Atelier du Hub régional MENA sur : “Renforcer le rôle des villes dans la prévention de la haine, de la polarisation et de l’extrémisme violent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord”

Du 31 janvier au 1er février 2024, le Réseau Strong Cities, par le biais de son Hub régional MENA, a organisé un atelier sur le “Renforcement du rôle des villes dans la prévention de la haine, de la polarisation et de l’extrémisme violent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord” à La Valette (Malte). Cet événement a réuni plusieurs parties prenantes pour discuter de la coopération nationale et locale dans la lutte contre la haine et l’extrémisme violent au niveau de la ville, notamment à travers l’engagement au niveau local des jeunes et des groupes historiquement marginalisés. 

Les deux jours d’atelier ont été consacrés à trois (03) objectifs principaux :  

  • Renforcer l’engagement et l’autonomisation des jeunes au niveau de la ville  
  • La réhabilitation et la réintégration des membres des familles des combattants terroristes étrangers de retour au pays   
  • L’atténuation des impacts négatifs de la migration  

Les villes africaines représentées à cet atelier venaient d’Egypte (Damiette), de Libye (Sabha, Mansheya), du Maroc (Fès, Marrakech, Tanger, Agadir et Oujda), et de Tunisie (Sousse). CGLU Afrique a pris part à l’atelier à travers la participation de M. Lionel Nzamba, Task Manager au Département Genre et Jeunesse de CGLU Afrique.     

La session d’ouverture a vu la participation des autorités hôtes maltaises. Le ministre du patrimoine national, des arts et du gouvernement local, S.E. Dr. Owen Bonnici, et le maire de La Valette, M. Alfred Zammit, ont prononcé des allocutions de bienvenue en soulignant l’impact positif des gouvernements locaux dans la lutte contre la haine, la violence et le terrorisme. Cette première journée a porté sur le droit des villes de la région MENA à aborder ces sujets importants afin de préparer leurs citoyens à faire face aux défis. Les représentants des villes africaines ont apporté une contribution précieuse à cette réunion en partageant leurs expériences avec les autres membres de la région MENA. Même si leurs actions sont sous-estimées au niveau national et international, les autorités locales continuent à atténuer les impacts négatifs sur leurs citoyens, y compris les populations vulnérables comme les jeunes, les enfants et les femmes.  

Cet atelier a été l’occasion pour les représentants des collectivités locales africaines de partager les principaux défis auxquels ils sont confrontés. Dans une session modérée par M. Eric Rosand, directeur exécutif du Réseau Strong Cities, le maire de Tanger et Président de l’Association Marocaine des Présidents de Conseils Communaux (AMPCC), M. Mounir Laymoury, a partagé ses expériences autour de 3 thèmes : la réinsertion des prisonniers, les initiatives en matière de migration et les droits de l’homme. La ville de Sousse, en Tunisie, représentée par Mme Sonia Benali, a également mis l’accent sur les défis de la migration, la ville ayant connu un afflux de migrants africains. Comme la ville marocaine d’Oujda, Sousse a lancé diverses initiatives pour intégrer et soutenir ces migrants, en créant une forte cohésion entre ceux-ci et les citoyens. 

Au cours de la deuxième journée, le maire adjoint de Marrakech, M. El Idrissi, a souligné la nécessité de construire une communauté durable pour faire face aux catastrophes environnementales et naturelles comme le tremblement de terre qui a frappé sa ville en septembre 2023. La même nécessité a été soulignée par le représentant d’Agadir, qui a déclaré que la cohésion locale et la résilience de la communauté sont importantes pour reconstruire une ville. Ce dernier a aussi partagé le principal défi d’Agadir, qui est l’accès à l’eau. Les participants se sont également concentrés sur les jeunes, les femmes et les organisations de la société civile (OSC). Le maire de Sabha, en Libye, Balhaj Ali Baljaj Mhimmid, a souligné l’importance pour les municipalités d’être plus ouvertes aux besoins des jeunes et de suivre les recommandations des OSC pour faciliter le dialogue local et lutter contre l’extrémisme. Mme Souad Zaidi, secrétaire générale de l’AMPCC, a partagé l’expérience de l’association en matière de prévention de la haine, de la polarisation et de l’extrémisme violent en présentant leurs actions de promotion des droits de l’homme et la forte collaboration avec les parties prenantes locales, nationales et internationales. 

Un autre point fort de cette réunion a été le groupe de travail dans lequel le représentant de CGLU Afrique, Lionel Nzamba du Département Genre et Jeunesse, a partagé les expériences des villes africaines en matière d’implication des jeunes et des femmes dans la gouvernance locale. Il a également présenté le Réseau des Jeunes Elus Locaux d’Afrique (YELO) et le Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA) et leurs importantes initiatives visant à inclure et à mobiliser les acteurs clés pour faire face aux défis locaux. Les représentants libyens ont profité de l’occasion pour montrer comment les sessions de renforcement des capacités et les ateliers sur le leadership féminin ont été utiles à leur communauté.   

À la fin de l’atelier, les villes marocaines d’Agadir et de Tanger, ainsi que la ville de La Valette (Malte), ont été annoncées comme nouveaux membres du réseau Strong Cities. En outre, l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC) a signé un protocole d’accord avec le réseau Strong Cities pour faciliter, entre autres, l’accès des gouvernements locaux marocains aux bonnes pratiques des membres de Strong Cities et permettre à Strong Cities de travailler avec l’association pour construire des villes fortes, solidaires et résilientes dans le Royaume.