Visite de travail de la Délégation de l’Institut National d’Administration Publique (INAP) au Royaume du Maroc

Du 03 au 10 mars 2024, Mme ABDOUL-AZIZ Souleiman Aida, Directrice des Formations à l’Institut National d’Administration Publique (INAP) de Djibouti, accompagné de M. Mohamed Abdourahman Houssein, Formateur en Décentralisation et Développement local, dans ledit Institut ont, effectué une visite de travail au Royaume du Maroc. 

Cette visite avait deux principaux objectifs. Premièrement, s’informer sur l’organisation et le fonctionnement de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) et de finaliser la Convention-Cadre de Partenariat et de collaboration entre l’INAP et CGLU Afrique en attendant sa signature au mois d’Avril 2024 et, deuxièmement, de saisir l’opportunité pour découvrir l’expérience Marocaine en matière de décentralisation et de régionalisation avancée. 

Le lundi 04 mars 2024, la délégation fut dans un premier temps, reçue par M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique, il leur a souhaité la bienvenue au Maroc et au Siège de CGLU Afrique, l’Organisation faîtière des gouvernements locaux africains, pour cette initiative de se joindre à CGLU Afrique pour bâtir une Afrique Locale Performante en habilitant les gouvernements locaux par la recherche, la formation et le renforcement des capacités. Pour M. Mbassi, la signature de cette convention de partenariat dans les jours à venir jettera ainsi les bases d’une collaboration fructueuse pour façonner in fine l’avenir de nos territoires. 

Mme ABDOUL-AZIZ a, au nom, du Directeur de l’INAP, M. Charmake Idriss Ali, remercié M. Mbassi pour le privilège et l’honneur qu’il leur a fait de les recevoir et à Dr Najat Zarrouk, Directrice du Développement, de la Gestion des Connaissances et de ALGA, CGLU Afrique qui est derrière toute cette dynamique pour préparer avec eux cette mission ainsi que toute l’équipe de CGLU Afrique. Par ailleurs les échanges entre la délégation et le Secrétaire Général ont porté sur l’échange de savoir-faire et de bonnes pratiques sur l’Agenda africain 2063 sur lequel les renforcements de capacités envers les agents de collectivités locales doivent se préparer, la promouvoir l’engagement citoyen, la localisation des ODD dans les programmes de formations, le renforcement des partages d’expériences en matière de recherche et de publications de même que la promotion de la coopération sud-sud comme pilier de la solidarité. 

Ensuite, Dr. François Paul Yatta, Directeur de Programme de CGLU Afrique, Dr Najat Zarrouk,  Mme Fatima RAZOUKI et M. Lionel Nzamba, tous deux, du Département Genre et Jeunesse de CGLU Afrique ont, tour à tour entretenu la délégation sur les activités du Pôle Programme de CGLU Afrique, l’organisation et le fonctionnement de CGLU Afrique et de son Académie ALGA ainsi que sur les deux réseaux politiques de CGLU Afrique à savoir le Réseau des Femmes Elues Locales d’Afrique (REFELA)  et le Réseau des Jeunes Elus Locaux d’Afrique (YELO) qui sont deux réseaux politiques de CGLU Afrique. 

Mme Aida, pour sa part, a saisi l’occasion pour remercier toute l’équipe de CGLU Afrique pour l’accueil et la disponibilité. C’était l’occasion pour elle de présenter son institut l’INAP. L’INAP est un centre de formation et de perfectionnement en administration publique placé sous la tutelle du Ministère du Travail chargé de la Formalisation et de la Protection Sociale de Djibouti. Il a succédé le Centre de Formation Administratif de Djibouti (CFA) qui avait été créé en 1988. Ses missions sont entre autres l’amélioration de la lisibilité de la formation professionnelle et garantir un service public efficace et de qualité, faciliter l’accès à la formation, notamment l’accompagnement de l’administration publique, mettre l’administration et le service public au cœur de la modernisation partager le savoir avec l’administration etc.., pour que ses offres de formation soient en mesure de répondre aux demandes spécifiques de l’administration publique.  

Depuis janvier 2019, l’INAP est devenu de plein droit un Etablissement publique autonome à caractère administratif doté d’un Conseil d’Administration et d’une autonomie de gestion administrative et financière. Il forme 600 à 800 fonctionnaires et agents issus des différents ministères de Djibouti, organise 15 à 20 sessions de formations et 8 à 10 séminaires de réflexions sur des thèmes contemporains chaque année. 

