Mission à la Commission de l’UE

Le Secrétaire Général de CGLU Afrique, a participé les 26 et 27 mars 2014,  à  une mission à Bruxelles sur le partenariat stratégique entre la Commission Européenne et les Associations régionales/ internationales de collectivités locales.

Les objectifs de la mission étaient de:1) échanger sur la proposition d’un partenariat stratégique entre la Commission européenne et le CGLU Afrique,  et  2) prendre part à une réunion entre DEVCO et toutes les associations régionales et mondiales qui sont pressenties pour un partenariat stratégique avec la Commission de l’Union Européenne.

 

(I) Lors des échanges avec DEVCO , les questions suivantes ont été abordées:

Le renforcement des capacités, quel rapport entre le renforcement des capacités et les relations avec les membres.

    1. La durabilité. Quelle Exit strategy et quelle implication des autres acteurs?
    2. Comment relier la stratégie proposée et la vision à long terme de CGLU Afrique?
    3. Requêtes reçues dépassent la disponibilité du budget.
    4.  Contreproposition de la Commission attendue au cours de la semaine prochaine.

Recommandations

  1. Redéfinir l’objectif dans le cadre de GADDEPA. Redéfinir l’objectif global. Les deux parties font avancer l’objectif de GADDEPA.
  2.  Durabilité: effort de clarification au delà de l’accord politique. Que se passe-t-il au delà de 2021? Stratégie de soutenabilité, et impact: mapping des bailleurs de fonds.
    Matrice des partenaires. Soutien reçu dans les axes présentés. En vue de synergies.
  3. Relations entre associations et autorités locales individuelles au niveau de capacity development:
  4. Clarifier ce que sont les regional resource centers et les associations de professionnels des Collectivités locales par rapport aux associations régionales et nationales d’autorités locales
  5.  Elément difficile à faire financer par DEVCO: le plaidoyer pour l’Union Africaine

(II) Sur la rencontre générale
La première partie de la réunion a été consacrée aux commentaires des associations participantes:

FLACMA
Nous savons ce qu’il faut améliorer. Nous pensons qu’il faut des clarifications quant au dispositif à mettre en place. Qu’est-ce que la Commission veut exactement?

AIMF
Excellente réunion d’échanges et note a été prise des attentes.

CEMR
Avoir confiance aux services. L’objectif du partenariat stratégique est de construire une politique renforçant l’efficacité de l’aide, et d’engager de nouveaux acteurs tels que les Collectivités locales en Europe pour démultiplier les effets sur les acteurs des pays partenaires. La réponse globale nécessite de bien voir la complémentarité entre les différentes propositions et d’envisager quelle mise en synergie promouvoir pour avoir un partenariat stratégique global.

CLGF
4 objectifs stratégiques: le plaidoyer sur l’agenda mondial, les politiques de décentralisation, la recherche et le renforcement des capacités. Il est important de clarifier le concept de partenariat et il faut un dialogue plus approfondi à ce sujet, y compris comment on procèdera à l’évaluation.

CGLU
Partage les observations déjà formulées. Nous sommes conscients que des commentaires écrits vont nous permettre d’avoir une meilleure compréhension du partenariat stratégique. Il faut une flexibilité opérationnelle lors de l’étape de la mise en œuvre.

CGLU Afrique
Idée de partenariat stratégique à clarifier, étant entendu qu’il s’agit bien d’un engagement commun avec des résultats partagés dont l’atteinte nous engage pareillement. C’est donc ensemble que nous serons évalués quand en 2020 il faudra établir si le partenariat a eu des résultats positifs ou non.

CUF
Souligne l’importance de ne pas perdre de vue l’expertise des collectivités locales dans la mise en œuvre de la coopération européenne et la richesse de la coopération de collectivité à collectivité dans la perspective d’une coopération durable.

