Les échos de Liverpool par le Secrétaire Général de CGLU Afrique

Le Bureau Exécutif de CGLU a organisé un débat sur les politiques relatives à la planification et à l’espace public dans le cadre des priorités de l’agenda mondial de CGLU.  Le débat s’est déroulé dans les locaux de l’Hôtel de Ville de Liverpool le mardi 17 juin de 9H15 à 11H15.

 

L’allocution d’ouverture prononcée par le Conseiller Richard Kemp a insisté sur le rôle des collectivités locales dans la construction des relations multidimensionnelles durables qui sont essentielles pour la construction d’un monde plus pacifique et plus prospère pour tous.

Le président de la réunion, M. Joseph Roig a présenté les raisons pour lesquelles il est important de traiter avec l’espace public, en insistant sur la valeur sacrée de l’espace public en tant que bien public.  La tendance à avoir des communautés fermées proliférant partout est la preuve que l’espace public n’est pas une certitude, mais devrait être une préoccupation pour chaque autorité locale. Il y a une proposition qui suggère que 30% de l’espace urbain devrait être public. Cela peut être considéré comme un bon point de départ. Le Manifeste 2010 a insisté sur la nécessité de traiter l’espace public comme un service public et un bien public, et le lieu où tous les citoyens, quels que soient leurs revenus, leur personnalité ou la couche sociale à laquelle ils appartiennent, peuvent se sentir égaux et être traités sur les mêmes pieds d’égalité.

La Ville de Durban a présenté les échanges d’apprentissage qui se sont déroulés à Durban sur le rôle critique de l’espace public dans la recherche de la terre promise de l’égalité et des soins pour tous. Aucun espace public n’existe sans communauté et il n’y a pas de communauté viable sans espace public.  La culture joue un rôle critique dans l’identification de l’espace public.  C’est un lieu où l’on retrouve la cohésion sociale et l’on construit la dignité des populations.  Ceci nécessite l’innovation et la créativité et devrait s’appliquer à toutes les catégories de villes: grandes, moyennes et  petites.  Cependant, l’espace public n’est pas perçu par les décideurs ou les citadins comme un service public.  L’espace public ne se résume pas aux lieux publics, mais devrait être compris comme un espace ouvert à l’usage de tous les citoyens, pour l’interaction dans le cadre des échanges économiques, sociaux et culturels.

La présentation de Porto Alegre, a mis en relief l’approche positive que cette ville a envisagée par rapport à la question de l’espace public comme un partenariat citoyen.  La ville s’est rendu compte que l’espace public n’est pas un service normal de ville avec des travailleurs municipaux pour les routes, l’eau, les eaux d’égout, l’énergie,  l’éducation ou la santé. L’espace public a une base qui est très fortement territoriale. Les outils de géo-référencement offrent de bons points d’entrée pour comprendre la répartition de l’espace public dans la ville et il y a des audiences régulières dans l’interaction de l’espace public entre le maire et  les communautés. Le programme de résilience de la ville financé par la Fondation Rockefeller met également  en relief l’espace public comme un point d’entrée pour la résilience.

Diana Lopez de l’ONU-Habitat a présenté le travail de l’ONU-Habitat sur l’espace public qui est le point de départ pour des villes inclusives. Le programme mondial sur l’espace public de l’ONU Habitat a investi 400 000 $  dans 5 villes à travers le monde. Les lignes directrices sur la planification à adopter lors de la prochaine réunion du Conseil d’administration de l’ONU-Habitat comportera un chapitre sur l’espace public. Le rôle des autorités locales est de plus en plus pris en compte. L’agenda post 2015 reconnaît la perspective des collectivités locales sur le développement. Cette tendance est une avancée dans la bonne direction. Le développement relève fondamentalement de la responsabilité des autorités locales.

  1. se tiendra une conférence en septembre à Buenos Aires sur l’espace public et les membres de CGLU sont les bienvenus.

Le débat a été ouvert avec les contributions de Richard Kemp. Il a dit que le parc central de New York a été inspiré d’un parc à Liverpool. Le ‘Liverpool 1 City Center Park’ a répugné à un centre commercial, qui maintient les zones commerciales à l’intérieur de murs privés. Cette option a maintenu les zones commerciales dans un environnement où le parc de verdure est une importante partie.

Metro Vancouver a dit qu’il n’est pas nécessaire de s’étendre sur un grand passage pour piétons. Faire sortir les populations des bâtiments pour les amener à interagir dans l’espace public. Le CGLU doit apporter sa contribution en appuyant des échanges sur ces expériences.

