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Tenue des rencontres d’instances et ouverture prochaine au Caire (Egypte) du bureau régional Afrique du Nord de CGLU Afrique

A l’invitation du Ministre du Développement Local de l’Egypte, Son Excellence Mahmoud Chaaraoui, une délégation de CGLU Afrique dirigée par le Secrétaire Général, M. Jean Pierre Elong Mbassi, a participé à une mission au Caire, en Egypte, du 6 au 9 mars 2019. La délégation était composée de : M. Lahcen Amrouch, Vice-président de l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC) ; Mme Souad Zaidi, Adjointe au Maire de la ville de Rabat au Maroc ; M. Youssef Tanarhte, Directeur du Département Financier et Administratif de CGLU Afrique et M. Mohamed Cherkaoui, Chef du Protocole et des Relations avec les Administrations de CGLU Afrique.

La mission faisait partie des activités de suivi prévues au lendemains du 8ème Sommet Africités tenu en novembre 2018 à Marrakech, au Maroc. Le but de cette mission était d’affirmer le lien entre CGLU Afrique et les autorités égyptiennes. En effet, lors du sommet Africités 8, l’Egypte avait décidé d’effectuer son retour au sein de CGLU Afrique et de participer activement aux activités de l’organisation continentale des collectivités territoriales d’Afrique.

Le Ministre égyptien du Développement Local a expliqué que le Sommet Africités était une révélation sur l’importance de la contribution de CGLU Afrique à l’unification du continent et à la promotion de son développement à partir de la base. Il a insisté sur le fait que le Président égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, en sa qualité de Président de l’Union Africaine pour l’année 2019, s’était engagé à poursuivre et à approfondir les efforts visant à créer une Union Africaine forte et résolue à mettre en œuvre l’accord de zone africaine de libre-échange, qui contribuera fortement à la réalisation de l’Agenda 2063, L’Afrique que nous voulons.

La délégation a tenu deux réunions importantes : dans la matinée du 7 mars 2019 avec le Ministère du Développement Local, à laquelle assistait Son Excellence Monsieur le Ministre qui la présidait entouré des gouverneurs du Caire, de Damiette et de Kaliubia, ainsi que des hauts fonctionnaires du ministère et des gouvernorats correspondants. Dans l’après-midi du 7 mars 2019, la délégation a rencontré Son Excellence Abubakar Hafni, Secrétaire aux Affaires Africaines et ses collaborateurs au Ministère des Affaires Etrangères.

Parmi les points à l’ordre du jour figuraient entre autres :

– L’échange d’informations sur la situation de la décentralisation et les attentes de CGLU Afrique ;

– La création du siège du bureau régional pour l’Afrique du Nord de CGLU Afrique (NARO) au Caire ;

– L’accueil des réunions des instances de CGLU Afrique en Égypte qui se tiendront au mois de juin 2019 ;

– Une visite de terrain.

En ce qui concerne la création du siège du bureau régional Afrique du Nord de CGLU Afrique (NARO) au Caire, les autorités Egyptiennes ont fourni des informations rassurantes sur ce dossier. En effet, le Ministre du Développement Local de l’Egypte, Son Excellence Mahmoud Chaaraoui a confirmé que l’Egypte avait offert d’accueillir le siège du bureau régional Afrique du Nord de CGLU Afrique et a d’ailleurs proposé à la délégation de CGLU Afrique de visiter les locaux affectés pour le bureau régional de l’Afrique du Nord.

Situé dans la zone aéroportuaire d’Héliopolis, les locaux composés d’une salle de réunion et 4 bureaux seront meublés, équipés, livrés et prêts à fonctionner au plus tard à la fin du mois de mai 2019.

La délégation a estimé que les locaux proposés pour NARO étaient appropriés et étaient tout à fait convenables pour la mission qui incombe à NARO.  Le projet d’accord de siège a déjà été soumis à l’approbation du Gouvernement Egyptien et est en cours d’examen auprès du service juridique du Ministère des Affaires Etrangères. Ce qui confirme que tous les voyant sont au vert pour l’ouverture prochaine du bureau NARO.

