4ème Conférence sur “L’engagement pour les droits humains au niveau local : Qu’est ce qui marche ? La responsabilité en action : Plans d’action des Gouvernements Locaux et Régionaux en matière des droits de l’Homme“  

Le Jeudi 8 février 2024, à l’invitation du Centre international pour la Promotion des Droits de l’Homme au niveau Local et Régional, sous les auspices de l’UNESCO, partenaire stratégique de CGLU Afrique depuis 2017, la Directrice du Développement, de la Gestion des Connaissances et de l’Académie Africaines des Collectivités Territoriales (ALGA) de CGLU Afrique, Dr. Najat Zarrouk, a participé à la 4ème Conférence sur “L’engagement pour les droits humains au niveau local : Qu’est ce qui marche ? La responsabilité en action : Plans d’action des Gouvernements Locaux et Régionaux en matière des droits de l’Homme”. 

La Conférence a été organisée au siège de l’ORF Landesstudio Steiermark (Studio de Télévision Régional de Styrie) et comptait parmi les participants des maires de villes autrichiennes, des représentants de partis politiques, et des représentants d’organisations locales les droits de l’Homme et les droits des migrants, entre autres. 

Les allocutions de bienvenue ont été prononcées par Hon. Mme Renate Kicker, Directrice du Centre européen de formation et de recherche pour les droits de l’Homme et la démocratie (ETC) ; M. Klaus Starl, Directeur du Centre International pour la Promotion des Droits de l’Homme au niveau Local et Régional de l’UNESCO, basé Graz, Autriche ; Hon. M. Gerhard Koch, Directeur de la Société de Radiodiffusion autrichienne ORF, Bureau de Styrie ; Hon. M. Peter Riedler, Recteur de l’Université de Graz, Autriche.  

La cérémonie d’ouverture officielle a été marquée par les discours de : Hon. Mme Elke Kahr, Maire de Graz, Autriche ; Mme Barbara Eibinger-Miedl, Conseillère du Gouvernement Provincial de Styrie, Autriche ; M. Christoph Thun-Hohenstein, Ambassadeur et Chef de la Section des affaires culturelles internationales du Ministère Fédéral des affaires européennes et internationales, Autriche.  

La Conférence a été marquée par des discours sur “Les leçons pour les autorités locales des 75 ans de traités sur les droits de l’Homme”, prononcés par Mme Gabriela Ramos, Sous-Directrice Générale pour le secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO et M. Marc Cools, Président du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux du Conseil de l’Europe.  

Session sur les plans d’action en matière de droits de l’Homme et la responsabilité des collectivités locales :  

Quelles sont les caractéristiques qui font des plans d’action pour les droits de l’Homme un instrument essentiel pour favoriser la responsabilisation des collectivités locales ? Pourquoi est-il important de renforcer les capacités des fonctionnaires, des futurs dirigeants et de la société civile en matière de plans d’action pour les droits de l’Homme ? Pourquoi est-il essentiel de créer des réseaux et de partager les expériences et les meilleures pratiques à tous les niveaux dans le monde entier ?  

Lors d’une discussion de haut niveau, des représentants de villes, de réseaux de villes, de coalitions de villes et d’organisations internationales ont donné leur point de vue en partageant leurs idées concrètes et pratiques ainsi que leurs visions de l’avenir. Les représentants des villes ont montré la responsabilité en action dans l’esprit du titre de la conférence. Ce réseau devrait inspirer d’autres villes à suivre cette voie.  

Le Panel était composé comme suit : Mme Elke Kahr, Maire de Graz, Autriche ;  M. Robert Lewis-Lettington, conseiller principal sur les terre, le logement et les droits de l’Homme, ONU-Habitat, Genève; M. Pradeep Wagle, chef de la section des droits économiques, sociaux et culturels, HCDH ; Mme Najat Zarrouk, Directrice de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales de CGLU Afrique, Maroc; Mme Evein Obulor, directrice de la Coalition européenne des villes contre le racisme (ECCAR) ; M. Alexander Lesigang, Association Autrichienne des Villes, Bureau de Vienne, Division des affaires européennes et internationales (Agenda 2023- OMD de l’ONU) ; M. Elliott King, membre du cabinet pour l’égalité, les droits de l’Homme et la culture du Conseil de Swansea, Pays de Galles, Royaume-Uni; Mme Adele Dunstan, coordinatrice stratégique pour l’égalité et les droits de l’Homme, Swansea, Pays de Galles, Royaume-Uni ; Mme Aly Raposo, coordinatrice du comité des droits de l’Homme du conseil municipal de la ville de Winnipeg, Canada.  

La représentante de CGLU Afrique a rappelé la citation d’Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique, 1835) : “La force des peuples libres réside cependant dans la ville. Les institutions municipales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la connaissance ; elles la mettent à la portée du peuple ; elles lui donnent le goût de sa pratique pacifique et l’habituent à son usage. Sans institutions municipales, une nation peut prétendre avoir un gouvernement libre, mais elle ne possède pas l’esprit de liberté“.  

Le gouvernement local est le niveau de gouvernance approprié et essentiel où les droits de l’Homme peuvent être mis en œuvre, respectés et protégés. Une autre raison solide et évidente : la seule institution qui a un impact sur un citoyen depuis sa naissance jusqu’à sa mort est la ville, et ce tout au long de sa vie, à travers les services publics de base : eau, électricité, assainissement, éducation, logement, santé, transport public, espaces publics… 

Pour CGLU Afrique, et comme l’a affirmé la communauté internationale, les ODD sont locaux par nature. Localiser les ODD et les autres agendas mondiaux pour le développement durable est donc l’une des priorités de l’organisation panafricaine à travers plusieurs piliers d’action et d’activités, ainsi qu’une méthodologie et des outils solides, a expliqué Dr. Najat Zarrouk. 

