La santé mentale et le bien-être des jeunes au cœur de la réflexion et des actions prioritaires de l’ICESCO
L’organisation islamique pour la Science, l’Éducation et la Culture (ICESCO) a organisé un important séminaire sur la santé mentale et le bien-être des jeunes le 15 mai 2025 au siège de l’ISESCO à Rabat, Maroc. Ce séminaire a été organisé en partenariat avec l’Union Africaine, le Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication du Royaume du Maroc, la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN), le Réseau Mondial des Religions pour les Enfants (GNRC) et le Collège des Scission Sociales de l’Université Internationale de Rabat.
La séance inaugurale a été marquée par les allocutions du directeur général de l’ICESCO, S.E. Dr Salim Almalik, représenté par le directeur général adjoint, qui a insisté sur le besoin de considérer la santé mentale et le bien-être des jeunes et des femmes comme des priorités des politiques publiques d’éducation et de santé. C’est pour cette raison que l’ICESCO a publié un guide de premiers soins psychologiques (PSP) pour une santé inclusive pour tous “englobant à la fois la santé mentale, la santé physique, la santé nutritionnelle, et le WASH (eau, assainissement, hygiène).
Pour sa part, le Ministre de l’éducation nationale du Sénégal, S.E.M. Moustapha Mamba Guirassy, a rappelé l’importance de sortir de l’approche système éducatif pour aller vers la mise en place d’une société éducative où tous les acteurs seraient impliqués dans la formation et l’éducation des jeunes générations, y compris dans le cadre de l’univers symbolique que représentent la culture, les arts et les industries créatives.
Lors du Panel 1 portant sur la santé mentale et le bien-être dans les politiques publiques, modéré par Mme Ramata Almamy Mbaye, directrice du secteur des sciences humaines et sociales, ICESCO, les panélistes ont insisté sur le besoin de considérer avant tout la dimension humaine de la question de la santé mentale et du bien-être des jeunes et des femmes, particulièrement pour les populations migrantes ayant subi des traumatismes et souffrant souvent de manque d’écoute voire de manque de considération de leur dignité humaine. L’accent a été mis sur le vécu concret de ces stigmatisations qui se manifestent avant tout au niveau des territoires où vivent les populations. D’où l’urgence d’accorder un plus grand rôle aux collectivités territoriales dans la mise en œuvre des politiques publiques en cette matière. Cela doit se traduire par l‘introduction de la santé mentale et du bien-être dans les programmes d’éducation de base. D’où aussi la nécessité d’aborder la question de la santé mentale en ayant la préoccupation de l’envisager dans les contextes culturels de vie des populations concernées, et en s’efforçant d’inscrire sa prise en charge au regard du potentiel que lui offrent des valeurs culturelles locales.
Le Panel 2 sur la santé mentale et le bien-être dans les politiques nationales, modéré par le Professeur Farid El Asri, doyen du collège des sciences humaines à l’Université Internationale de Rabat, a été introduit par la conférence inaugurale du Directeur de l’Institut Arabe de Planification, Koweït, Dr. Abdullah Fahad Al Shami, qui a rappelé le rôle de la prise en compte de la santé mentale et du bien-être des jeunes dans la planification des politiques nationales d’éducation et de santé. Les panélistes ont insisté sur la nécessité de passer des pétitions de principe énoncées dans des conférences aux actions concrètes sur le terrain, notamment par la prise en charge réelle des causes des traumatismes et des stigmatisations. Il a été rappelé que les jeunes filles et les femmes sont particulièrement vulnérables à cet égard et méritent qu’il soit consacré à leur protection et à la protection de leurs droits des moyens spécifiques. Il est nécessaire d’aborder la question de la santé mentale et du bien-être avec une vision large, qui accorde une place tout à fait essentielle au préscolaire et au sport dans la prévention, la détection et le traitement des troubles de comportement chez les très jeunes enfants.
Le Panel 3 sur l’urgence d’adopter une approche holistique de la santé mentale dans le développement, modéré par M. Mohamed Hedi Shili, directeur du département des affaires juridiques et des normes internationales à l’ICESCO, a échangé sur les expériences innovantes de prise en charge des malades à travers des groupes d’écoute, le recours aux arts (arts plastiques, musicothérapie, etc.) ou l’accompagnement dans des équipements spécialisés, mais avec une approche qui connecte intimement la vie dans ces établissements avec les sociétés et communautés locales. Le recours aux technologies de l’information ouvre les possibilités de faire bénéficier au plus grand nombre les services des spécialistes grâce à la télémédecine. La prise en charge intergénérationnelle de la santé mentale a été relevée comme une approche qui réconcilie les thérapeutiques modernes avec les pratiques originelles des sociétés africaines, et est porteuse d’innovations prometteuses.