Le point sur l’accueil par l’Egypte des prochaines rencontres statutaires de CGLU Afrique a  débouché sur le choix de la période du 17 au 21 juin 2019. Le Gouvernement Egyptien ayant proposé d’organiser ces réunions à la veille du lancement de la Coupe d’Afrique de Nations de Football de la CAF, le 21 juin 2019. Les rencontres se tiendront comme suit :

  • Rencontre stratégique régionale de la Région Afrique du Nord de CGLU Afrique, réunissant   les membres de l’Afrique du Nord siégeant au Conseil Panafricain de CGLU Afrique ainsi que les présidents et secrétaires permanents de chaque association nationale de collectivités territoriales opérant dans la région (17 juin),
  • Réunion de la Commission de Gestion Financière (18 juin)
  • Lancement officiel de REFELA Egypte (19 juin 2019)
  • Réunion du Comité Exécutif de CGLU Afrique (20 juin 2019)
  • Inauguration officielle du bureau régional de CGLU Afrique pour l’Afrique du Nord (21 juin 2019)
  • Participation à la cérémonie de lancement de la Coupe d’Afrique des Nations de Football (21 juin 2019).

En abritant ces rencontres, le pays des pharaons réaffirme sa détermination à reprendre sa place légitime dans le mouvement pour la gouvernance locale et la dynamique du développement local en Afrique.

Le Ministre du Développement Local, Son Excellence Mahmoud Chaaraoui s’est félicité de l’élection des représentants égyptiens au sein des organes de gouvernance de CGLU Afrique, à savoir :

–  Le Gouvernorat de Kaliubia représenté par son Gouverneur, Dr. Alaa Abdelhalim Mohamed, au Conseil Panafricain de CGLU Afrique ;

–  Le Gouvernorat du Caire, représenté par M. Khaled Abdelaal, au Comité Exécutif de CGLU Afrique ;

–  Le Gouvernorat de Damiette, représenté par Mme Manal Awad Mikhaiel Aboughatas, au Conseil Panafricain de REFELA (Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique).

Le bureau régional pour l’Afrique du Nord (NARO) vient s’ajouter aux trois autres bureaux régionaux déjà opérationnels de CGLU Afrique : Afrique de l’Ouest (WARO), Afrique de l’Est (EARO), Afrique Australe (SARO).

Les Villes intermédiaires adoptent la Déclaration-Charte de Chefchaouen des villes intermédiaires du monde

Le caractère spécifique et les défis des villes intermédiaires ont, jusqu’à récemment, fait l’objet d’une attention limitée. De par leur rôle central dans la réalisation de processus de développement urbain plus équilibrés et durables, et la réduction des inégalités territoriales, ¡il est impératif que les villes intermédiaires deviennent plus proéminentes dans les processus de localisation de tous les Agendas mondiaux.

Dans ce cadre, le Forum de CGLU sur les villes intermédiaires, consolidé en tant que processus de consultation et de développement politique, a adopté la Déclaration-Charte des villes intermédiaires du monde lors du Premier Forum mondial des villes intermédiaires – célébré dans la ville de Chefchaouen du 5 au 7 juillet – qui a rassemblé plus de 250 participants de 40 pays différents.

Ce premier Forum mondial a accueilli un dialogue entre les représentants des gouvernements des villes intermédiaires et d’autres parties prenantes clés, qu’il s’agisse d’organisations internationales, de gouvernements nationaux et régionaux ou de représentants d’autres types de villes.

S’appuyant sur les valeurs de solidarité, de responsabilité et de transparence qui caractérisent notre mouvement mondial centenaire, les villes intermédiaires se sont engagées à contribuer aux Agendas mondiaux.

Pour répondre aux défis identifiés, les villes intermédiaires, avec le soutien de divers partenaires, identifient une série de stratégies et de concepts qui incluent une forte reconnaissance de la culture du « bon vivre » comme facteur clé pour atteindre le développement durable. Un autre aspect important est l’inclusion de stratégies participatives, avec un emphase particulière sur la participation des femmes, pour reconnaître les besoins de la citoyenneté comme base pour la mise en œuvre des ODD et autres Agendas mondiaux, ainsi que la création de mécanismes pour permettre le développement des services de base et des infrastructures au niveau local pour faire face à la pression croissante sur les villes intermédiaires, faisant des citoyens le moteur de la croissance économique au niveau local.

Les villes intermédiaires et leurs partenaires s’engagent à développer des actions concrètes et à travailler pour la tenue du Deuxième Forum de CGLU des villes intermédiaires.

