Atelier autour du projet Readiness sur la territorialisation des CDN du Maroc

Le 2ème Atelier organisé dans le cadre de la mise en œuvre du projet Readiness sur la territorialisation des Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) du Maroc, Région Souss-Massa,  a été tenu le 11 mai 2023 avec les objectifs suivants :

  • Le développement de programme pays territorial des projets prioritaires à identifier par CGLU Afrique pour assoir les bases d’un partenariat stratégique avec le Fonds Vert pour le Climat
  • L’identification des projets prioritaires objets de la territorialisation des CDN
  • Le développement de projets SAP à l’échelle de la région de Souss-Massa, réplicables à l’échelle du continent.

Cet atelier a été marqué par la participation de :

  • M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique
  • M. Abdenbi Alimi, Secrétaire Général de la wilaya d’Agadir, chargé des Affaires Régionales
  • M. Abdelaziz Bendou, Président de l’Université Ibn Zohr
  • Mme. Aamiri Hanane, Vice-Présidente de la Région de Souss Massa
  • M. Bouaichi   Abdelghani, Vice-Président de la commune d’Agadir
  • M. Driss Boutti, Président CGEM de la Région de Sous Massa
  • M. Abderrahmane Amor, Vice-Président de la Chambre d’Agriculture de la région Souss Massa
  • M. Bouzekri Razi, Directeur du Développement Durable, Ministère de l’Environnement et du Développement Durable du Maroc
  • Mme Khadija Sami, Directrice Régionale, Ministère de l’Environnement et du Développement Durable du Maroc
  • M. Oumar Ba, Président de l’Association des Maires du Sénégal
  • M. Charlemagne Yankoty, Maire de Porto Novo, Bénin
  • M. Angelo Ahouandjinou, Maire de Abomey Calavi, Bénin
  • M. NZI Antoine, Maire de la Commune de Ouélé, Côte d’Ivoire
  • M. Omar Bahman, Vice-Président de l’AMPCC
  • Mme Ahawo APEDO EYA, Environnementaliste, Adjoint du Point focal du FVC- Point Focal de la Convention de Bamako, Ministère de l’Environnement du Togo
  • Mme NDIAYE Fatma NIANG, Chargée du suivi du Dossier Déchets à la Division Changement Climatique au Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique du Sénégal ;
  • M. Tano Etile Alfred, Représentant du point Focal, Ministère de l’Environnement de la Côte d’Ivoire ;
  • M. Thami Benhalima, Directeur de AGROTECH

Plusieurs responsables et représentants du tissu associatif et coopératif de la Région de Souss-Massa étaient également présents.

La structuration des thématiques des panels de l’atelier s’inscrit dans la même ligne de conduite de territorialisation des CDN présentée lors de l’atelier de démarrage du 27 Septembre 2022 à Agadir.

L’atelier était composé de trois panels :

  • Le premier panel avait pour sujets les CDN du Maroc et des pays invités d’Afrique de l’Ouest, ainsi que les programmes prioritaires des différents pays. Une méthodologie de territorialisation des CDN proposée par CGLU Afrique a été présentée.
  • Le deuxième panel a été tenu autour d’une présentation par la Direction Régionale de l’Environnement du PTRC (Plan Territorial de lutte contre le Réchauffement Climatique) de la région Souss-Massa
  • Le troisième panel de présentation par Agrotech a porté sur le projet de valorisation des déchets plastiques agricoles

Engagement pour la mise en œuvre et la territorialisation des CDN

La qualité des participants à l’atelier reflète un très haut niveau d’engagement, tant au niveau national (Ministère de l’Environnement), qu’au niveau régional (points focaux FVC de quatre pays d’Afrique de l’Ouest) et territorial (Région de Souss Massa), ainsi qu’au niveau du secteur privé, éducatif, associatif et coopératif.

A l’ouverture, toutes les interventions se sont accordées sur l’importance d’un engagement à tous les niveaux pour la mise en œuvre effective des CDN, et ont mis l’emphase sur le rôle pionnier du Maroc à travers son engagement de réduction des gaz à effet de serre et son approche volontariste pour réduire ses émissions. Le Maroc a ainsi souligné que la résilience nécessaire pour des secteurs clés que sont l’agriculture, l’industrie ou la gestion de l’eau ne peut se faire sans un nouveau style de management territorial s’appuyant sur une forte capacité à fédérer tous les acteurs.

