GSEF: “Financement et accompagnement des Femmes africaines pour leur autonomisation économique dans les territoires “
Pendant la Journée du Pré-Forum Femm’Ess du 3 mai, tenue dans le cadre du Forum Mondial de l’Économie Sociale et Solidaire à Dakar, Sénégal, du 1er au 6 mai 2023, le réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique (REFELA), a organisé une session autogérée sous le thème : “Financement et accompagnement des Femmes africaines pour leur autonomisation économique dans les territoires“. Le choix de cette thématique se justifie par la volonté des femmes du REFELA de contribuer à la lutte contre les inégalités sociales, démarche initiée à travers la Campagne “Villes africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes et des filles´´. Cette campagne, vise la sensibilisation des acteurs à s’impliquer d’avantages pour l’autonomisation économique des femmes et à ouvrir ainsi la voie la plus sûre vers l’égalité des sexes, l’éradication de la pauvreté et une croissance économique inclusive.
La session a été présidée par Mme Marie Angèle MEYANGA , Maire d’Afamloum, Vice-présidente du REFELA pour la Région Afrique Centrale, Cameroun et modérée par M. Bachir KANOUTE, Directeur Exécutif, ENDA-ECOPOP, Sénégal. Le panel était composé de : Mme Kibena Kingo NASSORO, Conseillère municipale de Morogoro, Présidente du REFELA-Tanzanie, Mme Monique AYI épse NKAMGNA, Présidente Nationale de l’Économie Sociale et Solidaire, Maire de Dzeng, Cameroun, Mme Ndeye Maty CISSE ,Vice-Présidente du Conseil Départemental de Kaolack, Sénégal et Mme Khadija DOUAYRI, Elue, Présidente de la Commission Développement Économique, Social, Culturel et Environnemental, Conseil Régional de l’Oriental.
Les échanges dans cette session ont permis aux femmes du REFELA de présenter les différentes mesures d’accompagnement dédiées aux femmes. Les panelistes ont aussi pu exposer des exemples d’outils et des d’expériences efficaces pour les élues africaines et les femmes entrepreneures favorisant leur autonomisation économique au sein des collectivités Africaines.
Principales questions abordées :
- De quels moyens dispose la ville pour acquérir des fonds pour financer les projets des femmes ?
- Comment se fait le passage de l’économie informelle vers l’économie territoriale formelle et durable ?
- Quels sont les défis et les opportunités de financement durable des activités économiques des Femmes ?
- Comment le Coaching Territorial et le Renforcement des capacités peuvent-ils être bénéfiques aux femmes pour leur autonomisation économique ?
En réponse aux questions liées aux difficultés rencontrées par les femmes défiant leur autonomisation économique, les intervenantes ont partagé leurs exemples ayant produit des résultats dans plusieurs contextes. Entre autres défis auxquels elles sont confrontées, elles ont souligné
- Le difficile accès aux crédits et à d’autres services financiers en raison de manque de garantie ;
- La discrimination et l’éducation financière limitée ;
- La faiblesse des cadres juridiques et réglementaires ;
- L’accès limité des femmes aux marchés publics et aux espaces de promotion et de commercialisation de leurs produits/services ;
- Le difficile accès aux facteurs de production tel le foncier,
Face à ces défis, les élues locales ont fait savoir, à travers leurs interventions, que la tradition associative est très forte dans les territoires et dissimule d’importantes potentialités et des ressources humaines habiles et fortement motivées.
En ce qui concerne les opportunités, les interventions ont reconnu que nombreux sont les pays en Afrique qui ont réalisé des avancées favorisant l’autonomisation économique des femmes. A souligner que ces avancées varient considérablement d’un pays à l’autre.
Des exemples d’expériences et de bonnes pratiques ont été identifiés tels que :
- L’accès des femmes aux services financiers à travers des fonds de financement local/fonds de partenaires au développement, microfinance, prêts sensibles au genre, financement participatif pour permettre aux femmes porteuses de projets la création de leurs entreprises ;
- L’appui à l’accès aux marchés, à la création et la mise en relation avec les surfaces de distributions au niveau local et national pour la vente de leurs produits ;
- Mise en place des lois sur l’égalité des sexes qui garantissent le droit égal aux opportunités économiques ;
- L’accessibilité progressive des filles à l’éducation et aux programmes de formation et de renforcement des capacités pour leur donner les compétences et les connaissances nécessaires pour réussir dans leur monde de travail ;
- L’accès croissant des femmes aux postes de directions et à la vie politique ce qui leur permet de défendre leurs intérêts et de promouvoir leur rôle dans le développement de leurs communautés de manière inclusive et durable…
- L’organisation de grands événements comme des foires Agro-syvo-pastorales en Burkina Faso en tant qu’espaces publics de promotion et de valorisation des produits du terroir ;
- Initiation des Programmes d’accompagnement tel que le Coaching Territorial et des projets de promotion de l’égalité de genre et l’autonomisation économique des femmes entre les territoires tel que le projet PEG pour renforcer le rôle et la coopération décentralisée entre la société civile et les collectivités territoriales ;
- Lancement des campagnes de sensibilisation et promotion du rôle de la femme dans la vie économique tel que la campagne de CGLU Afrique à travers son réseau REFELA « Villes Africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes et des filles » ;
Conclusion et recommandations
Dans l’ensemble, le financement et l’autonomisation économique des femmes sont essentiels pour promouvoir l’égalité des sexes et le développement économique durable. En améliorant l’accès des femmes au financement et en soutenant leur esprit d’entreprise, nous pouvons libérer le potentiel des femmes en tant que moteurs de la croissance économique et du progrès social.
Les intervenantes ont lancé un appel à la nécessité de poursuivre les efforts pour :
- Encourager les Partenariats Public-Privé ;
- Créer un environnement propice à l’entreprenariat féminin et à l’autonomisation économique des femmes par des lois de parité et droits aux financements ;
- Démocratiser les acquis des femmes soutenant leur droit à l’entrepreneuriat et à leur participation économique ;
- Créer des réseaux et mettre en place des espaces d’échanges et de valorisation de produits terroirs pour le développement durable et inclusif des territoires ;
- Renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans les territoires à travers la formalisation des activités économiques des femmes et encourager le passage de l’informel vers le formel