Plus d’informations :

« Faisons de 2017, l’année des réalisations pour notre organisation », Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire général, CGLU Afrique

«Au nom du Président et des membres du Comité exécutif, je souhaite une bonne et heureuse année 2017 à tous les membres et partenaires de CGLU Afrique». 

Faisons de 2017, l’année :

-Des réalisations pour notre organisation.

-D’entrée en vigueur de la Charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local

-De la relance du processus de mise en place du Haut Conseil des Collectivités Locales comme un organe consultatif de l’Union Africaine.

-Du  début des activités de l’Académie Africaine des Collectivités Locales.

Nous avons beaucoup à accomplir, mais ensemble, nous pouvons faire de 2017 une étape importante pour l’autonomisation des collectivités locales et contribuer au renouvellement de la bonne gouvernance en Afrique. Avec la participation de tous les membres et partenaires de CGLU Afrique, je suis sûr qu’on y arrivera.

Bonne année à toutes et à tous.

Jean Pierre Elong Mbassi

Secrétaire Général

Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique)

Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local – Communiqué de CGLU Afrique

«Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local».

Le thème retenu cette année 2016 par l’Union Africaine pour la célébration de la Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local le 10 août prochain est : «l’équité, la promotion du genre et l’autonomisation des femmes pour une meilleure réalisation de l’Agenda 2063 et l’atteinte des objectifs de développement durable» ; avec pour sous-thèmes :

 

– «Quelles stratégies pour améliorer la représentation des femmes dans les différents organes de leurs collectivités locales ?»

– «Autonomisation des femmes rurales, un atout pour éradiquer la pauvreté et la faim».

Comment assurer l’autonomisation des femmes rurales si elles ne prennent pas une part active dans la gestion de leur collectivité ? Comment prendre part si elles ne sont pas représentées dans les organes délibérants ou exécutifs ? Et plus fondamentalement comment espérer leur contribution significative si elles n’ont aucun contrôle sur les éléments de base de l’activité agricole que sont l’accès à la terre, aux intrants et au crédit ?

 

La représentation des femmes dans les organes politiques et administratifs des collectivités territoriales a été au centre des préoccupations de CGLU-A depuis plus de 5 ans. C’est en effet au cours du Sommet Africités de 2009 à Marrakech au Maroc que les membres de notre organisation ont instruit le Secrétariat général de promouvoir le réseau des femmes élues locales d’Afrique dont le forum fondateur s’est tenu du 8 au 11 mars 2011 à Tanger au Maroc.

 

Depuis cette date, REFELA s’est confirmé comme la voix représentative des femmes élues dans les collectivités territoriales, qui est de plus en plus entendue au niveau du continent à mesure que se mettent en place ses chapitres nationaux ; mais aussi au niveau international, REFELA assurant la représentation de l’Afrique au sein de la commission Égalité des Sexes de l’organisation mondiale des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). CGLU-A en appelle aux associations nationales d’élus ainsi qu’aux ministères en charge des collectivités territoriales pour que se mette en place dans chaque pays, une section REFELA nationale.

 

CGLU-A soutient l’idée de tendre vers la parité dans la représentation des genres au sein des organes politiques et administratifs des collectivités territoriales d’Afrique. CGLU-A en appelle également aux partis politiques et aux parlements afin qu’une action volontaire soit entreprise pour que la part des femmes en position éligible sur les listes de candidatures aux élections locales soit au minimum de 30%, pour tendre vers la parité dans les deux prochains mandats. L’exemple du Sénégal qui a légiféré en faveur de la parité devrait être médité et imité.

 

Mais CGLU-A souhaite que l’on aille plus loin. Il n’y a pas de véritable libération des femmes sans leur autonomisation économique. CGLU-A est d’avis que les collectivités territoriales ont un rôle important à jouer de ce point de vue. A cet égard les codes des marchés publics devraient intégrer des règles de préférence dans les appels d’offres des collectivités territoriales en faveur des entreprises dirigées par les femmes. Des actions délibérées (affirmative actions) devraient également être entreprises pour l’embauche d’un plus grand nombre de femmes en position de cadres dans les administrations des collectivités territoriales. CGLU-A souhaite vivement que ces objectifs soient intégrés parmi les priorités d’action des associations nationales des collectivités territoriales ainsi que des gouvernements nationaux soucieux de voir réussir leurs politiques publiques de décentralisation.

