CGLU Afrique au congrès pédagogique arabo-africain Smart City
CGLU Afrique a pris part à la 3ème édition du congrès arabo-africain de la Smart City qui s’est tenu du 13 au 15 mai 2025 au Musée Mohammed VI de la Civilisation de l’Eau à Marrakech.
Cette 3ème édition a eu comme invités d’honneur le Cameroun en Afrique et le Qatar pour les pays arabes.
La rencontre a été co-organisée sous l’égide du gouvernement marocain, par l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Préfectoraux et des Provinces (AMPCPP); l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC); le Forum Arabe Smart Cities; CGLU Afrique et Innovatel, fondateur du congrès arabo-africain de la Smart City.
CGLU Afrique a participé à cette 3ème édition du congrès arabo-africain par le Dr Fatna El Kihel, Maire d’Arbaoua au Maroc, Présidente de REFELA Maroc, et Vice-Présidente de REFELA pour l’Afrique du Nord, qui a représenté la Présidente de CGLU Afrique, Madame Fatimetou Abdel Malick; et par M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général, CGLU Afrique.
Cette 3ème édition du congrès a connu la participation de Mme Eng. Samira DHAYYAT, directrice générale de l’Organisation des Villes Arabes et du Forum Arabe des Smart Cities.
Les travaux du congrès ont été organisés autour de six réunions plénières :
- Bonnes pratiques de gouvernance intelligente des territoires
- Intelligence de la mobilité urbaine pour une sécurité territoriale durable
- Bonnes pratiques de la télémédecine au service des villes intelligentes
- Télécommunication, Cybersécurité et intelligence artificielle, leviers vers une transformation digitale des collectivités territoriales
- Transition énergétique durable des territoires : efficacité énergétique, et cheminement vers l’économie verte.
- Construction durable, Économie circulaire et Gestion rationnelle de l’Eau
Travaux
Sous le thème de la gouvernance de la Smart City, l’attention a été mise sur la nécessité d’avoir un support et des outils communs pour pouvoir faire dialoguer les différentes parties prenantes à l’échelle des territoires. La production d’une carte de base commune et partagée avec tous les acteurs pour servir de support au système d’informations géographiques, ainsi que des protocoles de traitement des différentes couches d’informations localisées en fonction de la vision qu’on se fait de l’avenir commun auquel doit contribuer l’approche Smart City.
Le thème de la mobilité urbaine est sans doute un de ceux pour lesquels l’approche de la ville intelligente est la plus immédiatement prometteuse et productrice de résultats tangibles. L’approche Smart City change la manière de planifier et gérer les infrastructures de mobilité. Elle permet d’explorer des solutions innovantes dans l’organisation et la gestion des systèmes de logistique et de transports. Elle donne l’opportunité de créer des plateformes où peuvent se retrouver toutes les parties prenantes de la question de la mobilité et de la logistique. Elle permet de rationaliser ces relations entre professionnels et usagers des transports, dans le sens d’un meilleur accès, d’une meilleure rentabilité et d’une meilleure satisfaction. C’est aussi un des secteurs de la Smart City qui offre le plus d’opportunités aux jeunes de déployer leurs talents.
L’autre secteur où les solutions Smart se révèlent d’une grande utilité sociale est celui de la télémédecine. L’apport de la digitalisation dans le secteur de la santé permet l’extension des services médicaux vers ceux qui en sont actuellement exclus, notamment les personnes vivant en milieu rural. L’accès aux médecins spécialisés qui sont souvent concentrés dans les principales villes, voire dans la ville capitale devient possible si l’infrastructure digitale est disponible. Les exemples positifs comme le réseau social NABADY développé par une start-up marocaine permettent d’offrir des solutions aux patients pour la prise de rendez-vous pour la téléconsultation, aux professionnels de la santé pour le traitement des dossiers médicaux, de faciliter les relations entre patients, professionnels de la santé et services en charge de la sécurité sociale pour la génération et la gestion de feuilles de soin électroniques partagées en attente d’autorisation, gestion du consentement du patient en attente du cadre légal, feuille de soin électronique et l’automatisation des remboursements, etc. Le recours à l’Intelligence Artificielle (IA) peut beaucoup apporter dans ce domaine : L’IA permet d’automatiser des processus ; l’IA peut aider à la prévention et à la prédiction des maladies ; l’IA favorise l’adaptation de la télémédecine aux réalités locales en ayant recours à la voix et aux langues locales ; ce faisant, l’IA contribue à faire en sorte que la télémédecine soit accessible à tous. Il s’agit d’un des secteurs les plus prometteurs en matière de coopération Sud-Sud entre collectivités des pays arabes et des pays africains que le cadre du congrès Smart City devrait concrétiser.
La question de la protection et de la sécurité des données reste un enjeu de taille. Les solutions Cloud privilégiées jusqu’ici pour leur facilité d’utilisation et qui fonctionnent majoritairement à partir des pays développés soulèvent toutefois le problème de la souveraineté digitale et de la création de data centers et de solutions Cloud sur le continent. Il s’agit d’un chantier de recherche qui interpelle les décideurs au niveau national, le monde de l’université et de la recherche, ainsi que les opérateurs économiques des secteurs public et privé.
La transition énergétique est également un secteur où la Smart City peut apporter des progrès importants en termes d’efficacité énergétique, de sobriété dans les consommations, et de gestion de l’équilibre entre offre et demande d’énergie suivant les différents usages et demandes.
Au cœur de la Smart City réside la problématique de la relation de la ville avec son environnement naturel, et notamment de sa dépendance vis-à-vis du cycle de l’eau. Il ne peut y avoir de ville intelligente dans l’interrogation sur son inscription dans l’économie circulaire afin de diminuer son empreinte écologique.
