Yvonne Aki-Sawyerr : des paroles aux actes !

Yvonne Aki-Sawyerr est maire de Freetown (Sierra-Leone) depuis mai 2018. Première femme élue à occuper ce poste après Dr June Holst-Roness (1977 – 1980, NDLR : le poste n’était pas électif à ce moment), l’édile de la capitale sierra-léonaise fait de la transformation de sa ville sa priorité.

Pour atteindre cet objectif, l’initiative : «Transform Freetown » a été lancée en janvier 2019. Le plan triennal Transform Freetown détaille 19 objectifs concrets dans 11 secteurs et couvre des questions allant de la gestion des déchets à l’amélioration de la planification urbaine, et à la lutte contre la dégradation de l’environnement. Il vise à relever les défis socio-économiques et les vulnérabilités environnementales de Freetown, qui reste le moteur économique du pays avec une contribution à hauteur de 30% au PIB. Les 11 secteurs prioritaires sont regroupés en quatre groupes clés : Résilience, Développement humain, Ville saine et Mobilité urbaine.

L’équipe municipale dirigée par Yvonne Aki-Sawyerr a dressé un bilan d’étape sur les avancés réalisés jusqu’ici à travers la publication du rapport annuel du projet.

En matière de résilience, la ville a lancé une campagne de reboisement dont l’objectif est de planter 1 million d’arbres d’ici à 2022. « Il ne s’agit pas seulement de planter des arbres ; il s’agit de faire pousser des arbres et de s’assurer que chacun d’entre nous fasse partie du processus. Un million d’arbres est la petite contribution de notre ville à l’augmentation du puits de carbone mondial dont nous avons tant besoin », explique le maire lors de son passage au célèbre cycle de conférence TED ici. Le rapport met également en lumière les actions menées par la municipalité dans la riposte face au Covid.

Genre & Climat

Yvonne Aki-Sawyerr peut être présentée comme une femme d’action, qui communique et mène le plaidoyer à l’échelle nationale et internationale en faveur de sa municipalité sur les principaux agendas mondiaux.

En 2020, Freetown a mis en œuvre le programme Women4Climat. L’initiative vise à responsabiliser et à inspirer la prochaine génération de femmes leaders dans le domaine du changement climatique grâce à un mentorat mondial.

En janvier 2021, Freetown a notamment été choisie comme l’une des 5 villes de pays à revenu faible ou moyen qui ont reçu la subvention #GlobalCitiesFund du Conseil des maires sur les migrations. « Grâce à cette subvention, nous allons développer notre programme de micro-entreprises de gestion durable des déchets en aidant les jeunes des communautés informelles à créer 40 nouvelles entreprises de collecte des déchets pour desservir davantage de ménages. Cela contribue directement à notre objectif d’avoir au moins 60 % des déchets solides collectés et éliminés en toute sécurité d’ici 2022 », se réjouit Mme Yvonne Aki-Sawyerr.

Eau et assainissement

Via le projet Freetown-Blue Peace lancé en décembre 2020, le conseil municipal de Freetown (FCC) compte obtenir des financements innovants pour mettre en œuvre un projet d’eau durable dans la capitale. « Le projet Freetown-Blue Peace considère l’eau comme un point d’entrée pour les interventions qui construisent la paix et favorisent le développement, car les conflits sont plus susceptibles de se produire là où il n’y a pas de développement. Nous commençons par l’eau, mais nous passons très rapidement à l’assainissement, qui ne peut se faire sans eau adéquate. Nous passerons ensuite aux marchés, qui sont une source de revenus, plus de 60 % de notre population travaillant dans l’économie informelle. Il est important de noter que Freetown-Blue Peace est une question de durabilité, et cela comporte trois éléments : le premier est un véritable élément d’eau, qui consiste à fournir des kiosques d’eau. Cela vise les quartiers informels, et 35 % de notre population vit dans des quartiers informels ; deuxièmement, l’assainissement, du point de vue des toilettes publiques. Nous allons construire 40 kiosques à eau et 25 toilettes publiques ; et enfin, il y a l’élément de collecte des déchets solides et liquides. Nous allons acquérir des camions aspirateurs pour une meilleure collecte des déchets solides et liquides. Seuls six pour cent des déchets liquides étaient collectés à Freetown lorsque je suis devenu maire en 2018. Nous avons pour objectif de porter ce chiffre à au moins 60 % d’ici 2022 », a-t-elle expliqué dans l’entretien accordé à Afrique Renouveau ici

A mi-parcours de son mandat, Yvonne Aki-Sawyerr est sur la bonne voie pour tenir parole, elle qui au lendemain de son élection affirmait : “Freetoniens, cette victoire est pour nous tous. Je vous remercie de croire en ma vision et de me faire l’honneur d’être votre maire pour les quatre prochaines années. Je me réjouis de travailler avec vous tous pour faire de Freetown une ville dont nous sommes tous fiers”

Bon vent, Mme le maire !