 

C’est aussi le lieu de rappeler qu’en juin 2014, les Chefs d’Etat et de Gouvernements de l’Union Africaine ont adopté une Charte Africaine des valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local. Cette Charte contient des lignes directrices utiles pour la conception comme pour la mise en œuvre des politiques de décentralisation. Son application par les différents pays africains pose les bases de la convergence des politiques de décentralisation au sein du continent.

 

Malgré son intérêt et sa portée pour l’enracinement de la démocratie au sein des sociétés africaines et pour l’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations, jusqu’ici, un peu plus de deux années après son adoption, la Charte n’a été ratifiée et signée que par une poignée de pays alors qu’il en faut au minimum 15 pour qu’elle devienne un instrument de l’Union. CGLU-A adresse ses félicitations aux États qui ont signé et ratifié la Charte, et les encourage à compléter la démarche en déposant les instruments signés et ratifiés à la Commission de l’Union Africaine par les voies diplomatiques. CGLU-A ne saurait assez encourager les associations nationales des collectivités territoriales des pays qui ne l’ont pas encore ratifié à mener un plaidoyer auprès de leurs gouvernements nationaux et leurs parlements respectifs afin que soit accéléré le processus de signature et de ratification de la Charte, s’ils sont réellement soucieux de «l’équité, de la promotion du genre et de l’autonomisation des femmes pour une meilleure réalisation de l’Agenda 2063 et l’atteinte des objectifs de développement durable ».

 

Rabat, 1er  août 2016

Jean Pierre Elong Mbassi

Secrétaire Général, CGLU-A

« CGLU Afrique fera tout son possible, pour que les villes et régions entretiennent l’élan de la COP21», Jean-Pierre Elong Mbassi (Cities Today Magazine)

Le Secrétaire Général de Cités et Gouvernements Locaux Unies d’Afrique (CGLU-A), M. Jean-Pierre Elong Mbassi a été choisi parmi les panélistes du magazine «Cities Today» pour se prononcer sur l’accord de Paris sur le climat (COP21). Dans son édition de février 2016, le magazine trimestriel offre une tribune aux leaders des villes afin qu’ils indiquent ce que cet accord signifie pour les agglomérations.  L’article rédigé par Jonathan Andrews est intitulé «Les leaders de villes demandent davantage de soutien financier sur le changement climatique».

Aux côtés de M. Mbassi figurent comme autres panélistes : Michael Bloomberg, Envoyé spécial des Nations Unies pour les villes et le changement climatique., Mark Watts, Directeur exécutif du Groupe C40 sur le climat (C40 Climate Leadership Group) , Tom Cochran,  Directeur Exécutif de la conférence des maires des Etats-Unis, Anna Lisa Boni, Secretaire Général d’Eurocities , Monika Zimmermann, député secrétaire général d’ICLEI et Rafael Tuts, Coordonnateur du Service de la planification et de l’aménagement du milieu urbain d’UN-HABITAT.

Nous vous proposons les réponses du secrétaire général de CGLU-A, qui appelle à une implication de tous via un dialogue multi acteurs afin de voir l’accord de Paris produire un réel impact dans les villes en matière de changement climatique.

L’article intégral avec l’avis des différents panélistes est disponible en anglais ici

 

Que pensez-vous de l’accord de la COP21 ?

Pour la première fois tous les États ont accepté, qu’ils font face à une menace commune du réchauffement et ils ont convenu que tout doit être fait pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 2 degrés Celsius. Toutefois, le fait que l’accord n’a pas de dispositions contraignantes peut être vu comme une faiblesse. Le principe de «nommer et dénoncer» dans l’accord suppose que des mécanismes de suivi et d’évaluation appropriés sont en place qui peut fournir des conseils neutres. Le recours à l’évaluation par des experts des rapports des pays volontaires ne sera certainement pas assez pour savoir exactement quels sont les pays  qui mettent en œuvre l’accord. En outre, le principe de « nommer et dénoncer » suppose que la société civile pourrait jouer un rôle plus important. Il est frappant de constater que malgré le rôle essentiel attendu de leur part, les organisations de la société civile n’étaient pas vraiment parties prenantes aux pourparlers de la COP21.

Dans quel domaine l’accord pourrait  faire davantage ? 