Après cela, DEVCO a fait les commentaires suivants:
Les partenariats s’inscrivent dans le cadre de la priorité 2 du DCI.
Les réunions avec le parlement et le contrôle interne se sont bien passées. Maintenant commence la consultation interservice, dont les résultats sont attendus en juillet.
Trois priorités: 1) Action pays (75% des fonds; ici ce sont les délégations qui sont actives. C’est là où il faut aller rechercher l’essentiel des ressources pour la coopération décentralisée); 2) Appui aux réseaux régionaux et globaux pour renforcer le rôle des autorités locales dans le développement; 3) Education au développement réservée aux organisations européennes. Un grand appel à propositions a été lancé en 2013 doté d’un montant substantiel (70 millions en 2014-2015, dont 20% ciblent les autorités locales).
Sur l’évaluation, la proposition de la Commission est que les évaluations ne soient pas faites individuellement. On mutualise et on lance un Appel d’offres pour se doter des le début d’un système d’évaluation avec un bureau d’études et un groupe de référence  formé par les acteurs du partenariat stratégique. Ceci est nouveau pour tout le monde, et n’a jamais été réalisé au sein de l’UE, car nous partons  d’une tradition de soutien à des projets. L’ambition sera à la hauteur de nos capacités communes.
Les impératifs de la coopération au développement appellent un renouvellement des modèles.

La lecture de la vue d’ensemble des propositions de partenariats fait ressortir:

  1.  L’aspect du plaidoyer est partout. Il représente 43% du budget total des propositions.  Quel type de coordination réaliste peut être proposé en vue d’accroître les synergies entre les partenariats? Quelle est la proportion de plaidoyer en soi par rapport à la fourniture de services aux membres?
    Si nous accordons que le plaidoyer pourrait avoir de nombreuses significations: il peut revêtir l’autonomisation et l’appropriation, d’où la nécessité d’une clarification.
  2. Coopération décentralisée: 33 % du montant total des propositions. Ce n’est pas trop, compte tenu du fait que l’essentiel des ressources de la coopération décentralisée doit être recherché dans la première priorité consacrée aux actions pays  Il faut une meilleure structuration de ce qui se fait aux niveau régional et mondial, et ce qui est fait au niveau des pays. Sur cette question, Cités Unies France a soutenu que l’on devrait considérer le déséquilibre entre la demande et l’offre. D’où la nécessité d’avoir de forums réguliers nationaux sur la coopération décentralisée comme un marché annuel pour renforcer et rationaliser les partenariats de coopération décentralisée ainsi que l’apprentissage entre pairs.
  3.  Un accent géographique sur l’Afrique Il faut éviter ici les chevauchements et renforcer une véritable coordination. L’on devrait aller au-delà des annonces qui sont faites et surtout mettre l’accent sur la mise en œuvre d’une véritable et efficace complémentarité sur le terrain.
  4. La voie à suivre :

Politique conduisant à un partenariat cadre et à des résultats. Ceci nécessite un changement de culture.
Questions à aborder:

  • – La complémentarité des différentes propositions
  • – Lier l’impact du développement des capacités à la gouvernance et à la fourniture de services aux  citoyens afin d’éviter que le renforcement institutionnel ne devienne essentiellement introverti. 
    -Y a-t-il un de frais généraux dans un partenariat stratégique, qui devraient être différents de l’approche projet? Le partenariat implique un soutien global pour l’organisation qui n’a pas besoin d’être complété avec des frais généraux.
    – La question de la durabilité devrait être abordée sérieusement. Il s’agit là d’un des talons d’Achille de la plupart des propositions.

5.  Les prochaines grandes étapes

  • –   Les remarques écrites et les contrepropositions de DEVCO, qui seront envoyées au courant de la semaine prochaine, et les commentaires et deuxième révision des propositions qui seront renvoyées à DEVCO au plus tard fin avril 2014.
  • –   Les consultations interservices au sein de l’Union Européenne démarreront à partir de mai 2014.
    –   Le peaufinage du modèle de partenariat de mai à septembre 2014. Il est envisagé à ce stade, d’engager un expert externe pour aider à développer et remplir le modèle.
    –  La signature officielle des accords de partenariat en octobre 2014.

Jean Pierre Elong Mbassi
Secrétaire Général , CGLU Afrique