Les différentes interventions ont également souligné l’importance de la territorialisation des CDN, reconnaissant que le territoire est le lieu de convergence de toutes les politiques publiques, tout en étant au cœur de l’enjeu du changement climatique. Ce processus de territorialisation des CDN impose la mise en place de nombreux partenariats et a le potentiel pour être répliqué de manière efficace à l’échelle d’autres régions du Maroc, voire d’Afrique.

Par ailleurs, les interventions ont reconnu le rôle clé de CGLU Afrique comme bras opérationnel de la coopération Sud-Sud, ayant la capacité d’accompagner les initiatives panafricaines impulsées par le Maroc depuis la COP 22 et aboutissant à une méthodologie de définition de Contributions Déterminées au niveau Régional (CDR) harmonisées au niveau national. A terme, une telle approche pourrait positionner l’Afrique comme un continent innovant proposant une approche nouvelle au Fonds Vert pour le Climat dans son objectif d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Enfin, la CGEM et l’Université In Zohr ont réaffirmé leur conviction de l’importance des défis, enjeux et actions de la territorialisation, ainsi que leur volonté de participer activement à cet exercice en partenariat avec toutes les autres parties prenantes.

A la suite des mots d’introduction, le premier panel a démarré en donnant l’occasion aux différents points focaux du Fonds Vert pour le Climat des pays invités de présenter leur programme CDN, ainsi que les secteurs et projets prioritaires au niveau national. Les secteurs prioritaires au niveau des territoires ont généralement convergé entre les différents Points Focaux du FVC sur les déchets ménagers, la gestion de l’offre et de la demande en eau, la décarbonation de l’industrie, et la mobilité urbaine et durable.

Ces interventions ont également mis l’accent sur l’importance de développer de bons outils MRV (« Measurement, Reporting and Verification ») s’appuyant sur le Katowice Rule Book, de tirer parti du marché carbone et du Protocole de Nagoya, et de formaliser et systématiser les transferts de technologies Sud-Sud.

A l’issue de la présentation des CDN de chaque pays, un portefeuille de projets plus ou moins détaillés a été présenté. Ce portefeuille fera l’objet d’une analyse par l’équipe mobilisée par CGLU Afrique pour identifier les projets s’alignant à la fois avec les exigences du FVC et du cadre du projet Readiness.

Le second atelier a permis la présentation de l’approche territoriale proposée par CGLU Afrique pour l’accélération des CDN. Cette approche est décomposée en sept étapes en vue de structurer les projets. Elle est en alignement avec l’approche du Plan Climat Territorial qui a été présenté par Madame la Directrice Régionale de l’Environnement et qui décline les CDN du national vers le régional et le territoire, tout en intégrant les besoins et priorités des territoires de la région. Ce rapprochement des deux approches (top-down et bottom-up) ont fait du PTRC un plan adopté par l’ensemble des intervenants à l’échelle de la région.

Le PTRC a confirmé les secteurs prioritaires cités dans le CDN national, tout en mettant en exergue l’extrême urgence de la question du secteur des déchets et du recyclage comme projet prioritaire pour le territoire, la question de l’eau dans sa dimension offre et demande constituant un deuxième secteur prioritaire.

Lors du dernier atelier, l’association Agrotech a présenté le projet de valorisation des déchets plastiques agricoles compte tenu de leur impact sur l’environnement, mais également de leur potentiel économique. Ce projet peut être considéré comme prioritaire si son champ d’intervention et sa structuration sont revus et élargis pour inclure les déchets à l’échelle de la région et l’organisation de la filière de collecte amont et aval. Cette intervention a été complétée par la présentation des critères d’investissement du Fonds Vert pour le Climat.

L’atelier s’est conclu sur le besoin d’échanger avec toutes les parties prenantes, notamment le secteur privé, pour l’appropriation de tous ces projets, mais aussi pour qu’ils répondent à toutes les exigences du Fonds Vert pour le Climat.

Enfin, le besoin d’innovation dans l’exercice de territorialisation a encore été réitéré par CGLU Afrique, avec le besoin d’adresser les cinq transitions (alimentaire, énergétique, écologique, sanitaire et digitale) de manière économique, c’est-à-dire en étant en condition de gagner de l’argent et de ne pas en perdre.

Le document de travail est disponible ici.