C’est le genre de problème où une approche multi-acteurs est la clé. Un dialogue quadripartite organisé et structuré entre les gouvernements nationaux, les autorités locales, le secteur privé et la société civile à tous les niveaux (locale, nationale, régionale et mondiale) aurait été la meilleure façon de préparer les négociations à la COP21. Il faut espérer que cette approche sera adoptée pour la COP22 à Marrakech en novembre 2016, qui porte spécifiquement sur les moyens de mise en œuvre de l’accord de la COP21.

 En signant la déclaration de Paris au sommet sur le climat pour les dirigeants locaux qui s’est tenue en marge de la COP21, plus de 600 villes se sont fixé des objectifs pour réduire de moitié les émissions urbaines. Etait-ce à dire que la Conférence réservée aux villes a été plus qu’une manifestation parallèle au point de ravir la vedette aux Etats ? 

Malheureusement, malgré leur rôle incontournable dans l’Agenda du changement climatique  et la reconnaissance générale qu’aucun progrès réel ne serait fait dans la lutte contre le réchauffement climatique si les villes et les gouvernements locaux ne sont pas considérés comme la ligne de front de ce combat, les dirigeants locaux continuent d’exprimer leur position à l’extérieur des salles de négociations. Le sommet sur le climat pour les dirigeants locaux était considéré comme un évènement parallèle et ne faisait pas partie de la procédure officielle de la COP21. Donc, il y a encore un long chemin à parcourir avant que  l’ONU puisse traduire en acte la première phrase de sa déclaration de fondatrice: « Nous, peuple du monde… »

L’accord de la COP21 souligne globalement que  100 milliards de dollars US par an doit être dépensée pour poursuivre les objectifs avec la plupart des coûts destinés aux efforts d’infrastructures d’écologisation,  d’atténuation et d’adaptation supportés par les zones urbaines. Est-ce que le financement constitue la prochaine bataille pour les villes et d’où proviendront les Fonds ? 

Il y a beaucoup d’espoir dans ce « fonds de la justice climatique » de 100 milliards  de dollars US par an. Cependant, l’expérience antérieure avec le financement climatique montre qu’il y a une énorme différence entre les promesses et la présence effective de l’argent dans les caisses. En outre, l’accès au financement climatique a été très difficile pour les autorités locales en raison de procédures discriminatoires et compliquées. Les autorités locales espèrent qu’il y aura une ouverture pour leur accès direct à ce fonds. Nous devrions profiter de la période de temps qui nous sépare de l’entrée en vigueur de la caisse en 2020 pour définir des mécanismes appropriés qui garantiraient un accès effectif et l’utilisation de ces fonds pour des initiatives d’atténuation et d’adaptation aux niveaux locales et régional.

Selon C40 presque les trois quarts du défis des villes lorsqu’elles tentent de prendre des mesures efficaces sur le changement climatique exige une collaboration avec les gouvernements nationaux, le secteur privé et d’autres. Que peut-on faire pour développer et améliorer ces relations ? 

La collaboration avec la société civile et le secteur privé fait partie de l’ADN des autorités locales. Ce qui doit être fait, c’est de créer un environnement propice au niveau national et supérieur de la gouvernance publique afin de permettre plus d’engagements multi-acteurs. Ce qu’il faut aussi c’est un mécanisme convenu au niveau international de surveillance pour éviter les abus de situation dominante, particulièrement par des sociétés multinationales, dont les pouvoirs négociateurs peuvent être beaucoup plus forts que certains des États du tiers-monde, sans oublier de mentionner leurs gouvernements locaux et régionaux.

A l’avenir, quelles sont vos prochaines étapes pour aider les villes à mettre en place des mesures pour éviter le réchauffement de la planète plafonnée à 1,5 degré ?

Les villes et régions des pays en développement sont conscientes qu’elles ne peuvent pas reproduire les modèles non durables de développement suivis par leurs homologues des pays développés qui mettent le monde en péril avec le réchauffement climatique. Il est donc temps pour chacun d’entre nous de se tenir la main et trouver un moyen  de développement plus durable et  à faibles émissions de carbone. Le monde a suffisamment de connaissances pour arriver à la solution la plus appropriée. Il est nécessaire de faire prévaloir l’esprit d’unité représentée à la COP21.  CGLU Afrique fera tout son possible pour que les villes et régions au moins en Afrique, sinon dans toutes les régions du monde, entretiennent  l’élan de la COP21,  de coopération et de travail vers plus de solidarité et moins de concurrence acharnée entre elles.