Le Secrétariat CGLU Monde a l’habitude de diffuser chaque année un questionnaire parmi ses sections régionales, y compris la section Afrique, pour la collecte de données sur la façon dont les associations nationales et régionales de gouvernements locaux, ainsi que les villes, traitent de la localisation des ODD, en se concentrant sur les ceux retenus par l’ECOSOC et le Forum Politique de Haut Niveau (HLPF) pour l’année. 

Le HLPF est l’occasion de plaider pour les gouvernements locaux et sert d’espace pour défendre leur examen local volontaire (VLR) en étroite coordination avec leur gouvernement national, et pour partager les meilleures pratiques et soulever des défis. Les membres de CGLU disposent de lignes directrices, d’outils et de programmes de formation pour la préparation de leur examen local volontaire (VLR) ou de leur examen sous-national volontaire (VSR). 

Au sein de CGLU Afrique, l’autonomisation, le renforcement et le développement des capacités des membres et des réseaux est également l’un des piliers de l’action, “car nous croyons que nous ne pouvons pas réussir si la décentralisation, la gouvernance locale et le développement local ne sont pas basés, dirigés, mis en œuvre, gérés et exploités par un capital humain engagé, éthique, professionnel, dévoué et performant, qu’il s’agisse de leaders politiques, d’hommes et de femmes élues, de ressources humaines ou de communautés.” a poursuivi la directrice de l’Académie Africaine des Collectivités Territoriales (ALGA), affirmant que la création de l’Académie est une bonne pratique que CGLU Afrique a l’honneur de partager avec ses membres et partenaires dans le monde entier. Elle est basée sur une méthodologie solide, diversifiée et mixte, et sur un fort réseau de partenaires.  

En ce qui concerne le travail en réseau, CGLU Afrique a une forte tradition dans la construction et le soutien des réseaux que l’organisation estime comme une richesse (CGLU et ses 7 sections régionales, REFELA pour les femmes élues locales, YELO pour les jeunes leaders locaux, FORAF pour les régions africaines, réseaux professionnels pour les gestionnaires territoriaux…). Ce travail découle du besoin d’une volonté politique forte, d’une vision claire, de ressources appropriées (humaines, techniques, technologiques, logistiques…), d’une feuille de route solide, d’une méthodologie holistique pour la mise en œuvre, et d’un environnement favorable. 

Visite de l’hôtel de ville de Graz  

La délégation représentant les différents partenaires et intervenants invités à la conférence, dirigée par le Professeur Klaus Starl, Directeur du Centre International pour la Promotion des Droits de l’Homme au niveau Local et Régional, sous les auspices de l’UNESCO, a été accueillie par l’Honorable Maire de la Ville de Graz, Madame Elke Kahr et son équipe. Elue en 2021, elle a présenté sa vision et ses principaux engagements :  

– Faire du respect et de l’intégration des droits de l’Homme une valeur fondamentale au sein du Conseil, du personnel et de la population, en traitant tous les habitants de la ville sur un pied d’égalité ;  

– Son slogan : “Nous sommes tous Graz” ;  

– Assurer l’égalité d’accès aux services publics ;  

– Travailler sur le principe d’intégration, en gardant à l’esprit que la ville accueille différentes nationalités venant de différentes parties du monde, y compris des réfugiés, des migrants et des personnes déplacées. Pour la ville, le grand défi consiste à leur offrir un meilleur cadre de vie, avec la conviction profonde que toutes les personnes vivant à Graz forment une seule et même communauté, quelles que soient leur nationalité, leur race, leur religion, ou leur condition sociale…  

Parmi les structures de la ville, il y a le Conseil des Droits de l’Homme qui rassemble tous les acteurs et parties prenantes concernés, partant de la priorité que les droits humains soient intégrés au sein du Conseil municipal, de la vision, des politiques, des décisions et des services (accès aux soins de santé, mettre fin à la violence sexiste, inclusion, accessibilité, mobilité…); 

L’honorable Maire de Graz a fait de l’accès au logement l’un des objectifs de son mandat, en termes d’accessibilité et de prix, par le biais d’un plan d’action solide fondé sur les principaux éléments suivants :  

  • L’investissement de la ville dans le logement, à côté de l’offre de l’Etat, de la région ou du secteur privé ; 
  • Régulation du marché privé et ici le rôle du gouvernement est central en termes d’adoption de lois et de règlements appropriés ; 
  • Respecter et diffuser des normes de qualité (la liste d’attente ne doit pas dépasser un (1) mois, chaque maison doit avoir une salle de bain…) ; 
  • Éviter, par le biais du logement, de créer des “ghettos” ou des espaces de ségrégation basés sur les conditions sociales ; 
  • Depuis 2016, la ville construit elle-même des logements publics et non sociaux ; 
  • Le coût d’accès au logement ne doit pas affecter les salaires des citoyens. 

Même si la ville est confrontée à de sérieux défis (existence de divers acteurs, augmentation de la demande par rapport à l’offre, ressources financières, accessibilité des terrains, etc.), Madame le Maire compte sur la création de partenariats et de coalitions à plusieurs niveaux, l’obtention de bons contrats pour maintenir le niveau des intérêts des prêts à un niveau bas, l’investissement dans des approches inclusives et participatives…  

La plus grande préoccupation de la ville est d’offrir des solutions alternatives au secteur privé.