Le mardi, 05 mars 2024, Mme ABDOUL-AZIZ Souleiman Aida et M. Mohamed Abdourahman Houssein, se sont rendus dans la matinée au Siège l’Association des Régions du Maroc (ARM) où ils ont été reçu par M. M’hamed Nejjari, le Secrétaire Exécutif. La délégation a été édifiée sur les 3 niveaux de la décentralisation et régionalisation avancée qu’a opté le Royaume du Maroc pour son développement. Le niveau infranational est la Région, au nombre de 12, le niveau Intermédiaires les Préfectures et les Provinces qui sont au nombre de 75 et le dernier niveau la Commune au nombre de 1503, niveau de base et de proximité. Cette Régionalisation avancée a pour principes clés la libre administration, la bonne gouvernance, la coopération et la solidarité et la subsidiarité.

  • M’hamed Nejjari, a présenté les compétences propres, partagées et transférables des régions avant de souligner les principales missions de l’ARM que sont :
  • Piloter et coordonner les démarches de plaidoyer des régions auprès des pouvoirs publics à travers la production d’avis, de propositions sur les questions relatives à l’agenda de la régionalisation avancée ; 
  • Contribuer à l’animation des débats sur la mise en œuvre du processus de régionalisation avancée et la promotion du fait régional- auprès des différents acteurs institutionnels, économiques et sociaux ; 
  • Favoriser la mutualisation des moyens la conduite d’action partagée en réponse aux préoccupations communes des régions (renforcement des capacités) 
  • Jouer un rôle d’interface, de coordination et de valorisation des apports de partenariat internationaux dans la consolidation du rôle des régions dans le développement des territoires. 

La délégation par la suite, a visité le Siège de l’Association Marocaine des Présidents des Conseils des Préfectures et des Provinces (AMPCPP), ou elle a été accueillie par M. El Hanchi Abdelaadim, Directeur Exécutif, M. Boualam Mohamed, Conseiller à l’AMPCPP, Directeur des Affaires de la Présidence au Conseil Préfectoral de Rabat, M. Sabour Sabah, Responsable de la Communication à l’AMPCPP, Mme Aziza El Mokdadi, Cheffe Service des Affaires Sociales, coopération et partenariat au Conseil Préfectoral de la Ville de Rabat. 

El Hanchi Abdelaadim, a fait une présentation sur l’Association et en toile de fond, le rôle qu’elle joue en coordination avec les différentes composantes du cadre institutionnel de la décentralisation administrative au Maroc, pour servir de plate-forme représentant les Préfectures et les Provinces et faciliter les rencontres et les échanges entre elles et l’ensemble des acteurs du développement territorial au Maroc, ainsi que des partenaires nationaux et internationaux dans la perspective de promouvoir le développement territorial et la bonne gouvernance locale. Mme la Directrice de l’INAP, a saisi aussi l’occasion pour faire également une présentation sur son institut suivi des échanges sur les pistes de collaboration dans le domaine de renforcement des capacités des élus et des managers territoriaux et des partenariats Sud-Sud avec les collectivités des deux pays frères et amis.

Dans l’après-midi de la journée, Mme ABDOUL-AZIZ Souleiman Aida et M. Mohamed Abdourahman Houssein, ont eu l’honneur d’être reçus par l’Honorable Mme Aâtimad Zahidi, Présidente du Conseil Préfectoral de Skhirat-Témara. L’Honorable Madame la Présidente, a partagé avec la délégation le processus la décentralisation au Maroc et un peu de son parcours, comment elle a été portée à l’unanimité à la tête du Conseil Préfectoral. Elle a évoqué les atouts et les défis de cette décentralisation avancée. Elle n’a pas manqué de souligner le rôle crucial des Sociétés de Développement Local (SDL) qui sont des sociétés anonymes, à l’initiative des collectivités locales, pour exercer des activités économiques relevant de la compétence de la commune.  

Pour l’Honorable Zahidi, un benchmark international s’avère très important, c’est pour cela qu’elle a apprécié cette démarche de la direction de l’INAP. Elle a également saisi l’opportunité pour présenter le projet de lutte contre la déperdition scolaire que le Conseil Préfectoral vient de réaliser avec le Gouvernement Local de Zaria, Etat de Kaduna au Nigéria, dans la coopération Sud-Sud. Un projet appuyé par le Fonds Africain d’appui à la Coopération Décentralisée Internationale (FACDI) mis en place par la Direction Générales des Collectivités du Ministère de l’Intérieur du Maroc. Un projet de 4millions de Dirham marocain porté à 60% par le FACDI, 30% par le Conseil Préfectoral de Skhirat-Témara et 10% par le bénéficiaire (le Gouvernement Local de Zaria). 

Toute la journée de mercredi 06 mars et le jeudi 07 mars 2024, matin, la délégation a participé à un atelier pratique sur “l’Optimisation et outils de financement des PAAEDCS”, organisé à l’hotêl Golden Tulip Farah Barcelo, à Rabat par la Convention des Maires Méditérranée, Clima-Med, Climate for Cities (C4C) financé par l’Union Européenne. 