La contribution de l’Allemagne a précisé que l’espace public est absolument vital pour donner un visage à la ville. Il relève pleinement de la responsabilité de la ville. La décision de s’associer avec le secteur privé  est la bienvenue à condition que la prise de décision relève de la responsabilité des autorités locales. La planification urbaine est au cœur des interventions de l’espace public. La propreté et la sécurité de l’espace public sont critiques pour l’image de la ville. C’est un bon sujet de réflexion.

Les commentaires de l’Indonésie ont précisé que l’espace public en Indonésie est obligatoire en vertu de la loi nationale de 1996. 30% de l’espace doit être réservé pour les zones de verdure.

L’Administrateur de la Ville de Johannesburg a donné deux exemples en matière d’espace public. En Afrique du Sud, les riches vivent à proximité du centre ville, alors que les pauvres vivent dans les centres informels. C’est pourquoi la Ville de Johannesburg a décidé de paver les trottoirs et planter des parcs à la périphérie. Dans le centre-ville les trottoirs sont devenus des zones commerciales, d’où le droit contre les marchands ambulants et les vendeurs de la rue. Nous devons comprendre que ce qui se passe sur la scène internationale a un impact sur le comportement des citoyens. Le couloir de  liberté pour créer la densité et combler  le fossé de l’apartheid sont une nouvelle politique pour l’utilisation de l’espace ouvert et de l’espace de mélange. JPEM a insisté sur le fait que la plupart de la croissance urbaine de l’Afrique se traduit par une croissance des établissements informels.

Jordi de la commission de la culture a déclaré que l’espace public donne le caractère unique de chaque ville. Les lignes directrices mondiales devraient reconnaître cette spécificité liée à la nature unique du contexte et de l’histoire de chaque ville.

Frédéric Vallier a soulevé la question de l’espace communautaire avec la vague de la dynamique des privatisations.

L’on assiste de plus en plus au fait que nombre d’espaces et de jardins appartiennent à des communautés.

Bernadia de l’ASPAC a déclaré que la plupart de la planification se fonde sur le marché, et que seuls les plus riches peuvent y avoir accès. L’espace public doit être un moyen de garder l’espace public comme un service public et un bien public. La référence au nombre devrait être utilisée avec soin, la préférence doit être accordée à l’augmentation progressive au lieu des normes ciblées.

FCM a insisté sur la nécessité d’utiliser tous les domaines de compétence disponibles entre les membres de  CGLU. Il est important de maximiser l’utilité de l’espace public par rapport aux comportements culturels.

Istanbul a déclaré que les domaines publics peuvent créer des risques s’ils ne sont pas bien gérés et entretenus. Il y a une dimension sanitaire de cette question qui mérite plus d’attention.

L’ONU-Habitat a établi que le chiffre de 30% pour l’espace public est proposé en vue d’ouvrir le débat.

Durban a insisté sur l’espace public de qualité, et l’utilisation de l’espace public. Comment faire le plaidoyer autour de l’espace public de qualité dans tous nos réseaux?

Mexique a insisté sur la culture comme un moyen pour régénérer l’espace public. Mexico City était une ville très insécurisée,  il y a 20 ans, mais elle est devenue aujourd’hui l’une des villes les plus sûres. Auparavant, la gouvernance de l’espace public a abandonné l’espace public, et la conséquence est que les populations ont commencé à fermer les rues pour des raisons de sécurité et la peur s’est répandue partout dans la ville. La nouvelle gouvernance a travaillé pour des rues plus sûres,   et l’ouverture des portes des communautés. La confiance a été en conséquence reconstruite et l’interaction et le dialogue culturels sont de retour à nouveau. La dimension genre de l’espace public devrait être également mise en relief.

Alain Lesaux a abordé un aspect de la dimension financière. Comment pouvons-nous planifier les espaces publics si les ressources financières font défaut, et lorsque nous sommes confrontés à des difficultés liées à la taxation locale?

Vancouver offre gratuitement des pianos à travers un programme local de parrainage des quartiers.

Sarah du Secrétariat de CGLU a indiqué la voie à suivre:

1. Définir un manifeste sur la campagne pour un développement axé sur les populations

2. Des pratiques à mettre en relief dans les six dimensions du rapport GOLD IV

3. Comment alimenter l’agenda de Habitat III

4. Comment coopérer entre membres

 

Jean Pierre Elong Mbassi