme apprentie il y a 15 ans. Direction, son atelier de tissage, où Souad se sent pleinement à sa place : « Quand je termine mon travail, je me sens très fière d’avoir fabriqué un produit 100% local qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. »

Souad Terraf en plein travail à la coopérative de tissage, Les mains de Souad Terraf en train de tisser, Crédit : Ahlam Ghajjou

A l’intérieur du local, le bruit de la machine du métier à tissage mêlée à l’odeur fraîche de la pièce crée une mélodie singulière. Souad affirme : « Chaque année, plusieurs femmes adhèrent à notre coopérative, et notre engagement a porté ses fruits ; nous avons pu participer à des expositions au niveau national et international, et les femmes adhérentes ont pu prendre en charge leur familles grâce à leur travail ici dans la coopérative ».

Les Marocaines sont de plus en plus nombreuses à adhérer aux coopératives pour exercer des activités génératrices de revenus, faisant ainsi croître le nombre total des coopératives des femmes à 6000 en 2022 alors qu’elles étaient seulement 1756 en 2013.

Les mains de ces femmes se révèlent être non seulement un moteur du développement local et du changement social, mais elles ouvrent également aux adhérentes de nouvelles portes et les mènent vers une évolution de leurs activités et de leur statuts.

Ahlam Ghajjou

 

 

Africités Expliqué Aux Jeunes

 

Dans le cadre des actions de communication autour du sommet Africités 9 prévu du 17 au 21 mai 2022 à Kisumu, Kenya, CGLU Afrique et l’Institut Supérieur de l’information et de la Communication (ISIC), Rabat combinent leur effort avec la mise sur pieds de 3 rédactions (Radio, Tv, Print) composées des étudiants de l’ISIC. Ce podcast est produit dans le cadre ce programme.

CGLU Afrique s’intéresse particulièrement aux jeunes à travers ses sept domaines d’action prioritaires dans sa vision stratégique GADDEPA 2.0 (2021-2030).

Rappelons que l’ISIC et CGLU Afrique collaborent étroitement à travers un MoU (Memorandum of Understanding) signé en mars 2021