Sources:

Source 1
Source 2
Source 3
Source 4
Source 5
Source 6
Source 7

Renforcer la contribution des personnes migrantes à l’urgence et aborder les vulnérabilités pendant la crise du COVID-19

#BeyondTheOutbreak

Barcelone, Espagne et Nairobi, Kenya, 20 avril 2020

En tant que niveau de gouvernement le plus proche des citoyens, les collectivités locales et régionales portent la plus grande responsabilité pour “ne laisser personne derrière”, quel que soit le statut juridique des personnes.

La série d’apprentissage en direct organisée par CGLU, Metropolis et ONU-Habitat a rassemblé plus de 1000 participants au cours de six sessions au pendant lesquelles les participants des gouvernements locaux et régionaux, du système des Nations Unies et des partenaires de la société civile ont partagé leurs expériences, leurs initiatives et leurs actions pour soutenir leurs communautés face à la pandémie en fournissant des services de base essentiels.

La session d’apprentissage en direct qui a eu lieu le 16 avril, organisée en collaboration avec le projet de migration de ville à ville en Méditerranée (MC2CM), a abordé la pertinence des réponses inclusives à la pandémie. Au cours de cette session, les gouvernements locaux de différentes régions du monde ont également partagé leurs aspirations pour l’avenir. Les Maires et Maires Adjoints des villes qui contribuent à changer le discours sur la migration, tels que Eric Piolle, Maire de Grenoble, Mounir Elloumi, Maire de Sfax, Mohamed Sadiki, Maire de Rabat, Souad Abderrahim, Maire de Tunis, Salvatore Martello, Maire de Lampedusa, Gissela Chalá, Maire-Adjoint de Quito, Latif Karadag, Maire-Adjoint de Gaziantep, ont été rejoints par Spyros Oikonomou, Conseil grec pour les réfugiés, et les partenaires clés de CGLU et d’ONU-Habitat en matière de migration tels que Michael Spindelegger, Directeur Général du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD).

Maimunah Mohd Sharif, sous-secrétaire général des Nations unies et Directrice Exécutive d’ONU-Habitat, a souligné l’opportunité qu’ont les collectivités locales et régionales de changer la perception générale de la migration, en partageant des histoires sur les contributions positives des migrants et en contrant les visions préconçues. La Directrice Exécutive d’ONU-Habitat a en outre fait valoir que “les migrants doivent être inclus dans la phase de rétablissement de la pandémie, et il est vital de les inclure dans les processus de planification locale. La solidarité est nécessaire pour retrouver la prospérité”.

La Directrice Exécutive d’ONU-Habitat a rappelé aux participants que les villes sont la principale destination des migrants et doivent rester des lieux d’opportunités pour toutes les populations, soulignant encore les importantes contributions des migrants au développement économique, social et culturel des villes. Elle a souligné la nécessité de mettre fin à la ségrégation et de favoriser la cohésion sociale, de mettre un terme aux rumeurs et de contrer la xénophobie qui se répand dans le monde.

Mohamed Boudra, Maire d’Al-Hoceima et Président de CGLU, a affirmé que la pandémie que le monde connaît actuellement va changer nos perceptions et nos stratégies, en particulier en ce qui concerne la solidarité et la migration. Les maires du monde s’efforcent de s’adapter à la situation et de répondre aux besoins de leurs citoyens en cette période de crise sanitaire, a-t-il dit et a salué la prestation de services fournie par les collectivités locales et régionales et les efforts de l’ensemble de la société pour octroyer des soins à tous les citoyens.

“Demain, nous ne parlerons plus de migrants mais de citoyens des villes. Les touristes en détresse, les travailleurs migrants et les sans-papiers vivent la pandémie au sein des communautés d’accueil et sont traités de la même manière face à la pandémie”.

Michael Spindelegger, Directeur Général de l’ICMPD, a affirmé que la première priorité dans cette situation d’urgence devrait être de garantir les droits des migrants et de favoriser des sociétés inclusives en renforçant la confiance et en mettant en œuvre des réponses fondées sur des preuves. Le Directeur Général de l’ICMPD a déclaré que l’apport des villes est essentiel dans les mesures inclusives de la phase de quarantaine.

La première partie de l’expérience d’apprentissage en direct était une table ronde sur la façon dont les gouvernements locaux et régionaux répondent au besoin d’atteindre les communautés locales, indépendamment de leur statut juridique, de leurs conditions de vie ou de travail. Elle était animée par Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU-Afrique, qui a plaidé pour la construction de villes solidaires qui contribuent à une nouvelle perception des migrants.

Eric Piolle, Maire de Grenoble, a souligné la montée des inégalités que la crise COVID-19 pourrait entraîner si des mesures ne sont pas prises et a insisté sur les efforts de Grenoble pour améliorer l’accès aux services pour tous les citoyens en délivrant des cartes d’identité locales.

“La ville de Grenoble est une terre de refuge et de sécurité et malgré la crise, nous souhaitons apporter cette ouverture d’esprit. Grenoble est une ville ouverte avec une philosophie d’intégration qui permet aux migrants de bénéficier de la communauté locale à travers des actions de citoyenneté, l’accès à des budgets participatifs, des conseils de citoyens, le logement, les activités sportives et culturelles”.

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