L’atelier a permis aux participant (e)s d’acquérir des connaissances pratiques pour améliorer la capacité de préparation et de mise en œuvre des PAAEDCs dans les communes, en utilisant le manuel de préparation. En outre, l’atelier a permis d’éclaircir des connaissances ciblées facilitant l’accès aux ressources financières essentielles, tel que détaillé dans le guide de financement de Climat. 

Dans l’après-midi du jeudi, Mme ABDOUL-AZIZ Souleiman Aida et M. Mohamed Abdourahman Houssein, ont été reçus au Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration du Royaume du Maroc, Direction de l’Organisation de l’Administration par M. El Hazziti Mohamed Anouar, Chef Division de la restructuration Administrative et de la déconcentration. Il a fait une présentation sur l’évolution du Développement Territorial au Royaume du Maroc entre décentralisation et la déconcentration de 1959 jusqu’à la Constitution de 2011, soulignant le caractère décentralisé de l’organisation territoriale du Royaume basée sur une régionalisation avancée. Élire les conseils régionaux au scrutin direct et attribuer le pouvoir exécutif aux présidents de collectivités territoriales et donner à la région une position de leader par rapport aux autres collectivités et prévoir des mécanismes de démocratie participative.  

“Dans son premier chapitre, la constitution affirme que l’organisation territoriale du royaume est une organisation décentralisée, basée sur une régionalisation avancée. Et la région a la place de prééminence dans les relations entre les différents acteurs locaux, et en a fait un espace de dialogue et de concertation, de préparation et de suivi des programmes de développement. 

Les Objectifs de la déconcentration administrative sont: 

  • Accompagner l’organisation territoriale décentralisée du Royaume fondée sur la régionalisation avancée en vue de renforcer la complémentarité des fonctions et des missions entre les services déconcentrés et les organismes décentralisés; 
  • Rapprocher les prestations publiques rendues par l’Etat aux usagers en améliorant la qualité et en assurant la continuité; 
  • Assoir la territorialisation des politiques publiques : élaboration, mise en œuvre et évaluation (convergence, cohérence et la complémentarité) des politiques publiques). 

Piliers et principes de la déconcentration administrative: 

  • la simplification des procédures d’accès aux prestations publiques et leur vulgarisation auprès des usagers, en les assistant dans l’accomplissement de ces procédures dans des conditions appropriées; 
  • le rapprochement des prestations publiques des usagers, leur promotion et la garantie de leur qualité et leur continuité; 
  • l’assortiment du transfert des compétences aux services déconcentrés de l’affectation de ressources financières et humaines  
  • auxdits services, afin de leur permettre de s’acquitter des missions et des attributions qui leur sont confiées; 
  • les principes de compétence, de mérite et d’égalité des chances lors de la désignation des responsables chargés d’assurer la gestion des  
  • services déconcentrés; 
  • le redéploiement des fonctionnaires entre les administrations centrales et les services déconcentrés par l’incitation à la mobilité  
  • administrative, afin de permettre auxdits services de disposer des compétences nécessaires à l’accomplissement de leurs missions dans les meilleures conditions 

Feuille de route de de la mise en œuvre du chantier de la déconcentration administrative composée de 5 Axes et 5 acteurs: 

Les 5 Axes sont l’organisation et structures administratives, Gestions des ressources humaines et financières, Mécanismes de gouvernance, délégation Formation et communication. 

Les 5 acteurs sont: Chef du gouvernement, Autorité chargée de l’économie et des finances, Autorité chargée de l’Intérieur, Secrétariat général du gouvernement, Autorité gouvernementale chargée de la réforme de l’administration. 

Le vendredi 08 mars 2024, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, CGLU Afrique à travers son réseau REFELA et ses partenaires ont organisé un atelier sur le thème « Investir en faveur des Femmes : Accélérer le Rythme » dans la ville d’Oujda, Conseil de la Région de l’Oriental, située à environ 519 km de la Ville de Rabat la Capitale du Maroc. Cet atelier hybride a vu la participation de Mme ABDOUL-AZIZ Souleiman Aida et M. Mohamed Abdourahman Houssein. 

L’événement a permis de : 

  • Sensibiliser les participants et les participantes à l’importance de l’égalité des genres pour les droits humains et le développement local ; 
  • Valoriser les initiatives et les bonnes pratiques des acteurs et actrices du territoire en matière de promotion de l’égalité des genres ; 
  • Renforcer les liens et les synergies entre les différents partenaires du projet PEG et les bénéficiaires ; 
  • Diffuser les connaissances et les outils produits par le projet PEG, notamment le sociogramme ; 
  • Mobiliser les Collectivités Territoriales et les élus/élues de la Région de l’Oriental pour soutenir le projet PEG et ses activités.